
Qui aurait cru que moi, MOI, j’aimerais autant un roman qui met en premier plan la relation d’un homme avec son cheval? Pourtant, ça a été le cas… et c’est pour moi une belle découverte de la littérature du Kirghizstan.
De quoi ça parle
Tanabaï est maintenant un vieil homme. Ancien militant communiste impliqué dans les kolkhozes, il retrouve par un curieux hasard Goulsary, un étalon superbe dont il s’était occupé des années auparavant et qui lui a été arraché. C’est à l’occasion d’une route difficile avec le cheval qu’il va se remémorer son histoire avec lui et ce qui les a menés là où ils sont maintenant.
Mon avis
Nous avons ici un court récit extrêmement dépaysant, surtout quand, comme moi, on ne connaît pas grand chose à l’histoire du Kirghizstan. Nous sommes donc transportés dans les montagnes kirghizes, dans un kolkhoze. Le personnage principal aurait été inspiré par son grand-père, berger nomade et il assiste à la fin d’une époque. Il croyait à la collectivisation et au mode de vie du kolkhoze, il a milité, travaillé pour faire appliquer les recommandations du parti. Toutefois, au quotidien, quand les ordres viennent d’en haut et qu’ils sont parfois déconnectés, ce n’est pas si simple à appliquer et à accepter.
Tanabaï et le cheval avaient un lieu particulier. Le cheval était fougueux, indomptable mais le temps et l’usure sont passés par là. Métaphore de l’époque et de la désillusion du personnage principal face à ses idéaux, alors que Goulsary (le cheval, il faut suivre) vit ses derniers moments, il va revivre son parcours et nous allons assister aux derniers moments d’un mode de vie et aux soubresauts d’une culture qui tente de rester vivante malgré tout. La mort des illusions fait mal au coeur mais il y a quand même une touche d’espoir.
C’est beau, triste… et ça nous emmène clairement ailleurs. J’ai beaucoup aimé.
3 Commentaires
Pourquoi pas ? Je ne serai pas allée de moi même vers cette lecture mais ce que tu en dis est tentant. Je crois n’avoir jamais lu un auteur de ce pays. .. 😕
Je ne connais pas du tout mais je note! Ça me fait un peu penser aux Cavaliers de Kessel, qui se passe en Afghanistan et où il y a aussi un cheval.
Et en passant, très bonne année! 😀
Oh, merci pour cette découverte totale!! J’en prends bonne note à cause du cheval!! 🙂 🙂 Mais aussi pour le contexte historique…