Des diables et des saints – Jean-Baptiste Andrea

J’ai découvert Jean-Baptiste Andréa avec Veiller sur elle, comme plusieurs. Je sais, j’ai mis du temps. Mais j’ai eu envie de poursuivre ma découverte… et j’ai lu celui-ci.

De quoi ça parle

Le roman sur un vieil homme qui joue du Beethoven sur un piano public. Il a énormément de talent, aurait pu être concertiste, mais il joue pour des inconnus qui écoutent à moitié mais lui, il attend.

C’est petit à petit que nous allons connaître son histoire et elle passe par un orphelinat, où il n’aurait pas dû rester, mais où il a passé des années. Les Confins, c’est le bout du monde, les enfants sont isolés maltraités par les religieux et il est difficile de garder espoir. Puis, il va rencontrer Rose…

Mon avis

Encore une bonne lecture de Andrea pour moi. Il a le don pour créer des personnages auxquels il est facile de s’attacher, des oubliés qui rêvent et qui gardent au fond d’eux cet espoir qui les font vivre. Ce qui se passe dans cet orphelinat est terrible et les jeunes n’ont aucun recours. Ils doivent avoir l’air heureux, en forme, malgré les violences et les privations. La situation est terrible et Joe, notre narrateur, se retrouve dans cette terrible situation peu de temps après avoir perdu ses parents. C’est qu’être religieux ne signifie pas toujours agir avec bonté et bienveillance.

Un roman avec Beethoven en arrière-plan sonore, je ne résiste pas, vous pouvez vous l’imaginer. Cette musique est au coeur du roman car c’est grâce au piano que Joe pourra parfois sortir de l’orphelinat pour aller enseigner à Rose, la fille d’un généreux donateur. La jeune fille ne sera pas simple à apprivoiser mais elle reste une lueur dans le quotidien sombre du jeune homme. Du moins, elle le devient. La musique, mais surtout le rythme, va parcourir tout le texte et le sous-texte.

C’est un roman qui parle de résilience, d’amitié et de sentiments qui traversent le temps. Le ton est très nostalgique malgré le côté traumatique de l’enfance du narrateur et les flashbacks nous permettent de découvrir leurs malheurs mais aussi leurs moments de joie. Comment se construire après une telle enfance? Certains jeunes de la Vigie m’ont profondément touchée malgré leurs failles et leurs mécanismes de défense.

Lecture rageante par moment, mais Jean-Baptiste Andrea est définitivement un auteur que je relirai.

L’homme sous l’orage – Gaëlle Nohant

Nous sommes en France, en 1917. Les esprits sont échauffés et quand un homme frappe chez Isaure, elle le renvoie immédiatement. Il était peintre mais maintenant, il n’est plus qu’un déserteur, qu’elle devrait dénoncer. Rosalie, sa fille, a pitié de cet homme et décide de le cacher, à ses propres risques.

Mon avis

J’écris ce roman quelques semaines après ma lecture (c’est la faute au Jaspon) et j’avoue avoir de la difficulté à me souvenir des détails de l’intrigue. Pourtant, j’ai passé un très bon moment de lecture, certaines images sont claires, et j’aime toujours autant la plume de Gaëlle Nohant.

C’est une histoire très romanesque, qui nous fait voir la guerre par le regard des femmes laissées derrière. Elles doivent faire tourner l’économie, soigner les soldats et s’occuper des domaines pendant que les hommes sont au front et qu’elles ont peur pour eux.

Ce que j’aime dans les romans de l’autrice, c’est qu’elle n’impose aucune vision. Elle expose les situations, ses personnages sont parfois sombres, toujours plein de zones de gris. Ici, elle requestionne la guerre et ses horreurs, le patriotisme et la délation ainsi que la pression sociale que ça implique. Ce ne sont pas toutes les opinions qui peuvent être dites à haute voix… et il y a des conséquences. En fait, on peut observer les conséquences de plusieurs attitudes et prises de position.

Nous avons également le passage à l’âge adulte de la jeune Rosalie, notamment au contact de Théo, le déserteur qu’elle décide de cacher. Elle va aussi découvrir les gueules cassées et voir la mort de près en tant que bénévole à la Croix Rouge. Il a connu Isaure, la mère de Rosalie, est artiste et a quitté son régiment. Certains sentiments vont s’éveiller et elle va également se mettre dans une étrange position.

