Apprendre si par bonheur – Becky Chambers

J’ai été plus ou moins charmée par la lecture du psaume pour les recyclés sauvages de l’autrice. Pour une raison ou pour une autre, j’avais en tête de finalement aimer l’autrice… et je pense que j’ai réussi avec ce roman.

De quoi ça parle

Ils sont quatre astronautes et scientifiques dans un vaisseau spatial. Leur but, explorer quatre planètes habitables à la recherche de nouvelles formes de vie. Ils ne veulent pas terraformer, pas envahir. Juste apprendre et étudier, sans contaminer. Pour ça, ils ont tout quitté, tout laissé derrière, pour explorer quatre planètes. C’est le récit de l’une d’entre eux que nous allons lire.

Mon avis

Je m’attendais à tout sauf à ça. J’avais trouvé ses autres romans un peu preachy mais ici, c’était juste un pur plaisir de lecture, mais un plaisir qui fait réfléchir. Je me suis surprise à avoir les yeux humides à plusieurs moments, j’ai adoré les moments passés avec les quatre scientifiques et l’autrice a réussi, avec très peu de pages, à nous plonger dans cette atmosphère hors du monde et hors du temps.

Ces quatre personnes sont profondément attachés les unes aux autres. C’est à travers de courtes scènes et des bribes de conversation que nous apprenons à les connaître et à comprendre les liens qui les unissent. Ok, j’avoue, surtout les liens entre Adriadne, la narratrice, et ses collègues. C’est mon seul mini-bémol.

Quatre planètes fascinantes, quatre parties distinctes, quatre expériences différentes. Et beaucoup de questionnements face à l’importance de l’exploration spatiale quand la terre s’effondre, face au savoir collectif et à tous les questionnements éthiques qu’impliquent l’exploration de nouveaux mondes. Quand les conversations ont 14 ans de retard, est-ce toujours important de les lire? Les nouvelles de la terre sont-elles toujours pertinentes? Et si les paradigmes changent? On fait quoi? C’est émouvant, intéressant et cette exaltation face aux nouvelles connaissances et découvertes fait plaisir à voir.

Bref, SF positive, certes, mais pas toute rose bonbon non plus. J’ai adoré.

Vingt-six petits soldats sans âme – Miro Larocque

Quand je lis un résumé et que je ne comprends rien, je suis forcément tentée. Je sais, c’est étrange, mais c’est comme ça. Quand il est en plus question de réflexion sur l’écriture… I’m your girl!

De quoi ça parle

Constance est adolescente. Constance rêve d’écrire. Elle va à l’usine tous les jours où des maîtres qu’elle exècre lui apprennent les mauvaises choses de la mauvaise façon. Elle est amoureuse de Homard, son maître, à qui elle confie son précieux manuscrit. Car elle n’a qu’un objectif : écrire pour transformer le monde en un grand jardin d’amour.

Mon avis

Quel texte particulier! Je ne saurais à qui le conseiller mais pour ma part, j’ai vraiment aimé, à ma plus grande surprise, d’ailleurs. C’est que ce qui frappe, tout d’abord, c’est la forme. Aucun retour à la ligne. Le point comme seule marque de ponctuation. Parfois au milieu d’une phrase, le point. Ça étonne et j’ai eu besoin d’un moment pour m’y faire, ceci donnant une impression de pensée hachée et incomplète. Par contre, je suis rapidement passée par dessus et ça n’a aucunement nui à ma lecture.

Nous sommes donc dans la tête de Constance, dans ses pensées divergentes et bourrées de contradictions. Elle veut écrire, se sait douée de génie. Nous n’avons pas une narratrice fiable, Constance a des tendances nihiliste et c’est la parfaite anti-héroïne. Elle en veut au monde entier et a ses raisons. Aucun adulte autour d’elle n’a réussi à la protéger et elle se retrouve laissée à elle-même, souvent affammée et à la merci de tous et chacun. Je ne sais pas si c’est une impression, mais j’ai ressenti des échos de Réjean Ducharme et de sa Bérénice dans la voix de cette jeune fille qui flirte avec la mort et qui s’en fiche. Entre son père déchu, les bourgeois qui les emploient et son maître avec qui elle a tissé une relation hautement toxique, il n’y a que le Gaillard pour être une figure d’adulte positive dans sa vie. Et il y a Rachel, sa voisine et amie, mourante.

