Lever de soleil sur la Moisson – Hunger Games 5 – Suzanne Collins

Suzanne Collins pourrait écrire n’importe quoi et je le lirais. Et je pense même que j’aimerais. Du coup, êtes-vous surpris de savoir que j’ai passé un très bon moment de lecture?

De quoi ça parle

Ce sont donc les 50e Hunger Games et ce sont les jeux de Haymitch, le coach de Katniss et Peeta. Encore une fois, il y a deux tributs par District et dans le 12e, Haymitch sera sélectionné de manière non conventionnelle et il est décidé à ne pas se donner en spectacle. Il refuse que sa douleur devienne le divertissement du capitole et il va rapidement se révolter et tenter de faire quelque chose.

Mon avis

Ce qui est particulier avec ce roman, c’est que nous savons parfaitement comment ça va finir. Nous savons que Haymitch va gagner et un peu ce qui va arriver ensuite. C’est donc déchirant dès le départ. Cette histoire nous permet aussi de mieux comprendre le personnage de Haymitch et ce qu’il est devenu.

J’adore cet univers et y retourner me fait toujours un étrange plaisir. Chaque petite référence, chaque clin d’oeil me fait couiner. Et dans ce roman, il y en a énormément, ne nous le cachons pas. Autant pour la trilogie originale que pour la préquelle du président Snow. Et si plusieurs ont trouvé qu’il y avait trop de chansons… j’avoue bien aimer pour ma part! Surtout que la copine de Haymitch, Lenore Dove, est Covey et que la musique est au centre de leur vie. On sent, dans les discussions, que toute l’histoire de Lucy Baird reste très douloureuse et d’ailleurs, on ne parle jamais de la seule gagnante des Hunger Games du 12e.

Dans ce tome, l’action est certes un peu rapide. On a moins le temps de s’attacher aux personnages secondaires et ça semble parfois trop simple. Toutefois, l’intérêt est réellement dans le développement du personnge de Haymitch, qui était un jeune garçon amoureux, presque seul soutien de sa mère et de son petit frère. Il se révolte rapidement… et il va payer pour. Il y a certes beaucoup de fan service mais comme c’est ce que je voulais, je ne vais pas m’en plaindre! Et cette fin… sachant qu’il va devoir attendre 25 ans pour remplir sa promesse!

Même si ma préférence va toujours à la trilogie originale (que j’ai maintenant envie de relire), c’est ma foi une très bonne lecture.

Âme brisée – Akira Mizubayashi

J’ai lu ce roman dans une insomnie post-jet-lag. Ce qui signifie que je l’ai lu d’une traite entre 2h et 4h du matin, tout en espérant désespérément dormir. Peut-être ce fait a-t-il influencé ma lecture et explique le fait que même si je n’ai rien à reprocher au roman, je suis restée étrangement détachée?

De quoi ça parle

Tokyo, 1938. Rei est caché dans une armoire. Son père l’y a placé quand l’armée a interrompu une répétition de leur quatuor de violon de Schubert. Il ne reverra jamais son père.

Des années plus tard, Rei tente toujours de faire la paix avec son passé et souhaite par dessus tout rendre la voix au violon de son père.

Mon avis

Ce roman a tout pour me plaire. Ça parle de mémoire, de trauma, de deuil et de musique. Je n’ai pas détesté, loin de là. Je l’ai lu d’une traite, j’ai apprécié le moment de lecture, certaines images me sont restées, mais je n’ai pas été aussi touchée que j’aurais dû l’être. Je suis restée mystérieusement extérieure et il n’y avait pas non plus de « petit plus » qui me fait vibrer dans les romans qui parlent de musique. Peut-être parce que la plume, entre la sobriété japonaise et la littérature française, ne la contenait pas, cette petit musique? Bref, j’ai bien aimé, mais sans plus, et je tente de comprendre pourquoi!

