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Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal

Le comment du pourquoi

Je ne sais pas pourquoi j’ai pris ce livre. Probablement parce qu’ils l’avaient en audio à la bibliothèque et que je gardais un très bon souvenir de « Réparer les vivants« . Bref, j’ai fini par le lire.

De quoi ça parle

Paula, Kate et Jonas ont été ensemble à l’école des faussaires. Ils ont appris à imiter des marbres, des bois. Quelques années plus tard, ils sont toujours en contact. C’est le parcours de Paula que nous allons suivre, celle qui est arrivée là un peu par hasard. Et là, il manque une phrase pour conclure ce paragraphe, mais je ne sais absolument pas quoi dire d’autre. Alors on va arrêter ça là!

Mon avis

La rencontre entre ce roman et moi a été… étrange. Il faut savoir que je suis très sensible à la plume et à la sensibilité de Maylis de Kérangal. Ses phrases longues, parfois hachées me touchent à chaque fois. Elle pourrait me parler d’à peu près n’importe quoi et j’aimerais. J’ai écouté celui-ci en audio et avec moi, ça passe à chaque fois. J’ai toujours l’impression de surfer sur une vague. C’est ce qui était arrivé avec « Réparer les vivants ».

Ici pourtant, mon appréciation a été en dents de scie. Si j’ai aimé l’écriture tout au long de l’histoire, j’ai eu du mal à bien saisir le fil du récit. Nous suivons Kate, son parcours à Bruxelles sur la rue du Métal où elle apprend le trompe l’oeil, ses chantiers, pour terminer à Lascaux 4. Et… c’est ça. Quand le roman a fini, j’ai cru qu’il en manquait un bout. J’aurais eu besoin d’une intrigue un peu plus resserrée, plus claire, pour accrocher totalement.

Certains ont reproché l’abondance de détails techniques sur la peinture, la géologie ou Lascaux. Pour ma part, ces parties m’ont plu, le rythme de la narration m’emportant avec lui. J’ai visité Lascaux 4 et j’ai bien aimé y retourner, même si c’est la partie qui est, selon moi, la plus étrangement construite. Lors de ma visite, je me suis imaginé les artistes du temps, dans le noir, en train de peindre et j’ai pu retrouver cette impression par moments. Je ne sais pas si j’aurais par contre autant apprécié.

Les personnages m’ont beaucoup plu et m’ont semblé très réels, même s’ils sont vus par les yeux de Paula, avec la sensibilité de Paula, et restent donc mystérieux. Un récit inégal (par exemple, la partie sur la Cinecitta m’a moins intéressée), étrangement construit… mais que c’est bien écrit!

Delacroix – Alexandre Dumas / Catherine Meurisse

Le comment du pourquoi

Non mais cette couverture! Et c’est Delacroix. Donc c’est officiel que j’allais le lire!

De quoi ça parle

Alexandre Dumas a bien connu Eugène Delacroix. Du coup, il a écrit ce texte pour parler de lui et de son oeuvre, très controversée à l’époque. Catherine Meurisse en profite pour réinterpréter ses tableaux, illustrer le propos et ainsi nous permettre de découvrir le peintre.

Mon avis

Delacroix n’est pas le peintre que je connais le plus. Je connais la liberté guidant le peuple (of course), les femmes d’Alger, l’orpheline (il manque un bout de titre, je pense)et La mort de Sardanapale mais j’ai beaucoup aimé lire à son sujet, surtout de la plume de Dumas. Bon, on est loin de sa verve habituelle, mais quand même, c’est Dumas. C’est intéressant de voir l’époque se recréer, avec ses salons, ses controverses et ses grands pontes artistiques.

J’ai beaucoup aimé les tableaux réinterprétés pas Catherine Meurisse. C’est hyper différent en terme de style, mais on réussit à ressentir l’esprit de Delacroix, avec son usage de la couleur qui nous fait vibrer malgré nous. Les illustrations ont parfois un petit côté humoristique et nous amènent au 19e, avec l’atmosphère du milieu artistique de l’époque. Et ça c’est cool.