Je ne veux pas trop en dire car dès le début du roman, j’ai été surprise par certaines révélations. Trop grosses pour être vraies, peut-être. Mais nous avons une histoire sombre et souvent malsaine, qui parle entre autres des mots et de leur pouvoir, mais aussi de la vacuité des choses et de la vie. Pour apprécier, il faut se accepter de se laisser portée par les pensées souvent poétiques et décousues de Constance, qui nous balade d’une scène à l’autre, d’un sujet à l’autre, sans que nous réalisions toujours qu’elle a changé de sujet.

Pas pour tout le monde, certes. Mais c’était pour moi.

La végétarienne – Han Kang

J’ai découvert Han Kang avec Impossibles Adieux, que j’avais beaucoup aimé. Je pense d’ailleurs que j’avais oublié de vous en parler ici. Je me suis retrouvée un jour sans livre à Paris, alors que j’avais une bonne heure et demie à attendre ma copine Angéla Morelli qui tenait à se torturer au Pilates. Il y avait une librairie et j’avais besoin d’un livre court. J’ai donc choisi celui-ci.

De quoi ça parle

Une nuit, Yeong-hye a fait un cauchemar. Un rêve brutal et sanglant. Au matin, elle devient végétarienne (végétalienne plutôt). Et son entourage ne va pas l’accepter.

Mon avis

Vous savez quoi? Je pense que je n’ai pas tout compris. J’ai refermé ce roman en me disant que je n’étais pas certaine de comprendre le message, en me sentant un peu c*nne et en étant très incertaine de mon ressenti. Toutefois, plusieurs semaines plus tard, je m’en souviens très bien. Et je me rappelle aussi le malaise intense ressenti pendant une grande partie de ma lecture.

Le roman est divisé en trois parties. Trois narrateurs, dont aucun n’est Yeong-hye qui restera fuyante et évanescente tout au long de l’histoire. Nous la découvrirons par le biais de son mari (détestable), de son beau-frère (tout aussi détestable) et de sa soeur, qui ne comprennent pas ce qui se passe et qui tentent, chacun à leur façon, de reprendre le contrôle. Le mari l’avait choisi parce qu’elle était « ordinaire ». Pas compliquée. Ce choix le dérange. Et il donne lieu à des scènes de famille tellement violentes… Quant au beau-frère artiste, il est fasciné par une tache sur la peau de cette femme… et il va décider de l’utiliser dans son art. Sa soeur, quant à elle, la voit se transformer et ne comprend rien, voyant sa soeur à la fois comme victime et comme manipulatrice.

Ce texte est dérangeant. Si les images sanglantes impliquant des animaux m’a gardée à l’extérieur du récit au départ, ces scènes ne se poursuivent pas jusqu’à la fin, heureusement. Mais tout est dérangeant dans cette histoire. Le regard des autres, le besoin de contrôle de l’entourage… cette femme qui décide pour elle-même pour une fois va se heurter à un mur.

Après tout ça, j’ai encore du mal à dire quel est le réel thème de ce roman. Désir d’émanticipation? Rébellion face aux diktats imposés aux femmes? Discussion sur la santé mentale et sur l’ambiguité de celle-ci? Sur l’autodétermination? L’autodestruction? Si vous avez lu et que vous avez compris, dites-moi! En raison de ses textes dérangeants, je vais clairement continuer à lire l’autrice mais je dois avouer avoir préféré Impossibles adieux à la lecture, même s’il m’a moins marquée à long terme.

