Paris en vrac – Michel Tremblay

Michel Tremblay + Paris. Tout est dit!

De quoi ça parle

Michel Tremblay a passé beaucoup de temps à Paris. Il y a vécu longtemps et souvent. Dans ces carnets, il nous raconte ses anecdotes parisiennes en compagnie de plusieurs personnalités québécoises.

Mon avis

J’aime la plume de Michel Tremblay. J’aime sa façon de raconter, avec un brin de nostalgie et beaucoup d’humour. Il sait en quelques lignes recréer une atmosphère tangible et recréer le moment précis qu’il nous relate. C’est rempli de détails succulents, de réflexions souvent drôles et bon, c’est Paris!

Vous savez à quel point j’aime Paris et j’adore voir la ville lumière vue par d’autres yeux que les miens. C’est souvent cocasse, plein d’auto-dérision et on sent que Michel Tremblay nous raconte les histoires qui font partie de sa légende. Nous avons l’impression d’entrer un peu dans son quotidien… certes bien différent du nôtre! Même à Paris.

J’ai donc passé un très bon moment de lecture. Je dois avouer avoir une préférence pour ses récits d’enfance, que je trouve plus touchants. Mais quand il parle d’art ou de théâtre, sa passion et sa sensibilité sont palpables. Il y a certes un peu de name dropping (tout le gratin de l’union des artistes de l’époque y passe)… mais ces gens-là étaient son quotidien. J’aurais peut-être aimé un peu plus de balades dans la ville… mais tout de même, j’ai aimé!

Dungeon Crawler Carl – 1 – Matt Dinniman

On voit cette série partout. Moi, vous pouvez bien vous imaginer que ça m’intrigue. En plus, une histoire de jeu vidéo avec un chat qui parle, impossible de résister.

De quoi ça parle

Carl vient de se faire tromper par sa copine et une nuit, alors qu’il tente de récupérer son chat (son chat à elle), en pleine nuit, en boxers et en crocs roses, la terre est soudainement envahie et transformée momentanément en donjon monumental où les « joueurs » doivent gagner des niveaux pour tenter de survivre et divertir les extraterrestres.

Il va donc se retrouver participant malgré lui, en compagnie de Princesse Donut, le chat de compétition de son ex. Et dans le jeu, Princesse Donut parle. Beaucoup.

Mon avis

Non mais quel plaisir! C’est du grand n’importe quoi, on se croirait dans un mélange de Donjons et Dragons et dans un jeu vidéo avec des monstres, des potions, des récompenses, des pièges et des stratégies à développer. Entre le gain d’expérience, la réussite des défis et la compréhension de la situation générale, avec l’aide d’un maître qui ressemble à Splinter dans les Ninja Turtles. C’est qu’ils sont quand même dans une méga téléréalité avec des likes et des abonnés et tout!

Et j’ai dit qu’il y avait un chat qui parle et qui se prend pour l’univers? Un chat quoi.

C’est le premier tome d’une série et j’imagine que nous allons suivre Carl (toujours en boxers) à travers les niveaux. C’est plein de références à la pop culture, c’est plein d’action et, surtout, hautement divertissant. C’est un petit bijou d’humour noir et d’absurdité crasse. J’ai eu l’impression de revenir en arrière et à regarder mon frère jouer à Zelda pendant des heures. Est-ce de la grande littérature? Clairement pas. Mais je vais me jeter sur le tome 2 et je m’amuse follement!

Geek un jour…

Bride – Ali Hazelwood

J’avais repéré ce roman dans la liste de favoris de plusieurs personnes. Oui, je sais, ce n’est pas nécessairement ce que je lis le plus mais bon, pourquoi pas ouvrir mes horizons?

De quoi ça parle

Misery est une Vampyre et aussi une hacker. Elle habite dans un univers où se côtoient plus ou moins Vampyres, Loups garous et humains, à l’aide d’ententes et d’otages… bref, très éthique tout ça.

