
J’ai tendance à beaucoup aimer les livres qui se passent dans une école aux atmosphères un peu glauques. Du coup, j’ai sauté sur ce titre de Joyce Carol Oates. Un peu glauque? TRÈS glauques. Quel roman dérangeant!
De quoi ça parle
Francis Fox est enseignant dans la prestigieuse Langhorne Academy. Il enseigne l’anglais à de jeunes filles de 12-13 ans et fascine la plupart des étudiants et des enseignants. Quand il est trouvé mort dans sa voiture, au fin fon d’un ravin, toute la communauté va être bouleversée.
Mon avis
Un roman de Joyce Carol Oates, ce n’est jamais confortable. Mais ici, dès les premières pages, on sent qu’on va être terriblement déstabilisé. Ce n’est pas du Dark Academia, avec une université. On est au collège. Avec des fillettes. Et un professeur qui n’utilise pas sa langue que pour leur parler. Oui, c’est dégueulasse. Mr. Fox EST un pédophile dégueulasse. Et être dans sa tête pendant des pages et des pages, le voir se justifier, manipuler tout le monde de façon consciente, limite fier de lui, le voir planifier, manigancer… Oh my. quel moment difficile. Mais aussi un moment fort.
Heureusement, il finit par mourir et nous allons suivre aussi l’enquiête. Enquête dans laquelle nous allons rencontrer une quantité de personnages difficiles à aimer. L’aveuglement volontaire de tous, la vision déformée de la réalité des jeunes filles ou de leurs parents, les egos mal placés et les ambitions personnelles qui prennent parfois le pas sur la simple logique font mal au coeur. Tout est remis en question : la soi disant protection des victimes, la difficile cohabitation entre la population et les riches nouveaux arrivants, ou encore le narratif qui est parfois presque « choisi » par la justice ou la population.
Ce n’est pas un roman facile, pas une lecture détente, mais ça fait réfléchir. Ça parle de trauma et des histoires que l’on s’invente pour survivre ou pour sauver la face, ça parle des silences et des réponses qui restent évanescentes. J’ai passé au moins 2 semaines sur ces 800 pages. Parce que souvent, c’était assez. C’est bouleversant et déstabilisant et je ressors pleine d’hypothèses. Parce que ce ne sera pas si clair. Comme souvent avec Oates.
C’est certes un peu long, surtout pendant la 2e partie. On voit venir avant les personnages mais là n’était selon moi pas l’objectif. Oates a un vrai talent pour nous immerger dans les méandres du cerveau de personnages souvent troublés et là est tout l’intérêt du livre. Une lecture marquante. Pas confortable, mais marquante.

2 Commentaires
Intéressant, mais 800 pages dans la tête d’un pédophile, c’est un peu trop pour moi !
J’en ai récemment entendu parler à la radio, en bien, et en grande fan d’Oates, je ne louperai pas ce titre dont le contexte, comme toi, m’intéresse par ailleurs beaucoup.