Cette période du Japon n’en est pas une que je connais. Je savais que juste avant la 2e guerre mondiale, ce n’était pas si simple, mais je n’avais pas réalisé à quel point. Rei va grandir avec le souvenir de son père, Yu, qui l’a élevé seul. Il aimait la musique et en faisant avec un groupe d’étudiants chinois. Et apprécier les Chinois, ce n’était pas bien vu, loin de là. Quand nous allons revoir Rei, il est en France et il maintenant est un vieil homme. Il a voué sa vie à restaurer le violon de son père et, par le biais d’un article de journal, il va découvrir un fil le reliant avec son passé, qu’il va dérouler.

Ça parle de deuil non résolu, de déracinement et nous allons suivre la quête du personnage principal pour faire la paix avec ce passé et tenter de comprendre ce qui a pu arriver à son père. La musique est au centre de l’histoire (j’ai fait une orgie de musique classique après cette lecture), le casse-tête qu’a été son père se construit petit à petit et la quête d’identité de Rei est au centre de l’histoire. Aucun reproche, comme je le disais. Mais ce ne sera pas inoubliable pour moi.

Le Maestro du silence – Hyena Soul Shadow

On va s’entendre, JAMAIS je n’aurais lu ce roman s’il n’avait pas fait partie des favoris de mon amie Fabienne en 2025. Nous avions un liveshow à faire et c’est celui que je n’ai choisi. Non mais quelle idée!

De quoi ça parle

Falone est princesse de l’Aube. Lors d’une soirée, elle est kidnappée par Horas, l’Arcane du magicien, qui l’emmène sur le continent du Crépuscule… pour l’épouser.

Mon avis

Nous avons donc ici une romantasy dont l’univers est basé sur le tarot. On comprend l’intérêt de Fab-chou n’est-ce pas! Est-ce que c’était pour moi? Pas du tout. Est-ce que j’ai aimé? Pas vraiment non plus, même si il y avait vraiment quelque chose à faire avec cet univers.

L’autrice est cartomancienne et connaît très bien le tarot. Moi, pas tant, mais Fabienne a pu m’expliquer que les caractéristiques des personnages étaient basés sur l’Arcane qu’ils représentaient et que c’était tout plein de références à cet effet. On s’entend, j’ai manqué les plus subtiles vu que je n’y connais rien. Mais en effet, le monde apparait cohérent, on sent que le world building est présent et logique… mais il y a eu pour moi un souci avec l’exposition.

En effet, lors d’une certaine scène, on nous présente presque tous les personnages ainsi que plusieurs de leurs caractéristiques. Ça fait beaucoup et non seulement on voit qui y est, mais on voit aussi qui n’y est pas. Ça permet donc de faire des déductions assez rapidement… et qui permet de prédire certains twists. Si ces informations avaient été distillées dans le texte, il m’aurait été plus agréable de découvrir l’univers.

De plus, l’histoire a tout d’une romantasy classique. Elle est enlevée, elle doit non seulement se marier avec ce personnage argenté à la plastique parfaite qui lui parle en pensées mais également subir des épreuves pour ce faire, épreuves qui ont une grande chance de la tuer. Je vous laisse deviner qu’elle va finir par tomber amoureuse de son kidnappeur. Normal, c’est une romantasy! Certaines parties, notamment les épreuves, sont aussi beaucoup trop rapides à mon goût.

Et, c’est moi où il y a un souci avec la présentation des dialogues? À quelques occasions, il y avait un tiret mais pas de changement de personnage. Détail, me direz-vous… mais j’ai dû relire certains passages pour bien comprendre.

C’est donc l’histoire d’une rencontre qui ne s’est pas faite. Fabienne a pour sa part beaucoup aimé. L’écriture est correcte et pas bancale, il y a une seule scène explicite, et les idées derrière cet univers sont excellentes. Dommage qu’elle en ait tant mis dans le premier tome car il y avait clairement d’autres aspects à explorer dans ce monde. Il paraît que ça va beaucoup parler aux gens qui pratiquent le tarot!

The Machine stops – E.M. Forster

J’adore Forster. Et je n’aurais jamais pu deviner qu’il avait écrit de la SF. Certes, une nouvelle, mais de la SF quand même!

De quoi ça parle

Dans un avenir lointain, les humains habitent sous terre depuis plusieurs générations. La surface est dangereuse. Ils sont isolés dans leur petit monde, le corps n’a plus d’importance et seules les idées comptent. La Machine répond à tous leurs besoins… tant qu’elle fonctionne.