C’est aussi une histoire d’amitié, il y a de l’admiration malgré un regard lucide sur l’oeuvre de Delacroix. Un beau mélange entre la critique et l’admiration et une façon de découvrir à la fois l’homme et le peintre.

Beau et instructif. À tenter donc!

C’était ma BD de la semaine. Tous les liens chez Stephie!

Le silence de la mer – Vercors

Le comment du pourquoi

On m’a offert la version audio de ce recueil de nouvelles (en fait, pas tout à fait celui-là… ma version contient 6 nouvelles) et en plus, il fait partie d’une liste de « livres à avoir lus ». J’ai déjà dit que j’aimais les listes hein? TOUTES les listes! Bref, je l’ai audio-lu… et il m’a virée de bord.

De quoi ça parle

D’abord, mise en contexte. Le silence de la mer a été écrit pas Jean Bruller, sous le pseudonyme de Vercors, aux éditions de Minuit. C’était la guerre, il était résistant. Toutes les nouvelles traitent certes de la guerre, mais surtout de la perte des illusions par rapport à celle-ci.

Mon avis

Je m’attendais à rien en écoutant Vercors. Je ne savais pas qui il était, je ne savait pas dans quel contexte j’allais me plonger. J’ai déjà beaucoup lu sur la 2e guerre mondiale mais bizarrement, c’est l’une des première fois que je lis une oeuvre qui a été écrite PENDANT la guerre, alors que les gens comprenaient petit à petit ce qui se passait. Je crois que c’est ce qui m’a tant touchée. Vercors a su toucher LE moment où le regard change, où la désillusion frappe de plein fouet. C’est d’ailleurs le point commun de toutes les nouvelles.

Chacun des textes du recueil est différent, tant par le style que par la longueur et la construction. La nouvelle titre, la plus connue, nous fait entrer dans une maison où doit loger un lieutenant allemand idéaliste et cultivé et qui doit faire face au silence obstiné du propriétaire et de sa nièce. C’est incroyablement fort et on y étudie la relation avec l’occupant, quand on a pas le choix et qu’on choisit de résister comme on peut : par le silence. « L’imprimerie de Verdun » nous fait rencontrer un personnage qui admire Pétain mais qui aime bien son employé juif tandis que « Ce jour-là » raconte une journée dans la vie d’un jeune enfant dont les parents sont résistants, alors qu’ils sentent que ça va mal tourner.

J’ai un peu moins accroché avec le début de « La marche à l’étoile », nouvelle préférée de l’auteur car inspirée d’une personne connue de lui. La fin est poignante mais ça prend un moment avant d’en arriver là.

Quand on lit ces nouvelles et qu’on sait à quel moment elles ont été écrites, on réalise que certaines personnes savaient très tôt ce qui se passait vraiment. On sent que l’auteur ne connaît pas vraiment la fin de l’histoire et il y a clairement une volonté de dénoncer, de faire comprendre ce qui était en train d’arriver au monde. Si Vercors se considérait d’abord comme un illustrateur, sa plume directe et belle à la fois m’a beaucoup touchée. Les personnages m’ont émue et certains moments clé, lorsque tout bascule, sont particulièrement poignants.

À découvrir!

La voie des roses (Les pierres et les roses #2) – Elisabeth Vonarburg

Le comment du pourquoi

Comment ne pas vouloir enchaîner sur la suite après avoir fini le premier tome? Les personnages sont VIVANTS dans ma tête, je ne pouvais pas les abandonner!

