L’odyssée miraculeuse d’Édouard Toulaine – Kate DiCamillo

Odyssée d'edouard toulaineLors de mon passage au stand de Scholastic au salon du livre de Montréal, les deux responsables ne parvenaient pas à s’entendre sur leur préféré.  L’une était amoureuse de celui-ci, l’autre de La quête de Desperaux…  du coup, vous pouvez vous imaginer que je DEVAIS me faire ma propre idée.  Et je dois vous dire que pour battre celui-ci, il va falloir du lourd car il m’a vraiment pris par surprise, ce petit roman.  C’est EXACTEMENT un truc que j’aurais aimé étant petite.  Parfait pour les jeunes lecteurs qui sont « bons lecteurs »  et qui ont de la difficulté à trouver des romans dont les thèmes fittent avec leur âge.

 

Pour ma part, je ne m’attendais à rien.  Je l’ai ouvert à 10h le soir en m’attendant à en lire quelques pages… et je l’ai refermé les yeux dans l’eau… à la fin de l’histoire.   Yep, une grande fille comme moi, pleurer pour une histoire de lapin en porcelaine.  Mais je me suis revue petite fille… et on dirait que je me suis transportée à cette époque pour vivre cette histoire.  Du coup, ça a fonctionné parfaitement.

 

Comme toujours, Kate DiCamillo nous propose un roman de qualité, avec une plume belle et fluide, parfaitement adaptée aux jeunes lecteurs.  On sent qu’elle respecte ceux-ci.  Ils ont à faire leur travail de lecteur dans le roman.  Tout n’est pas offert sur un plateau d’argent.  Tout au long de sa vie, Edouard Toulaine, magnifique lapin de porcelaine vaniteux qui n’en a que pour lui va faire des rencontres et il va apprendre à souffrir et à aimer.  Surtout à aimer.

 

C’est une fort belle histoire, pleine de poésie, qui a un petit côté vintage qui me plaît énormément.  Bref, il va falloir que je lise La quête de Desperaux pour voir qui sort vainqueur de cette bataille de romans!

Bilan – Décembre 2015 – Partie 1

Cette vidéo a été une HORREUR à tourner.  Sérieux, c’était du grand n’importe quoi. J’ai dû m’y prendre 4 fois. Et après, bizarrement, après avoir gossé sur le montage, un ÉNORME blanc de 30 seconde est apparu comme ça, pour rien. Du coup, mes « so witty » commentaires ne fittent même plus.

Bref, la loose.
Mais comme je suis une grosse paresseuse, je ne recommence pas. Et je me demande sérieusement si je vais à nouveau m’infliger ça!

Donc, ces deux dernières semaines, j’ai lu..

Romans
– L’odyssée miraculeuse d’Edouard Toulaine – Kate DiCamillo
– Novembre 9 – Colleen Hoover
– Ma vie est entre tes mains – Suzanne Aubry
Le requiem de Terezin – Josef Bor
Le roi de Kahel – Tierno Monénembo

BD
Le rapport de Brodeck – Manu Larcenet (d’après Claudel)
– Glenn Gould – Une vie à contretemps – Sandrine Revel
– The Undertaker 1 – Meyer/Dorison
– Le maître des livres – tome 1-2 – Umiharu Shinohara

Albums
– Cherche et trouve – Une journée avec Théo – Nancy Delvaulx
– Les aventures de Beekle, l’ami imaginaire – Dan Santat
– Au lit, petit ours – Alison Edgson/Annette Rusling
– Les p’tites poules sur l’île de Toutégratos – Joliibois/Heinrich

 

Je réalise aussi que j’ai oublié de vous parler d’un album super mignon sur les lutins coquins dans ma vidéo.  Mais bon, un billet s’en vient!

 

Prochain bilan dans 2 semaines… et après ben… ON VERRA!

Le roi de Kahel – Tierno Monénembo

Roi de kahelOk.  Je vais commencer par un aveu.  Pour moi, l’Afrique, c’est loin.   Loin et épeurant parce qu’en bonne hypocondriaque, la peur de la malaria m’en a tenue éloignée.  Genre, comme si juste lire à propos de ce continent pouvait me donner la malaria et me rendre malade à vie.  Du coup, je n’y connais strictement rien.  Mais alors, RIEN.    Du coup, non seulement j’ai très peu lu sur ce coin du monde, mais j’ai quand même du mal à me sentir concernée par la littérature qui le concerne.  Je sais, c’est fou, c’est mal.  Mais ceci explique peut-être pourquoi j’ai eu tant de mal à entrer dans cette histoire.  Manque de référents, manque de fascination.  Bref, j’ai bien aimé, tout en me sentant extérieure.

