Le Maestro du silence – Hyena Soul Shadow

On va s’entendre, JAMAIS je n’aurais lu ce roman s’il n’avait pas fait partie des favoris de mon amie Fabienne en 2025. Nous avions un liveshow à faire et c’est celui que je n’ai choisi. Non mais quelle idée!

De quoi ça parle

Falone est princesse de l’Aube. Lors d’une soirée, elle est kidnappée par Horas, l’Arcane du magicien, qui l’emmène sur le continent du Crépuscule… pour l’épouser.

Mon avis

Nous avons donc ici une romantasy dont l’univers est basé sur le tarot. On comprend l’intérêt de Fab-chou n’est-ce pas! Est-ce que c’était pour moi? Pas du tout. Est-ce que j’ai aimé? Pas vraiment non plus, même si il y avait vraiment quelque chose à faire avec cet univers.

L’autrice est cartomancienne et connaît très bien le tarot. Moi, pas tant, mais Fabienne a pu m’expliquer que les caractéristiques des personnages étaient basés sur l’Arcane qu’ils représentaient et que c’était tout plein de références à cet effet. On s’entend, j’ai manqué les plus subtiles vu que je n’y connais rien. Mais en effet, le monde apparait cohérent, on sent que le world building est présent et logique… mais il y a eu pour moi un souci avec l’exposition.

En effet, lors d’une certaine scène, on nous présente presque tous les personnages ainsi que plusieurs de leurs caractéristiques. Ça fait beaucoup et non seulement on voit qui y est, mais on voit aussi qui n’y est pas. Ça permet donc de faire des déductions assez rapidement… et qui permet de prédire certains twists. Si ces informations avaient été distillées dans le texte, il m’aurait été plus agréable de découvrir l’univers.

De plus, l’histoire a tout d’une romantasy classique. Elle est enlevée, elle doit non seulement se marier avec ce personnage argenté à la plastique parfaite qui lui parle en pensées mais également subir des épreuves pour ce faire, épreuves qui ont une grande chance de la tuer. Je vous laisse deviner qu’elle va finir par tomber amoureuse de son kidnappeur. Normal, c’est une romantasy! Certaines parties, notamment les épreuves, sont aussi beaucoup trop rapides à mon goût.

Et, c’est moi où il y a un souci avec la présentation des dialogues? À quelques occasions, il y avait un tiret mais pas de changement de personnage. Détail, me direz-vous… mais j’ai dû relire certains passages pour bien comprendre.

C’est donc l’histoire d’une rencontre qui ne s’est pas faite. Fabienne a pour sa part beaucoup aimé. L’écriture est correcte et pas bancale, il y a une seule scène explicite, et les idées derrière cet univers sont excellentes. Dommage qu’elle en ait tant mis dans le premier tome car il y avait clairement d’autres aspects à explorer dans ce monde. Il paraît que ça va beaucoup parler aux gens qui pratiquent le tarot!

The Machine stops – E.M. Forster

J’adore Forster. Et je n’aurais jamais pu deviner qu’il avait écrit de la SF. Certes, une nouvelle, mais de la SF quand même!

De quoi ça parle

Dans un avenir lointain, les humains habitent sous terre depuis plusieurs générations. La surface est dangereuse. Ils sont isolés dans leur petit monde, le corps n’a plus d’importance et seules les idées comptent. La Machine répond à tous leurs besoins… tant qu’elle fonctionne.

Mon avis

Je vous en dirai peu sur le contenu de la nouvelle car c’est relativement court mais disons rapidement que je m’attendais à tout sauf à ça. C’est assez loin de ce que j’ai lu de Forster mais c’est toujours aussi bien écrit, toujours aussi introspectif, même si ici, le personnage principal est loin de se questionner.