De quoi ça parle

Je vous invite à aller lire mon billet sur le tome 1 pour bien comprendre (ou pas… on connaît ma précision légendaire) de quoi il s’agit. Mais je vous dirai simplement que nous nous trouvons dans un univers fantasy, au 12e siècle, dans un monde qui ressemble au nôtre… mais pas vraiment, en fait. Dans ce deuxième tome, plusieurs personnages sont sur la voie. La voie des roses ou une autre voie. Je ne vous dirai pas lesquels pour ne pas vous spoiler mais il le récit s’éclate et nous suivons trois trames principales, dont celle d’Arwen, toujours assez mystérieuse. Ouais, je suis d’une précision extraordinaire, je sais!

Mon avis

Allez, c’est parti pour un avis floutissime, pour ne pas gâcher la lecture de qui que ce soit. J’avoue avoir une petite préférence pour le tome 1 car certains personnages me manquent un peu et que leurs interactions me plaisaient beaucoup. Toutefois, on apprend à connaître davantage certains personnages, à mieux les comprendre et à nouer quelques fils ici et là. L’un de ces noeuds m’a vraiment surprise (fait rarissime) mais ça se tient super bien et plus le roman avance, plus ça devient intéressant.

ATTENTION SPOILERS SUR LE PREMIER TOME

En fait, juste de dire de qui ça parle spoile sur le premier tome, étant donné la fin de celui-ci. Nous avons donc trois récits parallèles : Briann et Guillem, Rébecca et Arwen, la fameuse dame du premier siècle. Briann est parti sur les routes, tentant d’oublier son passé et de se pardonner à lui-même. Rébecca poursuit son rêve et Arwen essaie de comprendre qui elle est et qu’est-ce que ce fameux pouvoir… ces fameux pouvoirs, devrais-je dire. Nous sommes sur les routes, on y croise des personnages hyper intéressants (que j’espère bien revoir d’ailleurs) et cette ambiance à la Vonarburg est toujours omniprésente. Il faut aimer les récits lents, introspectifs, mais pour ma part, c’est tout ce qui me plait en fantasy. Ces personnages existent vraiment pour moi, je suis hyper attachée, étrangement. J’aime découvrir leurs mystères, leurs secrets, leurs fêlures et leurs dilemnes. J’aime qu’ils se trahissent eux-mêmes, qu’ils croient vouloir quelque chose et finalement, font totalement le contraire. C’est profondément humain et c’est un aspect qui me rejoint toujours dans les romans.

On retrouve encore un côté féministe, la discussion sur les religions et les guerres (« justes » ou non) est pertinente. L’écriture de Vonarburg est évocatrice et je suis fan, comme toujours. La trame d’Arwen me passionne un peu moins, mais je comprends pourquoi elle y est… à voir pour la suite où ça va nous mener!

Pour bientôt, j’imagine!

Le château dans les étoiles – #2 – Alex Alice

Le comment du pourquoi

Parce que j’avais hâte de connaître la suite… et ai-je besoin de rappeler que c’est la faute de Mylène?

De quoi ça parle

Dans ce deuxième tome, on retrouve nos héros juste après la fin explosive du tome 1, que j’avais adoré. Mise en contexte : 1869, la Bavière, atmosphère steampunk et exploration de l’espace. Nous sommes donc dans le fameux vaisseau à l’éther, parti un peu n’importe comment, avec une équipe qui n’en demandait pas tant. Et sait-on jamais, va-t-on découvrir ce qui se passe sur la face cachée de la lune?

Mon avis – ATTENTION SPOILERS

Encore un second tome du tonnerre, plein d’action et d’aventures. Total changement d’ambiance vu que de la Bavière, nous passons à l’aéronef à l’éther… et à la lune. Le groupe de personnage tente de survivre alors qu’ils ne sont pas vraiment préparés à ce qui les attend… et chacun semble avoir son propre agenda quant à ce voyage. Découvrir leurs motivations et observer leurs réactions reste hyper intéressant, entre le fameux roi Ludwig 2 de Bavière, Séraphin, notre personnage principal qui voudrait retrouver sa mère, son père ingénieur ainsi que Hans et Sophie, on a le choix!