Candide – Voltaire

J’avais lu Candide adolescente. Comme je n’en avais aucun souvenir, j’ai relu… et j’avais oublié à quel point c’était drôle.

De quoi ça parle

Ai-je vraiment besoin de vous raconter Candide? Ce jeune homme naïf habite le plus beau des châteaux en Westphalie, paradis dont il se voit chassé quand il ose embrasser Cunégonde, la fille du baron. Ainsi va débuter un périple initiatique – et rempli de malheurs – autour du monde où la philosophie du grand sage Pangloss « Tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles », va être mise à rude épreuve.

Mon avis

Nous avons ici un texte très court et accessible, écrit il y a plus de 250 ans par Voltaire, philosophe et écrivain. C’est ironique, sarcastique, presque picaresque, souvent drôle et l’auteur ne se gêne pas pour faire ressortir les mauvais côté de l’humanité. Tout le monde en prend pour sa gueule ici : clergé, noblesse, aristocratie, riches et classe marchande. Tous leurs travers sont mis en évidence et disons que c’est parfois caricatural… pour notre grand plaisir.

Celui qui se fait démolir, surtout, ou plutôt sa philosophie, c’est Leibniz et son positivisme. L’absurde de cette théorie est tout de même illustré avec panache à travers les aventures horribles et invraisemblales que va vivre le bon Candide. Ce qui lui arrive, et ce qui arrive aux personnages, ne PEUT être le mieux. C’est genre… impossible. Et Voltaire écorche un peu tout le monde au passage, faisant de tous les méchants de l’histoire des caricatures d’eux-mêmes. Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, mais on sent que rien n’est gratuit.

Nous allons suivre le pauvre Candide sur plusieurs années et sur plusieurs continents. Va-t-il évoluer dans sa pensée, devenir moins naïf? C’est ce que vous verrez mais il est tellement… candide qu’on a envie de le secouer. C’est le royaume du chacun pour soi, il se fait avoir par tous et chacun, même sa bien aimée ne sera pas à la hauteur!

Et c’est drôle! La façon de nommer les choses, de nous faire comprendre ce qui se passe sans rien dire, j’ai beaucoup aimé l’ironie et la peinture décalée de l’époque. Un classique facile d’approche mais qui donne envie d’en savoir davantage sur la philosophie de l’époque.. et je recommande!

L’atlas des Autreterres d’Emily Wilde – Heather Fawcett

J’avais bien aimé le premier tome, sans avoir le coup de coeur que la moitié des gens ont eu. Par contre, comme le ton me plaît, et que des fois, il faut que je continue mes séries, je me suis décidée.

De quoi ça parle

Emily Wilde, chercheuse émérite en dryadologie, a un nouveau projet. En fait, deux. Elle souhaite trouver une certaine porte pour aider son collègue et ami Wendell et s’est mis en tête de publier un atlas des terres fae. Ils vont donc débarquer dans un petit village – autrichien – cette fois… et se confronter encore une fois aux fae!

Mon avis

J’ai mis 2 semaines à lire ce roman. Pas que j’aie détesté hein! J’ai passé un bon moment de lecture et j’aime toujours l’humour et le banter. Le personnage d’Emily me paraît moins sur le spectre que dans le tome 1 mais elle comprend toujours davantage les fae que les humains, ce qui cause souvent des situations presque cocasses. J’aime qu’elle soit intelligente, efficace, impulsive et totalement unapolegetic. Et Wendell, le personnage masculin est… Wendell! Un Wendell que j’ai davantage apprécié dans ce tome, avec sa nonchalence et ses caprices.

Nous sommes encore clairement en cosy fantasy, avec une ambiance village (toujours froide), des paysages fabuleux et des vrais dangers à combattre. On veut assassiner Wendell, la porte est introuvable, un fae semble décidé à défoncer la porte du cottage qu’ils louent et Emily ne sait pas du tout comment dealer avec sa nièce Adriadne qui souhaite seulement l’aide.