Cette nouvelle été écrite en 1909. Elle aurait pu être écrite aujourd’hui. C’est d’une modernité étonnante, les questions posées sont d’actualité et la fameuse machine fait terriblement penser à l’AI, mais avec un côté plus mécanique. Ça parle de croyances, de changements de paradigmes et de ce qui peut arriver quand l’humain abandonne certaines parties de lui-même. Ici, l’auteur réagit probablement à la révolution industrielle du siècle précédent, mais les parallèles avec ce qui se produit de nos jours sont étonnants.

À lire si vous aimez Forster… ou l’anticipation.

Chlorine – Jade Song

Encore un roman lu pour les favoris 2025 des booktubers mais je dois avouer qu’il était déjà sur mon radar. Coming of age et body horror (très light l’horreur), c’est généralement pour moi. Et j’ai bien fait car c’était une bonne lecture.

De quoi ça parle

Ren est une jeune sino-américaine. Son père, désenchanté par le rêve américain, est retourné en Chine et sa mère fait son gros possible pour offrir à sa fille une belle vie. Fascinée depuis toujours par les sirènes, Ren va découvrir la natation compétitive et dans l’eau, elle se sent à sa place.

Ah oui… elle est maintenant une sirène…

Mon avis

Voici clairement un roman qui n’est pas pour tout le monde. Il faut accepter de vivre dans un univers flottant, dans la tête d’une héroïne qui tente de se définir et qui, nous le savons dès le début, a quitté sa peau d’humaine pour être sirène.

Nous entrons ici dans le monde de la natation compétitive. La vie de Ren est rythmée par la natation : repas, entraînements, amis, et surtout son entraîneur, dont elle tente d’obtenir l’approbation. Peut-elle que si elle réussit, si elle obtient une bourse, si elle bat des records, les gens seront fiers d’elle? Elle se sent étrangère, a peu d’amis sauf Cathy, coéquipière amoureuse d’elle, ne se sent appréciée que pour ses performances. Mais tout ça, ce sont des préoccupations humaines, non?

C’est un roman qui parle d’identité, de transformation, d’obsession, de libération aussi. On y explore le monde souvent sombre du sport compétitif et de la relation parfois malsaine entre les coach et les athlètes. La santé mentale y est également abordée, de même que le racisme ordinaire et la découverte de soi et de sa sexualité. Pour Ren, grandir n’est pas simple. Elle vit ses menstruations comme une épreuve, écoute son coach, mais personne d’autre, surtout pas les médecins, à qui elle ne fait pas confiance.

Si j’ai aimé ma lecture ainsi que son atmosphère, il faut savoir que Ren n’est pas toujours facile à aimer. Elle est une athlète de haut niveau, réussit très bien à l’école, a des parents qui essaient, une meilleure amis, elle s’envoie en l’air… et pourtant, ça ne va pas. Le point de vue de Ren-la-Sirène, au-dessus de tout les pauvres humains, peut heurter, surtout quand elle parle de sa mère ou de Cathy. Mais c’est aussi ce qui fait l’originalité du roman. Être dans la tête d’une ado, ça ne doit pas être drôle tous les jours. Les lettres de Cathy sont aussi un peu longuettes et répétitives. Il y a une grosse différence entre la voix de celle-ci dans ses lettres et celle des dialogues.

Le roman m’a rappelé par certains aspects « Our wives under the sea », mais j’ai vraiment préféré ce dernier. Peut-être les messages véhiculés m’atteignaient-ils davantage. Tout de même une bonne lecture… mais j’en attendais un peu plus!

La sorcière à la jambe d’os – Zelimir Peris

Je n’avais jamais lu de roman croate. On m’a proposé celui-ci, et heureusement, car je ne sais pas si cette couverture m’aurait attirée. Et, croyez-moi, j’aurais manqué quelque chose!

De quoi ça parle

Ce roman raconte l’histoire de Gila, en Dalmatie, au 19e siècle. Gila n’a pas de mari, elle connaît la botanique. Bref, Gila est une sorcière. Et ce roman va raconter sa vie.

