The Poppy War – R.F. Kuang

Le pourquoi du comment

Parce que mai est le mois de la fantasy et que j’avais celui-ci depuis un moment. Et bon, la guerre sino-japonaise, ça me parle. Et c’était bien! Très bien!

C’est quoi, cette histoire?

Rin est orpheline de guerre. Elle a été élevée par un couple de fournisseurs d’opium violents et qui veulent la marier à un homme de plusieurs fois son âge. Pour elle, une seule solution, passer le Keju, le test qui lui permettra d’intégrer l’école supérieure.

Difficile de parler de vous donner envie (parce que j’ai envie de vous donner envie) (je sais, ça fait beaucoup de « envie ») sans en dire un peu plus. Je vous dirai donc que ça va fonctionner et que Rin va entrer dans l’école la plus prestigieuse. Et oui, elle sera un peu spéciale. Oui, je sais, je sais, on a déjà vu ça. Mais il y a autre chose. Le roman se divise en deux parties bien distinctes: l’école et la guerre. Loin de nous l’idée de voir un remake de Harry Potter. On n’est pas dans ça. On va explorer l’évolution de Rin dans l’académie, ses ratés, les petites mesquineries du quotidien, mais ça va rapidement évoluer vers autre chose car la guerre va être déclarée. Et ça va tout changer. Vraiment tout.

Mon avis

On ne va pas se le cacher, ça m’a énormément plu. C’est l’un des rares romans qui m’a vraiment accrochée depuis la mi-avril, moment où mon bébé-frère a été très malade… et qui mis toute la famille dans un genre d’état second. Donc, ne serait-ce que pour ça, pour avoir réussi à me sortir de mon quotidien et pour m’avoir amenée à réussir à m’intéresser à quelque chose d’autre, ça mérite quelques étoiles!

Le roman commence de façon assez classique: une jeune fille, orpheline, sortie de nulle part, acceptée dans une grande école et qui se révèle particulière et l’univers clos d’une école (militaire, cette fois) dans un monde fantasy basé sur la mythologie asiatique (oui, je reste vague par exprès… je ne connais tellement rien là-dedans… mais l’auteure est spécialiste en histoire moderne de la Chine). Si plusieurs ont vécu difficilement le changement drastique de ton au milieu du roman, moi, j’ai encore mieux aimé la seconde partie, beaucoup plus trash, beaucoup plus violente… et qui rappelle plusieurs éléments horribles de l’histoire de la Chine (genre ça). L’écriture n’est pas particulièrement poétique, ni particulièrement belle, mais elle est over-efficace, C’est plein d’action, souvent très dur, les personnages sont tout pleins de zones de gris. Aucun n’est réellement ce qu’il semble être à la base et l’évolution du personnage principal fait vraiment peur. Et quand on sait sur qui l’auteure s’est basée pour le créer… ça fait encore plus peur.

Bref, non seulement l’histoire est intéressante mais l’idée de suivre l’évolution d’un personnage qui part de rien et qui risque de tomber du mauvais côté de la force me fascine. Ça parle de choix, de décision, de colère et de vengeance. Ça parle aussi de l’horreur de la guerre, de ce qui arrive vraiment quand on sort des livres et des théories et ça, personne ou presque n’était préparé à ça. Certes, certains éléments sont très tirés par les cheveux (indice… ça commence par « s »), rien n’est réellement imprévisible, et on sent clairement que ce n’était d’ailleurs pas le but du récit.

Bref, un excellent moment et un roman auquel j’ai pardonné quelques incohérences en raison de son côté addictif. Et j’ai très très hâte de lire la suite!

L’héritage impossible (Neshov #3) – Anne B. Ragde

Le pourquoi du comment

Parce que je voulais connaître la suite, après le fin de folie du tome 2…

C’est quoi, cette histoire?

