En dehors de la gamme – Ann Cathrine Bomann

Je suis assez fan de ce que publient ou traduisent les éditions La Peuplade. Quand j’ai vu qu’il était dans les favoris de Cindy Landes, je me suis dit que c’était l’occasion.

De quoi ça parle

Danemark, Université d’Aarhus. Nous sommes en 2024 et Anna et Shadi étudient en psychologie. Leur mémoire porte sur le deuil, alors que leur directeur est impliqué dans un projet fou avec Danish Pharma. Il s’agit de la Collocaïne, un médicament qui promet de guérir le deuil prolongé, celui dont les gens ne sortent pas.

Sauf que juste avant la commercialisation, des questions sont soulevées : et si certaines données avaient été mises de côté?

Mon avis

Non mais quelle surprise, ce roman. Surprise dans deux sens, en fait. Le premier, c’est qu’à cause du mot « gamme », je croyais qu’on allait parler de musique. Non mais loin de là! Nous sommes plutôt dans un thriller médical! Et le second, c’est qu’alors que je ne m’attendais à rien, j’ai dévoré ce roman. Rien de moins.

Il faut dire que je lis beaucoup en bioéthique et en éthique en général, dû à mon travail. Ce n’est pas un thème que je recherche nécessairement dans mes lectures « plaisir ». Pourtant, ici, j’ai totalement adhéré, surtout que ce roman presque dystopique a été publié juste au moment où le diagnostic de « deuil prolongé » venait d’être reconnu par le Danemark.

Nous avons quatre personnages principaux, quatre visions du deuil, quatre façon différentes de voir ce projet « Collocaïne » de Danish Pharma. Chacun a perdu quelque chose, chacun y réagit à sa manière et le traitement proposé va les interpeler chacun à leur manière. Nous avons deux étudiantes bien différentes, la bonne élève et l’élève qui pense hors du cadre, un professeur d’université qui commence à avoir des doutes et la chercheuse principale au laboratoire. Ça permet de réfléchir sur le deuil, sur l’importance des sentiments et sur les diagnostics à tout prix. On comprend aussi à quel point les universités et les entreprises pharmaceutiques peuvent être intimement intriquées et ça questionne toute la question de la liberté scientifique.

L’histoire de construit petit à petit, la tension monte et les pages se tournent toutes seules. J’ai beaucoup aimé.

The Wedding People – Alison Espach

J’ai vu ce roman dans plusieurs listes de favoris 2024. Je ne sais pas si je serais allée vers lui d’emblée par peur du feel good sirupeux mais si Sous le ciel a aimé… j’étais prête à tenter.

De quoi ça parle

Phoebe a réservé une chambre dans un magnifique hôtel près de l’océan. Son « happy place » rêvé. Elle a décidé que ce serait l’endroit où elle mettrait fin à ses jours. Sauf qu’à l’arrivée, elle réalise que TOUS les autres clients de l’hôtel sont les participants à un mariage. Et pas n’importe quel mariage… la million dollar wedding week d’une demoiselle Lila.

Mon avis

Non mais quel bon divertissement! Il y avait longtemps que je n’avais pas eu autant envie de revenir à un roman même si les thèmes de départ ne sont pas nécessairement ceux qui m’attirent généralement. Avouez que le point de départ est capoté!

Nous avons donc Phoebe, la trentaine. Son mari l’a abandonnée en plein pendant la pandémie, après des essais de FIV infructueux. Deux ans plus tard, après un certain événement, elle décide qu’elle n’a plus rien à attendre de la vie, qu’elle ne sera jamais heureuse et que, en gros, ça suffit. Sauf que Lila, la mariée, n’a aucune intention de laisser cette illustre inconnue gâcher SA semaine!

Nous rencontrons donc la protagoniste à un moment où elle n’a plus rien à perdre. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas être totalement elle-même et totalement franche ? Elle va donc se retrouver mêlée aux Wedding People sans trop le vouloir et finalement, elle va revivre petit à petit au contact de ces gens fort imparfaits et dans un moment très particulier. Disons qu’elle n’en demandait pas tant au départ. C’est donc l’histoire d’une jeune femme qui se redécouvre elle-même après avoir été prise dans un étau sans s’en rendre compte. Mais sous couvert d’humour et de situations un peu folles, l’autrice traite de sujets plus sérieux tels que le couple et la fin de celui-ci.

