
J’entends parler de Katherena Vermette depuis une éternité. C’est une autrice autochtone vivant au Canada anglais et on m’en avait dit beaucoup, beaucoup de bien. Et savez-vous quoi, les gens avaient raison.
De quoi ça parle
Cette histoire est celle de quatre femmes. Quatre femmes autochtones d’une même famille. Quatre femmes souffrantes, en colère, tristes et dont l’histoire familiale est constituée d’histoires tristes. Nous allons donc les suivre à travers leur tentative de survivre dans ce monde qui, semble-t-il, n’attend qu’une seule chose : qu’elles se plantent.
Mon avis
Je ne savais pas à quoi m’attendre en lisant ce roman car la couverture en anglais est très différente et représente des fleurs en broderie. Entendons-nous, ce roman est tout sauf sweet. C’est dur, troublant et on n’en sort pas indemne.
Nous avons ici quatre femmes qui portent non seulement le poids de leur histoire, mais aussi celui du vécu de leurs ancêtres. Et c’est d’autant plus difficile à lire que ça se passe dans mon pays, avec nos lois et on nous met en pleine face les conséquences sur les peuples autochtones. Ici, les quatre personnages nous font voir des aspects différents des conséquences en question. Cedar, qui a passé sa vie en foyers, est recueillie par son père, qu’elle ne connaît pas. Elle est bonne élève, veut s’en sortir mais elle en a quand même lourd sur le coeur. Phoenix est quant à elle en prison, elle est en colère et souvent en perte de contrôle. Il y a d’ailleurs un tome 1 qui raconte son histoire à elle, roman que je n’ai pas lu… on ne me reconnait plus. Elle tente de reconnecter à ses racines et d’aller mieux mais elle est tellement blessée qu’elle a des épines et repousse presque systématiquement l’aide qui pourrait lu être apportée. Elsie, leur mère, est toxicomane. Elle a des hauts et des bas, croit s’en sortir, rechute… Ça fait mal de la voir aller. Et à travers elle, on rencontre également Margaret, mère d’Elsie, qui en a bavé…
Disons qu’à part Cedar, au premier abord, elles sont difficiles à aimer. Elles sont couvertes d’épines, on dirait qu’elles ne s’aident pas et qu’elles prennent une mauvaise décision après l’autre. Mais c’est tellement bien mis en contexte que nous comprenons. Limite que ça semble logique. Et c’est ce qui fait toute la force de ce roman. On reçoit tout ce mal être en pleine figure et on réalise à quel point les structures en place sont inadéquates même quand les gens y mettent de la bonne volonté. La complexité de la situation est clairement exposée… et on ne tente pas de nous donner de réponse simpliste.
C’est donc une histoire de famille, une histoire de soeurs, de deuils et de traumas parfois indicibles. C’est aussi une recherche de soi et un portrait des différentes façon de tenter de s’en sortir malgré le passé. Ça fait mal, une excellente lecture.
3 Commentaires
Cela fait un moment aussi que je veux lire cette auteure, et ton billet me conforte dans cette envie, mais je commencerais plutôt par Les femmes du North End.
Une lecture que j’avais beaucoup aimé. J’avais moins aimé Les femmes du North End.
Oh bon du coup je mets le tome précédent dans mes envies ! Je me rends compte que je connais sa couverture.