 

C’est donc une biographie romancée d’Aimé Victor Olivier, vicomte de Sandoval (dont je n’avais aucune idée de l’existence… je sais, ça n’aide pas), un Français fasciné par l’Afrique, plus particulièrement le Fouta-Djalon, situé dans l’actuelle Guinée (merci wikipédia), pays des Peuls.  Il souhaite s’y établir et y créer un royaume, pour lui et – accessoirement – pour la France, à une époque où la colonisation allait de bon train.  Il souhaite comprendre plutôt que combattre et c’est son parcours de grand illuminé et de grand incompris que nous allons suivre.  Il va réussir à se faire – en partie – accepter par les Peuls et se faire offrir le plateau de Kahel, mais sera toujours tenu à l’écart et deviendra finalement fort encombrant pour les colons français.

 

On y dresse un portrait tout en teintes de gris d’un homme mû par un rêve, une passion, et des idées assez particulières à la fois sur l’avenir (glaciation!!!) et sur les Africains.  Bien entendu, il faut se replacer dans l’époque mais le peuple Peul y est décrit comme fourbe, traître et surtout profondément libre, malgré les guerres internes et les trahisons fréquentes.  On s’y sent un peu comme dans un conte et j’ai aimé le respect que Sandoval semble éprouver pour les Peuls, que j’ai envie de découvrir davantage (toujours dans les romans, because malaria, you know).

 

Une sortie de ma zone de confort, donc.  Mais une écriture agréable, évocatrice, qui donne envie de voir (dans une bulle anti-maladies) ces magnifiques paysages et de manger des mangues (bien lavées).

 

Lu dans le cadre d’une LC sur l’auteur chez Ys, pour le challenge Lire le monde.

Ys, Claire et Kathel ont lu Le terroriste noir et Valentyne a lu le même titre que moi.

A spool of blue thread – Ann Tyler

Spool of blue threadAvouons-le d’emblée, j’ai lu ce roman car il avait été shortlisté pour le Man Booker Prize.  Et mes attentes étaient … élevées.  Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours l’impression qu’avec ce prix, je vais découvrir des pépites.   J’y ai plutôt trouvé un bon gros roman familial, avec des personnalités fouillées, imparfaites et un regard à fois bienveillant et incisif sur celles-ci.   Mais THE révélation que j’attendais n’est pas venue.  C’était bien.  Ça s’est lu tout seul.   Mais voilà.

 

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, là.  J’ai aimé.  J’ai envie de lire autre chose de l’auteur, ne serait-ce que pour sa plume et la façon qu’elle a de dépeindre des personnages profondément humains, mais aussi parce que j’aime normalement ces récit « de l’ordinaire ».   Mais je vous parle un peu de ce roman-ci.

 

C’est donc l’histoire de la famille Whitshank.  Abby et Red ont trois enfants bien placés dans la vie.  Puis il y a Denny.  Denny qui disparaît sans donner d’adresse, qui met une fille enceinte, puis qui rappelle pour dire qu’il est gay… et qui rappelle plus tard pour dire que non, finalement, il ne l’est pas.  Denny qui vit on ne sait trop comment.

 

J’adore Denny.

Vous imaginez bien!

 

Nous rencontrons donc cette famille pendant un moment.  On vit certaines épreuves avec eux, on voit les parents vieillir, les enfants s’expliquer, évoluer.  Puis, dans une seconde partie, nous nous retrouvons avec Red et Abby, les parents, alors qu’ils étaient jeunes et qu’ils se sont rencontrés.  Puis, finalement, on nous raconte l’histoire des parents de Red.   Si j’ai beaucoup aimé rencontrer Red et Abby ados et jeunes adultes, c’est parce qu’on les connaissait avant.  Qu’on les avait vus avant.  Le retour dans le passé a alors pu faire son travail ; faire changer ma perspective.  Toutefois, il m’a tout de même manqué ce lien préalable avec  les grands parents, Junior et Linnie May, qui occupent la dernière partie du roman.  Si j’ai bien ri à leurs histoires (non mais pauvres d’eux… pauvre Junior surtout.  Il n’a jamais rien vu venir!), j’y étais quand même moins attachée, ce qui a peut-être été ce qui m’a un peu refroidie dans mon appréciation générale.   Certes, il y a des secrets de famille… certes, et je réalise leur ampleur suite à me lecture.  Sauf que sur le coup, il m’ont semblé…limite banals.

