Déc 12 2018

Serum – Cyril Pedrosa / Nicolas Gaignard

J’avais lu beaucoup de bien à propos de cet album (et en plus, c’est Pedrosa).  Un de mes copains criait au génie. Est-ce pour cette raison que mes attentes étaient dans le plafond? Bref, c’est un album qui m’a déçue au premier abord, me laissant sur une impression un peu frustrante d’inachevé.  Puis, j’ai réfléchi un peu. Puis, je l’ai relu avec le nouvel éclairage, pour constater qu’il y avait quand même un propos qui méritait qu’on s’y attarde. Bref, je suis quand même plus positive quelques jours après ma lecture qu’immédiatement après.  Une BD qui mérite un peu de réflexion, quoi.

Nous sommes donc en 2050, dans une France très contrôlée, très militarisée. Kader travaille pour une compagnie d’État (dont j’ai oublié le nom… oups) et a été condamné quelques années auparavant.  Depuis, il a reçu une injection de sérum qui l’empêche de mentir. Imaginez, devoir dire toute la vérité, rien que la vérité.  Même à ceux qui ne veulent pas l’entendre.  Pas de mensonges blancs, pas question d’épargner l’interlocuteur pour les choses qui n’ont finalement pas d’importance. Kader est donc replié sur lui-même, souvent antipathique et peu porté vers les autres. Puis, un jour, un rapport..

Ce futur par si éloigné est glaçant et trop réaliste pour ne pas faire mal.  Les journées sont toutes pareilles, toujours sous surveillance, rien n’est privé et tout semble pouvoir être contrevérifié. Plus de bon temps, plus de retraite, énergie limité, denrées de première nécessité au marché noir, police partout.  Il y a un réel propos politique, une critique sociale, une réflexion sur le mensonge et la vérité dans le quotidien mais aussi dans les gouvernements.

Le dessin est limite angoissants, les personnages font peur à voir.  Un album très ambitieux, plein de qualités, mais pour lequel mon appréciation reste beaucoup plus cérébrale qu’émotionnelle.  Et bon, oui, je sais, je ne suis pas claire. Mais comme ce ne l’est pas dans ma tête, c’est un peu normal, non?

C’était ma BD de la semaine et tous nos choix sont chez Stephie (je suis INCAPABLE DE FOUTRE LE LIEN, merci WordPress… http://milleetunefrasques.fr .

Déc 10 2018

Le Docteur Pascal – Emile Zola

Je n’aurais pas cru dire ça un jour, mais j’ai terminé les 20 volumes des Rougon-Macquart de Zola, et dans l’ordre à part de ça. C’est fait et je quitte avec un peu de peine cette famille à la génétique peu glorieuse et aux destins divers et variés.  Ce dernier tome se veut la clôture de l’histoire de famille, tout comme le précédent concluait l’épisode napoléonien.  En effet, le docteur Pascal, scientifique et chercheur, s’est donné comme mission de dresser un arbre généalogique de la famille et de ses tares, ce qui ne plaît absolument pas à sa mère, Félicité Rougon, qui souhaite plus que tout préserver l’honneur de la famille et de la glorifier. À la fin du roman, la boucle est bouclée, et il y a même une petite lueur d’espoir.  On n’en demandait pas tant.

 

Cette histoire, c’est celle de Pascal Rougon (le fils de Félicité et de Pierre), le bon docteur, qui semble somme toute fort différent de sa famille, qu’il observe avec une rigueur clinique.  Pascal a recueilli sa nièce Clotilde (la fille d’Aristide, celui de l’Argent) alors qu’elle avait 7 ans, voyant dans la situation non seulement une occasion de l’aider mais aussi de la soustraire à son milieu naturel et de pouvoir l’étudier.  Avec eux habite Martine, servante toute dévouée à son maître.  J’ai eu souvent l’impression qu’en Pascal se retrouvent plusieurs des croyances de Zola, même si celles-ci sont ma foi assez farfelues, et que la réflexion de ce personnages se confondent parfois avec celles de l’auteur.

 

Ce roman, c’est celui de la science, opposée à la religion et aux croyances diverses et variées. Celui de la méthode scientifique, de l’observation.  C’est aussi un roman qui porte à réfléchir sur la médecine et sur son rôle. Pascal se questionne en effet à savoir jusqu’à quel point l’homme doit s’ingérer dans le cours des choses. Il y a une réelle dualité entre science et religion.  De plus, Pascal se retrouve soudainement, sans l’avoir vu venir, face à lui-même et à ses propres failles.  Est-il, lui aussi, touché par les tares de la famille? Va-t-il résister à l’attirance qu’il ressent envers sa nièce?

