Come tumbling down – Wayward Children – 5 – Seanan McGuire

Ai-je vraiment besoin de vous présenter cette série et de vous expliquer pourquoi j’ai eu envie de la continuer? Sans compter qu’il faisait partie de ma pile ultime de séries. Bref, c’était écrit dans le ciel.

De quoi ça parle

Eleanor West a une école pour enfants particuliers. Ils ont été dans un monde autre et ont été renvoyés dans le nôtre à l’adolescence. Disons qu’ils ne le vivent pas siiii bien que ça. Ici, l’histoire s’ouvre sur Jack (ou Jill) que nous avons rencontrées dans les premiers tomes, qui apparaît soudain dans l’école car elle a besoin d’aide. Est-ce que Miss West va déroger à sa règle de « Pas d’aventures » et leur permettre de visiter leur monde de vampires et de savants fous?

Mon avis

Cette série, pour moi, ce sont de petits bonbons. J’aime pratiquement toujours, j’adore le concept et j’apprécie la diversité des personnages. Ils s’acceptent tels qu’ils sont et nous avons une vraie métaphore du passage à l’âge adulte pour les gens qui ne sentent pas à leur place dans notre monde. Ici, c’est une aventure. Entre Jack et Jill, tout ne va pas pour le mieux, c’est le moins qu’on puisse dire. Elle devront donc s’affronter pour sauver l’équilibre de leur monde.

J’ai apprécié pour l’atmosphère très gothique, très sombre, que je trouve très atmosphérique et très prenante. C’est hyper bien écrit, hyper cinématographique et même si on explore moins les relations entre les personnages et leur voyage intérieur, j’étais ravie de les retrouver, avec leurs personnalités respectives. On ressent réellement l’influence de leurs mondes dans leur comportement et leurs références. On parle encore des choix parfois difficiles qu’on a à faire pour vivre selon nos choix et nos valeurs, c’est queer, il y a le trope de la famille choisie… un petit moment cocoonig que j’ai encore une fois beaucoup aimé.

Oui, on peut cocooner avec des vampires et des chevaux squelettes!

Assistant to the Villain – Hannah Nicole Maehrer

En septembre, j’ai décidé que j’avais besoin de lectures « juste du plaisir, pas besoin de me casser la tête ». J’ai donc décidé de lire tous les improbables de ma pile à lire… et celui-ci en faisait partie.

De quoi ça parle

Evie Sage a besoin d’un travail. En effet, elle a une petite soeur et son père est malade, atteint de la fameuse maladie (dont j’ai oublié le nom) et qui a décimé une partie de la population et à laquelle il n’existe aucun remède. C’est donc dans d’étranges circonstances qu’elle se retrouve employée par le Villain, celui qui est craint de tous.

Sauf qu’entre deux meurtres horrible, le Villain a un drôle d’effet sur Evie. Et quelqu’un semble vouloir déjouer tous les mauvais coups du Villain. Et ça ne va pas plaire à Evie.

Mon avis

Je ne me reconnais plus. Imaginez-vous que j’ai passé un bon moment dans ce roman qui est pour moi totalement improbable. Une histoire d’amour, un univers plus ou moins développé, une écriture assez banale… mais j’ai aimé ça. Allez comprendre. Je pense avoir reçu un coup sur la tête.

Nous avons donc Evie, une jeune femme tout à fait banale, qui a un don particulier pour se mettre les pieds dans les plats. En fait, elle doit avoir une dyspraxie motrice car vraiment, s’il y a une fleur dans le tapis, elle va se prendre les pieds dedans. Elle adore sa petite soeur, est inquiète pour son père et se retrouve à se passionner pour son nouveau job: être l’assistante du Villain, même si elle est entourée de bombes à retardement et de têtes coupées.

Et elle va surtout se passionner pour le Villain.

Va donc s’ensuivre une romance « slow burn », une histoire d’amitiés parfois improbables, avec une Evie qui souhaite à tout prix protéger son patron (pour laquelle elle craque). Et il est IMPOSSIBLE de ne pas savoir qu’elle craque. C’est dit à toutes les 8 lignes. Aux moments les plus improbables. Genre, dans une situation où tout le monde risque de mourir, elle, elle pense aux papillons dans son estomac… ou ailleurs. Et oui, ça gosse. Beaucoup. Sauf que j’ai aimé les personnages (avec un faible pour la grenouille), ça a un côté « conte de fées » avec des personnages caricaturaux mais avec un twist, et j’ai bien aimé. Ce n’est pas un coup de coeur, ça ne révolutionne aucunement le genre mais c’est parfois drôle et… je pense que je vais lire la suite.

