
J’ai choisi ce roman pour la demi-face de chien au milieu à droite. Des fois, il m’en faut peu.
De quoi ça parle
Clara a quitté Marseille pour Paris, loin de sa ville natale et de sa mère Véro de qui elle tente d’être la plus différente possible. En effet, Véro est LA cagole par excellence. Blonde, loud, vêtue de spandex et de léopard. Et Clara, à Paris, veut être tout, sauf ça.
Quand elle amène son copain Raphaël à sa mère, le clash est inévitable. Il est né de parents bourgeois, de parents riches, catholiques, d’une vieille famille. Et elle est né de Véro.
Mon avis
Je ne m’attendais à rien en commençant ce roman. Pourtant, j’ai vraiment adoré ce roman qui est subtil (même si certains personnages ne le sont pas) dans son traitement de la culpabilité et de la douleur ressenti quand on est en conflit avec ce qu’on croit vouloir être et d’où on vient. Clara est une transfuge de classe, ou plutôt, elle tente de l’être. Elle tente d’assimiler les codes, n’est jamais « assez », mais elle ne l’était pas non plus à Marseille, comparativement à sa flamboyante et solaire maman Véro.
La narration en duo par Clara et sa mère nous permet de voir les deux côtés des choses. Elles sont vraiment différentes, autant dans le propos que dans la syntaxe. Ça bouillonne de réalisme et vérité, elles sont toutes les deux attachantes et la relation mère-fille est magnifiquement développée malgré ses hauts et ses bas, malgré la honte et la colère, les blessures et la violence. Les deux femmes s’aiment sans souvent tout à fait se rejoindre et Véro, la mère, est un magnifique personnage plein de failles dont je vais me souvenir longtemps.
C’est souvent drôle mais aussi rempli de silences car certaines choses font trop mal. Ça parle aussi des histoires de famille et des traumas qui transcendent les générations, le « girafon » est rageant à souhaits et on referme le roman en souhaitant le meilleur à ces deux femmes qui souffent, qui vibrent et qui s’aiment, chacune à leur façon.
Très bonne lecture.