Plusieurs points de vue nous sont offerts, notamment celui de Martha, une jeune femme de chambre, en plus des personnages principaux. J’ai aimé l’évolution de chacun d’entre eux et aucun de leurs points de vue n’est tourné en ridicule, ce qui me plait particulièrement. L’autrice fait confiance au lecteur pour se faire sa propre idée. Vous ne serez pas surpris de savoir que j’ai particulièrement aimé la réflexion sur l’art et sur son côté salvateur. Quel plaisir de voir surgir Berthe Weill au détour de ces pages!

Une expérience agréable, qui n’est malheureusement pas restée aussi nette dans ma tête que je l’aurais voulu. Il m’en reste des fulgurances. Mais j’ai aimé!

Bel Ami – Guy de Maupassant

Non mais vous avez vu cette édition? Elle brille! Il n’en fallait pas plus pour que je décide de lire Bel-Ami!

De quoi ça parle

Georges Duroy, bel homme dépensier et ancien d’Algérie, peine à joindre les deux bouts à Paris. Il va revoir Forestier, un ancien ami maintenant journaliste, qui va l’inviter à une soirée mondaine et ainsi initier son ascension sociale.

Mon avis

Il ne faut pas lire ce roman pour apprécier Georges, le fameux Bel-Ami du roman. C’est un homme ambitieux, prêt à tout et à utiliser tout le monde pour grimper dans l’échelle sociale. Utiliser les femmes, surtout, car ce sont elles qui vont le faire monter… et notre Bel-Ami va en profiter et s’en délecter. Pas un type sympa, donc.

Il ne faut donc pas s’attendre à s’identifier à lui. Bon, vous pouvez hein… mais on ne sera pas amis! Il est sans scrupule, dépensier et les femmes de sa vie ne seront pour lui que l’un des barreaux de l’échelle qui lui permettra de s’élever. Et ça fonctionne, le pire!

Maupassant nous offre donc un portrait sans concession du milieu du journalisme à Paris et de cet homme prêt à tout pour réussir en travaillant le moins possible. La salle de rédaction, c’est du grand n’importe quoi et les journalistes sont plus occupés à jouer au Bilboquet qu’à écrire. Les magouilles, par contre, ça le connaît et la description du milieu du journalisme français par Maupassant est implacable. Certes, les journalistes ont une certaine influence mais ils peuvent aussi être manipulés et utilisés à diverses fins, ce qui ne manquera pas d’arriver à Bel-Ami.

Si cette lecture peut s’avérer frustrante, n’empêche que j’ai beaucoup aimé suivre les magouilles de Bel-Ami, incorrigible et prêt à tout pour réussir sans trop travailler. C’est très bien écrit, la critique de société est réelle… et a dû faire un peu peur à l’époque. La description du milieu journalistique est sans concession et l’étude de personnage magistrale. Bel-Ami est arriviste, détestable, manipulateur mais qu’est-ce que j’ai pu aimer le suivre et le détester.

Et surtout, qu’est-ce que c’est bien écrit!

Le blé en herbe – Colette

Si je crois avoir lu quelques « Claudine », je n’avais jamais tenté Le blé en herbe. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

De quoi ça parle

Vinca et Philippe passent tous leurs étés en Bretagne, dans une grande maison louée par leurs parents qui vivent leur vie d’adulte. Ils ont grandi ensemble, sont complices et très proches. Puis, un été, l’adolescence pointe le bout de son nez, les sentiments deviennent contradictoires et sons exacerbés par l’arrivée d’une mystérieuse dame en blanc.

Mon avis

J’avais oublié à quel point Colette écrivait bien. En quelques lignes, elle réussit à recréer l’astmosphère si particulière de la Bretagne, des ces étés qui ne finissent pas, des pique-niques avec des sandwiches plein de sable et de sel sur la peau. Elle réussit aussi à peindre en sépia cette période magique qu’est l’enfance Et vous le savez, quand l’écriture me plait, avec moi, ça passe généralement.