Mon avis

Je vous en dirai peu sur le contenu de la nouvelle car c’est relativement court mais disons rapidement que je m’attendais à tout sauf à ça. C’est assez loin de ce que j’ai lu de Forster mais c’est toujours aussi bien écrit, toujours aussi introspectif, même si ici, le personnage principal est loin de se questionner.

Cette nouvelle été écrite en 1909. Elle aurait pu être écrite aujourd’hui. C’est d’une modernité étonnante, les questions posées sont d’actualité et la fameuse machine fait terriblement penser à l’AI, mais avec un côté plus mécanique. Ça parle de croyances, de changements de paradigmes et de ce qui peut arriver quand l’humain abandonne certaines parties de lui-même. Ici, l’auteur réagit probablement à la révolution industrielle du siècle précédent, mais les parallèles avec ce qui se produit de nos jours sont étonnants.

À lire si vous aimez Forster… ou l’anticipation.

Chlorine – Jade Song

Encore un roman lu pour les favoris 2025 des booktubers mais je dois avouer qu’il était déjà sur mon radar. Coming of age et body horror (très light l’horreur), c’est généralement pour moi. Et j’ai bien fait car c’était une bonne lecture.

De quoi ça parle

Ren est une jeune sino-américaine. Son père, désenchanté par le rêve américain, est retourné en Chine et sa mère fait son gros possible pour offrir à sa fille une belle vie. Fascinée depuis toujours par les sirènes, Ren va découvrir la natation compétitive et dans l’eau, elle se sent à sa place.

Ah oui… elle est maintenant une sirène…

Mon avis

Voici clairement un roman qui n’est pas pour tout le monde. Il faut accepter de vivre dans un univers flottant, dans la tête d’une héroïne qui tente de se définir et qui, nous le savons dès le début, a quitté sa peau d’humaine pour être sirène.

Nous entrons ici dans le monde de la natation compétitive. La vie de Ren est rythmée par la natation : repas, entraînements, amis, et surtout son entraîneur, dont elle tente d’obtenir l’approbation. Peut-elle que si elle réussit, si elle obtient une bourse, si elle bat des records, les gens seront fiers d’elle? Elle se sent étrangère, a peu d’amis sauf Cathy, coéquipière amoureuse d’elle, ne se sent appréciée que pour ses performances. Mais tout ça, ce sont des préoccupations humaines, non?

C’est un roman qui parle d’identité, de transformation, d’obsession, de libération aussi. On y explore le monde souvent sombre du sport compétitif et de la relation parfois malsaine entre les coach et les athlètes. La santé mentale y est également abordée, de même que le racisme ordinaire et la découverte de soi et de sa sexualité. Pour Ren, grandir n’est pas simple. Elle vit ses menstruations comme une épreuve, écoute son coach, mais personne d’autre, surtout pas les médecins, à qui elle ne fait pas confiance.

Si j’ai aimé ma lecture ainsi que son atmosphère, il faut savoir que Ren n’est pas toujours facile à aimer. Elle est une athlète de haut niveau, réussit très bien à l’école, a des parents qui essaient, une meilleure amis, elle s’envoie en l’air… et pourtant, ça ne va pas. Le point de vue de Ren-la-Sirène, au-dessus de tout les pauvres humains, peut heurter, surtout quand elle parle de sa mère ou de Cathy. Mais c’est aussi ce qui fait l’originalité du roman. Être dans la tête d’une ado, ça ne doit pas être drôle tous les jours. Les lettres de Cathy sont aussi un peu longuettes et répétitives. Il y a une grosse différence entre la voix de celle-ci dans ses lettres et celle des dialogues.

Le roman m’a rappelé par certains aspects « Our wives under the sea », mais j’ai vraiment préféré ce dernier. Peut-être les messages véhiculés m’atteignaient-ils davantage. Tout de même une bonne lecture… mais j’en attendais un peu plus!