Oups.

Atmosphère – Taylor Jenkins Reid

On m’avait dit que c’était Apollo 13 version Taylor Jenkins Reid. Comment on fait pour résister à ça? Ben c’est ça. On ne résiste pas.

De quoi ça parle

Joan a toujours rêvé d’étoiles. Nous sommes dans les années 80 et pour une femme, être astronaute, ce n’était pas une évidence. Elle va pourtant y parvenir et y rencontrer sa famille choisie et surtout, le grand amour.

Une mission va mal tourner. Elle est sur terre, en tant que Capcom, mais ceux qui sont dans l’espace, ce sont ceux et celles à qui elle tient le plus. Nous allons donc vivre ces moments avec elle et remonter le temps pour mieux comprendre son histoire et ce qui la lie avec les astronautes en danger et surtout avec la personne qu’elle aime.

Mon avis

Je crois que je n’avais pas les bonnes attentes par rapport à ce roman. Vous voyez le sous-titre en dessous du mot « Atmosphère »? Voilà. Il y a une grande partie de l’histoire qui est une histoire d’amour. Une histoire d’amour queer certes, mais ça prend beaucoup de place alors que moi, j’aurais préféré entendre parler de tout le reste. On est surpris, n’est-ce pas?

Entendons-nous, ça reste une bonne lecture. Je dirais un 3,5. Mais c’était tellement bien parti, j’étais tellement partie avec l’idée que ce serait un 5 étoiles… petite déception donc. Toute la partie dans le présent, où les gens sont dans l’espace, où elle est dévastée mais doit rester professionnelle, tout ça, j’ai adoré. J’ai aussi beaucoup aimé la discussion sur la situation des femmes dans la NASA, les relations fortes qui s’y nouent, le danger qui guette et la grandeur des rêves. Il y a aussi des propos intéressants sur la pression mise sur les personnes queer de rester bien cachées pour ne pas nuire à la moralité.

J’ai aussi aimé la famille choisie mais comme la relation amoureuse prend énormément de place, le reste du groupe est moins bien défini et on ressent moins l’attachement entre eux. C’est là… mais j’aurais aimé que les relations amicales et de groupe soient davantage mises de l’avant. Il me semble que ça aurait ajouté à la tension de l’événement principal. Par contre, tout ce qui concerne sa famille, sa soeur (grrrr) et sa nièce était très bien traité et j’ai énormément apprécié. Les attentes envers les femmes perçues comme « célibataires » sont effleurées, ainsi que les relations familiales toxiques.

Le pire dans tout ça, c’est que j’ai bien la relation amoureuse entre les deux femmes. Je l’ai trouvée crédible, j’ai aimé le développement. Mais les dialogues sont répétitifs et souvent cheesy, ce qui a fait que tout le milieu du roman manquait pour moi de rythme… et un peu d’intérêt. J’aurais voulu plus de Nasa!

Comme je le disais, c’était une bonne lecture. Ça se dévore, malgré le coup de mou du milieu, on veut savoir comment ça va se terminer et il y a des moments extrêmement émouvants. Aurais-je choisi cette fin… à voir, mais je suis tout de même satisfaite!

Le Bonheur – Paul Kawczak

Je fais partie de ceux qui avaient adoré « Ténèbre » du même auteur. Il était d’une noirceur infinie, j’avais apprécié le réalisme magique, le commentaire social. Du coup, je me suis jetée sur ce nouvel opus.

De quoi ça parle

Nous sommes à Besançon, en 1942. Dans ce petit village, il y a un ancien château. Dessous, il y a une grotte qu’on dit hantée. Et dans la grotte, il y a des enfants. Des enfants cachés des Nazis. Mais à Besançon, il y a aussi un mystérieux SS à l’aura vert absinthe malfaisante qui semble prêt à tout pour trouver ces enfants.

Mon avis

Voici donc un roman à la structure très particulière. Nous avons une première partie plus romanesque, avec un brin de réalisme magique. Une seconde partie plus factuelle et une troisième plus philosophique, qui surprend. Du moins, qui m’a surprise et qui m’a demandé toute toute ma tête et que j’ai d’ailleurs dû relire deux fois. Ce qui ne m’a pas empêchée de beaucoup aimer.