Encore une fois, nous avons un rythme rapide, des péripéties qui s’enchaînent, toujours dans un décor fascinant. Encore une fois dans les tons pastel, surtout des bleus, chaque case regorge de détails et d’inventivité. On peut facilement se perdre dedans, croyez-moi! Le trait me plait énormément et l’immensité de l’endroit où il atterissent est palpable. On comprend d’où vient le titre et ça fait rêver. Que de mystères à découvrir encore! Et de complots à détourner!

En bref, un deuxième tome hyper réussi, tout plein d’aventures, qui peuvent plaire aux petits commes aux grands!

C’était ma BD de la semaine

Les oubliés du dimanche – Valérie Perrin

Le comment du pourquoi

Simplement parce qu’il était en audio à ma bibliothèque. Des fois, vraiment, cette section du billet est inutilissime!

De quoi ça parle

Justine a 21 ans. Elle travaille dans une maison pour personnes âgées et prend vraiment plaisir à écouter les histoires de celles-ci. Sa vie, ce sont ses « vieux ». Elle habite avec son pépé, sa mémé et son frère-cousin Jules car leurs parents sont décédés dans un accident de voiture il y a des années. Alors qu’elle raconte l’histoire d’Hélène, résidente de 92 ans, à son petits fils parfait, une personne semble prendre plaisir à faire un vilain coup aux familles des « oubliés du dimanche », ceux qui n’ont jamais de visite…

Mon avis

Vous savez le genre de roman touchant, plein de bons sentiments, un peu trop sucré par moments, pas toujours crédible mais dont les pages se tournent toutes seules? Ben voilà, c’est tout à fait ce genre d’ouvrage. J’ai passé un bon moment, j’ai parfois eu les yeux humides (les histoires de personnes âgées m’émeuvent toujours énormément) mais je ne sais pas si je m’en souviendrai longtemps. Et bon, avouons-le tout de suite, ce n’est pas le style d’écriture que je préfère.

Justine est une jeune fille qui vit un peu par procuration et qui a besoin de comprendre son propre passé pour avancer. Entre son boulot d’aide soignante et ses nuits endiablées suivies d’aventures éphémères, elle chouchoute son cousin Jules et continue sa petite vie, dans son petit village du centre de la France. Elle n’a jamais connu l’amour « pour vrai » et préfère le rêver.

L’histoire qu’elle nous raconte est celle d’Hélène, qui n’a jamais appris à lire et qui le vit très difficilement. Nous la rencontrons enfant, nous la suivrons ado, puis adulte, pendant une bonne partie du 20e siècle. Dans sa maison de retraite, elle se croit sur une plage et elle se souvient de Lucien, elle raconte Lucien, son grand amour. Leur histoire est très belle, un peu tirée par les cheveux mais réussit à nous émouvoir.

La partie présent m’a moins passionnée, même si certains aspects sont bien construits. La réflexion sur les personnes âgées délaissées, la vision un peu idéalisée, certes, mais pas trop, l’humour avec lequel Justine choisit de voir les choses. On voit venir le mystère du fameux « corbeau », j’ai été agréablement surprise par les aspects « romance », qui sont, pour une fois, allés où je le voulais.

Toutefois, l’aspect « dyslexie/trouble de lecture » a manqué de crédibilité et aurait mérité davantage de recherches préalables (vous la voyez venir, là, l’orthophoniste râleuse?). Il y a quand même des pas pires incohérences et on va dire que ça passe parce qu’une partie de l’histoire se passe il y a longtemps… mais bon, disons que j’aimerais bien comprendre quel type de profil cognitivo-langagier peut mener à ce genre de manifestations, aussi sévères… et avec ces autres forces! Bref, ouais!

Si vous aimez les histoires avec des personnes âgées, je suis pas mal certaine que ça peut vous plaire. L’écriture n’est pas à tomber mais ça se lit tout seul et on passe un bon moment. J’ai tout de même préféré « Changer l’eau des fleurs », de la même autrice… dont, je le réalise, j’ai oublié de parler ici!

