A Lesson in Vengeance – Victoria Lee

Le comment du pourquoi

Ce roman est celui que j’ai reçu dans ma Owlcrate d’août avec le thème Dark Academia. Et le dark academia, c’est mon truc en automne. En plus, j’avais besoin d’un bouquin « sorcières » pour le Pumpkin Autumn Challenge. Je l’ai donc lu dans la foulée. Et oui, je vous mets la couv originale, que je préfère à celle que j’ai reçue avec ma Owlcarte. Je suis miss « je-ne-suis-jamais-contente ».

De quoi ça parle

Felicity Morrow a un lourd passé à Dalloway, une école privée des Catskills où elle a vécu un drame l’année précédente, avec la mort de sa petite amie. Elle y revient l’année suivante, décidée à terminer sa scolarité et à tourner le dos à la sorcellerie et au monde occulte qui l’avaient passionnée jusque là. C’est que cette école semble hantée par le souvenir de cinq jeunes femmes /sorcières mortes dans des circonstances mystérieuses et que leur esprit semble parler à Felicity et que Ellis, nouvelle élève, écrivaine déjà connue qui dit relever de la « méthode », veut écrire sur ce sujet.

Mon avis

Comme je vous le disais, j’aime bien les romans d’école, avec un groupe de personnes au carrefour de leur vie qui forme un microcosme et qui évoluent ensemble. (Cette phrase est syntaxiquement bizarre). Donc, une école de filles, de la sorcellerie, des traumas, des relations entre filles, ça entrait parfaitement dans ce que j’avais envie de lire. Et côté atmosphère, c’est réussi. Vraiment réussi. On est dans ce petit monde clos, dans une école très particulière et un peu high class, avec des étudiants triés sur le volet et passionnés par leur sujet d’étude. Felicity a pris un an de retard, toutes ses collègues d’études sont parties et dans son bâtiment très sélect, elle va faire la connaissance d’un nouveau groupe, qui semble rapidement sous l’influence d’Ellis, célèbre et vénérée. Dans ce genre de contexte, les priorités changent et les choses prennent rapidement des proportions incroyables. La « bulle » dont je parle souvent.

Ici, on doute de la réalité. Machination? Sorcellerie? La narratrice est totalement « unreliable », elle est encore en deuil et explore son sentiment de culpabilité face à la mort de sa petite amie. Le côté « est-ce que c’est dans sa tête » est super bien exploité et ajoute encore au côté envoûtant du truc. C’est très jeune adulte, très passionné et la relation qui se crée entre Felicity et Ellis m’a beaucoup plu. (D’ailleurs, c’est juste moi ou la description physique d’Ellis, c’est Donna Tartt, dont le roman « The secret history » a quand même mis en lumière le genre « dark academia »??) Ellis fascine et prend toute la place… un peu au détriment des personnages secondaires, d’ailleurs, qui sont un peu interchangeables. Et c’est ce que je reprocherais au roman, un léger manque de profondeur dans les relations entre les personnages autres que le couple principal. Ça aurait donné de l’épaisseur au récit.

Je ne sais pas non plus si la description du deuil, du choc post-traumatique, est crédible. Mais j’ai décidé de me laisser porter pour apprécier ce roman malgré quelques haussements de sourcils. La souffrance de Felicity est palpable et c’est ce qui compte. Un roman à tenter pour l’atmosphère, les relations sapphiques et certains personnages qui sortent du lot. Un bon moment, même si je ne le mets pas au niveau de The secret history. Mais comme c’est moi, pas étonnant!

Vampyria – La cour des ténèbres – Victor Dixen

Le comment du pourquoi

Pour moi, l’automne est le moment parfait pour lire des trucs spooky, avec plein de créatures pas fines et épeurantes. J’étais sur la route, j’avais besoin de quelque chose de fast-paced… et pour ça, Dixen est parfait!

De quoi ça parle

L’Europe aujourd’hui. Univers uchronique et fantastique. Le Roy-Soleil a été transformé en vampire et depuis 1715, il règne sur la cour des Ténèbres, univers cruel figé dans l’époque de sa création. Il y a la noblesse vampire, la noblesse humaine et les roturiers. Vous vous imaginez qui mène le bal.

Jeanne est fille d’apothicaires et elle verra mourir toute sa famille aux mains de l’inquisition. Elle prendra donc l’identité d’une jeune noble, Dianne de Gastefriche, avec en tête une idée fixe : tuer le Roy et venger sa famille.