Ce roman traite de la deuxième guerre mondiale et remet à leur place certaines idées qui sont à nouveau véhiculées dans la société actuelle. Ici, on nous le renvoie en plein visage. La France a collaboré. Et non seulement elle a collaboré mais elle a volontairement livré des enfants aux Nazis. Un certain chapitre est particulièrement difficile à lire. Il parle également du rôle des femmes françaises dans la résistance et du courage dont elles ont fait preuve dans une situation qui semblait sans espoir.

Toute la première partie est plus romanesque et nous rencontrons les trois enfants, Suzanne, Jacquot, Pinou et Pinou le lapin, dans une grotte où rôderait le Diable. Derrière leur survie, il y a des gens que nous allons rencontrer, mais surtout Mme Beugnot, veuve, qui va tout tenter pour protéger ces enfants qui ont été abandonnés par tout le monde et dont personne ne veut, parfois certes en raison des risques encourus mais, dans d’autres occasions, pour des raisons totalement autres et reliées à la pensée fasciste.

C’est un texte certes exigeant, sans concession, et qui fait réagir. La plume de l’auteur me plait toujours et on le retrouve dans plusieurs registres. Il y a une touche de réalisme magique, tout n’est pas dit et ça fait réfléchir. Il y a davantage de lumière que dans Ténèbre, tout en restant très terre à terre et n’hésitant pas à montrer les côtés sombres de l’histoire et de l’humanité. Le tout va évoquer le fascisme, le génocide, mais aussi l’art en général et sa signification dans ou après l’horreur.

Étonnant par sa forme, je comprendrai que ça puisse déranger, mais pour ma part, c’était une très bonne lecture.

Le fardeau tranquille des choses (The Book of Form and Emptiness) – Ruth Ozeki

J’ai ce livre (en anglais) depuis sa sortie paperback. J’ai dû le mettre dans 8 piles à lire depuis cette époque, il était ENCORE sur ma PAL de Lisons l’Asie. Oui, je sais, elle est née aux États-Unis mais elle a habité aux Japon et sa mère est japonaise. Donc ça va! Puis, mon amie Sous le ciel m’a dit qu’elle pensait que j’adorerais… et je m’y suis mise.

De quoi ça parle

Il y a deux ans, le père de Benny est mort. D’une manière complètement stupide et tout aussi complètement traumatisante. Depuis, Benny, 13 ans, entend des voix. Les voix des choses autour de lui. Les tables, les théières… un peu n’importe quoi. Sa mère, Annabelle, a quant à elle un travail assez particulier qu implique des archives… mais les archives et les objets s’accumulent.

Ah oui! Le narrateur principal est un Livre. Le Livre!

Mon avis

Ce roman était pour moi. Il comporte tous les éléments que j’aime et c’est, en plus, hyper bien écrit. Que demander de plus!

C’est certes un roman de passage à l’âge adulte, mais pas que. On y parle aussi de santé mentale, de deuil, d’art et d’acceptation. Benny ne va pas bien. Il ne comprend pas ce qui lui arrive, il est dévasté par la mort de son père, sa mère lui fait souvent honte et il n’est pas en état de comprendre à quel point elle-même est en détresse. La relation entre les deux va se détériorer alors qu’elle se débat avec ses démons et que lui se sent perdre pied et ne sait plus ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. C’est la grande question, n’est-ce pas!

Cette relation est parfaitement décrite, on sent le désespoir de ces deux personnes qui souffrent et qui ne se rejoignent pas. Ça permet de traiter de plusieurs aspects de la santé mentale, à différents niveaux. Et j’ai adoré le traitement qui explore différentes vision de la santé mentale, différentes façons de la considérer et aussi de la traiter. Ça parle également de créativité, du lien entre la diversité psychique et l’art… bref, j’ai trouvé ça génial. Pas obligé d’accord avec tout mais j’ai apprécié d’ouvrir mon regard sur les différentes façon de voir la maladie mentale selon les cultures.

La narration m’a également beaucoup plu. Le Livre fait la narration d’une grande partie du roman, avec un regard assez omniscient. Benny intervient occasionnellement pour corriger le livre ou l’interpeler directement. Le procédé fonctionne parfaitement et même si on comprend rapidement où on s’en va, ça n’enlève rien au texte. Génial.