Je vais essayer de ne pas trop spoiler, même si le titre parle quand même de lui-même… Rappelons donc que c’est maintenant une pentalogie et que ça parle d’une famille norvégienne qui était totalement éclatée et qui s’est récemment retrouvée à la mort de la mère. Il y a des secrets, des non-dits… et au début du tome, rien ne va plus à Neshov. Torunn, qui a récemment reconnecté avec son père et son élevage de porcs à la ferme, se retrouve au pied du mur. Elle doit faire des choix, ce qui la met dans une situation réellement impossible.

Et mon avis…

Vous savez, une fois que je suis attachée à des personnages, je perd souvent toute objectivité face à un roman. Et ici, cette famille, elle existe dans ma tête. Ils sont réels. Alors je veux savoir ce qui va leur arriver. Et j’adore lire à leur propos ainsi que sur cette ferme délabrée dans le froid. Dans ce troisième tome, nous les suivons suite aux éléments tragiques de la fin du volume 2. Ils montrent de plus en plus leur vrai visage et réagissent chacun à leur façon.

Ce tome est encore une fois très sombre, beaucoup plus sombre que les deux autres, si possible. En tant que lectrice, on assiste impuissants à la descente aux enfers de Torunn, sous le regard volontairement détourné des autres membres de la famille, occupés à regarder leur petit nombril. On a envie de les secouer, tous, de ne pas voir la jeune femme sombrer dans la dépression et s’isoler dans cette ferme au bout du monde où elle se sent prisonnière. Elle se voit responsable de beaucoup trop, elle qui n’avait rien demandé.

En parallèle, Erlend se révèle encore plus égoïste qu’avant, et bizarrement, son côté extravagant ne rattrape plus vraiment. La mère de Torunn est à frapper en manipulatrice hors-pair et ce sont Margido et le vieux qui, bizarrement, sont les plus humains. Pourtant, j’ai beaucoup aimé. Le portrait des personnage est parfaitement réussi dans toute leur humanité et leurs nombreuses failles. L’atmosphère est ici encore plus oppressante. Je voulais arrêter ici la série, vu qu’à l’origine, c’était une trilogie mais maintenant que je sais qu’il y a une suite, je ne vais pas résister. Ils sont quand même dans de bizarres de situations et ça reste assez ouvert. Bref ouais… je vais lire le tome 4. Silly me.

Journal – Hélène Berr

Le pourquoi du comment

Parce que j’ai décidé de piocher dans ma pile et que je suis tombée sur celui-là. Qui y était depuis quoi… 9 ans peut-être. Oui, je sais, je sais!

C’est quoi, ce livre

De 1942 à 1944, Hélène Berr a tenu un journal. Elle habitait Paris, était en licence d’anglais à la Sorbonne, venait de rencontrer un jeune homme et était juive. C’est à travers ses mots que nous allons vivre ces deux ans et nous verrons son regard changer alors que les choses empirent quotidiennement, sans que les gens semblent réaliser ce qui se passe.

Mon avis

Comment est-il possible de donner un « avis », une « appréciation » sur ce journal? Impossible. Une vraie vie brisée, une vraie personne interrompue, des vraies souffrances, qui semblent presque universelles pour les juifs de l’époque… Comment « aimer » tout ça? Ceci dit n’empêche que c’est pour moi un texte essentiel. Pour ne pas oublier.

Hélène est une jeune fille qui ressemble beaucoup à ce que j’étais à 20 ans. Elle est passionnée de littérature, de musique, aime la philosophie, se questionne au sujet des garçons et s’inquiète pour des broutilles. Au début, elle est vivante et pétillante et jusqu’à la fin, elle reste capable de s’émouvoir de la beauté des choses, même si elle se sent coupable de le faire. C’est extrêmement émouvant et il sera facile pour plusieurs de s’identifier à elle. Ça aurait pu être nous, ça aurait pu être moi. Sauf qu’elle est beaucoup plus courageuse, généreuse et altruiste que j’aurais pu l’être.