Elle va donc être mariée pour des raisons politiques à Lowe Morland, l’Alpha des Loups-Garous voisins, à un moment où la société est remise en question et où elle a des raisons de croire que sa meilleure amie Serena a été enlevée par les dits Loups-Garous.

Mais bien entendu, elle ne va pas rester indifférente Lowe. Sinon c’est pas drôle.

Mon avis

Je serai franche. Au moment d’écrire ce billet, j’ai dû relire mes notes et un résumé spoilant pour pouvoir vous dire quoi que ce soit sur ce roman. Ça ne m’a donc clairement pas marquée, même si j’ai passé un agréable moment de lecture et que je ne me suis pas ennuyée.

Ce roman m’a rappelé la période où je lisais de la « bit lit » et de l’urban fantasy d’un oeil beaucoup plus bienveillant. Que voulez-vous, je vieillis. Nous avions donc une héroïne forte malgré des blessures, qui ne s’en laisse pas conter et qui est bien décidée à découvrir ce qui est arrivé à sa meilleure amie Serena. Il y a une histoire d’amour entre elle et le fameux Alpha au petit coeur tout mou, la tension se bâtit petit à petit, même s’il y a des choses qu’elle est bien la seule à ne pas comprendre. J’ai bien aimé les petites touches d’humour ainsi que les malendentus inter-espèces.

J’ai bien aimé l’intrigue, avec son enquête perso qui va un peu dans tous les sens, mais qui nous permet de découvrir des complots ainsi que le contexte politique. Disons que le père de Misery n’est clairement pas le papa de l’année. Il y a de nombreux rebondissements, beaucoup d’action et une grosse séance de révélations à la fin. Les scènes spicy ne sont pas trop malaisantes (à part les histoires de noeuds des Loups-garous… bref…). Pas spécialement original mais un bon moment.

L’art de la joie – Goliarda Sapienza

J’ai longtemps pensé que ce roman était un livre de développement personnel. Oui, je sais, vous pouvez rire. Ce n’est qu’après l’avoir repéré dans quelques tops que j’ai décidé de le lire, toujours sans trop savoir à quoi m’attendre.

De quoi ça parle

Modesta est née dans une famille pauvre sicilienne le 1e janvier 1900. Son père était absent, sa mère semble lui avoir dit en tout et pour tout 4 mots et n’en avait que pour sa soeur trisomique. Mais Modesta ne fait pas honneur à son prénom et est pleine de volonté et de convictions. Nous verrons donc passer le siècle à travers la vie de cette femme à la vie et à la pensée haute en couleurs.

Mon avis

Pour deux copines à moi, ce roman est un chef d’oeuvre. Pourtant, je dois avouer que si j’ai trouvé certains aspects fascinants, cette lecture a été somme toute assez inégale. J’ai adoré la narration et beaucoup apprécié l’évolution de la pensée d’un personnage militant à travers les années, notamment sa relation avec les autres générations. Mais il y a des longueurs! Et des conversations redondantes! Bref, une appréciation en montagnes russes.

Modesta est une femme qui ose tout, parfois trop. Elle ne se prétend pas morale et elle commet des actes parfois terribles sans culpabilité. Elle assume également ses pensées les plus subversives. Nous sommes en Sicile, île assez isolée et l’atmosphère est prégnante. On sent la chaleur, les gens y ont aussi le sang bouillant et j’ai eu l’impression de vivre avec ces personnages pendant le temps de ma lecture. J’ai eu l’impression d’en connaître quelques uns d’ailleurs. Modesta est une femme queer, elle n’a aucun tabou et c’est sa vie à elle que l’on va suivre. Certaines personnes vont passer, d’autres vont rester mais ce livre, c’est sa vie à elle. Une vie haute en couleurs, mais sans faits grandioses non plus. Une vie quoi. C’est à travers ses yeux que nous verrons passer les années, y compris les guerres et la montée du fascisme, elle qui est une fière communiste. Tout cet aspect était génial.