Mon avis

Quand je prends un roman de Victor Dixen, je sais exactement à quoi m’attendre : beaucoup d’imagination, un côté page turner et des péripéties à foison. Je connais son style direct, sans flafla, et quand je me suis lancée dans cette histoire, j’avais envie de ça. Donc ça a passé et j’ai passé un moment extrêmement divertissant.

Nous sommes ici dans un univers intéressant, avec un monde qui n’a étrangement pas évolué depuis quelques centaines d’années. Ces vampires n’avaient visiblement pas d’esprit d’innovation! Ou peut-être est-ce que ça fait partie de la malédiction de la transformation, ne pas évoluer… Notre jeune héroïne est complètement traumatisée par ce qu’elle a vécu et va se retrouver, par un concours de circonstances, à postuler pour la gorgée du Roy, qui va la faire passer de cheptel humain à proche du Roy. Jeanne ne va pas bien du tout. Jeanne est souvent odieuse. S’il y a une erreur à faire, elle la fait. Elle trahit, ment, est prête à tout pour en arriver à son but. Donc, pas facile de s’y attacher, mais disons que la lecture de ses aventures distrait… et fait parfois rire. En fait, je suis restée assez éloignée des personnages, auxquels je me suis somme toute peu attachée. Et ce n’est pas qu’ils ne nous réservent pas de surprises!

On a donc une histoire haletante, bourrée de retournements de situations. Malgré mon détachement par rapport aux personnages, je lirai la suite hyper rapidement (dès que je me le procure, en fait) car certains personnages intriguent et le clin d’oeil à Frankenstein me plait bien. L’atmosphère un peu gothique est tout à fait ce dont j’ai besoin ces temps-ci!

Bref, un bon moment uchronique!

Les Soeurs Grémillet – 2 – Les amours de Cassiopée – Barbucci / DiGregorio

Le comment du pourquoi

Non mais vous avez vu cette couverture? Comment on résiste à cette couverture. Surtout que j’avais beaucoup aimé le tome 1!

De quoi ça parle

Cet été, nos trois soeurettes vont chez leur grand-mère. Cassiopée a le coeur déchiré entre son été (et Olivier) et Ulysse, son amoureux resté dans son coin de pays et toutes trois sont inquiètes de leur grand-mère qui semble oublier pas mal de choses. Comme oublier d’aller les chercher à la gare. De plus, un fantôme semble hanter les ruines d’une vieille église et les filles vont tenter de résoudre le mystère.

Mon avis

Encore une fois… quel graphisme, quelles couleurs! C’est un vrai plaisir de parcourir ces planches. C’est doux, plein de tendresse, mais à la fois très coloré et détaillé. Bref, je suis fan du dessin et de l’atmosphère de cet ouvrage.

L’histoire est aussi très centrée sur l’univers des jeunes filles, avec leurs visions particulières. Cette fois, c’est la romantique Cassiopée à qui le mytère parle le plus. L’église en ruine fait rêver et le dessin m’a rappelé une visite faite il y a des années dans le sud de la France (dont j’ai – of course – oublié le nom… je pense que je deviens sénile précocément). Des histoires de fantômes, des mystères, les premières amours, le tout nous plonge dans une ambiance qui alterne avec les nuits gothiques et les journées ensoleillées. Bien entendu, on voit venir la clé du mystère, mais étant donné que la BD se destine à la jeunesse, ça passe hyper bien.

Encore une fois beaucoup de délicatesse, beaucoup d’espoir et de nostalgie. Pas facile après un certain âge de vivre dans le présent, surtout quand quelques souvenirs nous échappent. Le traitement est adapté, ce n’est pas paniquant, même si l’inquiétude des jeunes filles est réelle pour leur mamie. Les caractères sont distincts, on les reconnaît encore bien (et la petite dernière est toujours aussi mignonne) et je suis toujours aussi fan que l’univers.

Une BD qui fait vraiment du bien.

C’était ma BD de la semaine

Les billets chez Stephie cette semaine

La librairie de Téhéran – Marjan Kamali

Le comment du pourquoi

C’est clairement à cause de la couverture que j’ai voulu lire ce roman. Je suis encore tristounette que l’ENC n’ait pas le côté shiny shiny mais bon, je n’ai qu’à trouver une vraie copie hein. Il n’en tient qu’à moi!