Mon avis

On va s’entendre, c’est un coup de coeur. Et il y a de grandes chances que ce roman se retrouve dans mes favoris 2026. Oui, c’est un récit de vie, celle d’une femme qui n’entre pas dans les normes de la société et qui va en payer le prix, mais surtout un texte presque inclassable. En effet, l’histoire nous est racontée non seulement dans le désordre, mais de différents points de vue et avec des formes différentes. Ceci implique qu’il est parfois complexe de bien comprendre où le récit s’en va, surtout au début du texte. Disons-le simplement, le lecteur doit s’investir pour bien entrer dans l’histoire et même en le faisant, ce n’est pas si simple. C’est que l’auteur ne précise pas toujours l’importance de chaque fragment qui nous est présenté et que nous comprenons petit à petit comment le tout s’emboîte. Et quand quand l’image commence à se former, c’est fascinant. Rien de moins.

La construction est virtuose. Entre les différents points de vue, les passages poétiques ou encore les dialogues théâtraux, le portrait de Gila se construit peu à peu, tout en nous permettant de bien la situer dans son contexte social. C’est jubilatoire. Nous sommes à la croisée des chemins dans cet endroit reculé. La population est croyante mais certains doutent… et si la science disait vrai? Gila est une femme forte, fonceuse, elle en a vu de toutes les couleurs et elle retrouvée prise dans une situation qui la dépasse. Elle est perpétuellement en fuite, toujours poursuivie, mais elle est aussi confiante, sûre d’elle, intelligente. Elle n’appartient à rien ni personne, à aucune caste, aucune confession et va croiser plusieurs personnages qui sont eux aussi dans un contexte politique mouvant ou instable. Gila est certe traquée mais elle va aussi utiliser tout ce qui est à sa portée pour s’en sortir.

C’est bourré de références folkloriques et culturelles, c’est féministe (même si c’est écrit pas un homme), engagé, socialiste également. Du moins, on sent l’influence de ces courants de pensée dans le texte. C’est hyper bien écrit, bourré de sensibilité et d’humour souvent cynique. Certaines scènes sont d’anthologie (je pense à la discussion avec la soeur botaniste), d’autres sont déchirantes et au final, cette lecture est un régal. Quand on comprend POURQUOI telle scène a été proposée en début de roman… ah, ces moments de plaisir littéraire!

Au final, gros coup de coeur. Tout se tient, nous avons nos réponses, ça fait réfléchir le lecteur sans pour autant marteler ses messages… ma meilleure lecture de l’année à date!

James – Percival Everett

J’ai lu Mark Twain enfant. Je me souvient du côté aventureux, du langage… et de la série télé. Maintenant, j’ai la chanson dans la tête, c’est mal. Je ne saurais donc bien comparerles deux oeuvres car c’est ce dont il s’agit ici : une réécriture de Huckleberry Finn du point de vue de Jim, esclave noir en fuite. De personnage secondaire, il passe au statut de narrateur et ça éclaire le récit d’une lumière toute différente.

Mon avis

Les réécritures et moi, ça passe la plupart du temps, surtout les réécritures de classiques. Je trouve que ça permet de remettre l’oeuvre originale en contexte mais aussi de la comparer avec les courants de pensée actuels. Dans Huckleberry Finn, je crois que l’auteur souhaitait dénoncer l’esclavage et le racisme sauf qu’avec notre grille de lecture actuelle, ça coince souvent : infantilisation, utilisation de certains mots et ignorance des enjeux pour Jim, qui sont ma foi d’un autre niveau que pour les jeunes garçons.

Cette réécriture a été pour moi jubilatoire. J’ai adoré voir Jim/James reprendre le pouvoir sur la situation ainsi que sur les récits du passé. Le changement de point de vue m’a beaucoup plu ainsi que le ton engagé, tout en respectant le contexte historique. Ici, le roman est très adulte, contrairement aux aventures de Tom et Huck.