Par contre, il y a beaucoup de personnages, beaucoup d’hommes surtout, que j’ai parfois eu du mal à distinguer. Il y a pas mal de scènes épicées (qui, selon moi, n’apportaient pas toujours quelque chose de plus à l’histoire) mais surtout, beaucoup de « oh je vais me tuer, je t’aime trop, je vais te tuer, je vais me pendre »… je veux croire que les siciliens sont passionnés mais c’est une épidémie! Ça m’a énervée et j’avoue avoir levé les yeux au ciel.

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce roman a été écrit de 1967 et 1976. C’était donc ma foi assez en avance sur son temps et ce qui passait bien à ce moment passe moins maintenant (le chantage au suicide, je trouve ça tout sauf sexy). C’est assez étonnant d’ailleurs, très féministe, très ouvert. C’est un roman qui reste avec moi depuis que je l’ai terminé, j’ai envie d’aller visiter la Sicile, ça parle d’amitié, d’amour, de politique, de transmission et de passion… mais je ne suis pas aussi passionnée que certaines copines. Un peu longuet quand même.

One of out Thursdays is missing – Thursday Next – 6 – Jasper Fforde

Cette série est pour moi un petit bonbon depuis des années. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi je ne suis pas à jour… mais avec moi, il ne faut pas se poser de questions!

De quoi ça parle

Rien ne va plus dans le monde des livres. Des négociations importantes auront bientôt lieu et Thursday Next, détective littéraire, a étrangement disparu. Sa contrepartie fictionnelle, qui habite en Speculative Fiction et qui est relativement peu lue, est appelée à la rescousse.

C’est qu’imaginez-vous que des bouts de narration tombent du ciel et Fiction Thursday doit enquêter, aidée par un majordome mécanique du nom de Sprockett alors que les Men in Plaid tentent de les arrêter.

Mon avis

Si vous n’avez pas lu le début de la série, il est inutile de commencer par celui-ci, vous allez être complètement perdus. On est en Fiction, un univers parallèle peuplé de personnages qui se baladent hors de leurs livres (because doublures) et qui font un peu n’importe quoi.

Ce tome est encore une fois bourré de références pas toujours expliquées, souvent assez subtiles, impliquant aussi des jeux de mots et de l’humour so british. En bref, il faut trouver la véritable Thursday et disons que la Thursday de la fiction n’a pas les capacités de la vraie. Elle a plutôt tendance à générer des catastrophes, ce qui donne une atmosphère assez différente. Ici, entre les magouille dans son Livre, les recherches et les courses poursuites, on a de quoi faire.

Entendons-nous, cette fois, l’histoire est un peu brouillonne. Entre le narratif perdu, la négociation entre les Racy Novels et le Féminisme, la disparition de Thursday et les Men in Plaid, on se demande où donner de la tête. Mais Fforde a tellement le don pour se moquer de tout dans la littérature, en passant des ebooks au monde de l’édition, en passant par les différents genres et les particularités stylistiques. C’est loufoque mais hyper référencé, hyper intelligent, j’ai souvent éclaté de rire et ça doit être impossible à traduire (irritable vowel syndrome, really?)

Ce n’est pas mon préféré de la série (je m’ennuie un peu de la vraie Thursday) mais il y a une carte! Ça vaut le coup, non?

Le livre des portes – Gareth Brown

J’ai lu ce roman parce qu’il y a le mot « livre » dans le titre. Je sais, je sais. IL m’en faut peu

De quoi ça parle

Cassie est libraire à New York. Quand l’un de ses clients préférés décède en pleine lecture dans la librairie, il y a près de lui un mystérieux livres rempli d’étranges symboles, qui lui est clairement destiné.

Avec sa colocataire Izzy, elle va découvrir un univers qui lui était alors inconnu, impliquant livres magiques, mystérieuses sociétés mais aussi des personnes déterminées à mettre la main sur les pouvoirs des fameux livres. Seul un bibliothécaire écossais, Drummond Fox, semble pouvoir les aider.