Comme je le disais… on en reparlera dans quelques mois, pour savoir si je m’en souviens toujours!

Ici n’est plus ici (There, there) – Tommy Orange

Le comment du pourquoi

J’ai lu beaucoup de littéature autochtone québécoise ou canadienne, mais très peu de littérature autochtone américaine. Du coup, j’avais lu de bons avis et Michel Jean l’avait proposé… et j’ai osé m’aventurer dans ce roman choral qui s’articule autour du grand Pow Wow d’Oakland.

De quoi ça parle

Ici n’est plus ici nous raconte l’histoire des autochtones urbains, des Indiens, comme ils se nomment eux-mêmes. Nous rencontrons une quinzaine de personnages, tous issus des premières nations. Chacun a son histoire, son passé, son bagage, et chacun s’interroge sur son identité. Mais surtout, chacun tente de survivre, souvent en se noyant dans l’alcool. Leurs destins vont se croiser pendant le grand Pow Wow d’Oakland, qui se veut une occasion de célébrer leur héritage.

Mon avis

Quand j’ai refermé ce roman, j’ai eu besoin d’en parler. Là, maintenant, tout de suite. J’ai eu besoin d’en parler parce que j’étais à bout de souffle, complètement prise au trippes mais aussi profondément découragée quant à l’avenir. Je sais bien que ce n’est pas à moi en tant que Blanche de vouloir trouver des solutions pour améliorer les choses et que la solution ne peut pas venir de moi, mais la blessure de ces peuples est tellement profonde quant au territoire, à ce qui a été enlevé, que je vois difficilement comment le processus de guérison peut s’amorcer. J’en suis sortie abasourdie, écrasée par le poids de ce passé, et avec l’impression que la seule chose que les blancs pourraient faire ce serait de retourner dans le temps ou alors de ficher le camp. Bref…

Je sais que ça n’a pas fonctionné pour tout le monde, mais j’ai trouvé virtuose la façon qu’à l’auteur de faire vivre devant nos yeux, à travers quelques facettes d’une quinzaine de personnages, toute une communauté urbaine, très variée, très diverses. Il y a beaucoup d’abus d’alcool, certes, beaucoup de détresse aussi. Mais chacun a son histoire et une voix qui lui est propre. Certains sont nés de familles dysfonctionnelles, d’autres de parents ou de gardiens aimants. Certains sont éduqués, d’autres n’ont pas pu. Certains embrassent leur identité « indienne » (c’est le terme utilisé en anglais alors j’ai eu mal à changer pour la chronique) tandis que d’autres se cherchent davantage. Certaines parties font froid dans le dos et malgré le côté décousu, le portrait dressé a été pour moi un véritable coup de poing.

Certaines histoires m’ont plus touchée que d’autres. Celle de Jackie et d’Opale, ou encore ce jeune danseur qui veut voir son premier powwow ou Blue, élevée dans une famille blanche mais retournée vers ses racines. Il y a beaucoup de colère, de désespoir, mais on sent venir la résilience aussi. J’ai aimé découvrir les liens entre les histoires, été choquée par le racisme et la violence, eu la coeur brisé une fois ou deux.

Un roman qui s’éloigne des clichés, profondément urbain, parce qu’être autochtone, ça ne veut pas juste dire « grands espaces » et réserves. Une chose est certaine, c’est officiel que je relirai Tommy Orange, avec sa couleur en guise de nom de famille.

Ma participation au mois américain 2020

Le garçon sorcière – Molly Knox Ostertag

Le comment du pourquoi

J’ai ce roman dans ma pile depuis… un bon moment (merci Scholastic) mais il traînait dans ma pile… comme souvent. Et si je l’ai sorti cette fin de semaine en particulier, c’est qu’avec le week end sans signet, il y avait un thème « un roman avec un blurb »… et celui-ci en avait un. Et j’ai drôlement bien fait de le sortir de là!