Dans ce roman, Jim est un homme intelligent, qui prend le contrôle de sa propre histoire comme il peut. Il a compris les codes, il sait se protéger la plupart du temps et s’érige également en protecteur pour le jeune Huck, qui prend beaucoup de mauvaises décisions. Normal, c’est un jeune ado. L’auteur réutilise le dialecte des esclaves et le détourne en en faisant une façade alors que les personnes noires pratiquent un code switching parfois presque drôle en fonction qu’il y ait un blanc ou non. Ils ne font confiance à personne et ont bien raison. Les enjeux pour les personnes noires sont mis en évidence, les rencontres le long du Mississipi font souvent rager mais malgré tout, il y a un humour cynique et ironique dans le discours de Jim qui est ma foi très lucide sur le monde qui l’entoure.

Une excellente lecture pour moi, j’ai adoré. Adoré la quête vers la liberté mais aussi l’autodétermination. C’est intelligent, ça remet les perspectives en question, la fin est parfaite et coup de poing.

À lire

Dungeon Crawler Carl – 4 – Le portrait des dieux infernaux

Entendons-nous, ce sera un billet assez court vu que je parle ici du tome 4 d’une série un peu déjantée, qui nous entraîne dans une téléréalité pour les aliens qui implique la fin du monde, des donjons, des boss de niveau, des quêtes parfois sans queue ni tête et un chat qui parle. Une royauté féline, rien de moins.

Ce tome se déroule dans un niveau-bulles, où Carl et ses collègues-crawlers se retrouvent dans des sous-univers séparés dans un même niveau. Carl et Donut sont dans un univers désertique peuplé… de chameaux. Des chameaux fort portés sur la chose d’ailleurs car ils débarquent carrément dans une ville de hookers. Avec un bar qui s’appelle le « Toe ». Rappelons que chameau, en anglais, c’est camel. Je l’ai ri pendant 10 minutes, je pense.

Je suis et je reste toujours fan de cette série que je trouve hilarante avec ses références à la pop culture et son regard décalé sur notre société. Je ne résiste pas à ce mec en boxers et nu pieds qui se retrouve dans des situations impossibles avec des plans tout aussi déjantés. Assez pour que je n’essaie même pas de tout comprendre les tenants et aboutissants de chaque niveau, c’est tout dire.

Ce tome n’est pas mon préféré, certes. L’IA prend un peu trop de libertés, il est difficile de bien comprendre les règles qui changent tout le temps mais on commence à comprendre les politiques extraterrestres et à se dire que le pauvre Carl n’a pas fini d’en baver. Ceci dit, je ‘suis fan d’adore Princess Donut, les notifications débiles et tout ce petit monde. Clairement que je fais continuer la série.

Nevermoor – 4 – The Mystery of Morrigan Crow – Jessica Townsend

Je suis très fan de cette série Middle Grade depuis sa sortie. Une jeune fille supposée mourir le jour de son 11e anniversaire mystérieusement sauvée par le non moins mystérieux Jupiter, habitant dans le plus extraordinaire hôtel du monde avec un chat géant, dans un monde magique où se trouve une académie des Wondrous Arts, rien de moins.

Dans ce tome 4, notre jeune Morrigan entre dans l’adolescence de plein pied et se voit contactée par la famille de sa mère, dont elle ne connaissait pas l’existence. Elle est en colère et secouée… et il va y avoir un meurtre. Qu’elle va décider de résoudre avec ses amis de la cohorte 919.

Mon avis

Difficile d’avoir un avis construit et détaillé au sujet d’un tome 4 sans trop en dire. J’aime cette série. J’aime les personnages, leur côté wacky, l’hôtel de folie avec la chambre qui se transforme et Fenestra, le chat géant qui parle avec un mauvais caractère. J’aime bien les chosen ones, même si dans ce cas, notre jeune Morrigan n’a peut-être pas été choisie par le bon côté des choses. Peut-être.