Mon avis

Si vous avez envie d’un one shot plein d’action, dans un univers fantastique intéressant sans être trop complexe, je crois que ce roman peut vous plaire. On a tous les codes du genre : une héroïne qui ne connaît rien au monde dans lequel elle est plongée, des vrais méchants, un guide bienveillant et une meilleure amie très quirky. Ceci dit, le personnage féminin se débrouille en grande partie toute seule et n’a pas besoin d’être sauvée toutes les 5 minutes, même si elle fait des essais et erreurs et se trompe parfois.

Le récit démarre lentement mais il accélère par la suite. On se balade dans l’espace et le temps (thématique que j’adore), Cassie va devoir faire face au mal ainsi qu’à des épreuves assez extraordinaires, tout en ayant la chance de pouvoir changer certaines choses. J’ai beaucoup aimé Izzy et leur amitié. Il m’a toutefois manqué un petit côté épique et j’ai trouvé que ça allait par moments un peu vite et que certaines explications étaient faciles. C’était émouvant mais ça aurait pu l’être davantage avec un peu plus de détails.

Un petit point qui m’a agacée : l’un des méchants a des propos tellement… yuck… je crois qu’il aurait pu être tout aussi vilain sans ça . Ceci dit, il y a de multiples rebondissements, on s’attache à plusieurs personnages (je ne pourrais vous dire lesquels pour ne rien spoiler) et les pages se tournent toutes seules. Entre, SF, action et thriller, ce roman est très divertissant et m’a fait passer un bon moment.

Je relirais volontiers une histoire dans cet univers.

La mère des larves – Maude Jarry

S’il y a un livre qui me tentait dans le cadre du gala du roman québécois, c’était celui-ci. Je voulais l’acheter pour le 12 août, il était back order et finalement, une amie me l’a prêté. Donc pas de photo insta, sorry! Est-ce que tous ces efforts ont valu le coup? Mais certainement.

De quoi ça parle

Sarah est dans une fort mauvaise passe. Non seulement elle a des douleurs au ventre débilitantes mais son chum vient de la laisser car il vient de réaliser qu’il veut des enfants et qu’elle ne changera pas d’idée, les chats l’attaquent sans raison alors qu’elle avait la réputation de tous les calmer et sa mère semble décidée à la convaincre d’avoir des enfants alors que, dans sa tête, c’est clair.

Sauf qu’on va finir par comprendre de quoi elle souffre…

Mon avis

Je m’attendais à un roman d’horreur. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi je m’étais mis cette idée en tête car on est loin de ça. La maison d’édition parle de tragi-comédie horrifique et je pense que c’est un terme très bien choisi. Il y a quelques passage un peu gore mais sérieusement, il ne fait pas s’arrêter à ça. C’est surtout un roman très actuel et féministe, qui nous parle de l’infantilisation des femmes dans le domaine médical.

Nous avons donc une protagoniste dont la vie est en train de prendre le bord. Toutefois, elle est forte, attachante et comprend ses réactions et ses enjeux. Elle est nullipare, childfree, c’est pour elle une évidence mais elle se heurte à un NON catégorique de la part du corps médical quand elle parle de stérilisation. Elle a mal au ventre? Ben voyons, c’est juste un SPM… Non mais elle a VRAIMENT mal au ventre… bon, ok, on va vérifier… et c’est là que ça devient un peu dégueulasse par moments.

À mon avis, le sujet est bien traité dans de nombreux aspects. Il n’y a pas de longueurs, ça se lit tout seul, Il y a beaucoup d’humour, c’est parfois désespérément drôle sans pour autant être loufoque. Nous avons un langage cru mais pas vulgaire, qui sert parfaitement le plaidoyer derrière ce roman : le droit des femmes à revendiquer leur droit à la non maternité et à leur statut de femme complète malgré tout. Non mais laissez notre utérus tranquille!

J’ai vraiment aimé l’usage de la fiction pour soutenir la thèse et j’ai adoré la fin. Adoré. Et je ne m’y attendais pas! Très bonne lecture, que je recommande.