 

Si l’ordre de lecture a peu d’importance, celui-ci est selon moi à garder pour la fin. En effet, elle résume plusieurs des histoires et le lecteur qui ne connaît pas les protagonistes pourrait se retrouver à la fois un peu perdu et peu intéressé. J’ai pour ma part beaucoup aimé et je suis toute tristounette à l’idée de dire adieu à tout ce petit monde, à toutes les branches de cet arbre généalogique foisonnant et fabuleux. Quelle oeuvre!

Déc 09 2018

Voici Colin – Gérard DuBois

Vous connaissez « The House that Jack built », célèbre comptine anglaise impliquant une loooongue phrase rempli de subordonnées relatives construite petit à petit?  Elle est bien connue et a été illustrée pour la première fois par Ralph Caldercott en 1878. Même le 4e Docteur la connaît, c’est dire à quel point elle est intergalatique! Moi, j’adore. Ok, j’avoue, je la sais par coeur. Du coup, j’ai été ravie d’apprendre que Le Lièvre de Mars, nouvelle maison d’édition qui fait revivre des anciens textes, allait nous permettre de faire découvrir la comptine aux jeunes d’aujourd’hui. 

La maison que Colin a bâtie ne parle pas de la maison en soi. C’est seulement le départ d’une série d’événements qui sont interreliés et qui s’interinfluencent. Entre le rat, la vache et le cor, quel est le lien, d’après vous? Pour l’orthophoniste que je suis, c’est un plaisir de s’amuser avec un tel album. En effet, quel casse-tête pour les jeunes que de nous expliquer ces liens, justement. Impossible de ne pas utiliser ces relatives introduites par « qui » et « que »…  Bref, ça m’amuse juste d’y penser. 

Si j’ai adoré les illustrations un peu vintage, qui conviennent parfaitement au contexte et qui permettent d’inférer l’action plutôt que de simplement l’illustrer, j’ai eu un peu plus de mal avec l’adaptation du texte, dans laquelle je n’ai pas retrouvé tout le rythme et les rimes de la comptine originale (tous ces mots en « orn »… j’adore).  Mais comme c’est un classique et qu’il peut être exploité de plusieurs façons, il mérite d’être feuilleté. 

Que dire de l’objet livre, très beau et très chic, comme plusieurs autres albums de la collection.  Ceux lus à date (Le petit Ivan, entre autres) sont tous de qualité. La preuve que parfois, les classiques pour enfants valent encore le coup!

Déc 07 2018

Le soleil des rebelles – Luca du Fulvio

Je serai la voix discordante dans le concert d’éloges face à ce roman. En effet, si j’admets volontiers le talent de conteur de l’auteur et sa capacité de créer des personnages vivants, l’écriture, elle… ouf!  Il y avait longtemps que je n’avais pas autant sacré en lisant un roman.  Et comme j’en écoutais des parties en audio, je ne pouvais même pas passer certains passages vite… bref, ce livre et moi, on a une histoire compliquée.

 

L’histoire commence alors que le prince Marcus II de Saxe, encore enfant, voit toute sa famille sauvagement assassinée par Agomar sous les ordre du prince d’Ojsternig, qui veut le pouvoir à tout prix.  Il sera recueuilli par Agnete, la sage femme, ainsi que sa fille Eloisa, qui va le sauveret le faire passé de l’autre côté, celui des serfs. Nous sommes donc au Moyen-Âge (au début du 15e siècle), les paysans appartenaient corps et âme au seigneur, comme des animaux et la violence et la famine sont omniprésentes.

 

Il y a certes des points positifs à ce gros roman de plus de 600 pages.  Je ne suis pas maso, quand même. C’est très romanesque, on suit les personnages pendant une décennie, on les voit grandir et du coup, on s’attache. Les péripéties s’enchaînent, ça parle de dignité, de courage, de résistance et de passage à l’âge adulte.  De plus, les paysages semblent grandiose et j’ai bien aimé me retrouver dans ce Moyen-Âge.  Ça faisait longtemps.  Toutefois, je doute qu’à cette époque, on parlait déjà de « centre de gravité »…  mais ça, c’est moi qui chipote hein!