De quoi ça parle

Téhéran, 1953. Les parents de Roya tiennent par dessus tout à ce que leurs filles soient éduquées et soient indépendantes. Le climat de Téhéran s’échauffe pendant que la jeune fille fait la connaissance, dans la papeterie de M. Fahkri, du jeune Bahman, activiste qui veut changer le monde. Ils sont jeunes, elle n’a jamais connu l’amour et tout de suite, il se passe quelque chose entre eux. Sauf que dès le début, nous savons que la vie va les séparer…

Mon avis

Sur l’histoire de l’Iran, j’ai déjà lu pas mal dans le cadre d’un cours en auditeur libre. Du coup, avant d’entrer dans ce roman, je CONNAISSAIS le contexte politique et social. Du coup, ce qui est dit dans le roman m’a suffi pour m’immerger dans l’époque et dans l’effervescence du moment. Aurait-ce été le cas si j’étais entrée dedans complètement néophyte? Aucune idée… mais ce n’est pas un « roman historique » en soi… plutôt une histoire d’amour et de vie dans un contexte particulier. Toutefois, nous sommes bien plongés dans la culture iranienne et dans ce mode de vie. My god que ce roman donne faim!

De façon générale, j’ai passé un bon moment de lecture, très doux-amer. Les personnages sont très humains, pleins de failles et j’ai réussi à m’attacher à eux, malgré leurs dissonances. Dès le départ, nous savons qu’un jour, Bahman va cesser de donner des nouvelles à Roya et qu’elle ne saura pas ce qu’il est devenu. Nous savons aussi que cette histoire va hanter la jeune femme et j’ai beaucoup aimé cette représentation de l’amour adolescent, idéalisé, né de quelque regards, d’exaltation, de révolution et d’une séance de tango. C’est tellement ça, tellement fort et tellement basé sur peu de choses. Est-ce que ça pourrait m’arriver en tant qu’adulte? Non, certes. Mais ça me ramène loin en arrière!

On se balade entre passé et présent, le roman se déroule – un peu rapidement selon moi – sur plusieurs décennies et on sent le poids de cette grande inconnue dans sa vie d’adulte. J’ai beaucoup aimé les deux époques, ça se lit tout seul et si je n’ai pas été non plus jetée par terre, j’en garderai un bon souvenir. Je ne sais pas si je pourrai un jour visiter l’Iran (et manger ces trucs qui ont l’air trop bons) mais ça donne envie!

Par contre… pourquoi cet épilogue? C’était nécessaire? J’aime pas les épilogues. Bon-e. Ouais, c’est mon mode schtroumpf grognon. Parfois, j’aime mieux qu’il reste du flou. Mais ça, c’est moi!

Ghosts of Harvard – Francesca Serritella

Le comment du pourquoi

C’est l’automne. Et l’automne, j’ai envie de dark academia et de romans d’école. Du coup, celui-ci m’appelait, littéralement. Alors je l’ai lu. Et il fittait parfaitement dans le Pumpkin Autumn Challenge. Parce que fantômes, voyez-vous!

De quoi ça parle

Cady entre à Harvard, l’endroit où son frère schizophrène s’est enlevé la vie l’année précédente. Elle, elle veut comprendre. Aller sur les traces de son grand frère Eric, qu’elle a toujours admiré. Mais bientôt, elle commence à entendre des voix. Perd-elle la raison?

Mon avis

Nous avons ici un étrange roman, dont j’ai aimé plusieurs aspects, mais pour lequel j’ai aussi des bémols, surtout vers la fin. Ça a bien commencé, entre ce roman et moi. Nous arrivons à Harvard en même temps que Cady, qui a une idée très précise en tête : comprendre ce qui a mené Eric à se suicider. J’aurais pris plus de « Harvard », mais l’atmosphère est pour moi réussie. On est dans la tête de cette narratrice « non reliable », qui a peur de de perdre la raison et qui doit gérer un deuil très lourd à porter. Ça parle de culpabilité, de deuil, de maladie mentale et la spirale dans laquelle se retrouve l’héroïne fait peine à voir. Elle s’auto-sabote, rejette les mains tendues et s’immerge complètement dans cette quête, quitte à négliger tout le reste. Elle est perdue, prend des décisions n’importe comment… et ça fitte avec l’état du personnage à ce moment.

Il y a également ces voix qu’elle est la seule à entendre et dont elle découvre peu à peu l’histoire. Je ne veux pas trop en dire à ce sujet car une partie de l’intrigue repose sur ce fait. Que se passe-t-il vraiment? Et je ne vous dirai rien du tout, seulement que c’est intrigant à souhaits et qu’il faut garder l’esprit ouvert.