 

Par contre, j’ai été limite émotive quand il a été question de la maison, surtout à la fin.  J’ai aimé cette histoire de maison solide, sans chichis, qui a vu passer ces trois générations, comme un observateur qui ne juge jamais et qui ne dit mot.  Et j’ai vraiment ri à l’histoire de la balançoire.  Pauvre, mais pauvre Junior!

 

Un roman que j’aurais pu davantage aimé…. si ça n’avait été de ce prix.  Peut-être vos attentes seront-elles plus réalistes… et tomberez-vous en amour!  Sait-on jamais.

Si vous aviez un autre roman de l’auteur à me conseiller… ce serait quoi?

Le rapport de Brodeck – 1 – L’autre – Manu Larcenet

rapport de brodeck BDQuelle merveille que cette BD.  Quelle force.  Quelle noirceur.  Cette interprétation BD du Rapport de Brodeck (de Philippe Claudel) est tout simplement magistrale.  C’est simple, je pense que cette version me touche davantage, m’imprègne encore plus que l’oeuvre originale.  C’est mal hein!  Mais la combinaison des dessins et l’économie de mots m’a vraiment interpellée.

 

Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien.

 

C’est le début du roman.  Le début de la BD aussi.  Brodeck sera le scribe.  Celui qui expliquera le pourquoi.  Qui justifiera l’injustifiable.  L’atmosphère est à couper au couteau et ce petit village à flancs de montagne qui n’est jamais nommé pourrait se situer n’importe où.  Brodeck écrira donc deux versions.  L’officielle et celle qu’il nous livre ici, avec ses impressions, avec ce qui s’est réellement passé.

 

Brodeck a survécu à l’indicible.  Il revenu de là où on ne revient pas.  Il est persuadé d’avoir perdu toute son humanité.   Ceci nous est démontré en quelques planches seulement, mais avec quelle force.   Le dessin est somptueux et maîtrisé, à la fois dans ces gueules terriblement expressives et dans cette nature fugitive, fluide, mais terriblement oppressante à la fois.

 

La maîtrise du noir et blanc est carrément virtuose et le rendu… somptueux.  Je n’ai pas d’autre mot.  Il est officiel que le second opus de ce dyptique rejoindra ma bibliothèque dès sa parution.  C’est le genre d’ouvrage que l’on veut posséder.

 

Superbe.

 

C’était donc ma BD de la semaine.  Et c’est « je ne sais plus qui ».. insérer le nom quand je saurai qui nous accueille cette semaine.

Edit:  C’est chez Noukette!!!  Un jour, je vais comprendre!

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BD-de-la-semaine

 

Les sangs – Audrée Wilhelmy

Les sangsCe roman, je ne le connaissais pas du tout.  Je voyais que l’auteur était invitée d’honneur au salon du livre, mais c’est quand Marie-Noëlle Gagnon, l’auteur de « Le grand galop« , me l’a chaudement recommandé et qui m’a convaincue d’aller le chercher.  Elle m’a parlé de Barbe-Bleue revisité, d’une écriture précise et d’une atmosphère envoûtante et malsaine à la fois (bon, elle l’a dit mieux que ça, mais on va résumer ça comme ça).

 

Dans ce roman, Wilhelmy donne la parole aux sept femmes de Féléor Barthelemy Rü, l’Ogre.   Chacune d’elles laissera un journal.  Elles viennent toutes de milieux différents, n’attendent pas la même chose de Féléor mais à travers leurs écrits à elle (ainsi que ses commentaires post-mortem à lui), nous entreverrons l’évolution du jeune garçon qui deviendra cette légende qui fascine et répugne à la fois.   J’ai pour ma part été accrochée dès la première voix, qui donne le ton au personnage et à la suite.  Du coup, j’ai tout de suit été totalement immergée dans cet univers dérangeant, parfois pervers, souvent sensuel, qui tend vers la folie.

 

Tenez-vous le pour dit; ce n’est pas pour tout le monde.  Il y a des passages qui m’ont laissée perplexe (je n’ai aucun goût pour les festins à base de sécrétions corporelles… ouais, je suis coincée comme ça) mais j’ai beaucoup aimé et l’atmosphère hors du temps  m’a envoûtée.   Entre désirs de vie, de sang, de sexe et de mort, les relations s’établissent et façonnent le personnage de Féléor, fil rouge qui relie les différents récits entre eux.   Désir de souffrir, de mourir par amour?  De faire de sa vie un roman?   De choisir sa douleur, de dominer son corps?  Le tout s’entremêle et donne un récit déstabilisant, qui dérange.