Des personnages pleins de failles que l’on découvre petit à petit, je les ai tous aimés malgré leurs défauts. Il y a un bon rythme, j’ai souvent souri… et j’ai passé un bon moment de lecture!

Le Roi-Soleil – Marie-Eve Cotton

C’est mon amie Sab et les livres qui m’a donné envie de lire ce roman, vu qu’il était dans ses favoris 2024. Je ne savais pas du tout de quoi il était question (oui, je sais, je lis souvent des livres complètement au hasard) mais je me fie généralement à ses avis vu que nous avons beaucoup de goûts communs!

De quoi ça parle

Maude Fournier est intelligente, jolie, riche et médecin. Elle semble avoir tout pour elle. Mais Maude a tué sa fille.

Mon avis

Ce roman est percutant, c’est le moins que l’on puisse dire. C’est à travers sa confession au psychiatre engagé par la Défense que nous allons voir ce que nous allons voir ce qui l’a menée là. Pourrait-elle être déclarée non-criminellement responsable?

Qu’est-ce qui a pu mener cette femme, bien sous tout rapport, à tuer sa fille? Car aucun doute n’est possible, elle A tué sa fille. Elle va donc raconter son histoire. Son mariage avec un professeur et médecin ambitieux et aimé, son histoire familiale particulière aussi. Car son père était un célèbre réalisateur québécois encensé de tous et sa mère vit encore dans sa lumière 20 ans plus tard.

Nous avons une plume incisive, presque clinique, mais qui va droit au but et souvent là où ça fait mal. On ne fait pas dans la dentelle. Toutefois, en très peu de pages, l’autrice réussit à traiter de plusieurs thèmes cruciaux et à donner à réfléchir. On parle ici de colère des femmes, ces femmes qu’on ne croit pas, qu’on qualifie trop facilement d’hystériques. Ça parle du boys club aussi, de l’impunité que permet parfois la célébrité et des conséquences sur les autres. Ça parle de dynamiques familiales parfois malsaines, ça parle des sacrifices quotidiens que doivent souvent faire les femmes et qui sont considérés comme totalement normaux… le tout sans jamais marteler. Pas besoin. C’est assez clair comme ça.

Pour ma part, le roman m’a fait m’interroger sur mes propres biais implicites. Car on s’attache à Maude malgré son geste. Est-ce en lien avec son côté « bien sous tout rapport » et membre de mon endogroupe (ou presque)? La relation entre les soeurs m’a aussi énormément touchée.

Bref à lire, avec le coeur bien accroché.

La dixième muse – Alexandra Koszelyk

J’aime la plume d’Alexandra Koszelyk, je crois que ça commence à être connu. Ici, il était question d’Apollinaire. La chose qui étonne est que je ne l’aie pas lu dès sa sortie.

De quoi ça parle

Quand Florent conduit un ami au cimetière du Père Lachaise, il ne s’attend pas à rencontrer Guillaume Apollinaire. Il décide impulsivement de rapporter chez lui un mystérieux morceau de bois… et il se retrouve pris dans un tourbillon de souvenirs du poète et se rapprochera de plus en plus de l’obsession.

Mon avis

Je suis toujours aussi fan de l’écriture de cette autrice. C’est magnifiquement écrit, poétique et très lyrique et quand il est question d’un poète, c’est particulièrement approprié. Il avait tout pour me plaire ce livre. Un livre qui parle de livres, le thème de l’obsession… et au départ, j’étais certaine que ce serait un coup de coeur.

Pourtant non. J’ai bien aimé, sans être totalement emportée par le récit qui promettait, pourtant. Une structure un peu répétitive à la longue? Une finale qui s’en va complètement ailleurs et qui m’a moins convaincue, même si elle noue tous les fils et rassemble son intrigue? Bref, j’ai mis une semaine et demie à le terminer, ce qui est tout de même parlant.