J’ai beaucoup aimé le traitement du deuil dans la famille, quand la douleur est trop lourde à supporter et qu’on est à la limite du choc post traumatique. Ce n’est nullement un thriller (je l’avais vu annoncé comme ça… et ce n’est pas le cas), c’est lent, on se laisse entraîner dans l’histoire et si on voit certaines choses venir, en gros, j’ai passé un bon moment. Les parties dans le passé sont émouvantes. Je me suis questionnée sur le chemin que prenait l’histoire, j’avais l’impression que ça s’éparpillait un peu mais finalement j’ai apprécié certains aspects « inachevés ». Parce que des fois, les choses ne sont pas si claires.

Mes bémols maintenant. L’épilogue. Non, pardon, LES épilogues. Pas besoin. Trop de nouvelles infos. Trop. Le prologue aussi, j’aurais pu m’en passer. Et une certaine révélation… je DÉTESTE quand un « méchant » révèle comme ça, tout son plan machiavélique. Ça me hérisse, vous ne pouvez pas vous imaginer. Mais… POURQUOI! Qui fait ça? Autant certains personnages sont en teinte de gris, pour d’autres, pas du tout.

J’ai vraiment aimé la plume et j’ai apprécié en connaître davantage sur l’histoire de Harvard. Je ne pourrais me prononcer sur la représentation de la schizophrénie, mais l’effet de la maladie mentale sur la famille, l’impuissance face à la descente aux enfers d’un enfant ou d’un frère m’a beaucoup touchée. Une autrice que je vais suivre.

Notre part de nuit – Mariana Enriquez

Le comment du pourquoi

La faute à Séverine de Ilestbiencelivre. Elle a mentionné être sortie de roman complètement à côté d’elle-même. Et il y avait l’Argentine. Du coup, hop, dans ma liseuse!

De quoi ça parle

Un homme et son fils roulent vers le nord de l’Argentine. Ils s’enfuient. Vers quoi? Pourquoi? L’homme est malade, son fils a peur et ne sait pas où il s’en va. La mère est disparue dans d’étranges circonstances et le fils a un le même don que son père : il a le potentiel pour être un médium et une société mystique qui vénère une certaine Obscurité a besoin d’eux.

Un périple de plusieurs années à travers l’Argentine de la fin du 20e siècle, entre dictature et les années sida.

Mon avis

Vous savez à quel point j’aime les romans denses, pesants, avec une atmosphère gothique et une action qui se traîne un peu. On peut dire que j’ai été servie avec ce livre. C’est une grosse brique de plus de 600 pages sur deux décennies, sur fond de révolution, avec des personnages très ambigus, voire même avec d’immenses parts d’ombre et de noirceur. Nous nous baladons d’époque en époque, avec différents points de vue, on semble parfois s’éloigner du sujet principal mais ce culte n’est jamais bien loin. On nage en plein mystère mais aussi dans une époque bouleversée et bouleversante. Les opposants au régime sont pourchassés, et il est impossible de ne pas faire un lien avec le fameux culte de l’Obscurité dont il est question.

Entendons-nous, c’est parfois glauque. Très, très glauque. Et ça nous tombe dessus comme ça, alors qu’on ne s’y attendait pas. Certaines personnes sont le Mal incarné. Carrément. Il y a une part de fantastique, nous sommes dans un culte, et on a besoin d’un petit moment pour bien comprendre dans quoi on a mis les pieds. En plus, c’est hyper bien écrit. Bien traduit. En fait, bien écrit aussi parce que j’ai lu 200 pages en espagnol avant de recommencer en français. Mettons que je voulais être certaine de tout comprendre!

Sérieux, j’ai mis 3 jours à m’en remettre. Trois jours pour sortir de cette atmosphère complètement envoûtante, pour m’éloigner de cette Obscurité. J’ai relu sur l’histoire de l’Argentine, sur cette époque et c’est seulement en réalisant que je n’étais pas capable de lire autre chose que j’ai compris à quel point j’avais été marquée. Tout du long, tous les personnages ont les pieds sur les squelettes des morts de la dictature et, mine de rien, ces morts sont toujours en arrière-plan. Rien n’aurait été possible pour ces riches familles sinon…

Bref, un roman marquant, qui fera certainement partie de ceux qui m’auront le plus marquée en 2021, malgré un petit bémol sur la fin, qui m’a laissée un peu au milieu d’un souffle. L’avez-vous lu? Qu’en avez-vous pensé?

