L’été où tout a fondu – Tiffany McDaniel

J’étais un peu déçue de ne pas avoir aimé plus que ça la précédente suggestion de Corn8lius dans mon challenge « je lis les favoris de… » alors j’ai décidé d’en lire un autre. Illogique, direz-vous. Tsé, fille, t’as pas tant aimé le premier, pourquoi tenter d’en lire un autre? En fait, j’ai quand même des goûts communs avec Cornélius et quand même, c’est Tiffany McDaniel! Il fallait tenter le coup!

De quoi ça parle

Tiffany nous ramène à Breathed, la même petite ville que dans Betty mais cette fois dans les années 80, pendant un été où sévit une terrible vague de chaleur. Suite à une annonce dans le journal mise par son père arrivera chez le narrateur un jeune garçon noir de 13 ans, Sal, qui dit être le diable. Et ce sera l’été où tout basculera.

Mon avis

Ce roman confirme que Tiffany McDaniel est une autrice que je relirai. J’accroche à ses thèmes, à sa plume et à sa façon de créer des personnages, à sa façon d’utiliser les craintes du monde pour nous faire voir à quel point les gens en général ont peur de ce qui est différent, de ce qui leur propose quelque chose de différent. Bref, une très bonne lecture pour moi.

Tout au long de l’histoire, on se questionne. Qui est Sal? Est-il vraiment le diable ou un jeune garçon échappé d’une ferme voisine? Il semble savoir des choses qu’il ne devrait pas savoir, a des réactions particulières. Un peu comme le petit Owen dans « Une prière pour Owen », il va rester mystérieux.

Nous avons donc un endroit où tout le monde se connaît, C’est triste, déchirant et l’autrice a clairement réussi à nous ramener dans les années 1980, le racisme est très présent – et les gens n’en ont même pas honte – l’homophobie est la norme, le crainte du sida plane et personne ne connaît vraiment la maladie. Le contraste entre la petitesse des vues et des préjugés et le côté flamboyant des années 80 est frappant. Le narrateur est Fielding Bliss, qui avait 13 ans au moment des faits qu’il nous raconte, mais qui a 80 ans quand il raconte cette histoire. Il nous parle parfois de façon énigmatique, par métaphores, son regard teinté par la douleur et la nostalgie. La plume est magnifique, passant parfois du réalisme à la poésie, et elle est très évocatrice de cet été caniculaire, où le diable n’est clairement pas celui qui se dit l’être.

Un texte poignant, tragique, où nous voyons les choses venir sans pouvoir rien faire pour les arrêter. La vague de chaleur agit comme catalyseur à toutes les violences possibles. Après tout, il faut bien trouver un coupable.

Bref, unt très bonne lecture.

3 Commentaires

  1. J’avais bien aimé aussi, mais comme pour Betty, l’avalanche des drames qui se cumulent à la fin m’avaient laissé un goût de too much !

  2. J’ignorais l’existence de ce titre, j’avais aimé Betty malgré le malaise omniprésent… Je sens que c’est un peu pareil ici… Je me tâte !

  3. J’hésite à le lire, j’avais tellement aimé Betty.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.