La sorcière à la jambe d’os – Zelimir Peris

Je n’avais jamais lu de roman croate. On m’a proposé celui-ci, et heureusement, car je ne sais pas si cette couverture m’aurait attirée. Et, croyez-moi, j’aurais manqué quelque chose!

De quoi ça parle

Ce roman raconte l’histoire de Gila, en Dalmatie, au 19e siècle. Gila n’a pas de mari, elle connaît la botanique. Bref, Gila est une sorcière. Et ce roman va raconter sa vie.

Mon avis

On va s’entendre, c’est un coup de coeur. Et il y a de grandes chances que ce roman se retrouve dans mes favoris 2026. Oui, c’est un récit de vie, celle d’une femme qui n’entre pas dans les normes de la société et qui va en payer le prix, mais surtout un texte presque inclassable. En effet, l’histoire nous est racontée non seulement dans le désordre, mais de différents points de vue et avec des formes différentes. Ceci implique qu’il est parfois complexe de bien comprendre où le récit s’en va, surtout au début du texte. Disons-le simplement, le lecteur doit s’investir pour bien entrer dans l’histoire et même en le faisant, ce n’est pas si simple. C’est que l’auteur ne précise pas toujours l’importance de chaque fragment qui nous est présenté et que nous comprenons petit à petit comment le tout s’emboîte. Et quand quand l’image commence à se former, c’est fascinant. Rien de moins.

La construction est virtuose. Entre les différents points de vue, les passages poétiques ou encore les dialogues théâtraux, le portrait de Gila se construit peu à peu, tout en nous permettant de bien la situer dans son contexte social. C’est jubilatoire. Nous sommes à la croisée des chemins dans cet endroit reculé. La population est croyante mais certains doutent… et si la science disait vrai? Gila est une femme forte, fonceuse, elle en a vu de toutes les couleurs et elle retrouvée prise dans une situation qui la dépasse. Elle est perpétuellement en fuite, toujours poursuivie, mais elle est aussi confiante, sûre d’elle, intelligente. Elle n’appartient à rien ni personne, à aucune caste, aucune confession et va croiser plusieurs personnages qui sont eux aussi dans un contexte politique mouvant ou instable. Gila est certe traquée mais elle va aussi utiliser tout ce qui est à sa portée pour s’en sortir.

C’est bourré de références folkloriques et culturelles, c’est féministe (même si c’est écrit pas un homme), engagé, socialiste également. Du moins, on sent l’influence de ces courants de pensée dans le texte. C’est hyper bien écrit, bourré de sensibilité et d’humour souvent cynique. Certaines scènes sont d’anthologie (je pense à la discussion avec la soeur botaniste), d’autres sont déchirantes et au final, cette lecture est un régal. Quand on comprend POURQUOI telle scène a été proposée en début de roman… ah, ces moments de plaisir littéraire!

Au final, gros coup de coeur. Tout se tient, nous avons nos réponses, ça fait réfléchir le lecteur sans pour autant marteler ses messages… ma meilleure lecture de l’année à date!

James – Percival Everett

J’ai lu Mark Twain enfant. Je me souvient du côté aventureux, du langage… et de la série télé. Maintenant, j’ai la chanson dans la tête, c’est mal. Je ne saurais donc bien comparerles deux oeuvres car c’est ce dont il s’agit ici : une réécriture de Huckleberry Finn du point de vue de Jim, esclave noir en fuite. De personnage secondaire, il passe au statut de narrateur et ça éclaire le récit d’une lumière toute différente.

Mon avis

Les réécritures et moi, ça passe la plupart du temps, surtout les réécritures de classiques. Je trouve que ça permet de remettre l’oeuvre originale en contexte mais aussi de la comparer avec les courants de pensée actuels. Dans Huckleberry Finn, je crois que l’auteur souhaitait dénoncer l’esclavage et le racisme sauf qu’avec notre grille de lecture actuelle, ça coince souvent : infantilisation, utilisation de certains mots et ignorance des enjeux pour Jim, qui sont ma foi d’un autre niveau que pour les jeunes garçons.