Leslie et Coco – Marie Demers

Le comment du pourquoi

C’est totalement la faute à MAPS. Rien d’autre à ajouter!

De quoi ça parle

Leslie et Coco sont amies depuis toujours. Des vraies amies, des grandes amies. Elles sont maintenant séparées, l’une à Montréal et l’autre en Gaspésie et se retrouveront le temps de quelques jours. Quelques jours qui vont tout changer.

Mon avis

Woooooo…. il surprend, ce roman. Il commence comme un roman YA typique, avec deux amies séparées qui évoluent chacun de leur côté tout en restant liées et tout et tout. Ya ça. Mais pas que ça. J’aime toujours lire des romans YA québécois car le langage me rejoint et je reconnais les références. Du coup, j’ai lu les premières pages avec un sourire, en reconnaissant certains comportements, certains lieux aussi. Ici, les filles sont loin d’être parfaites, surtout Leslie, de qui on découvre le côté plus sombre, moins lisse.

Alors que Coco se demande où elle en est avec son chum, Leslie va vivre son premier amour et la situation va influencer étrangement la visite à Montréal de Coco, qui n’aurait voulu que passer du temps avec sa meilleure amie. Ici, les insécurités cachées ressortent et les filles vont vivre des semaines très particulières.

Je ne vais pas dire pourquoi le « wooooo » du début parce que j’ai ouvert de grands grands yeux quand j’ai compris ce qui allait se passer. Et là, on tombe des nues et en même temps, c’est tellement nécessaire de traiter de tout ça. Pour moi, le tome se suffit à lui-même, mais je pense quand même que je vais lire le 2 hein. Parce que je suis une fille comme ça!

Enfant de salaud – Sorj Chalandon

Le comment du pourquoi

J’ai découvers Chalandon avec Une Promesse et Mon traître. Je trouve que l’oeuvre de cet auteur a une unité qui me plait beaucoup, notamment avec la figure du père et l’idée de trahison. Vous pouvez vous imaginer que dans cette rentrée littéraire, c’est pas ce roman que j’ai débuté.

De quoi ça parle

« Ton père était du mauvais côté. Tu es un enfant de salaud ».

Cette phrase prononcée par son grand-père bouleverse le narrateur. Alors qu’il couvre le procès du criminel de guerre Klaus Barbie, il réalise que le dossier de son père ne le situe pas du tout où il le croyait. À travers l’histoire de ce grand mythomane souvent violent, il va tenter de faire la paix avec lui-même, son histoire et tenter de confronter son père pour qu’il admette la vérité. La vraie.

Mon avis

Quand on lit ce roman (qui reste un roman et non pas une autobiographie), on a un éclairage nouveau sur une grande partie de l’oeuvre de l’auteur. La recherche de la figure paternelle, l’idée de la trahison, du mensonge, tout y est. Dans la vraie vie, l’auteur n’a jamais confronté son père, mais il s’est offert ce procès dans ce roman, sur fond de – vrai – procès pour crime contre l’humanité. Car comment ne pas vouloir confronter celui qui a été pour les ennemis à Barbie et aux horreurs auxquelles il a participé. Le roman s’ouvre d’ailleurs sur une visite à Izieu, dans la fameuse colonie des 44 enfants qui sont partis et ne sont pas revenus. Le narrateur espère faire réagir son père… sauf que ça ne se passera pas comme ça.

Ce roman est extrêmement émouvant. J’ai vécu avec le narrateur le désarroi, l’impuissance, la déception, l’horreur aussi. Il ne trouvera pas un simple petit dénonciateur mais tout autre chose… que je vous laisserai découvrir. Les réactions du père face au procès sont désarmantes de mauvaise foi et ça fait carrément mal de savoir que certaines personnes pensent vraiment de cette manière. Ce roman fait réfléchir sur la mémoire et remet des visages sur l’Histoire, visages qui aujourd’hui ne sont plus. Le procès Barbie, avec tout ce qu’il a impliqué d’horreurs, nous rappelle que ça ne fait pas si longtemps… et que nous ne sommes pas à l’abri.

Bref, un roman fort, une quête d’identité et une tentative de faire la paix avec ce père, ce salaud, mais peut-être pas pour la raison la plus évidente.