D’où vient le titre? C’est qu’il y a d’autres thèmes derrière tout ça. Il y a des moines bouddhistes Zen dans l’histoire, un autre livre qui va tout changer pour un personnage et on y discute de plusieurs concepts, non seulement la réalité, mais aussi de la matière et du vide. Il y a une vraie critique du capitalisme et du consumérisme, on rencontre des personnages hors-norme, notamment un homme SDF philosophe et unijambiste et une jeune artiste qui a ses propres démons. Un roman dans lequel il faut prendre le temps de s’installer, qui va dans plusieurs directons mais où tout se rassemble à la fin. J’aurais un petit bémol sur la toute fin… mais ce regard d’artiste qui nait… j’ai vraiment adoré!

Bonjour Tristesse – Françoise Sagan

J’avais déjà lu ce court roman quand j’étais adolescente. J’avais beaucoup aimé mais mes souvenirs étaient floutissimes. Mon frère l’a récemment lu, il a beaucoup aimé… et j’ai voulu en discuter ave clui. Donc j’ai relu.

De quoi ça parle

Cécile, 17 ans, vit une vie de luxe et de légèreté avec son père, un veuf assez volage de 40 ans. Ils sont installés dans le sud pour l’été, avec Elsa, la jeune maîtresse de son père. Elle va rencontrer Cyril, un jeune homme dans la vingtaine avec qui elle fait du bateau, elle sirote des cocktails au bord de l’eau et fait la fête avec les amis de son père. Un jour, Anne, une amie de sa mère que Cécile admire beaucoup, accepte l’invitation de son père… et tout sera bouleversé.

Mon avis

Il est incroyable de penser que ce roman a été écrit par une jeune fille de 18 ans. La plume est remarquable et Sagan a un recul tout de même assez incroyable sur les actions de sa protagoniste. Nous sommes dans la tête d’une adolescente de 17 ans légère, très inconstante, qui vit toutes ses émotions à fond. Elle adore sa vie avec son père, qui la traite presque comme son égale. Elle vient de rater son bac et évolue dans un univers « pas de son âge ». Elle se sent très adulte, très glamour. Puis Anne arrive.

C’est un passage à l’âge adulte (ou une tentative de) qui ne se déroulera pas sans heurts. Cécile passe par toute la gamme des émotions quand arrive Anne, une femme qu’elle admire, mais qui va prendre une place qu’elle n’avait pas envisagée au départ. Entre ses manigances et leurs conséquences, elle va peut-être apprendre. Peut-être. L’intransigeance de l’adolescence y est parfaitement illustrée et ça prend aux tripes.

Je ne vous en dirai pas trop car c’est un court ouvrage. L’exploration des sentiments de Cécile est très fine, la vision du père et de son rôle de parent est esquissée mais il est impossible de ne pas réagir face à ses actions qui ne sont pas malveillantes… mais qui ne soutiennent pas sa fille non plus. À croire que le passage à l’âge adulte les concerne tous les deux.

Bref, une excellente lecture, que j’ai nettement apprécié davantage maintenant que je suis adulte. Une adulte un peu irresponsable, certes, mais une adulte quand même!

Fille en colère sur un banc de pierre – Véronique Ovaldé

Je pense que trois personnes m’ont parlé de ce roman dans la même semaine. Je me suis dit que c’était un signe. Il m’en faut peu des fois.

De quoi ça parle

Aïda est la rebelle de la famille. Elle a grandi avec ses parents et ses trois soeurs sur l’île de Iazza, quelque part en Italie. Elle est partie il y a longtemps et elle revient dans le village de son enfance suite au décès du patriarche. Il y a des années qu’elle n’a pas parlé à ses deux soeurs restées sur l’île et ces retrouvailles ne se feront pas sans heurts.

Mon avis

Si on résume le tout : j’ai beaucoup aimé le début, beaucoup aimé la fin… mais tout de même, il y avait un petit coup de mou au milieu de l’histoire. Si on fait une moyenne… j’ai bien aimé. Oui, c’est hautement scientifique tout ça.

Quand Aïda était enfant, elle a voulu aller au carnaval. Elle y a amené Mimi, sa petite soeur, et cette dernière n’est jamais revenue. Tout a changé, bien entendu, même si pour certains, Mimi n’est pas vraiment disparue. Quand Aïda a en a eu l’occasion, elle est partie. et ce n’est que maintenant qu’elle revient. Le retour dans l’île fait remonter de durs souvenirs et il rarive cette colère qui ne s’était jamais éteinte.