Cette réécriture a été pour moi jubilatoire. J’ai adoré voir Jim/James reprendre le pouvoir sur la situation ainsi que sur les récits du passé. Le changement de point de vue m’a beaucoup plu ainsi que le ton engagé, tout en respectant le contexte historique. Ici, le roman est très adulte, contrairement aux aventures de Tom et Huck.

Dans ce roman, Jim est un homme intelligent, qui prend le contrôle de sa propre histoire comme il peut. Il a compris les codes, il sait se protéger la plupart du temps et s’érige également en protecteur pour le jeune Huck, qui prend beaucoup de mauvaises décisions. Normal, c’est un jeune ado. L’auteur réutilise le dialecte des esclaves et le détourne en en faisant une façade alors que les personnes noires pratiquent un code switching parfois presque drôle en fonction qu’il y ait un blanc ou non. Ils ne font confiance à personne et ont bien raison. Les enjeux pour les personnes noires sont mis en évidence, les rencontres le long du Mississipi font souvent rager mais malgré tout, il y a un humour cynique et ironique dans le discours de Jim qui est ma foi très lucide sur le monde qui l’entoure.

Une excellente lecture pour moi, j’ai adoré. Adoré la quête vers la liberté mais aussi l’autodétermination. C’est intelligent, ça remet les perspectives en question, la fin est parfaite et coup de poing.

À lire

Dungeon Crawler Carl – 4 – Le portrait des dieux infernaux

Entendons-nous, ce sera un billet assez court vu que je parle ici du tome 4 d’une série un peu déjantée, qui nous entraîne dans une téléréalité pour les aliens qui implique la fin du monde, des donjons, des boss de niveau, des quêtes parfois sans queue ni tête et un chat qui parle. Une royauté féline, rien de moins.

Ce tome se déroule dans un niveau-bulles, où Carl et ses collègues-crawlers se retrouvent dans des sous-univers séparés dans un même niveau. Carl et Donut sont dans un univers désertique peuplé… de chameaux. Des chameaux fort portés sur la chose d’ailleurs car ils débarquent carrément dans une ville de hookers. Avec un bar qui s’appelle le « Toe ». Rappelons que chameau, en anglais, c’est camel. Je l’ai ri pendant 10 minutes, je pense.

Je suis et je reste toujours fan de cette série que je trouve hilarante avec ses références à la pop culture et son regard décalé sur notre société. Je ne résiste pas à ce mec en boxers et nu pieds qui se retrouve dans des situations impossibles avec des plans tout aussi déjantés. Assez pour que je n’essaie même pas de tout comprendre les tenants et aboutissants de chaque niveau, c’est tout dire.

Ce tome n’est pas mon préféré, certes. L’IA prend un peu trop de libertés, il est difficile de bien comprendre les règles qui changent tout le temps mais on commence à comprendre les politiques extraterrestres et à se dire que le pauvre Carl n’a pas fini d’en baver. Ceci dit, je ‘suis fan d’adore Princess Donut, les notifications débiles et tout ce petit monde. Clairement que je fais continuer la série.

Nevermoor – 4 – The Mystery of Morrigan Crow – Jessica Townsend

Je suis très fan de cette série Middle Grade depuis sa sortie. Une jeune fille supposée mourir le jour de son 11e anniversaire mystérieusement sauvée par le non moins mystérieux Jupiter, habitant dans le plus extraordinaire hôtel du monde avec un chat géant, dans un monde magique où se trouve une académie des Wondrous Arts, rien de moins.

Dans ce tome 4, notre jeune Morrigan entre dans l’adolescence de plein pied et se voit contactée par la famille de sa mère, dont elle ne connaissait pas l’existence. Elle est en colère et secouée… et il va y avoir un meurtre. Qu’elle va décider de résoudre avec ses amis de la cohorte 919.

Mon avis

Difficile d’avoir un avis construit et détaillé au sujet d’un tome 4 sans trop en dire. J’aime cette série. J’aime les personnages, leur côté wacky, l’hôtel de folie avec la chambre qui se transforme et Fenestra, le chat géant qui parle avec un mauvais caractère. J’aime bien les chosen ones, même si dans ce cas, notre jeune Morrigan n’a peut-être pas été choisie par le bon côté des choses. Peut-être.