De quoi ça parle

Dans cette BD jeunesse, nous rencontrons Aster, un adolescent qui vient d’une famille assez particulière. Chez lui, toutes les femmes sont des sorcières et les hommes sont des métamorphes. Il vit dans la forêt avec sa famille élargie, protégé par des frontières pour repousser les démons que les hommes chassent. Sauf que Aster, lui, ce qui l’intéresse, ce sont les enchantements et les incantations des sorcières…

Mon avis

Cette bande dessinée, qui parle d’acceptation de soi et de différence, est hy-per bien faite. C’est hyper inclusif, et à travers cette fable s’ouvre une vraie fenêre pour discuter des différences quelles qu’elles soient. En effet, avec certains jeunes, aborder les sujets sensibles peuvent les faire se refermer assez rapidement tandis qu’ici, on parle de magie, de métamorphose… ça peut passer plus facilement.

J’ai beaucoup aimé cette BD, cette famille aimante qui EST différente mais qui est tout de même emprisonnée dans ses carcans et ses traditions. De plus, il y a un secret de famille, un ancien – un homme – qui a tenté de faire de la magie et qui a fort mal tourné. Du coup, quand Aster présente les même signes, on a peur. Très peur. Et on voudrait VRAIMENT qu’il s’intéresse à la métamorphose et à la chasse aux démons.

Aster va tenter tout de même de suivre ses rêves, va briser certaines règles, devenir ami avec une humaine « normale », et utiliser ses forces. Son cousin, métamorphe a disparu et toute la tribu est mobilisée pour le retrouver, sans succès. Comment va-t-il pouvoir aider?

Le graphisme n’est pas ce que je préfère de prime abord mais il est simple, coloré, très attrayant et adapté au public cible. Je conseille donc, pour tous les gens qui ont besoin d’un petit rappel pour suivre leur voie à eux. Vous auriez deviné, n’est-ce pas!

C’était ma BD de la semaine!

Chez Moka cette semaine!

Le problème à trois corps – Liu Cixin

Le comment du pourquoi

J’avais une folle envie de SF. Genre de la SF avec ben de la science dedans et j’avais entendu parler de cette série de roman je ne sais plus où mais l’idéede science fiction ayant pour point de départ la révolution culturelle et la Chine communiste, allez savoir pourquoi, ça me parlait.

De quoi ça parle

Chine, révolution culturelle. Ye Wenjie est témoin du jugement de son père. Et comme elle est éduquée, elle sera envoyée en rééducation. C’est là qu’elle sera amenée à Côte Rouge, une base secrète.

Plus tard, Wang Miao, physicien en physique appliquée et travaillant sur les nanomatériaux est soudain témoin de phénomènes qui semblent paranormaux, en même temps qu’une vague de suicides semble prendre d’assaut le monde de la science. Entre messages et apparitions étranges, la rationnalité semble en prendre un coup.

Mon avis

Premier avertissement: si vous avez la même édition que moi NE LISEZ PAS LA 4e DE COUVERTURE! C’est tellement bien d’entrer dans ce roman sans savoir de quoi il est question et de le découvrir petit à petit, avec les personnages. Et croyez-moi, c’est tout un périple.

Deuxième avertissement: C’est de la science-fiction adulte. Genre, Hard Sci-Fi avec l’accent sur le mot « Science ». Je ne suis pas certaine d’avoir tout compris les implications scientifiques (et je ne pourrais pas dire non plus si c’est réaliste) mais j’ai choisi de me laisser porter. Il n’y a rien de léger là-dedans.

Bon, une fois tous ces avertissements passés, sachez que j’ai a-do-ré. Ce truc est malade. Mindblowing. Entre les allers-retours passé-présent, les manifestations complètement inexplicables et un mystérieux jeu vidéo qui fascine les scientifiques, nous pouvons nous permettre de spéculer à souhaits. Et non, je ne vous donnerai pas les thèmes principaux. Vous verrez.