Les Fleuves du Ciel – Elif Shafak

Je vous mets la couverture et le titre en français mais j’ai plutôt lu la version anglaise de ce roman. Elif Shafak est une autrice qui ne m’a jamais déçue à date et c’est encore une fois le cas ici. Une très bonne lecture.

De quoi ça parle

Il était une fois une goutte d’eau. Elle a vu la Mésopotamie antique où fut écrite l’épopée de Gilgamesh et où régna Assurbanipal. Elle a aussi été témoin de l’Angleterre victorienne, époque de fouilles archéologiques et de colonialisme et elle existe encore de nos jours, voyageant de Londres à Nineveh, juste avant les destructions perpétrées par l’état Islamique.

Elle va donc croiser la route non seulement de la fameuse épopée mais d’Arthur, passionné de Mésopotamie et d’écriture cunéiforme de l’époque victorienne, celle de Zaleekhah, jeune hydrologue qui déménage sur une péniche suite à une séparation ainsi que celle de Naryn, jeune fille yézidie dont le village va être inondé et qui part avec sa grand-mère se faire baptiser près de Nineveh. Et ce roman raconte leurs histoires.

Mon avis

Comme d’habitude, Elif Shafak nous offre une oeuvre à la fois très romanesque et poétique, traversant les siècles à travers le chemin d’une goutte d’eau et d’une histoire, l’épopée de Gilgamesh. À travers des histoires et des personnages intéressants, elle réussit toujours à nous faire prendre conscience de certaines réalités que, pour ma part, je ne connaissais pas. Ici, j’ai donc pu découvrir l’histoire du peuple Yézidi, une communauté principalement kurdophone originaire de Mésopotamie et ayant été persécutée à travers les années, notamment par l’EI en 2014. Le personnage d’Arthur, quoi que romancé, est aussi inspiré d’une personne réelle ayant déjà existé, un assyriologiste anglais ayant réellement voyagé en Mésopotamie et travaillé sur les tablettes de l’épopée de Gilgamesh. Bref, ce récit est imbriqué dans l’Histoire avec un grand H et ça, j’aime toujours.

J’ai pour ma part ressenti dès le départ le lien ténu entre ces trois histoires, où nous avons trois personnages très différents, dans des réalités bien différentes. J’ai été particulièrement intéressée par l’épopée de la goutte d’eau ainsi que par l’histoire Yézidie mais j’ai aussi été très émue par la disparition de villages engloutis sous les réservoirs d’eau des barrages. C’est très cinématographique, très bien écrit, ça parle des origines, des destins façonnés par le temps et l’histoire et… je crois que ce roman a déclenché une nouvelle passion pour l’Assyrie. Dommage qu’il soit actuellement impossible d’y aller!

Bref, je recommande!

The last tale of the Flower Bride – Roshani Chokshi

J’ai pris ce roman en croyant avoir affaire à une romantasy sur fond de Barbe Bleue. Où avais-je pris ça? Aucune idée, mais j’étais dans les patates. Et j’ai donc été agréablement surprise.

De quoi ça parle

Il était une fois un homme qui se passionnait pour les contes de fées. Il rencontra un jour la magnifique Indigo Maxwell-Castenada et tomba follement amoureux. Il se marièrent après qu’elle lui ait demandé de lui faire une promesse : jamais il ne tenterait de percer les secrets de son passé.

Sauf que la tante d’Indigo est en fin de vie et ils devront donc revenir dans le manoir familial, sur l’île de son enfance. Les secrets vont-ils rester secrets?

Mon avis

Il y a certes de la romance mais nous sommes plutôt dans un roman gothique sur fond de contes de fées et d’univers magiques. C’est aussi un passage à l’âge adulte avec des personnages qui ont des côtés fort sombres et mystérieux. Bref, en fait, c’était pour moi, et c’est sans doute pour ça que ça m’a plu.