J’aurais peut-être aimé davantage de légendes, on reste assez loin des villageois, mais j’adore les Créatures, le côté « journal ». Je vais clairement continuer la série, ne serait-ce que pour passer un agréable moment et de rire des échanges entre Wendell et Emily. Agréable et plein de rebondissements!

Baignades – Andrée A. Michaud

Je suis assez fan de la plume de Andrée A. Michaud. J’admire sa capacité à créer des atmosphères et elle écrit selon moi super bien. Tout le monde a lu ce roman cet été car il en a été question à l’émission Bonsoir Bonsoir. Et comme je suis une suiveuse, je l’ai lu aussi.

De quoi ça parle

Laurence et Max sont en camping avec leur fille Charlie. Enfin en vacances! Sauf que le propriétaire du camping leur fait une remarque désagréable, que la soirée dérape et que la famille va décider de partir en pleine nuit, sous l’orage. Si seulement ils avaient pris à droite. Mais ils ont pris à gauche.

Mon avis

Ce roman est constitué de deux partie très distinctes. Toutes mes connaissances ont ADORÉ la première et ont été beaucoup moins convaincus par la seconde. Moi, c’est le contraire. En fait, la raison m’est très personnelle et a beaucoup à voir avec le fait que je l’ai écouté sur Radio Canada OhDio. Je n’aime pas stresser dans les films. En fait, non. Je déteste stresser dans les films. Et cette expérience m’a prouvé que c’était la même chose en audio. Je le voyais beaucoup trop dans ma tête et c’était juste too much pour moi. (Et je ne savais pas qu’il y avait des pubs sur l’appli. J’ai appris.).

Bref, j’avais juste hâte que ça finisse pour arrêter d’angoisser. C’est bien écrit, c’est haletant, c’est un suspense de folie, mais je voulais enlever mes écouteurs à chaque retour du violon-angoissant! C’est une série de concours de circonstances, de mauvaises décisions, et ça entraîne une course poursuite complètement folle sous une pluie torrentielle dans une forêt sombre et inhospitalière. Tout au long de l’histoire, on se dit que ça pourrait tourner n’importe comment. C’est donc pour cette raison que je ne vous en dirai pas trop sur l’intrigue et sur l’histoire. Pour ne pas me dire si certains s’en sortent.

Si vous aimez l’action, les vrais méchants, l’ambiance angoissante et poisseuse, vous allez adorer cette première partie. Quant à moi, j’ai trouvé le tout bien trouvé, j’ai aimé l’écriture, les flash forwards et la voix de l’autrice qui pointe à l’occasion. Mais je ne peux pas dire avoir du du plaisir à écouter ça, contrairement à 99% de la population.

Tout le monde s’est ennuyé à la deuxième partie. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé détester le personnage de Madeleine, dans la tête de qui nous nous trouvons. Mais d’un côté, on se dit qu’étant donné la situation, il y a peut-être des raisons? On tombe alors dans le drame familial. On se demande certes comment on a pu en arriver là, pourquoi certaines personnes se sont foutues dans cette situation mais je dois avouer avoir préféré cette partie, malgré le côté un peu anticlimatique et le fait qu’on ne connaît que somme toute peu les personnages. Le lecteur doit deviner le comment du pourquoi… sans nécessairement avoir toutes les réponses.

Bref, demi-teinte pour moi. Un genre de 3 étoiles parce que pour m’avoir fait freaker à ce point, ça doit être que c’est bien fait!

Dreamday – Elizabeth Uttara

C’est mon amie Cécile qui m’a parlé de ce roman de SF jeunesse. Autement, je ne crois pas que j’en aurais entendu parler car il a eu très peu de publicité ici. Et ça aurait été dommage car j’ai beaucoup aimé.

De quoi ça parle

Jude est un jeune adolescent qui vit dans un futur proche. Il vient de changer d’école, il fait enfin partie d’un groupe et tous les soirs, grâce à Dreamday, il peut se brancher à une interface et passer ses nuits dans la vie de ses vedettes préférées.