Nous avons donc un aller-retour passé-présent presque constant. J’ai adoré les parties dans le passé où plusieurs personnes significatives de la vie d’Appolinaire le racontent. L’homme fascine, intrigue. Ses vers parsèment le texte et donnent envie de se replonger dans ses vers (même si j’ai mes préférés!). J’ai aimé la variété des points de vue qui nous offre une vision fragmentée mais vivante du poète. J’ai été moins charmée par Florent et son histoire (à la place de sa conjointe, je l’aurais baffé… et je pense que c’est ce que l’autrice souhaitait). Quant à la fin… je suis restée dubitative. Un autre narrateur prend le relai et nous partons presque en réalisme magique. Encore une fois, ça avait tout pour me plaire. Et c’est bien fait en plus. On a des ébauches de réponses à toutes les coïncidences du roman. Sauf que je n’avais pas envie de m’éloigner de Guillaume pour ne le retrouver que par bribes. Bref, cette dernière partie, bien que magnifiquement écrite, a été plus ardue pour moi.

Un roman très atypique, qui aborde à la fois la fascination, la poésie et l’écologie. J’ai bien aimé sans adorer… et il demeure que je lirai tout ce qu’écrit l’autrice!

Magic Charly – 1 – L’apprenti – Audrey Alwett

Chantale, de Fables et rêveries, me prle de cette série depuis sa sortie et je ne sais pas pourquoi je ne l’avais pas encore lu. En fait, oui, je sais. J’ai lu beaucoup moins de jeunesse depuis les dernières années et j’ai très peu commencé de nouvelles séries. Il a fallu qu’il soit nommé dans les favoris 2024 pour que je me décide à le lire.

De quoi ça parle

Charly a 14 ans. Il fréquente l’école comme tous les autres et a comme meilleure amie la rebelle de l’école. Quand sa grand-mère, mystérieusement disparue 5 ans auparavant réapparait, elle semble avoir perdu tous ses souvenirs et ne le reconnaît pas. Mais nous, nous savons que sa grand-mère était magicière… et nous devinons qu’il peut probablement devenir magicier lui aussi! En fait, il n’aura pas vraiment le choix.

Mon avis

Quelle belle entrée en matière que ce roman jeunesse! C’est intelligent, avec une belle part de merveilleux, d’amitié et d’histoires de famille. On ajoute à ça une Académie corrompue, des vilains garçons très vilains et une ségrégation même pas cachée, ça donne une histoire prenante, dont les pages se tournent toute seules et dont on veut connaître la suite.

Nous avons donc un ado un peu naïf qui réalise qu’il peut faire partie d’un univers magique et qui se retrouve dans un monde dont il ne connaît pas les codes. Bien entendu, il va se mettre les pieds dans les plats et disons qu’il y a très peu de marge de manoeuvre quand on est pas « le fils de ». La grand-mère de Charly était très célèbre mais sa magie – constituée entre autres de pâtisseries magiques – est considérée comme trop « populaire » par les grands de ce monde qui souhaitent garder la magie pour eux. Mais qui est ce Cavalier qui vole la mémoire des magiciers qui s’opposent au régime?

Le rythme est rapide, assez pour garder en haleine jeunes et jeunes « vintage », les personnages secondaires – surtout Sapotille, qui en a vu d’autres – sont attachants, sans parler du chat et de la serpillère! J’adore la serpillère!

Un très bon moment de lecture. Je lirai la suite!

La maison aux sortilèges – Emilia Hart

J’ai lu ce roman pour la couverture. Et pour le mot maison. Quand il y a le mot « maison » dans un titre, j’ai du mal à résister. Et imaginez-vous que ce roman a été nommé dans les favoris 2024 de plusieurs booktubers. Je l’ai donc sorti de la pile!

De quoi ça parle

Weyward House, Angleterre. Trois femmes, trois époques. 1619, Altha est accusée de sorcellerie par les gens du village quand un fermier meurt piétiné par son troupeau.

1942, Violet est une femme dans un monde d’hommes. Honnie par son père parce qu’elle ressemble à sa mère, elle est prisonnière de sa vie.

2019, Kate fuit un mari violent et se réfugie dans cette maison léguée par sa tante dont elle n’avait presque jamais entendu parler. Mais la nature semble lui parler et une mystérieuse corneille semble la suitre.

Mon avis

Je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce roman historique. Nous avons une plume fluide, avec un roman qui se lit tout seul, sans grand moment de flamboyance littéraire mais agréable à lire. Nous allons donc suivre trois générations de femmes, trois générations de sorcières profondément liées à la nature et au vivant.