 

Là où je vais bougonner, c’est au sujet des personnages qui manquent, selon moi, totalement de nuances. Les bons sont bons et les méchants sont vraiment, VRAIMENT méchants.  Et comme si le fait de tuer pour le fun, de violer les femmes, de trahir à tous vents et à faire souffrir par pur plaisir n’était pas suffisant, l’auteur ressent le besoin de nous inonder d’adverbes et d’adjectifs pour que nous ne croyions surtout pas qu’il a une once de bonté en lui.  Cruel, cruellement, méchant, méchamment, les rires sont cruels, les regards sont cruels…  Pour trois personnages, ça devient redondant et terriblement agaçant.  Ajoutons à ça le personnage qui appel Marcus-devenu-Mikael « Crottin sec » à CHAQUE FOIS qu’il lui adresse la parole et l’autre qui le nomme quant à lui, tout aussi souvent « Ramasse-merde » (on sent le champ sémantique), j’ai passé vite la plupart des passages qui les concernaient.  Pour moi, c’était de la surenchère.  Dans l’écriture, la violence, les malheurs… dans tout.  Et en plus, la finale m’a déçue, trop convenue et trop Hollywoodienne. On aurait pu la prévoir page 2.

 

Un roman au sujet duquel je n’ai vu QUE des avis dythirambiques. Je me sens donc pas mal seule de ma gang et il m’a fait penser aux Piliers de la terre de Follett, que j’avais par ailleurs bien aimé. C’est juste que cette fois, le contexte historique étant moins creusé, ça n’a pas passé.

 

Et vous, votre avis?

Déc 05 2018

La chose perdue – Shaun Tan

J’aime ce que fait Shaun Tan. J’aime son imagination débordante dans l’illustration, les détails et tout le côté steampunk de son univers.  C’est encore le cas ici dans cet album pour la jeunesse qui ouvre la porte à la discussion. En effet, le contexte est particulier et la signification de l’histoire peut susciter des jasettes super intéressantes.

 

Le narrateur décide de nous raconter une histoire, celle de la chose.  La chose que personne ne voit, qui ne peut être nommée mais qui semble vraisemblablement perdue.  Il décide donc de l’aider.  Ça parle d’imaginaire, d’émerveillement et de notre âme d’enfant qui nous permet de voir avec un autre regard ce qui est différent, extraordinaire… et d’y croire.

 

Comme toujours, ce qui me fascine ce sont les dessins. C’est rempli de détails et on peut s’attarder plusieurs minutes sur chaque planche. C’est beau, intrigant et tellement original. Je conseille donc à tous les amateurs de Shaun Tan.. et à tous ceux qui ont envie de voir ce qui est différent et étonne!

 

C’était ma BD de la semaine!

Déc 03 2018

Sirius – Stéphane Servant

Je ne suis pas super fan des romans post-apocalyptiques. Ni des romans qui se passent sur la route. Pourquoi ai-je donc choisi de lire Sirius? Pour le PLIB. Et parce que c’était un coup de coeur pour beaucoup beaucoup de gens.  Du coup, j’ai essayé… et ça a fait un peu comme avec la plupart des romans du genre. J’ai trouvé ça un peu long, un peu du pareil au même, impression que n’ont pas réussi à tempérer les bons côtés du roman, parce qu’il y en a.  Par appelons ça un rendez-vous manqué.

 

C’est donc l’histoire d’Avril et de Kid. Le monde est devenu stérile, il y a de moins en moins d’hommes, très peu d’animaux, très peu de plantes. Bref, le monde tel qu’on le connaît se meurt. Avril, adolescente, et son petit frère Kid, 5 ans, vivent dans un l’Arbre. Jusqu’à ce que ça dérape et qu’ils doivent partir sur les routes, vers la Montagne. C’est là qu’ils vont rencontrer Sirius…

 

Ce roman aborde beaucoup, beaucoup de thèmes.  On parle de nature, d’écologie, d’anti-spécisme, de racisme, d’obscurantisme religieux, beaucoup de thèmes importants, beaucoup de questionnements qui se soulèvent.  Comment réagirait-on dans un tel contexte?  C’est intéressant, certes, mais à force, ça m’a semblé très preachy et un peu répétitif.  Comme si on essayait de m’enfoncer les messages dans la gorge. Mais comme je semble être la seule à avoir ressenti ça, je me dis que ne dois pas être très tolérante à cet égard.  Et quant au méchant… bof…  agaçant plus qu’autre chose.