Il faut savoir, quand on ouvre un journal intime, que nous allons manquer de références. J’ai mis un bon moment avant de comprendre que Denise était sa soeur et je ne suis pas encore certaine de bien savoir qui est qui parmi ses amis. Un tel document est aussi, surtout au début, totalement ancré dans le moment présent, sans le moindre recul. On est dans l’émotion, dans le quotidien, et le tout rend Hélène très humaine, presque accessible. On passe de moments terribles, très forts, à des réflexions enjouées sur un garçon ou à des frustrations au sujet d’un certain Gérard (je n’ai d’ailleurs pas vraiment compris qui il était ni ce qui s’était passé). C’est étonnamment bien écrit et on ressent vraiment le décalage entre le vécu d’Hélène et ce qui est perçu par les non-juifs, même ceux sont ses amis et qui sont sympathique à leur cause.

Un journal qui fait mal, et qui nous fait à nouveau comprendre l’horreur du quotidien et les changements profonds que la situation a amenée chez chacun. Le changement graduel fait mal à voir et vu que nous savons comment ça va finir.

Une lecture nécessaire, donc.

Le lambeau – Philippe Lançon

Le pourquoi du comment

Pourquoi, vous pensez? Parce qu’on le voit partout et qu’il est sélectionné pour le prix des libraires du Québec. En fait, c’est surtout surprenant que je ne l’aie pas lu avant!

C’est quoi, cette histoire?

Philippe Lançon est journaliste. Le matin du 7 janvier, avant d’aller à Libération, il s’est arrêté à Charlie, pour la rencontre. Ce matin-là, tout était normal. Jusqu’à ce que ce ne soit plus normal et que l’horreur et l’extrémisme s’en mêle. Ce sera le début d’un lent processus personnel de rééducation et de retour à la vie après avoir survécu à l’attentat et s’être vu défiguré.

Mon avis…

Le lambeau est un roman qu’il est fort difficile d’oublier après l’avoir lu. D’abord parce qu’il est magnifiquement écrit et ensuite parce l’attentat de Charlie Hebdo a bouleversé. M’a bouleversée. C’est comme si cet événement m’avait ouvert les yeux sur une réalité que je refusais de voir, et qui m’a confrontée à moi-même comme je ne l’aurais pas cru possible… bref, on va passer.

La première chose qui m’a frappée et dont je me souviendrai, c’est la langue. C’est hyper, hyper bien écrit, rempli d’images et de réflexions qui frappent. Il y a aussi un rapport à l’art et à la littérature qui m’a beaucoup parlé. Ça parle beaucoup de Proust, entre autres, et à son rapport au temps, au temps présent, à la fracture entre le moi d’aujourd’hui et le mois d’avant. La façon de parler d’une fracture dans l’existence est fort juste et m’a rappelé le discours de plusieurs personnes que j’ai connues et qui ont vécu un bouleversement dans leur vie suite à un accident ou une maladie subite. Le discours est à la fois introspectif et extérieur (oui, je sais, c’est bizarre… mais c’est ça quand même), ce qui permet au lecteur de garder une certaine distance. Parce qu’il en faut.

Ceci dit, bizarrement, je ne me suis aucunement attachée au narrateur, à Lançon. Peut-être est-ce parce que ces histoires de réadaptation, de retour à la vie, je les vis quotidiennement au travail, avec des gens que je connais, dont je connais la famille. Du coup, forcément, c’est moins « nouveau » et moins prenant émotivement. Les scènes qui m’ont le plus émue sont celles de la réunion de Charlie. L’avant.

Ceci dit, il y a des moments où j’ai trouvé la lecture fastidieuse, répétitive. C’était beaucoup de détails, beaucoup d’opérations, beaucoup de détails et de fistules. Je me demande si c’était vraiment nécessaire de tous nous raconter dans le détail. Peut-être parce que pour ma part, je sais comment ça se passe. La relation avec les soignants, les réflexions étaient intéressantes, mais les parties plus cliniques m’ont moins rejointe… et je me suis lassée, surtout au milieu du livre.

Une plume remarquable. Vraiment. Et un auteur que je relirai. Toutefois, je suis quand même moins enthousiaste que la plupart des gens. Encore. Je pense que je difficile ces temps-ci alors que je suis miss bon public normalement.