L’autrice a réellement un univers imagé et poétique. Entre les soeurs nommées comme des héroïnes d’opéra et une mystérieuse tradition d’ânes qui sont montés sur les toits, elle réussit à faire vivre cette île jadis coupée du monde où vivent des familles qui se regardent vivre depuis toujours. On s’y croirait, dans cet endroit semé de banc de pierre où veille Pippo, l’idiot du village et gardien des secrets.

Toutes ces femmes sont difficiles à aimer, certes. Elles ont vécu sous la houlette d’un père/mari colérique qui préférait nettement Aïda et Mimi, les deux plus jeunes et s’en ressentent encore. Ça parle de secrets de famille, de culpabilité et j’ai beaucoup aimé la finale. Dommage que ça traîne un peu au milieu.

A Curious Beginning – Veronica Speedwell #1 – Deanna Raybourn

L’été, je commence des séries. On dirait que je ne peux pas m’en empêcher. Mais cette fois, c’est totalement la faute de mon amie Daphné. Qu’elle assume, voilà!

De quoi ça parle

La tante de Veronica Speedwell vient de mourir. Veronica est une lépidoptériste et exploratice qui n’a peur de rien et qui est bien décidée à vivre sa vie selon ses propres règles. Sauf que son appartement va être vandalisé et fouillé et elle sera rapidement abordée par le Baron Max qui lui propose de l’amener à Londres pour être protégée. Entendons-nous, Veronica Speedwell n’a aucunement besoin de protection. Mais un lift gratuit pour Londres, par contre, elle ne dirait pas non. Le Baron va la déposer chez Stoker, naturaliste, et tout va partir en vrille.

Mon avis

Ce que je peux aimer le banter entre Veronica et Stoker! Entendons-nous, pour moi, toute la saveur du roman tient à ça! Ils sont hilarants, se chamaillent sans arrêt, ne se font pas confiance tout de suite et j’ai adoré les suivre et voir le respect se construire petit à petit. C’est que Veronica a un sacré caractère. Avec elle, c’est my way or the highway et le pauvre Stoker n’a pas le choix de suivre.

Nous sommes donc dans l’Angleterre victorienne et avec ce duo, la royauté en prend pour son grade. Disons que nos deux héros ne les tient pas en haute estime. Veronica n’est pas une héroïne de son temps. Farouchement indépendante, fièrement libérée (de toutes les façons possibles), elle est loin d’être une lady dans le sens victorien du terme. Crédible? Peut-être pas, mais on s’en fiche et on passe un bon moment.

L’histoire en soi est somme toute prévisible. Le Baron-taxi-pour-Londres est assassiné et Stoker, en raison de son mystérieux passé, est soupçonné. Se sentant menacée, il n’en fallait pas plus pour que Veronica s’improvise détective… et les deux n’auront pas le choix de faire équipe. Ils vont donc se balader en Angleterre, tenter de fuir tout en tentant de résoudre l’énigme. Le scénario type du cosy mystery quoi. Mais il y a Veronica et Stoker dedans!

Un très bon moment de lecture… et je poursuivrai la série.

Funny Story – Emily Henry

Deux romans d’Emily Henry dans un mois… mais qu’est-ce qui m’arrive!

De quoi ça parle

Daphne était en couple avec Peter. Elle a toujours adoré la façon qu’il avait de raconter leur meet cute… jusqu’à ce qu’il réalise, lors de son enterrement de vie de garçon, qu’il était en fait amoureux de sa meilleure amie Petra.

Elle est dévastée, venant tout juste de déménager dans sa région à lui et étant loin de tous ceux qui ont auparavant fait partie de sa vie. Comme c’était lui qui avait la grosse job, elle se retrouve à partager un appartement avec Miles Nowak, l’ex de Petra, l’exact opposé de Peter… et de Daphne également.

Mon avis

Je pense que c’est mon Emily Henry préféré! Pourtant, c’est une romance-romance, avec certes une histoire de famille derrière, mais le focus est réellement l’histoire d’amour entre les deux personnages principaux. Parce que bon, ce n’est pas un gros spoiler que de révéler qu’entre Daphne et Miles, il va y avoir des étincelles.