Dans ce tome, Morrigan a près de 14 ans et elle a mis les deux pieds dans l’adolescence. Elle a un énorme secret qui lui pèse sur la conscience, ne sait pas comment le dire et se libérer l’esprit, ce qui ne l’aide pas à réagir de façon responsable. Sauf que bon, personne n’est réputé pour prendre les meilleures décisions à 13-14 ans, n’est-ce pas! Morrigan est impulsive, agit immédiatement sur le coup de l’émotion, se rebelle contre l’autorité et ne se gêne pas pour le dire de façon très directe. Sa relation avec son mentor n’est pas au beau fixe, elle est en colère car des informations lui ont été cachées et sa soif d’être aimée et acceptée est palpable. Je trouve l’évolution du personnage très crédible.

J’avouerai toutefois que le début de celui-ci est un peu plus lent et j’ai eu un peu peur. De plus, ce tome est moins centré sur l’instut et le développement des pouvoirs et plutôt sur une enquête externe impliquant la famille maternelle de Morrigan, « vieille » famille puissante au sein de laquelle survient un meurtre, pendant un mariage. Joyeux, je sais. Une grande partie du roman est centrée sur l’enquête, qui amènera également Morrigan à en apprendre davantage sur sa famille.

Ceci dit, ce quatrième tome nous permet de creuser davantage les personnages et j’ai adoré retrouver l’univers. Je l’ai terminé d’une traite pendant une nuit d’insomnie (complète, la nuit… ça parle) et j’ai eu du mal à le lâcher. Certains personnages sont adorables, d’autres sont à baffer mais l’autrice ne tombe pas dans le piège des personnages tout d’une pièce. Il y a un côté queer très « matter of fact », sans que ce soit le sujet principal. Les péripéties s’enchaînent, Morrigan essaie de poursuivre les Wondrous Arts, elle prend les pires décisions de la terre, on a le goût de la secouer, mais j’ai déjà hâte au tome 5!

Pas mon tome préféré mais c’est définitivement une excellente série!

Maus – Art Spiegelman

C’est mon petit frère qui m’a offert cette BD il y a un bon 10 ans. Je ne l’avais pas encore lu car je n’avais qu’un seul tome . Il a fallu que mon amie Daphné la mette dans son top 2026 pour que je la sorte enfin de la pile. Il était temps!

De quoi ça parle

La relation entre Art Spiegelman et son père n’est pas simple. Ce dernier est un survivant des camps, il a vécu l’horreur et en paie encore le prix aujourd’hui.

Son fils va tenter de lui faire raconter son histoire, certes pour en faire une bande dessinée mais surtout pour tenter de mieux comprendre cet homme difficile à vivre et souvent désagréable.

Ah oui. Ici, les Juifs sont des souris et les Nazis des chats. Mais ça je pense que vous saviez hein.

Mon avis

Je ne sais que dire sur cette bande dessinée qui n’ait pas déjà été dit. C’est un ouvrage à lire, à lire absolument car la confrontation entre le personnage du père actuel et ce qu’il a vécu est tellement, tellement intéressante. Ça ajoute une couche de complexité à l’histoire et met des visages humains et très imparfaits à ceux que l’Histoire avec un grand H a maltraités. Bref, ce point de vue est passionnant.

La relation père-fils et l’influence du vécu de son père sur sa propre vie permet également un regard différent, alors qu’il va comprendre petit à petit ce que son père a vécu. Il savait, parce qu’on sait. Mais il ne SAVAIT pas.

Cette bande dessinée est à la fois extrêmement dure et nécessaire. Rien ne nous est épargné. L’histoire commence avec les petites privations, les petites oppressions… et ça n’arrête jamais, ça ne fait qu’empirer. La pire situation de la veille est devenue la meilleure le lendemain. Et ça déboule. Et l’horreur s’intensifie. Déportations, tortures, séparations, rien ne leur est épargné. Et à la fin, on réalise le nombre de personnes rencontrées qui ne s’en sont pas sorties. Épouvantable.

Bouleversant. À lire et relire.

Tous les billets chez Moka cette semaine.  C’était ma BD de la semaine!