C’est donc un roman sur la fin de l’enfance, sur l’éveil de la sexualité et sur les premiers émois amoureux et les trahisons qui vont avec. C’est également un roman qui doit être replacé dans son contexte et son époque. De nos jours, ce ne serait aucunement révolutionnaire, voire même un peu problématique, mais il y a 100 ans, c’était une tout autre histoire. Non seulement il y a de la sexualité, mais elle n’entre pas dans le moule, entre l’initiation d’un jeune garçon et l’éveil d’une jeune fille. Les sentiments sont très justes et on est en plongé dans l’ambivalence de l’adolescence. Une plume très sensible. Les non dits, les apparences à préserver, l’absence des parents… c’est tellement ça.

Ceci dit, les réflexions suscitées par les événements font réagir de nos jours et cette différence de perception m’intéresse toujours. Une femme dans la trentaine et un ado… comment dire… très peu romantique pour ma part et le côté « les garçons ont besoin de découvrir » fait sourciller. Mais les réactions des deux jeunes m’ont semblé tellement authentiques. J’aurais peut-être aimé voir davantage Vinca… mais j’ai vraiment aimé et j’ai eu un coup de coeur pour la plume.

Margo’s got money troubles – Rufi Thorne

Non mais on le voit partout, ce roman! Des coups de coeur à profusion… il fallait que je tente le coup.

De quoi ça parle

Margo a des problèmes d’argent. Fille d’une serveuse qui veut se remarier et d’un ancien lutteur, elle a une brève liaison avec son prof qui résulte en un bébé, qu’elle décide de garder. Elle se retrouve donc sans ressource, avec un loyer à payer car ses colocs en ont un peu marre des pleurs de bébé.

Sa solution? Devenir une star sur OnlyFans. Après tout, pourquoi pas?

Mon avis

Ai-je passé un bon moment? Ouais… pas mal. Suis-je aussi enthousiaste que la plupart des lecteurs? Pas du tout. C’était une lecture dont j’ai apprécié le thème mais la fin, mais dont le traitement ne m’a pas tout à fait convaincue. Longueurs, sujet martelé (après 20 fois, j’avais compris) et omissions de certains aspects du travail du sexe… j’ai des réserves.

Ceci, le personnage de Margo est intéressant et agréable à suivre. Elle est débrouillarde, intelligente et utilise tous les moyens possibles pour s’en sortir. Elle veut donner à une bonne vie à son enfant alors que sa mère n’aide pas du tout et que son père qu’elle connaît somme toute peu, avec qui elle devient coloc, a également ses propres soucis. Elle se lance donc dans OnlyFans sans trop savoir dans quoi elle s’embarque et avec l’aide de son entourage, ça va marcher. Nous allons donc être plongés dans le monde du travail du sexe, des réseaux sociaux et de ce que ça implique.

Comme je le disais, le thème et la thèse sont intéressants. On dédiabolise le travail du sexe et le milieu des réseaux sociaux en démontrant que ce sont aussi des femmes d’affaire et qu’il est possible d’être une bonne mère et aussi sur OnlyFans. On y voit que ces femmes ont beau être délurées, ce ne sont pas des nouilles pour autant. L’évolution du personnage est crédible, même si c’est un peu trop beau pour être vrai, tout ce succès. Et bon, Margo est facile à aimer et a toute la naïveté du début de la vingtaine.

Ceci dit, j’ai trouvé ça un peu long et répétitif et si certains passages sur la lutte apportent quelque chose à l’histoire… clairement, ce n’est pas le cas de tous. Et mon intérêt pour cette discipline est ma foi limité, même si le côté « art » est appréciable. Mon plus gros bémol est que la plupart des côtés sombres du travail du sexe sont ignorés dans ce roman. Certes, parfois ça se passe bien mais ce n’est clairement pas le cas pour tous et toutes. J’aurais aimé que même si Margo était relativement épargnée, ce soit traité.

Pas désagréable, c’est facile à lire, il y a de l’humour souvent sarcastique et j’ai apprécié plusieurs moments. Mais ce ne sera clairement pas un coup de coeur.

La paix des Ruches – Alice Rivaz

Si vous suivez mon blog assez régulièrement, vous devinez pourquoi j’ai lu ce roman! Encore un favori des booktubers! J’adore définitivement cette série car je fais des découvertes très intéressantes. Il faudrait que je fasse la même chose avec les tops des blogueurs l’an prochain!