Daphne a un bout de chemin à faire pour être bien avec elle-même. Elle ne sait plus nécessairement qui elle est, ayant tellement tenté d’entrer la vie parfaite qu’elle croyait avoir avec Peter. Elle ne se révèle pas facilement, ayant appris très jeune que les gens à qui elle s’ouvre finissent par la trahir ou l’abandonner. Elle a déménagé un nombre impressionnant de fois et son père, son père… disons qu’il l’a déçue plus souvent qu’ à son tour. Et dans cette histoire, il va refaire surface.

J’ai beaucoup aimé l’évolution de la relation entre Miles et Daphne. Il ne la voit pas du tout comme elle se voit mais même s’il est en totale peine d’amour, il est solaire, tout le monde l’aime et finit toujours par se faire payer des verres et par recevoir les confidences de tous et chacun. J’ai apprécié leur banter même si Daphne a tellement peu confiance en elle qu’elle peut devenir agaçante. Miles a des blessures qu’il cache sous un extérieur cool et souriant. Nous sommes donc dans le trope du « fake dating », car les deux veulent montrer à leurs ex respectifs qu’ils ne s’en sortent pas si mal, après tout.

On explore également les liens d’amitié mais surtout les liens familiaux. La relation entre Daphne et son père est ma foi… intéressante. Il est un grand enfant immature qui pense à lui avant tout, laissant sa fille sur sa faim à chaque fois. On la sent grandir dans cette situation et elle va peu à peu apprendre à s’affirmer, en partie grace à Miles, mais surtout grace à elle-même. Et ça, ça me plait.

Bref, une agréable romance, des questionnements qui se tiennent, un mec mature et une héroïne qui adore son travail de bibliothécaire jeunesse. Toute cette partie me plait beaucoup. Ceci dit… c’est quoi ces « coucou » dans la traduction? Quand dit-on coucou? En tout cas, moi je ne dis jamais coucou! J’imagine que ça vient de « hey » en anglais mais en tant que québécoise, ça m’a légèrement agacée!

Everglades – R.J. Ellory

J’aime Ellory. J’aime ses atmosphères lourdes, ses intrigues qui se développement petit à petit et ses personnages fouillés. Il va sans dire que je me suis jetée sur son nouvel opus!

De quoi ça parle

Nelson Garrett est Shériff en Florides. Nous sommes en 1976 et suite à une mission qui a mal tourné, il lui est impossible de reprendre son poste. En réadapation, il va rencontrer Hannah Montgomery, dont la famille travaille dans le pénitencier d’état. Il va être embauché à Southern State, établissement isolé bâti sur une ancienne mission espagnole où il y a un couloir de la mort.

Mon avis

Encore une fois, Ellory a fait du Ellory, et du bon. L’auteur prend son temps pour construire ses personnages, notamment Nelson, qui perd un peu de son identité alors qu’il perd son insigne de sheriff. Nous sommes aussi en Floride, près des Everglades et l’ambiance est poisseuse et pesante à souhaits.

Il y a deux aspects principaux à ce roman : l’évolution d’un personnage et une discussion sur le système pénitentiaire américain et la peine de mort.Nelson ne sait plus où il en est, il traine son histoire derrière lui et met la loi avant tout. Mais est-elle sans faille, la loi? La réflexion sur la dualité occasionnelle entre la justice des hommes, l’éthique et la morale. Que doit-on faire quand notre système de valeurs est mis à mal? Bref, Nelson sera éprouvé psychologiquement et physiquement, tout en réalisant que peut-être que Hannah pourrait être la bonne et qu’il veut impressionner sa famille.

Dans ce pénitencier, il verra de tout. Surtout le pire en fait. Il va apprendre à comprendre les dynamiques de l’intérieur de l’établissement, les gangs, les jeux de pouvoir et le rôle des gardiens dans tout ça. Les hommes qui y sont enfermés ne sont pas des enfants de choeur, loin de là, et travailler dans la prison n’est pas sans danger. Mais il n’y a pas que ça. Certains détenus ont également des bons côtés et l’un d’entre eux va toucher Garrett. Puis, une meurtre et une évasion surviennent, alors que ce n’était pas supposé être possible.

Certes, il y a cette enquête et ces considérations, mais selon moi, l’histoire la plus intéressante est celle de Garrett qui réalise petit à petit que le pénitencier et tout ce qui s’y produit est en train de le changer, de le rendre insensible à certaines réalités, tout en influençant sa vision du monde et de l’humanité. J’ai vraiment apprécié ce roman qui fait réfléchir sur le système, la peine de mort. Les personnages sont bien creusés, j’apprécie la plume… une réussite.