Bat eater and other names for Cora Zeng – Kylie Lee Baker

Je ne suis pas très « livre de pandémie ». Toutefois, l’aborder sous l’aspect du racisme anti-asiatique me tentait bien alors pourquoi pas… et j’adore cette couverture. Je sais, je suis une fille comme ça.

De quoi ça parle

Cora Zeng a toujours vécu dans l’ombre de sa demi-soeur Delilah. Toutefois, au début de la pandémie, Delilah est poussée devant le métro, gratuitement. Cora n’a pas le temps de voir son meurtrier mais elle a toutefois bien entendu : « Bat Eater ». Quelques mois plus tard, elle tente de reprendre pied et choisit d’ignorer les conseils de sa tante quand arrive le mois où sortent tous les Hungry Ghosts. Alors qu’elle commence à distinguer des ombres, des femmes asiatiques commencent à mourir impunément.

Mon avis

J’étais pas mal certaine d’aimer… mais je n’aurais pas pensé aimer autant. Ce roman, c’était pour moi. Il y a tout ce que j’aime là-dedans : folklore chinois, réflexion sur le racisme, la santé mentale, avec une bonne dose d’horreur. Nous avons un personnage qui ne va pas bien, qui doit se définir hors de sa relation avec sa soeur et qui ne réussit pas à faire son deuil. Elle surfe comme elle peut entre deux cultures et ses deux tantes et travaille comme nettoyeuse de scènes de crime. Oui, je sais, rien pour l’aider.

Nous avons donc un récit qui traite principalement de racisme, certes, mais la façon d’explorer le thème m’a énormément plu. J’aime que l’horreur soit métaphorique et ancrée dans le folkore d’ailleurs. Cora est hanté par un Hungry Ghost, ce qui ne surprend pas sa tante outre mesure étant donné la mort violente de Delilah quelques mois plus tôt. Il y a beaucoup d’action, beaucoup de scènes gore et l’autrice n’a pas peur de faire souffrir ses personnages. L’écriture est très cinématographique et il est difficile de ne pas être interpellé par ce que la peur peut faire faire aux gens. C’est qu’il y a un tueur en liberté et la police ne semble pas faire grand chose.

Nous sommes donc avec une héroïne germophobe, en pleine pandémie, qui tente de s’en sortir en trouvant des gens avec qui elle peut être elle-même, le tout en chassant des fantômes et un assassin. Il y a certes certains points sur lesquels j’aurais aimé des réponses supplémentaires mais j’ai totalement accroché à l’écriture, aux scènes gore et à l’aspect coming of age… même dans la vingtaine.

Bref, une excellente lecture. J’ai adoré.

The Swallowed Man – Edward Carey

J’ai récupéré ce livre, dont je n’avais jamais entendu parler, pour l’auteur. J’aime son univers qui rappelle Tim Burton alors pourquoi pas.

De quoi ça parle

Gepetto a créé un petit garçon vivant à partir d’une marionnette en bois. Quand nous le rencontrons, toutefois, il est prisonnier du ventre d’une baleine et il raconte son histoire.

Mon avis

J’avoue être un peu en retard pour écrire cette chronique. L’impression qu’il m’en reste est celle d’une atmosphère eerie, de ce bateau avalé… et l’idée que j’aurais pu faire sans cette lecture. J’ai aimé les illustrations, apprécié la deuxième partie. Bien aimé aussi la réflexion sur la solitude quand celle-ci prend toute la place. Comment fait-on pour survivre quand on est seul à se point?

Toutefois, la première partie m’a semblé longuette. C’est une réécriture de Pinocchio, que nous allons rencontrer brièvement car, entendons-nous, il se sauve assez rapidement et ils ne se côtoient pas beaucoup, ces deux-là. Mais quand on est si profondément seul, les choses prennent une importance différente.

Bref, une lecture assez oubliable, même si j’ai passé un demi-bon moment. J’avoue avoir préféré les autres romans de l’auteur. Même si l’image de ce bateau englouti, celle du copain-crabe ou encore de la perruque faite d’algues me resteront en tête davantage que l’histoire.