De quoi ça parle

Jeanne, la narratrice, ouvre ce récit en nous disant qu’elle croit ne plus aimer son mari. Il est souvent absent pour son travail et elle travaille comme dactylo. Ce sont ses pensées intimes que nous aurons dans ce roman, pensées qui ne pourraient être dites à voix haute.

Mon avis

Ce roman a été écrit en 1947. J’aime toujours voir reparaître des textes de cette époque, surtout écrits par des autrices qu’on avait presque oubliées. Nous avons donc ici un texte introspectif, une exploration de la psyché d’une femme, avec un ton étrangement distant. Jamais de pathos, seulement une honnêteté déroutante qui nous ramène à une époque où les attentes auxquelles les femmes devaient répondre étaient immenses.

Nous sommes avec une femme qui n’est plus amoureuse. Elle ne s’est pas gênée pour aller voir ailleurs et analyse ses réactions face aux hommes qui ont fait partie de sa vie mais aussi face à ses collègues féminines. Elle n’est plus une adolescente mais est à un tournant de sa vie. Elle requestionne ses choix, sa situation, son avenir quand la passion et les enfants ne sont pas aux rendez-vous.

La plume est précise, sans concession et l’autrice réussit à bien cerner les rouages d’une relation ainsi que ce qui la caractérise. Le texte est très ancré dans son époque, c’est féministe et j’apprécie toujours autant voir de loin ce qui était considéré comme avant-gardiste dans les décennies précédentes. C’est que ça change vite! Sauf que certains propos sont ma foi toujours d’actualité. Ce n’est pas un roman où il y a une histoire en soi, on ne va pas du point A au point B. Nous sommes vraiment dans les pensées de Jeanne qui tente de se définir en tant que femme avec les contraintes que ça comporte.

Toutefois, ce n’est pas un coup de coeur. En effet, la fin, qui parle davantage de religion mais qui offre aussi des réponses, m’a moins convaincue. Je ne croyais pas que ça s’en irait dans cette direction et je m’avoue perplexe face à ces choix qui semblent ne pas être tout à fait cohérents avec le texte. Mais bon… peut-être l’autrice a-t-elle voulu montrer l’ambivalence et tout ce que la protagoniste avait intégré malgré ses idées qui s’écartent de la norme.

Une bonne lecture, à replacer en contexte!

Les Bien Aimés – Ann Napolitano

Je vois ce roman un peu partout depuis sa sortie en anglais, quand il a été publié sous le titre « Hello Beautiful ». En plus, on m’a parlé d’une réécriture des Quatre filles du Dr. March. Comment je fais, moi, pour résister à une réécriture?

De quoi ça parle

William est né dans une famille où il est quantité négligeable. À l’université, il va rencontrer Julia, qui lui fait vite comprendre que ses soeurs et elle, c’est un package deal. Julia est solaire, ambitieuse et décidée alors que William est davantage en mode survie. Son univers va s’éclairer quand il va entrer dans cette famille et rencontrer ces quatre soeurs si différentes. Sauf que même si on tente de les changer ou de les cacher, nos fêlures ne sont jamais bien loin et le passé de William va remettre tout ce bonheur en question.

Mon avis

Je comprends pourquoi ce roman a tant plu. C’est très accessible et les thèmes sont universels : la famille, le trauma, la santé mentale et les relations amoureuses. Il se passe des choses dans le livre, ce n’est pas une seule étude de personnages. C’est donc un ouvrage que je pourrais recommander à de nombreuses personnes.

Pour ma part, j’ai bien aimé sans non plus avoir de révélation. Il m’a manqué une certaine qualité littéraire, une certaine profondeur pour que je puisse vraiment entrer dans le texte. Je lui reprocherais surtout le fait de « dire » beaucoup de choses sans nous les « montrer », ce qui peut me déranger fortement une fois que je l’ai remarqué. Par contre, ce n’est pas ennuyant etje voulais connaître la suite, même si je n’ai pas été marquée!