De cendres et de larmes – Sophie Loubière

Le comment du pourquoi

C’est le deuxième roman que je lis de l’autrice et j’attends toujours la fulgurance. J’avais tout de même bien aimé « Black coffee » (dont le billet est à moitié écrit) et le côté spooky de celui-ci (il se passe tout de même dans un cimetière) m’a incitée à le choisir pour ce Pumpkin Autumn Challenge (dont je n’ai toujours pas publié ma pile à lire… est-ce qu’on la sent, la procrastination, ces temps-ci?) Ceci explique cela.

De quoi ça parle

15 avril 2019. Notre-Dame brûle et Madeline, pompière, combat les flammes. Même période, Christian, son mari, décroche un boulot avec logement de fonction… comme gardien de cimetière. Comme ils rêvent d’une maison plus grande, ils y a emménagent avec leurs trois enfants mais peu à peu, l’atmosphère s’assombrit et ce cimetière a décidément une étrange influence sur cette famille…

Mon avis

Entendons-nous, je ressors mi-figue mi-raisin de ce roman. Tout ça pour ça? Entendons-nous, je suis une grande peureuse. Un rien m’empêche de dormir (on en reparle, des 6 mois à dormir avec une veilleuse après avoir vu « Le sixième sens »). Mais là, sérieux? L’atmosphère est bien esquissée mais de frousse, que nenni. Et le tout me semblait TELLEMENT évident… j’aurais réellement voulu autre chose. Donc, déception.

J’ai bien aimé le personnage de Madeline, du moins dans une partie du roman. Mais, mais… comment elle fait pour supporter Christian? Et surtout POURQUOI elle le supporte? Cet homme m’énerve et je n’ai pas du tout aimé l’évolution du personnage. La finale m’a dérangée, comme si tout était balayé sous le tapis. Bref, je ne me suis pas attachée aux personnage (peut-être à part la petite voleuse) et j’ai été agacée plus qu’intrigée par tout ce qui se passe.

Ceci dit, il y a une réelle réflexion sur l’influence des lieux, des atmosphères. Les murs ont-ils une mémoire? Les fantômes du passé existent-ils vraiment? La chute graduelle dans la folie aurait pu me plaire, si je n’avais pas tout vu venir, ce qui a enlevé une dimension au récit pour moi. La distinction papa/maman (l’un qui veille sur les morts, l’autre sur les vivants) reste très bien pensée mais c’est pour moi tombée à plat.

J’ai lu tout plein d’avis ravis et dythirambiques, de gens qui ont complètement adhéré alors ne vous fiez pas à mon seul avis… mais rendez-vous manqué pour moi.

Les oiseaux ne se retournent pas – Nadia Nakhlé

Le comment du pourquoi

J’ai repéré cette BD lors d’une précédente édition de la BD de la semaine. Et comment on résiste à une telle couverture hein? Comment?

De quoi ça parle

Dans le pays d’Amel, c’est la guerre. Elle deviendra donc une autre pour fuir, sans se retourner. Vers Paris où elle croit que le monde sera meilleur.

Mon avis

Cette BD est merveilleuse. Fantabuleuse. Magnifiquissime. Autant l’histoire que le graphisme. Bref, vous comprendrez que ça a été un group coup de coeur!

Nous suivons donc cette fillette de 12 ans dont les parents sont morts. Ses grands-parents veulent le mieux pour elle et lui permettent de partir avec une autre famille. Elle va donc devenir Nina et tenter de passer la frontière. L’ambiance est pesante, avec juste cette touche d’espoir qui rend la lecture encore plus belle. Je trouve que l’autrice a réussi de façon magistrale à nous faire ressentir l’immense solitude que la fillette ressent, l’impact des pertes mais aussi des rencontres fortuites, celles qui font réapparaître la lumière. Les illustrations sont hyper belles, sombres avec des touches de couleur. Le détail des dessins orientaux est superbe.

Une histoire très touchante, qui met un visage sur ces enfants de nulle part. Il y a les gens, il y a la musique, il y a Bacem, cet ancien soldat qui joue du Oud, il y a des méchants, mais aussi des gentils. C’est beau, c’est beau, c’est beau. À tel point que je l’avais emprunté à la bibli… et que je le VEUX dans ma bibliothèque. Même s’il coûte 45$ + taxes ici!

Lisez-le. Voilà. Point. Il faut.

C’était ma BD de la semaine.

Tous les billets chez Stephie cette semaine.