Ce roman m’a donné envie de printemps et de verdure en pleine tempête de neige. C’est un roman féministe, qui nous parle des femmes soumises aux hommes à différentes époques et illustre l’évolution de la violence et de la mysoginie à travers le temps. Ça plaira sans doute à tous ceux qui aiment les histoires de passé présent et les secrets de famille et j’ai somme toute bien aimé. Par contre, je tente de vous en parler… et je ne sais trop quoi vous en dire. C’était bien, j’ai passé un bon moment, mais je ne saurais quoi ajouter. Oui, je sais, quelle chronique. C’est n’importe quoi.

Je reprocherais une bonne dose de manichéisme. Ici, les méchants sont vraiment méchants, sans une once de bonté, même bien cachés au fond d’eux. C’est quelque chose qui a tendance à m’agacer et c’est l’élément qui m’a empêchée d’entrer complètement dans l’histoire et à être touchée autant que j’aurais pu l’être. J’ai surtout apprécié les histoires dans le passé, les éléments magiques et les prises de pouvoir des femmes. Ça met aussi en lumière l’impact de la société patriarcale sur certaines décisions déchirantes qu’ont parfois à prendre les femmes et qui sont souvent diabolisées.

Bref, une bonne lecture. Sans étincelle, certes, mais j’ai apprécié.

Petite-Ville – Mélikah Abdelmoumen

Ce roman m’a été suggéré par au moins une dizaine de personnes différentes. Le thème des inégalités sociales, un monde un peu dystopique, un mélange de médias. Ça avait tout pour me plaire. Sauf que je pense que ce roman et moi avons une incompatibilité de caractère… et j’ai été souvent agacée alors que j’étais d’accord avec une grande partie du propos.

De quoi ça parle

Simon James, célèbre journaliste engagé est retrouvé mort dans le Parc de la Paix, aménagé par la mairie là où se trouvait avant la Zone, un genre de cité où étaient entassés les moins nantis et les gens vivant dans la pauvreté. Que s’est-il passé?

Mia, la soeur adoptive de Simon, est dévastée. Elle aussi a grandi dans la Zone et a été adoptée par une travailleuse sociale bienveillante. Suite à la mort de Simon, elle reçoit de curieux messages l’invitant à trouver son journal. Y aurait-il un lien avec le meurtre?

Mon avis

Comme je l’ai mentionné, ce roman et moi, ce n’était pas le match parfait. Entendons-nous, il y a dans ce roman des conversations très importantes, un point de vue qui doit être entendu. J’adhère à une grande partie de la thèse qui y est exposée. Seulement voilà. J’ai eu l’impression que l’histoire servait la thèse au lieu du contraire. Et ça a tendance à me déranger. Du coup, je ne me suis attachée aux personnages qu’à la toute fin, quand le rythme de l’histoire s’accélère. Un peu trop tard.

Et c’est dommage parce que le personnage de Mia était très intéressant. Une jeune femme intelligente, à qui on a donné une chance mais qui reste malgré tout profondément blessée et souvent dysfonctionnelle. C’est elle que j’aurais davantage aimé connaître. J’aurais aimé que les idées sous-jacentes servent son histoire alors qu’ici, j’ai eu l’impression que son histoire était un « exemple » servant à illustrer la thèse. Celle-ci est par ailleurs bien exposée, sous différents aspects.

Ceci dit, je suis consciente qu’il y a des raisons qui sont tout sauf littéraires qui m’ont fait réagir à cette histoire. La pauvreté et la vulnérabilité sociale, c’est une réalité que je côtoie quotidiennement au travail. Et je pense que ça vient me chercher personnellement quand tous les efforts pour aider un peu soient ridiculisés ou vus comme tentative d’autocongratulation. Oui, c’est parfois le cas. Oui, les programmes sont looooooin d’être parfaits et c’est bien de le dire, mais j’aurais aussi aimé des pistes de solution. Je sais, c’est beau de rêver! Encore une fois, on pourrait argumenter que « it’s not about me » et on aurait raison. Sauf qu’une lecture est une rencontre entre un texte et un lecteur. Et c’est probablement pour ça que celle-ci a été faite de hauts et de bas.