Il y a deux narrateurs : le Bridegroom et une certaine Azure. Azure a mystérieusement disparu des années auparavant. Elle était la meilleure amie d’Indigo, celle avec qui elle partageait une âme. Azure venait d’une famille relativement pauvre. Sa mère était toute dévouée à son nouveau conjoint, le choisissant toujours au dépens de sa propre fille qui restera toujours à la recherche de son amour et de son attention. Quand elle est choisie par Indigo et sa tante (appelée Tati), tous les possibles s’ouvrent devant elle. Elle se sent exister, elle se sent presque importante. Surtout qu’elle et Indigo ont été choisies par les fées et qu’elles sont les seules invitées du Otherworld, tout près de la Maison des Rêves où Indigo habite.

Nous avons donc un roman très bien écrit, rempli de phrases sybillines et surtout de références à divers contes de fées. Barbe bleue, Mélusine, Catskin et plusieurs autres y ont leur place et l’atmosphère est parfaitement réussie, tant en ce qui concerne la maison qui semble avoir une âme et surtout une emprise sur ses habitants que pour le fameux Otherworld, royaume enchanté des deux filles. Mais entre contes de fées et réalité, il y a parfois tout un univers… et ce n’est pas toujours possible d’avoir les deux.

Ça parle d’emprise, de gaslighting, de manipulation mais aussi de la difficulté de grandir et des choix que ça implique. La relation entre les deux filles ne va pas rester au beau fixe malgré leur dépendance l’une à l’autre ainsi qu’à l’univers qu’elles se sont créé pour être autre chose, spéciales. C’est rempli d’images et de foreshadowing, et je dois avouer que ce roman a fait son petit effet… car j’en ai rêvé.

Bref, un roman gothique, avec une touche d’horreur, un grain de nostalgie, beaucoup de traumatismes non résolus et une très belle plume. J’ai aimé.

Ils étaient sept – C.A. Larmer

J’ai vu ce livre audio dans les choix disponible à la biblio. Pourquoi ai-je été attirée? Les tasses de thé et la référence à Agatha Christie. Pourtant, le cosy mystery et moi, ce n’est pas toujours simple… et je pense que ce n’est pas ce roman qui va changer ça!

De quoi ça parle

Alicia ne se sent pas à l’aise dans les clubs de lecture traditionnels : elle, ce qui lui plait, ce sont les romans policiers, en particulier Agatha Christie. Elle décide donc de fonder son propre club avec sa soeur, en passant une petite annonce dans un journal.

Sauf qu’après deux rencontres, l’un des membres disparaît… et Alicia va décider d’enquêter.

Mon avis

On va faire simple : c’est pour moi un cosy mystery banal, avec des personnages somme toute peu originaux et une histoire qui pourra plaire aux amateurs de la Reine du Crime. C’est d’ailleurs ce que j’ai préféré dans le livre : les références. Mais vous n’êtes pas surpris, n’est-ce pas? Même si un personnage dit du mal de « L’homme au complet marron ».

Nous avons donc Alicia et sa petite soeur qui vont rencontrer un beau médecin, un jeune homme flamboyant du milieu de l’édition, une bibliothécaire plutôt loquace, une femme au foyer dans la cinquantaine ainsi qu’une propriétaire de boutique vintage. Tout ce beau monde semble avoir beaucoup de temps à perdre car à partir du moment de leur rencontre, il vont s’investir corps et âme dans l’enquête suscitée par la disparition de l’un des membres. Genre, ils se sont vus deux fois. Mais ils vont utiliser les romans d’Agatha Christie et les méthodes de recherche de Hercule Poirot pour dénouer le mystère. Dont j’ai rapidement deviné la finalité. Encore une fois, vous ne devez pas être surpris.

Ce n’est pas « mauvais », ça se lit facilement, je ne me suis pas ennuyée mais j’ai parfois levé les yeux au ciel à la description de certains personnages qui étaient très caricaturaux. Je n’ai pas non plus compris l’insistance d’Alicia à mener cette enquête mais ça fait un peu partie de la recette « cosy mystery ». Sans l’audio, je ne crois pas que j’aurais terminé ce roman pour lequel j’avais somme toute peu d’intérêt… et je ne vais clairement pas poursuivre la série !