Une affection rare – Catherine Lemieux

Le pourquoi du comment

Parce que le roman est en lice pour le Prix des libraires du Québec.

C’est quoi, cette histoire?

Un jour, au tournant du siècle, Anna rencontre Sarah. Les deux jeunes filles sont malheureuses et se révoltent contre ce qui fait leur vie et contre la ville de Québec en général. Ville moyenne, avec des gens moyens qui ont des idées moyennes. L’amitié sera intense, fulgurante, mais deviendra aussi fort malsaine…

Mon avis

J’étais certaine que j’adorerais ce roman. J’aime beaucoup les grands bouleversements de l’adolescence, ses contradictions et ses superlatifs. Pourtant, si j’ai apprécié certains aspects du roman, j’en ressors avec l’impression d’être passée à côté du propos, de ne pas avoir tout compris.

En fait, je suis restée fort extérieure au récit, que j’avais l’impression de regarder de loin, sans la vivre. Pourtant, les sentiments qui sont décrits sont puissants, hors-norme et dépassent la raison. Ces amitiés amoureuses de l’adolescence me fascinent mais dans ce cas précis, je ne me suis pas sentie concernée et il m’a semblé anecdotique, ce qui est tout de même fort dommage dans ce type de récit.

Il y a aussi un rapport à la natation et à la maladie, des algues qui attaquent les poumons, des paragraphes sans ponctuation qui sont certes remplis d’images assez percutantes… mais je n’ai juste pas saisi le lien entre ces parties et l’histoire. Peut-être que si j’avais mieux cerné le propos, j’aurais mieux compris l’objectif, le « pourquoi » de ce roman.

J’ai l’air négative, je sais… mais bizarrement, je relirai l’auteure avec plaisir. Il y a quelque chose, un côté malsain et sombre qui me rejoint (ouais, je suis une fille comme ça, j’aime les cerveaux étranges… dans les romans). C’est prometteur!

La coupure – Fiona Barton

Le pourquoi du comment

Parce que j’ai discuté avec Fiona Barton au salon du livre de Montréal et qu’elle était fort sympathique. Oui, je sais, il m’en faut peu.

C’est quoi, cette histoire?

Une coupure de journal peut-elle changer des vies? C’est ce que va faire un entrefilet relatant la découverte du squelette d’un bébé dans un chantier de construction. Du coup, Kate Waters, journaliste d’enquête, va être intriguée et elle va décider de mettre son nez dans cette histoire. Ailleurs, il y a Emma, la quarantaine, éditrice qui travaille de son appartement londonien, pour qui cette nouvelle est un raz-de-marée. Et il y a aussi Angela, qui va revivre malgré elle le pire jour de son existence : celui où sa fille a été kidnappée dans sa chambre de la maternité.

Nous allons donc suivre ces personnages (et quelques autres) pendant les jours où l’enquête va prendre de l’ampleur et que leurs vie sont sans dessus dessous.

Mon avis

Je vais encore être la vilaine. Ce roman a eu beaucoup de succès. L’auteure est adorable. Et moi…ben j’ai trouvé ça moyen. Vous savez, quand vous avez l’impression que la solution est é-vi-den-te, que les personnages principaux ont tout pour faire les liens… et qu’ils ne le font pas? Ben avec moi, ça a été pas mal ça. Pendant une grande partie du roman. Disons qu’après un moment, c’est un peu longounet comme expérience. Je n’en pouvais plus de les foire patiner alors que ça me semblait vraiment logique.

Ceci dit, quand on a le « Ohhhhhh » en même temps que les personnages, j’imagine que la sensation doit être différente. Le début m’a beaucoup plu, et j’aime bien le personnage de Kate, journaliste d’expérience, qui se sent un peu dépassée par l’évolution de son métier tout en sachant ce qu’elle vaut. Elle est loin d’être parfaite, elle est prête à beaucoup pour avoir un scoop, mais pour moi, le personnage fonctionne. Le portrait du monde du journalisme est bien esquissé et c’est l’aspect qui m’a le plus accrochée.

