
Si ma mémoire est bonne, j’avais mis ce roman dans mon challenge ABC… 2008. Oui, je sais. J’ai attendu 18 ans pour le lire. Mais venant de moi, le pire, c’est que ce n’est pas si anormal que ça!
De quoi ça parle
Nous sommes dans le Vietnam de l’après-guerre. MIén habite un petit village de montagne avec son mari Hoan, un propriétaire terrien, et son jeune fils. Elle y vit heureuse jusqu’à ce qu’un jour, son premier mari, Bôn, revienne de la guerre après des années d’absence. Elle le croyait mort et tout le monde, Bôn y compris, s’attend à ce qu’elle abandonne sa vie pour le retrouver…
Mon avis
Ici, la guerre dont il est question, c’est bien entendu la guerre du Vietnam ou plutôt « la guerre américaine » comme ils l’appellent. C’est celle qui a secoué le pays, celle dont tout le monde garde encore des blessures. Dans le village, tout le monde se connaît. Le fonctionnement en collectivité fait que les actes des uns influencent les autres et il y a un certain esprit de morale, de bien pensance, qui met une énorme pression sur Mién. Ce poids est palpable durant tout le roman, tout comme l’atmosphère de petit village. On s’y croirait.
L’histoire est contée par les trois personnages principaux, chacun étant persuadé de faire la bonne chose et d’être dans son droit. Chaque voix est criante de vérité mais aussi très distincte dans sa façon de voir les choses. Et même si on n’est pas d’accord, même si on voit bien que Mién a le poids du monde sur ses épaules, étant donné les façons de faire du village et de la culture à ce moment… on peut comprendre?
Bref, l’autrice trace un magnifique portrait de l’époque, c’est bien écrit, on ressent la chaleur, la moiteur et la luxuriance du Vietnam dans les descriptions. Un beau portrait de femme également, qui doit composer avec ce qu’on attend d’elle et ses aspirations propres.
Merveilleuse lecture et dépaysement total!