Ce n’est pas une intrigue rapide, certes. Pour ma part, j’ai été captivée. J’en ai rêvé. C’était angoissant, prenant et même si les personnages ne sont pas hyper étoffés, vu que nous les connaissons surtout en rapport avec l’histoire et que leur backstory est assez peu développée, j’ai ressenti leur désarroi. À quoi tient la science? L’humanité? Bref, c’était génialissime, et avec des personnages principaux chinois, qui ont vécu pendant ou après cette révolution culturelle où l’individualité était brimée et où les libertés individuelles n’existaient plus, à moins qu’elles cadrent avec l’idéologie de la dite révolution. Ceux-ci restent insaisissables et modelés dans une culture dont je n’ai eu qu’un bref aperçu il y a quelques années. Et croyez-moi, la façon de penser est différente.

Je lirai bientôt le tome 2, avec Miss Léo et j’ai déjà hâte de voir quelle direction va prendre ce récit. J’ai adoré la fin, j’adore le policier qui semble toujours surgir de nulle part… bref, découverte génialissime.

Pumpkin Autumn Challenge – 2020

J’ai décidé de participer encore cette année au Pumpkin Autumn Challenge parce que, je l’avoue, j’ai envie de faire des piles à lire. Des fois, il m’en faut peu, je sais!  Dans ce challenge, trois menus avec chacun quatre sous-catégories. Du coup, j’ai choisi un livre par catégorie. La plupart du temps. Vu que bon, je n’ai que deux mois parce qu’en novembre, c’est Québec en novembre!  Vous n’alliez pas y échapper cette année!!

Si vous voulez me voir faire la danse de St-Guy devant la caméra, vous pouvez regarder la vidéo… sinon, je vais tout écrire quand même! Mais des fois, les liens ne seront pas nécessairement faciles à faire!

Voilà voilà!  Vous participez? Vous allez lire quoi? Il y a des trucs trop bien dans cette pile que je dois lire absolument?

Désolée pour ma grosse face… les nouveaux réglages de Word press me font royalement s… et j’ai pas trouvé moyen de diminuer la grosseur du machin…

Menu 1 – Automne Frissonnant

Je suis Médée, vieux crocodile – polar, thriller, trahison

  • Le problème à trois corps – Liu Cixin
  • Le livre de M – Peng Shepherd

Les chimères de la Sylve rouge – gothique, vampire, créature de la nuit

  • Mexican Gothic – Sara Moreno Garcia
  • Vera – Elizabeth Von Arnim

Les supplices de la Belladone – livre à la couverture noire

  • The Custom of the Country – Edith Wharton

Esprit, es-tu là – fantômes, classique, historique, histoire et secrets de famille

  • Cette maison – David Mitchell

Automne douceur de vivre

Il fait un temps épouvantail – automne, Halloween, Samhain

  • Lucy in the sky – Pete From

Siroter un chocolat chaud à la cannelle sous les saules – enfance, feel good, cooconing

  • Les roses fauves – Carole Martinez 

Fafnir ton assiette, sinon pas de piécette – créatures fantastiques, féérie, mythe, petit peuple

  • Des oeillets pour Antigone – Charlotte Bousquet

A window to the past – sorcellerie, SFFF, nostalgie

  • Vita Nostra – Marina Diachenko

Automne des enchanteresses

Les rêves d’Aurore – militantisme, LGBTQIA+

  • Nickel Boys – Colson Whitehead

Sarah Bernhard, monstre sacré – dramaturgie, théâtre, arts

  • Ténèbres – Paul Kawczak

Les écailles de mélusine – féminisme, transformation, métamorphose

  • Le lièvre d’Amérique – Mireille Gagné

Nausicaa, vallée du vent – nature writing, écologie, post-apocalyptique, nature

  • L’avenir – Catherine Leroux