 

Un récit violent, certes, mais que j’ai lu en apnée, en me demandant du début à la fin qui avait façonné qui.  Une écriture ciselée, précise, que j’ai aimé découvrir.  Plus, beaucoup plus, qu’une simple réécriture.  Du coup, je lirai certainement son premier roman, Oss.

 

Et comme il y a un vague lien avec Barbe Bleue, il fera partie de mon challenge Cold Winter!

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Pas pleurer – Lydie Salvayre

pas pleurerDisons-le d’emblée, je suis une grande inculte pour tout ce qui concerne la guerre d’Espagne.   Je connais la base de la prise de pouvoir de Franco, je sais qu’il y a eu des horreurs, mais ça se limite pas mal à ça. Du coup, j’ai eu un réel coup de poing avec ce roman.  J’ai accroché tout de suite à la plume, à l’histoire, aux personnages.  J’ai adhéré à la narration, au personnage de Montse, qui n’a comme seul souvenir que cet été 1936 où elle vivait intensément et où l’espoir et l’exaltation l’ont portée à bout de bras.

 

Ce roman est basé sur la vie de l’auteur, ou plutôt sur la vie de la mère de l’auteur, Montse.  Elle est maintenant âgée et a tout oublié, sauf cet été-là.   Entre la narration au présent, une discussion entre Lydie et sa mère,  les retours dans le passé, où nous rencontrerons la jeune Montse et les réflexions de Bernanos  dans « Les grands cimetières sous la lune ».   On a droit à une vision de cette période vue par les yeux d’une adolescente qui, à la suite de son grand frère José, embrasse l’idéologie libertaire.   Pourtant, elle est pauvre.  Une mauvaise pauvre, dans son petite village, où se côtoient nationalistes, socialistes et anarchistes.    Quand c’est tout petit, quand les mouvements ont leur propre visage, ça clashe, of course.

 

J’essaie de structurer un article pour expliquer pourquoi j’ai aimé et je n’y arrive pas.  J’ai aimé l’hommage à la mère, la langue, entre français et espagnol, que celle-ci utilise.  J’ai aimé la relation entre la fille et la mère, la flamboyance des souvenirs.  J’ai aimé voir l’évolution des pensées de chacune des factions,  les désillusions, les grandes joies.  J’ai frémi à l’évocation des horreurs perpétrées par Franco et eu beaucoup, beaucoup de peine à la fin du roman, avec tout ce que ça implique de deuils et de déracinement.

 

Une lecture que je ne pensais pas aimer autant.  Du coup, je vais chercher autre chose de Lydie Salvayre, dont j’ai vraiment apprécié la plume.

Le monde des lutins coquins – Dominique de Lippenoud/Amélie Dubois

monde des lutins coquinsDepuis quelques années, on a vu réapparaître les « lutins de maison », aussi appelés lutins coquins.  Vous savez, ces petites bestioles qu’il faut attraper avec des pièges sophistiqués, qui aiment le chocolat, qui font la fiesta la nuit et se figent à la tombée du jour?   Ces petites choses qui font la joie des enfants mais qui causent bien des casse-tête aux parents le soir venu car ils se demandent « mais qu’est-ce que le lutin va encore faire cette nuit? »  Ben quoi… ils ne savent jamais dans quel état va être leur maison le lendemain, n’est-ce pas!

 

Cet album m’a fait rire toute seule, j’avoue.  C’est un guide à l’intention des lutins qui voudraient devenir lutins de maison.   C’est que c’est une profession, avec une académie, des cours, et tout!  Créé pour faire rire les enfants et les parents, il se veut « informatif », apprend aux petits la différence entre les vrais lutins et les « lutins de magasin » qui sont tout pareils… mais qui ne font pas de coups la nuit.  On donne aussi aux futurs lutins des idées de blagues, le tout bien enveloppé avec des petites portes à ouvrir et des illustrations mignonnes comme tout (la couverture est ma foi très représentative).   Les enfants y découvriront donc l’académie, les différents lutins, leurs habits, leurs habitudes… chouette!

 

L’angle est intéressant, c’est fait pour intéresser les enfants, faire rire les parents… et éduquer un peu les vilains lutins qui auraient eu l’idée folle d’utiliser des trucs indélébiles sur les visages des enfants… ou sur les murs.  C’est bien fait, solide, et ça fait vivre la magie de Noël.

 

Et ce sont mes neveux qui vont le recevoir pour Noël!  Question de se préparer pour l’an prochain!  Lucky guys!