Ceci dit, nous avons ici une critique mordante de la société qui permet que les riches deviennent encore plus riches sur le dos des pauvres ainsi que de la complaisance à l’égard des dirigeants. Il y a également une réflexion sur le racisme, l’inégalité des chances et le fameux « diviser pour mieux régner » souvent utilisé par les grands de ce monde pour asseoir leur pouvoir. Et sincèrement, quand on regarde ce qui se passe dans l’actualité, ça fait peur. C’est engagé et sans demi-mesure… et ça a plu à de nombreuses personnes avec qui je partage beaucoup de favoris lecture. Ceci dit, je suis passée à côté. Et j’en suis la première déçue.

Bravoures – Witi Ihimaera

Je n’avais jamais entendu parler de ce roman (pourtant publié ne anglais au début des années 2000) avant que Floris de Flofly en lise la traduction cette année. Thématique queer, auteur Maori, c’était un go direct!

De quoi ça parle

Michael Mahana est homosexuel et Maori. Héritier d’une lignée prestigieuse, son coming out crée un tsunami dans sa famille qui lui indique pas très gentiment la porte. Sauf que son petit ami décide de le quitter et qu’il se retrouve face à lui-même. C’est alors que sa tante le contacte et pour lui raconter l’histoire de son oncle Sam dont la mémoire a été effacée de l’histoire familiale et dont il n’avait jamais entendu le nom.

Mon avis

Quel roman! Ce que j’ai pu aimer!Nous avons donc ici une oeuvre certes engagée, mais aussi très romanesque, avec des personnages émouvants, même s’ils sont parfois au bord du précipice. L’auteur a réussi à traiter de la condition queer, de la culture Maorie, de la guerre du Viet Nam ainsi que des relations compliquées, qu’elles soient familiales ou de couple. Bref, énormément de sujets, mais tous traités avec juste suffisamment de profondeur pour laisser au lecteur le soin de réfléchir par lui-même.

Nous avons certes des causes et des messages importants dans ce roman. Mais ils servent l’histoire et non l’inverse. Nous avons avons une vraie intrigue, avec des personnages complexes, remplis de zones d’ombres. C’est un roman dur et terriblement émouvant, avec un côté romantique… bref, tout ce que j’aime. Les deux histoires en parallèle se répondent à travers le temps et l’histoire de son oncle va permettre à Michael de s’émanciper, de faire entendre sa voix sans plus se cacher. Malgré les drames, il y a aussi de la lumière.

Je me suis attachée à tous les personnages, surtout ceux du passé mais aussi à Michael. L’homophobie de la communauté Maorie n’est pas passée sous silence, la beaucé et la richesse de cette culture est mise de l’avant sans pour autant être dépeinte comme parfaite. Les scènes de guerre sont… oh my… j’avoue avoir versé quelques larmes. Quelle horreur. Quelle cruauté. J’ai aimé revoir certains personnages du passé et comprendre leur évolution malgré leurs blessures et leurs souffrances.

La plume est simple, sans fioriture ni style de folie mais j’étais tellement dans l’histoire que ça ne m’a aucunement dérangée, après quelques petites maladresses de traduction. Oui, je suis allée voir la version anglaise pour vérifier. Call me crazy!

Bref, à tenter pour rager contre le père intolérant et pétri d’orgueil, contre l’ex manipulé et en colère, pour ressentir la peur des soldats et les émois d’un vrai amour, pour se perdre dans les souvenirs de ce qui aurait pu être. Adoré.

La balade funèbre de Hart et Mercy – Megan Bannen

J’ai reçu ce roman dans une box il y a plusieurs mois. Ce n’est que quand je l’ai vu dans plusieurs tops 2024 que j’ai décidé de tenter le coup. Oui, moi qui lis de la Romantasy. Une romantasy very pink indeed. Qui êtes-vous et où avez-vous mis Karine?

De quoi ça parle

Hart est ranger, un homme chargé de tuer un genre de zombies fait d’âmes errantes qui tentent d’occuper les corps de ceux qui viennent de mourir. Mercy est entrepreneuse de pompes funèbres chez Birsall et fils, tenant le fort pour son père, en attendant que son petit frère prenne la relève. Hart et Mercy se détestent.