Quand il sera sélectionné pour une expérience spéciale par la créatrice de Dreamday, il va bien entendu accepter. Sauf que l’expérience est loin de ce à quoi il s’attendait.

Mon avis

Il sera difficile de parler de ce roman car je ne veux vraiment pas trop en dire. J’ai été très surprise d’où ça s’en allait et j’aimerais que les gens puissent le découvrir comme moi je l’ai fait. Disons seulement que c’est beaucoup moins pessimiste que ce à quoi je m’attendais.

C’est donc un roman fait pour les jeunes auxquels il se destine. La plume est fluide, ça coule tout seule, ce n’est pas simpliste mais très adapté aux jeunes ados. Ça se lit tout seul et on veut connaître l’histoire. Il comporte juste assez d’idéalisme pour plaire à cette tranche d’âge qui croit que tout est possible. L’autrice ne prend pas les jeunes pour des cons, elle soulève des questions sans donner de réponse et je crois sincèrement que l’accompagnement d’un adulte peut apporter beaucoup à cette lecture.

Un thème important, un enjeu de société pour lequel il n’y pas de réponse toute faite, des personnages intéressants et variés, j’ai beaucoup aimé l’idée et les intentions derrière l’histoire qui nous est racontée. En plus du sujet principal, on traite en arrière plan des préjugés et de l’intimidation au secondaire. C’est tellement important de « fit in » à cet âge.

Bref, une très bonne lecture… et j’espère que ma nièce va accepter de le lire.

Le Prestige – Christopher Priest

Ce roman était dans ma pile à lire depuis 2006. Et il avait déjà plus de 10 ans quand je l’ai acheté. Je l’ai donc procrastiné 19 ans. Pour, finalement, adorer. Silly me.

De quoi ça parle

À la toute fin du 19e siècle, deux illusionnistes s’affrontent, prêts à tout pour être le meilleur et pour découvrir les secrets de leur adversaire.

Mon avis

Vous savez, des fois, vous lisez un roman. Vous savez que la qualité d’écriture est agréable sans être fantabuleuse (quoique…) Il n’y a pas de thèmes d’actualité ou de problématique de société qui y soulevée. Mais vous adorez pareil et vous ne pouvez pas le lâcher? C’est exactement ce qui m’est arrivé avec ce roman.

Si le roman s’ouvre à la fin du 20 siècle, il s’agit surtout d’un roman historique, qui se déroule une centaine d’années auparavant. Une histoire de familles (au pluriel) remplie de secrets et d’illusions. Il est divisé en plusieurs parties nous permettant de jeter des regards différents les événements principaux de la rivalité des deux magiciens. Et sachez-le, si vous aimes les « unreliable narrators », c’est pour vous. On nous avise dès le départ : il y a un pacte. Des choses nous seront cachées. Et quand commence à comprendre, impossible de ne pas s’émerveiller devant tout ce que l’auteur a fait pour garder le tout cohérent. C’est vraiment assez virtuose.

C’est un roman d’atmosphère. L’auteur prend son temps pour préparer son public, on se balade avec Alfred Borden et Rupert Angier dans les théâtres et les rues anglaises de l’époque et l’intrigue se construit graduellement. Entre envie, jalousie et revanche, la relation entre les deux hommes va virer à l’obsession et les mener à prendre des chemins dangereux.

Moi, j’ai adoré. Carrément. Je ne voulais pas voir le roman se terminer. Pas parce qu’on aime les personnages qui sont difficiles à cerner et à aimer, mais parce que je vivais dans cet univers plein de faux semblants. Je ne vous dirai pas exactement de quoi il est question vu que j’ai préféré le découvrir sans rien savoir mais j’ai tout aimé, même si j’aurais, peut-être, aimé avoir un autre point de vue. Mais pourquoi ai-je autant attendu?