 

Par contre, j’ai bien aimé les teintes de gris dans les personnages, leurs fardeaux, leurs réactions diverses. J’ai aussi aimé leur évolution (même Kid… je l’ai apprécié à la fin, après avoir eu vraiment du mal au début).  J’ai compris le message, compris là où l’auteur s’en allait (je ne le dirai pas ici… ça spoilerait) et je trouve que c’est une bonne idée. Franchement, même si j’ai dû me convaincre qu’il y avait un côté surnaturel à un tel changement au plan langagier, parce qu’un changement si rapide, quand on a eu un modèle autre toute sa vie, c’est inhabituel. Je sais, je sais, l’homme nouveau et tout…  Mais à l’oral, surtout au début, ça a relativement peu de sens. Exemple?  Les zoiseaux. À l’écrit, ça passe. Ça montre les représentations lexicales différentes. Mais à l’oral?  Avec la liaison, « prononcer « les zoiseaux » comme Kid, ça ne veut strictement rien dire, vu que ça se prononce de la même façon.  Idem pour sandouitches.  Ça se prononce pareil… je ne comprends donc pas l’intérêt, du moins, pas au début.  Orthophoniste un jour… je sais, je sais…

 

Mais bon, j’ai aimé le fait qu’il y ait de l’espoir, aimé les pas vers l’avant… et Sirius, quand même!

Nov 30 2018

Turbulences du coeur – Nathalie Roy

Ce n’est un secret pour personne, j’aime beaucoup Nathalie Roy.  Si je suis moins enthousiaste par rapport à ce roman, ce n’est pas parce que l’auteure glisse doucement vers le « moins chick litt », au contraire.  C’est parce que j’aurais aimé, justement, qu’elle aille un peu plus loin dans sa démarche et que je ne sente plus du tout ce ton « chick litt ». Le thème aurait selon moi été davantage servi par un humour moins girly et glamour.

 

C’est donc l’histoire de Louis-Philippe Rousseau, avocat dans une grosse boîte. Il est au début de la quarantaine, workaholic et avide de réussite. Il est riche, vit une vie très jet set entre son très chic loft et son très luxueux yatch en Floride.  Côté amour?  Il ne veut rien de sérieux. Il veut des aventures, des one nights.  Puis, soudain, sans trop comprendre, il réalise que peut-être qu’il y avait autre chose qu’une histoire de cul derrière son histoire avec Evelyne, sa collègue… et c’est la ronde des questionnements qui commence.

 

Pour ma part, j’ai tout de suite bien aimé LP.  Il est certes volage, carriériste, mais on sent un réel questionnement poindre derrière tout ça.  Il faut dire que c’est tout un exercice pour Nathalie Roy que de se glisser dans la peau d’un mec. Si la plume est toujours aussi légère et agréable, j’aurais pour ma part aimé qu’elle ose encore plus changer de ton, de style, et que les réflexions du personnages principal sur l’amour soient un peu moins girly (oui, je sais, je me répète… mais je ne trouve pas de synonye… et ça me met presque ex-aequo avec les trois personnes « cocktail » du roman) et se distinguent davantage de celles des personnages des précédents romans. C’est quand même étonnant qu’un homme pour qui l’amour a toujours été la préoccupation numéro 128 se retrouve soudain à ne penser qu’à ça.

 

Et pour moi, c’est dommage.  Dommage parce que les thèmes abordés sont intéressants, importants et qu’ils sont bien exploités, en plus.  La relation entre le père et la fille est bien traitée, j’ai beaucoup aimé les échange avec son ex et surtout, sa mère Marguerite, qui n’est pas piquée des vers!  J’ai beaucoup aimé cette dame qui traite son fils comme s’il avait 10 ans… avec humour. C’est bien construit, plein de rebondissement… et il paraît que nous aurons droit à une suite l’an prochain… avec une autre voix!

Êtes-vous aussi curieux que moi? Parce que bon, malgré mon bémol, je vais officiellement la lire.

Nov 29 2018

Ici, Ailleurs – Mathieu Simard

Matthieu Simard est allé là où je ne l’attendais pas avec ce roman. J’ai lu Ça sent la coupe et Échecs amoureux il y a longtemps et croyez-moi, c’était totalement autre chose. J’ai lu ce roman sans le lâcher, complètement happée dans l’univers de ces deux personnes qui ont tout laissé derrière eux pour aller s’établir dans un petit village qui se meurt.

