
Je n’ai pas lu l’Enfer de Dante au complet. En fait, j’étais certaine de l’avoir lu… mais en fait, je n’ai lu qu’une version résumée, ce qui me donnait cette impression. Est-ce que ça m’a empêchée de lire et de comprendre ce roman? Non. Je connais les références principales et j’en ai d’ailleurs reconnu plusieurs. Ce n’est donc pas pour cette raison que je suis restée sur ma faim avec ce roman.
De quoi ça parle
Le mentor de Alice et Peter est décédé. Nous sommes à Cambridge dans un univers où la magie est un mélange de logique, de pradigmes et de philosophie, un milieu académique éminament mysogine et masculin et ils sont certains que sans Jacob Grimes, leur thèse est finie. Et ils ont besoin de cette thèse, pour des raisons différentes.
Bref, les deux rivaux décident d’aller en Enfer – rien de moins – pour récupérer son âme, voyage dont personne ne revient.
Mon avis
Il y a d’excellentes idées dans ce roman. Beaucoup de références à Dante et à d’autres oeuvres, de la philo, une critique du milieu universitaire et sa mysoginie et son élitisme, de même qu’une exploration de la santé mentale, notamment le trauma et la dépression. Pourtant, qu’est-ce que j’ai pu m’ennuyer pendant cette lecture! Et j’aime les livres lents, les expositions qui prennent leur temps. Mais là… je ne sais pas. Un problème de rythme? Des personnages auxquels j’ai eu du mal à m’attacher? À chaque fois que je reposais le livre, je devais me faire violence pour le reprendre car mon intérêt était plus que mitigé. Et ça avait tout pour me plaire! Le rythme s’accélère un peu… puis la fin s’essouffle à nouveau. J’ai mis UN MOIS pour venir à bout de ce roman, croyez-le ou non.
Il y a eu des bons moments, certes. J’ai apprécié les références à Dante ainsi qu’aux différentes religions, le portrait de la dépression est selon moi bien rendu et ça explique pourquoi Alice est si difficile à aimer. Les moments où elle est seule sont… difficiles, disons. La relation avec son mentor est toxique (en fait, le mentor est toxique), ses raisons d’agir sont aussi mauvaises les unes que les autres, mais on comprend tellement sa propre mysoginie est intégrée et tellement elle va mal. Elle est persuadée que si elle est vraiment la meilleure, le fait qu’elle soit une femme n’a pas d’importance, n’est-ce pas? Le féminisme, ce n’est pas pour elle? Je dois aussi mentionner que j’ai trouvé le message moins martelé que d’habitude avec RF Kuang, ce qui est un vrai plus dans mon cas.
J’ai donc peiné dans ce roman. Pas parce que c’était « difficile » au plan académique, mais parce que le tout me semblait très anecdotique et la finale m’a laissée en plan. Je suis donc mitigée, même si je salue l’idée et le concept. C’est certes une autrice que je relirai car elle m’intrigue… mais j’ai largement préféré Babel, même s’il était… moins subtil!