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Quand le père Noël était petit – Linda Bailey/Geneviève Godbout

Père NoëlJe me suis permis de lire cet album en novembre parce que Geneviève Godbout, l’illustratrice, est née ici.  Et bon, en plus, il était vraiment trop mignon.  Je ne résiste jamais aux albums! C’est donc un bel album cartonné rempli d’illustrations douces et joufflues.  Oui, je sais, c’est étrange, des illustrations joufflues.  Mais c’est carrément le seul mot qui me vient en tête.   Les personnages ont les joues rebondies, des petits nez rouges et les tons sont très « Christmassy ».   Parfait pour cette période, donc!

 

Le petit Noël est né fort dodu et au lieu de gazouiller, il y allait de tonitruants Ho Ho Ho.  Il aimait davantage donner des cadeaux que d’en recevoir, aimait bien les cheminées et ne voulait que le pyjama rouge.  Mais quel métier va-t-il bien faire plus tard?

 

Quel album original!  Et ce n’est pas évident, un album de Noël un peu différent!   Et cet album pas comme les autres est ma foi fort réussi.  Il permet d’exploiter de façon autre les habitudes du père Noël et j’ai adoré faire le lien avec ce qu’il va devenir plus tard avec les petits, qui trouvent tout de suite et qui se prennent pour de vrais détectives.  C’est super mignon de les voir tout fiers d’eux!

 

Il y a surtout un message fort intéressant derrière, à savoir que même si les enfants sont différents, particuliers, il y a de la place pour eux quelque part et ils peuvent faire des choses géniales.  Et moi qui travaille avec les petits qui ont des particularités, j’adore ce genre d’album, avec une jolie morale pas trop martelée et un contenu accessible pour les petits.

 

Un album qui plaira aux petits… et aux grands!

Cute comme tout!

Le requiem de Terezin – Josef Bor

Requiem de TerezinC’est avec ce billet que j’inaugure ma participation au challenge « Lire le monde » d’Ys.   Découvrir de nouveaux auteurs et de nouveaux coins du monde, forcément, c’est tentant, n’est-ce pas!

 

J’avais ce roman depuis des années.  Genre, en 2008, quand Laure me l’avait offert,  dans les premières années du blog.  J’ai eu une période « lisons sur l’holocauste » et le mot « requiem » m’avait attirée.   Et « petite anecdote » de lecture… on m’a demandé DEUX fois quel compositeur était ce Terezin dans les deux jours qu’aura duré ma lecture.  J’avoue que la première fois, je suis restée bête!

 

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce récit est celui de Rafaël Schächter, chef d’orchestre à Terezin, qui se met en tête de monter le Requiem de Verdi dans ce ghetto, alors que tous savent très bien qu’il n’est qu’une antichambre de la mort.   Schachter a une idée fixe et concentre toutes ses énergies sur son requiem, qui souhaite revisiter, par lequel il tente de chanter ce que son peuple ne peut pas dire autrement.   Josef Bor, qui a lui-même connu les camps, ne nous montre pas le quotidien, la souffrance et l’horreur.  Du moins, pas directement.  On sent leur présence, loin, derrière.  Les chanteurs et musiciens disparaissent, mais le tout nous est présentée de façon assez froide et détachée, comme si les personnages vivaient dans une brume, celle de leur projet qui leur donne un (faux) espoir d’être sauvé.

 

J’avoue que pour moi, l’émotion est venue après la lecture.  La dernière partie, celle où le Requiem est finalement joué, dans des conditions assez terribles, est la seule qui m’ait réellement émue sur le coup et j’y ai ressenti avec force le désespoir et l’interprétation qui est faite de ces chants catholiques par un peuple qui a vécu l’horreur, qui s’en va à la mort et qui le sait.  Requiem pour eux-mêmes.  Et en lisant cette finale, la « petite » cruauté, celle qui était quotidienne, nous saute en pleine face.

 

Un texte davantage centré sur la musique, sur la création de l’oeuvre, ainsi que sur le personnage de Shachter qui n’est pas toujours sympathique (en fait, il ne l’est pas vraiment et ce doit être l’être qui m’a le moins émue dans l’histoire) et dont les réflexions dérangent assez fortement parfois.  Je crois que vous serez davantage ému si vous connaissez un peu le Requiem car le début et le traitement peuvent laisser le lecteur à distance.

 

Je me demande bien ce que Ys a bien pu en penser!

C’était donc ma lecture pour la République Tchèque pour Lire le monde!

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