L’hiver dernier, je me suis séparé de toi – Nakamura Fuminori

C’est dans une librairie parisienne que Mallo m’a parlé de ce roman. Étrange et déstabilisant, m’a-t-elle dit. Il n’en fallait pas plus!

De quoi ça parle

Un homme écrit un livre sur un criminel condamné à mort. Il va aller le rencontrer en prison, et si les entretiens ne se passent pas nécessairement comme il l’aurait cru, il va rencontrer plusieurs personnages, tous plus étranges les uns que les autres… et en tant que lecteur, nous allons basculer dans un univers étrange.

Mon avis

Quel roman déstabilisant! Vous cherchez des personnages faciles à aimer? Passez votre chemin. Ils sont tous plus tordus les uns que les autres et pénétrer dans leurs esprits instaure un malaise assez immédiat chez le lecteur. En voulant creuser la psyché d’un photographe qui attend sa sentence suite à la mort par le feu de deux femmes dans son studio, il faut s’attendre à être dérangé. Et les personnages secondaires que nous allons rencontrer sont certes intéressants mais tout aussi malsains.

Ceci dit, ils sont fascinants.

Du moins pour moi.

Le jeu narratif est très intéressant. Entre témoignages, narration traditionnelle et correspondances, l’auteur nous balade un peu, à tel point que j’ai dû relire certaines parties après avoir bien compris ce à quoi nous avions à faire. Et ça, j’adore. C’est à la fois psychologique, horrifique et étrangement poétique. Je suis très fan de la plume et de la façon de présenter les choses. Le photographe est intrigant, à la fois vide et génial tandis que le narrateur va être amené à rencontrer des gens qui semblent sortir d’un film d’horreur… ou d’un hôpital psychiatrique. Et c’est plus ou moins discret. Le personnage du créateur de poupées… oh my…

Bref, c’est tout à fait le type de roman que je ne conseillerais pas à tout le monde mais qui est me plonge dans un état second. Un très bon moment de lecture.

L’affaire Petit Prince – Clémentine Beauvais

Un « livre qui parle de livres » écrit par Clémentine Beauvais. Difficile de résister à ça, n’est-ce pas! Ben voilà, je n’ai pas résisté.

De quoi ça parle

Pierre Bayard est un ex-détextive, membre renvoyé de la chevalerie des Lecteurs Experts, vit sa petite vie avec son associée Edith quand il voit une petite annonce. Une énigme littéraire! Même s’il n’a officiellement plus le droit d’enquêter, il ne va pas résister.

Mon avis

Non mais ce petit roman est gé-ni-al! J’ai tout aimé, de la couverture à l’histoire, en passant par le style. C’était écrit pour moi.

Bon, en fait, non. C’est écrit pour des jeunes de 9-13 ans. Mais je suis certaine que vous comprenez! C’est de l’excellente littérature jeunesse, avec un style (et plein de figures de style aussi), beaucoup d’humour, des tonnes de références, tout en offrant aux jeunes une introduction à la littérature et à certains concepts d’analyse.

Ça semble élitiste, mais non, au contraire. C’est un plaidoyer contre les chasses gardées, contre le snobisme et l’idée qu’il n’y a qu’une lecture possible d’un texte. Nous avons donc une enquête qui ne sort de nulle part, où il faut accepter l’idée d’une société littéraire toute puissante, une façon de faire originale et deux assistants détectives préados qui m’ont énormément plu… dont l’une qui n’aime pas lire. Sauf que…

Il y a donc un mystère dans Le Petit Prince. Bon, détaillounet, on ne sait pas trop ce que c’est mais après tout, Pierre Bayard aime surtout fouiner dans les « trous » des histoires pour traquer les incohérences et proposer d’autres façons de voir les choses (ce qui est assez vrai… il suffit d’aller lire sa bibliographie, au vrai Pierre Bayard). On peut donc s’attendre à n’importe quoi. Et moi j’adore.

Bref, c’est bourré de clins d’oeils et de références, c’est intelligent, ça fait sourire… et je lirai le tome 2 avec plaisir!