 

Marie et Simon sont un couple. Ils sont ensemble mais seuls en même temps.  Ils souffrent, c’est clair. Ils tentent de sortir la tête de l’eau, c’est tout aussi clair. Sauf que très tôt dans le roman, on sent que ce n’est pas un récit bourré d’espoir et on sait qu’ils ne vont pas y parvenir. Petit à petit, on comprend ce qui est arrivé – même si on s’en doutait un peu – et on les regarde s’effondrer, impuissants derrière nos bouquins.

 

Ils ont quitté la ville pour un village qui se vide petit à petit de ses habitants depuis la fermeture de l’usine. Ils ont acheté la maison du vieux. Dans le village, on n’aime pas les étrangers et on le leur fait savoir.  D’ailleurs, les villageois ont aussi leurs passés, leurs secrets.

 

Un roman sur le deuil du passé qui fait mal, un propos beaucoup plus mature que ce que j’ai lu de l’auteur auparavant et une plus grande prise de risque aussi. J’ai été très agréablement surprise et fort touchée.  Bouleversant!

Nov 28 2018

L’Esprit du camp – 2 – Axelle Lenoir (Michel Falardeau) / Cab

L’an dernier, je vous parlais du premier tome de l’Esprit du Camp, que j’avais beaucoup aimé.  L’histoire de cette ado gothique lâchée dans un camp de vacances  m’avait ramenée à mes histoires de camps, aux histoires folles et à cet univers-bulle particulier, qui prend toute la place pendant un été, jusqu’à nous faire oublier notre réalité.  À l’époque de ces amitiés intenses, folles et des grands désespoirs de fin de camp. Bref, l’auteure réussit parfaitement à nous faire ressentir ça et à recréer cette ambiance où tout peut arriver.

 

Le premier tome nous laissait un peu dans la brume… fantastique ou pas fantastique?  Ici, nous avons notre réponse, et il suffit de regarder la couverture pour comprendre.  La fin du tome 1 ouvrait sur une possibilité, alors que la jeune fille, dans la nuit, a cru voir le directeur du camp attaquer une autre monitrice.  Mais qu’en est-il réellement?

 

Le rythme est rapide, les péripéties se succèdent et je suis toujours ébahie de voir à quel point les visages sont expressifs et communicatifs. Les rouquines démoniaques sont attachiantes à souhait (et hilarantes aussi), les moniteurs tous différents et drôles, et j’ai un coup de coeur particulier pour le personnage d’Hector, qui n’a l’air de rien mais…

 

Un bel album qui parle d’amitié (moins que dans le tome 1), de rites de passages, avec une jolie dose de fantastique. Un bien agréable retour dans les années 90, plein de bonnes musiques… et je voudrais bien une suite, en fait!  Un dyptique génial.

C’était ma BD de la semaine, et tous les liens sont chez Moka cette semaine

Nov 27 2018

La pêche blanche – Lise Tremblay

Entre les mots de  Lise Tremblay et moi, le courant passe. Je n’ai jamais été déçue et sa façon de parler de mon chez moi me rejoint toujours. Ici, il est certes question du Saguenay (de la rivière) et de pêche blanche mais davantage comme objet de fascination et comme symbole d’une enfance fantasmée.

 

Nous rencontrons donc deux frères ayant une vie très différente. Le premier a quitté la région et vit sur les routes depuis des années tandis que le second est professeur à l’université, dans une vie routinière qui ne lui correspond pas vraiment.  Tous deux ont été marqués par leur père taiseux, qui contrôlait la maison par sa seule présence et qui a laissé un goût amer à leur enfance. Le Saguenay, c’était l’interdit. Le danger.  Cette histoire, c’est l’histoire de silences et de solitudes. C’est l’histoire de gens qui ne réussissent pas à communiquer et de grands froids intérieurs et extérieurs.

 

Lise Tremblay n’écrit pas de grandes tragédies mais ses romans me serrent toujours le coeur. Ce sont des drames ordinaires, à plusieurs dimensions possibles et qui appellent plusieurs interprétations. En quelques phrases, simples d’apparence, elle pose des atmosphères spécifiques et fort différentes. Une maison au Saguenay, un motel miteux de San Diego… ce sont les décors dans lequels évoluent Simon et Roberf, qui ont encore des comptes à régler avec leur région et leur enfance.

 

Bref, j’aime. Vraiment.

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