Tous deux sont profondément seuls. Sans doute est-ce pour ça que lorsque Hart décide d’écrire une lettre « À un ami », elle atterrit chez Mercy…

Mon avis

Difficile pour moi de parler de ce roman de façon constructive. En fait, je n’ai pas grand chose à dire. C’était… pas mal? Oui, je sais, ce n’est pas un billet très constructif. C’est une romance, enemies to lovers, avec un peu de smut, mais assez soft. Ils ont tous deux la trentaine, sont indépendants et gèrent leurs propres blessures, sans pour autant tomber dans le trauma porn. Ça se lit tout seul et si j’ai eu du mal avec la plume au départ, je me suis rapidement habituée. Bref, comme je le disais, pas mal. Et pour moi, c’est déjà bien.

Ce que j’aime, en fantasy, c’est le world building, la mythologie, l’originalité de l’univers. Ici, il y a certes une esquisse de tout ça mais c’est clairement à l’arrière plan. De même, il y a une histoire et des magouilles outre la romance, mais il demeure qu’elle ne sont là que pour servir l’histoire d’amour. Nous avons donc un mélange de western, avec des cowboys tueurs de zombies armés d’arbalètes et de… You’ve got mail? Certaines scènes sont d’ailleurs presque copiées-collées sur celles du célèbre film. Êtes-vous surpris de savoir que ce sont mes préférées du livre? Si vous me connaissez un peu, vous savez certainement que si je ne suis pas fan de romance, les comédies romantiques old school passent parfaitement!

Bien entendu, je pourrais dire que je ne comprends pas vraiment pourquoi ces deux-là se détestent au départ et que certaines réactions me semblent parfois immatures. Je pourrais dire que les surnoms m’ont agacée et que la dernière partie est sirupeuse à souhaits. Mais ce n’est pas non plus catastrophique. J’ai aimé les touches d’humour et apprécié la backstory des personnages qui demeurent crédibles et qui évoluent chacun à leur manière.

Vous vous souvenez ce que j’ai dit au début? Pas mal!

Ce genre de petites choses – Claire Keegan

Ce roman a été très souvent dans les listes des meilleures lectures 2024 des booktubers et bookstagrammeurs. Il n’en fallait pas plus pour que je décide de voir si, moi aussi, je pourrais aimer.

De quoi ça parle

Irlande, 1985. Bill Furlong est marchand de charbon et la période de Noël arrive. Un jour, en allant faire une livraison au couvent local, il voit quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir et il remettra tout en question, passé et présent compris.

Mon avis

Cet ouvrage est en fait une novella, à peine un peu plus de 100 pages. Nous y rencontrons un homme ordinaire, marié, père de 5 enfants. Il vit sans trop se poser de questions dans un village profondément catholique où tout le monde se connaît et où chacun sait rester à sa place. Pourtant, il est né d’une fille-mère ayant été rejetée par sa famille mais dont l’employeuse avait décidé de la garder et de s’occuper d’elle et de son fils. Il n’a jamais connu son père, sa mère n’ayant jamais voulu lui révéler son indentité. Bill aurait pu faire comme tant d’autres et fermer les yeux sur ce qu’il a vu dans ce couvent. Sauf que non. Bill Furlong est un homme droit.

Il est difficile, à la lecture de ce roman, de réaliser que l’histoire se passe dans les années 80. Ce qu’il s’y produit est ma foi trop réel et de tels événements sont réellement arrivés. Que de tels actes aient été commis est un fait bien connu mais la plume de l’autrice réussit à nous en faire ressentir toute l’horreur tout conservant une grande pudeur et en ne tombant jamais dans les détails sordides. C’est bien écrit et on ressent toujours l’ambivalence du personnage principal face à ce qu’il découvre. Il réalise petit à petit que plusieurs savaient.

L’atmosphère de ce petit village irlandais où tout le monde sait, où tout le monde est complice, est parfaitement réussi. Le pouvoir tranquille mais implacable de la religion. Je ne serai pas plus précise sur l’histoire car il s’agit surtout du voyage intérieur d’un homme. Nous comprenons très vite de quoi il s’agit mais là n’est pas l’important. J’ai aimé la note d’espoir, j’ai aimé le réalisme… lun très bon roman.