Nous avons donc des personnages qui vont évoluer, qui vont prendre des décisions difficiles et parfois contraires à la bien pensance. Quelques tabous vont être brisés et la relation entre les quatre soeurs ne reste pas au beau fixe. Il y a énormément de nostalgie dans ce texte : en effet, on sait dès le départ que toute l’harmonie initiale ne va pas durer et j’avais parfois l’impression de regarder un vieux film ou un album photo en sépia. Je dois également mentionner que l’évolution des personnages et de leurs relations se tient, que tout le monde a des failles et que chacun est rempli de zones de gris. L’autrice ne tente pas de faire des bons et des méchants, juste des humains. J’ai aussi été satisfaite par la finale.

Quant à l’aspect réécriture? Ok, on va faire ça simple : c’est un hommage davantage qu’une réelle réécriture. Disons qu’il y a… 4 soeurs? Et c’est pas mal ça! Ah oui, il y a un personnage masculin qui va s’y intégrer. Certes, le père est absent… certes. Mais pas du tout pour la même raison, la mère n’a RIEN de Mrs. March, les soeurs ne ressemblent pas vraiment aux soeurs du roman de Louisa May Alcott… et l’histoire non plus, en fait! Il y a des références directes, quelques clins d’oeil… mais c’est pas mal ça. Ce qui n’est pas plus mal parce que j’avais aimé le roman enfant, mais moins une fois adulte! C’est que c’est un peu preachy… ce que « Les Bien aimés » n’est pas.

Bref, une lecture agréable, sans plus. Un genre de 3,5? Peut-être est-ce que j’ai trop comparé à Blue Sisters de Coco Mellors, que j’ai globalement préféré.

Katabasis – R.F Kuang

Je n’ai pas lu l’Enfer de Dante au complet. En fait, j’étais certaine de l’avoir lu… mais en fait, je n’ai lu qu’une version résumée, ce qui me donnait cette impression. Est-ce que ça m’a empêchée de lire et de comprendre ce roman? Non. Je connais les références principales et j’en ai d’ailleurs reconnu plusieurs. Ce n’est donc pas pour cette raison que je suis restée sur ma faim avec ce roman.

De quoi ça parle

Le mentor de Alice et Peter est décédé. Nous sommes à Cambridge dans un univers où la magie est un mélange de logique, de pradigmes et de philosophie, un milieu académique éminament mysogine et masculin et ils sont certains que sans Jacob Grimes, leur thèse est finie. Et ils ont besoin de cette thèse, pour des raisons différentes.

Bref, les deux rivaux décident d’aller en Enfer – rien de moins – pour récupérer son âme, voyage dont personne ne revient.

Mon avis

Il y a d’excellentes idées dans ce roman. Beaucoup de références à Dante et à d’autres oeuvres, de la philo, une critique du milieu universitaire et sa mysoginie et son élitisme, de même qu’une exploration de la santé mentale, notamment le trauma et la dépression. Pourtant, qu’est-ce que j’ai pu m’ennuyer pendant cette lecture! Et j’aime les livres lents, les expositions qui prennent leur temps. Mais là… je ne sais pas. Un problème de rythme? Des personnages auxquels j’ai eu du mal à m’attacher? À chaque fois que je reposais le livre, je devais me faire violence pour le reprendre car mon intérêt était plus que mitigé. Et ça avait tout pour me plaire! Le rythme s’accélère un peu… puis la fin s’essouffle à nouveau. J’ai mis UN MOIS pour venir à bout de ce roman, croyez-le ou non.

Il y a eu des bons moments, certes. J’ai apprécié les références à Dante ainsi qu’aux différentes religions, le portrait de la dépression est selon moi bien rendu et ça explique pourquoi Alice est si difficile à aimer. Les moments où elle est seule sont… difficiles, disons. La relation avec son mentor est toxique (en fait, le mentor est toxique), ses raisons d’agir sont aussi mauvaises les unes que les autres, mais on comprend tellement sa propre mysoginie est intégrée et tellement elle va mal. Elle est persuadée que si elle est vraiment la meilleure, le fait qu’elle soit une femme n’a pas d’importance, n’est-ce pas? Le féminisme, ce n’est pas pour elle? Je dois aussi mentionner que j’ai trouvé le message moins martelé que d’habitude avec RF Kuang, ce qui est un vrai plus dans mon cas.

J’ai donc peiné dans ce roman. Pas parce que c’était « difficile » au plan académique, mais parce que le tout me semblait très anecdotique et la finale m’a laissée en plan. Je suis donc mitigée, même si je salue l’idée et le concept. C’est certes une autrice que je relirai car elle m’intrigue… mais j’ai largement préféré Babel, même s’il était… moins subtil!