Dans ce tome, Morrigan a près de 14 ans et elle a mis les deux pieds dans l’adolescence. Elle a un énorme secret qui lui pèse sur la conscience, ne sait pas comment le dire et se libérer l’esprit, ce qui ne l’aide pas à réagir de façon responsable. Sauf que bon, personne n’est réputé pour prendre les meilleures décisions à 13-14 ans, n’est-ce pas! Morrigan est impulsive, agit immédiatement sur le coup de l’émotion, se rebelle contre l’autorité et ne se gêne pas pour le dire de façon très directe. Sa relation avec son mentor n’est pas au beau fixe, elle est en colère car des informations lui ont été cachées et sa soif d’être aimée et acceptée est palpable. Je trouve l’évolution du personnage très crédible.

J’avouerai toutefois que le début de celui-ci est un peu plus lent et j’ai eu un peu peur. De plus, ce tome est moins centré sur l’instut et le développement des pouvoirs et plutôt sur une enquête externe impliquant la famille maternelle de Morrigan, « vieille » famille puissante au sein de laquelle survient un meurtre, pendant un mariage. Joyeux, je sais. Une grande partie du roman est centrée sur l’enquête, qui amènera également Morrigan à en apprendre davantage sur sa famille.

Ceci dit, ce quatrième tome nous permet de creuser davantage les personnages et j’ai adoré retrouver l’univers. Je l’ai terminé d’une traite pendant une nuit d’insomnie (complète, la nuit… ça parle) et j’ai eu du mal à le lâcher. Certains personnages sont adorables, d’autres sont à baffer mais l’autrice ne tombe pas dans le piège des personnages tout d’une pièce. Il y a un côté queer très « matter of fact », sans que ce soit le sujet principal. Les péripéties s’enchaînent, Morrigan essaie de poursuivre les Wondrous Arts, elle prend les pires décisions de la terre, on a le goût de la secouer, mais j’ai déjà hâte au tome 5!

Pas mon tome préféré mais c’est définitivement une excellente série!

Maus – Art Spiegelman

C’est mon petit frère qui m’a offert cette BD il y a un bon 10 ans. Je ne l’avais pas encore lu car je n’avais qu’un seul tome . Il a fallu que mon amie Daphné la mette dans son top 2026 pour que je la sorte enfin de la pile. Il était temps!

De quoi ça parle

La relation entre Art Spiegelman et son père n’est pas simple. Ce dernier est un survivant des camps, il a vécu l’horreur et en paie encore le prix aujourd’hui.

Son fils va tenter de lui faire raconter son histoire, certes pour en faire une bande dessinée mais surtout pour tenter de mieux comprendre cet homme difficile à vivre et souvent désagréable.

Ah oui. Ici, les Juifs sont des souris et les Nazis des chats. Mais ça je pense que vous saviez hein.

Mon avis

Je ne sais que dire sur cette bande dessinée qui n’ait pas déjà été dit. C’est un ouvrage à lire, à lire absolument car la confrontation entre le personnage du père actuel et ce qu’il a vécu est tellement, tellement intéressante. Ça ajoute une couche de complexité à l’histoire et met des visages humains et très imparfaits à ceux que l’Histoire avec un grand H a maltraités. Bref, ce point de vue est passionnant.

La relation père-fils et l’influence du vécu de son père sur sa propre vie permet également un regard différent, alors qu’il va comprendre petit à petit ce que son père a vécu. Il savait, parce qu’on sait. Mais il ne SAVAIT pas.

Cette bande dessinée est à la fois extrêmement dure et nécessaire. Rien ne nous est épargné. L’histoire commence avec les petites privations, les petites oppressions… et ça n’arrête jamais, ça ne fait qu’empirer. La pire situation de la veille est devenue la meilleure le lendemain. Et ça déboule. Et l’horreur s’intensifie. Déportations, tortures, séparations, rien ne leur est épargné. Et à la fin, on réalise le nombre de personnes rencontrées qui ne s’en sont pas sorties. Épouvantable.

Bouleversant. À lire et relire.

Tous les billets chez Moka cette semaine.  C’était ma BD de la semaine!