Bienséantes – Nelly Sanchez / Gabrielle Mondy / Baronne Staffe

J’ai repéré ce petit ouvrage au kiosque d’une école d’édition au salon du livre de Paris et l’idée m’a plu! J’ai donc décidé de prendre ce petit ouvrage qui nous permet de découvrir les charmants conseils de bienséance des siècles passés… et ça fait réagir!

Mon avis

J’ai beaucoup appricié ce petit recueil rempli de vignettes qui étaient proposées (ou imposées) aux femmes d’une autre époque, soit au 18e ou 19e siècle. On leur explique comment rester bienséantes du matin au soir. Saviez-vous qu’il était important de porter AU MOINS un demi-corset au lit et que l’épilation à l’arsenic, c’est vraiment le top? Mais attention, pas trop souvent sinon on risque de ressentir « une vive cuisson ». Mais ce n’est pas trop sévère, tout de même… la dame comme il faut peut même décider d’elle-même de placer un noeud à gauche plutôt qu’à droite!

Les illlustrations moderne de ce roman rendent le tout très féministe, souvent très drôle mais parfois rageant. De plus, la postface est fort intéressante et remet en contexte ces fameux guides de la bienséance. Écrits le plus souvent pas les femmes, mais aussi par les hommes parce que bon, c’est connu, eux ils sachent, ceux-ci servaient entre autres à justifier leur statut social et à garder les autres femmes « à leur place ». Il ne faudrait surtout pas qu’elles aient des opportunités qu’elles-mêmes n’ont pas eues! Et pour les mecs… sans commentaire! Leur femme sera parfaite sous toutes les coutures… mais bien obéissante hein!

Bref, une lecture de chevet très agréable, avec un objet-livre en prime très mignon en prime!

L’abrégé des contes perdus d’Emily Wilde – 3 – Heather Fawcett

J’ai fini une série. Incroyable, non? C’est étrange par exemple, que j’aie terminé, parce que c’est une série « trois étoiles » depuis le début. Bien mais sans plus, non. Mais je pense que j’ai fini car les livres sont beaux. Je suis futile, je sais.

De quoi ça parle

Emily Wilde a toujours été fascinée par les Fae. Dans ce tome 3, elle va être gâtée car non seulement elle va devoir vivre avec eux… mais en plus devenir leur reine. Sauf que la méchante belle-mère du futur roi a jeté un sort au Royaume, sort qu’Emily et son amoureux doivent dénouer.

Mon avis

On va l’avouer d’emblée : ce tome est celui que j’ai le moins aimé dans la série. J’ai failli l’abandonner 20 fois pendant la première moitié car je n’avais aucun, mais AUCUN intérêt. Limite que je soupirais à l’idée de le reprendre. Le seul truc, c’est que je voulais terminer la série et connaître la fin. Ce que j’ai fait. Et la fin est satisfaisante. N’empêche que mon avis est fort mitigé.

Difficile d’en parler sans spoiler quelques intrigues des deux précédents romans. Soyez donc avertis si vous choisissez de la lire la suite de ce billet. Emily est donc fiancée à Wendell, qui doit régner sur son royaume bouleversé. Le dit royaume est en danger d’être détruit et Emily et Wendell sont bien décidés à renverser le dit sortilège. Ajoutons ça aux fait qu’Emily ne se sent pas plus à sa place en faerie que sur la terre et qu’elle doit tenter de se définir dans son nouveau futur rôle.

Je me souviens très peu de l’intrigue, sauf la toute fin. Comme je le disais, je m’en fichais un peu et il y a un côté anticlimatique que j’aime moins en fantasy. Genre « tout ça pour ça ». Toutefois, l’autrice évite plusieurs écueils à la fin… et juste les notes de bas de page m’ont fait ajouter une demi-étoile sinon ça aurait été quoi… 2 ou 2,5? Et les réflexions d’Emily – qui semble moins neurodivergente que dans les autres tomes – qui a toujours un article ou un livre en tête sont toujours agréables, surtout dans les situations potentiellement mortelles.

Mais… pas plus que ça. Ceci dit, les deux autres tomes étaient des 3 étoiles. Ceci explique peut-être cela.