Il faut quand même souligner la justesse des portraits de femmes qui sont au bord de craquer et qui dont les souffrances se répercutent forcément dans leurs comportements. Elles ne sont pas toujours attachantes, on sent comme lecteur les secrets devenir trop lourds et nos perceptions changent graduellement (un personnage est tellement, tellement à taper… mais bon). Ce n’est donc pas mal fait… mais pour moi, beaucoup, beaucoup trop simple comme résolution. Sérieux, je savais presque depuis le départ. Mais ça, c’est normal. Par contre, pendant le dernier quart, ils avaient TOUT pour comprendre… et j’avoue avoir perdu patience.

Ceci dit, comme j’aime bien Kate, je lirai peut-être La veuve, le premier tome la mettant en scène. Maintenant que je sais à quoi m’attendre, je vais peut-être apprécier davantage.

Gone Girl (Les apparences)- Gillian Flynn

Le pourquoi du comment

Bon, ok, j’avoue. J’avais « Les apparences » dans ma bibliothèque de livres audio et je ne savais pas que c’était Gone Girl. Je l’ai réalisé quand je me suis lassée de l’écouter, parce que c’était trop long à écouter (et bon, je voulais tous les deux les trucider pendant la première partie), j’ai réalisé que j’avais la VO dans ma pile… et que c’était le fameux Gone Girl. Sans commentaire.

C’est quoi cette histoire?

Le jour de leur 5e anniversaire de mariage, Amy, la femme de Nick, disparaît. Dans le salon, une scène de bataille. Rien n’a disparu, sauf Amy. Le couple est de retour depuis peu dans la ville d’enfance de Nick, afin de soigner sa mère gravement malade. Amy est une vraie New-Yorkaise, fille d’auteurs célèbres. En effet, c’est elle, « L’épatante Amy », le prête-nom de la fillette qui a accompagné tous les enfants de la génération précédente. Et comme « c’est toujours le mari », rapidement, Nick devient le suspect idéal…

Mon avis…

Hey, vous savez quoi? J’avais deviné. Non seulement le « premier twist » mais pas mal comment ça allait se terminer. Vous ne pouvez pas savoir comment je m’auto-tape sur les nerfs. Et je ne fais même pas exprès, en plus. Du coup, quand on est certain de ce qui va arriver, tant de pages, ça semble long. Fort long. Ce qui fait que même si j’avoue que ce roman est addictif, que la construction est fort intéressante, je n’ai pas adhéré autant que la majorité des gens. J’ai nettement préféré « Les lieux sombres », de la même auteure.

D’abord, il faut savoir que le texte alterne les chapitres « Après le jour où », où nous sommes avec Nick, et le journal d’Amy, qui revient sur le « avant ». Leur vision des choses semble à un univers de distance, et ça a un côté assez universel, en fait. Cette façon de nous amener « au jour où » m’a bien plu.

Dans la première partie, les deux personnages m’ont tellement semblé antipathiques, c’était fou! Sainte-Amy me tapait royalement sur le système, j’avais le goût de secouer Nick qui fait carrément n’importe quoi et qui se coule lui-même, avec brio à part de ça. J’avais le goût de lui crier « Pourquoi… mais POURQUOI tu dis ça! ». Bref, je fatiguais.

Heureusement, dans la deuxième partie, j’ai apprécié davantage ces personnages ma foi très imparfaits et ils m’ont beaucoup fait rire à certains moments. Ouais, j’ai un humour bizarre. Je ne peux pas vous en dire davantage pour ne rien spoiler mais plus je découvrais l’Épatante Amy, plus je la trouvais intéressante, voire même un peu fascinante.

Ceci dit, quand on ne voit pas venir, j’avoue que ça doit claquer. Je comprends l’engouement pour le roman, je regarderai la série… et je relirai l’auteure. Non mais POURQUOI je suis devin hein? Pourquoi!

Néachronical – 1 – Memento Mori – Jean Vigne

Le pourquoi du comment

Parce que toute la blogo en parle? En fait, je le cherche depuis un moment et je me suis dit qu’une intégrale, c’était pas mal du tout, vu que j’aime bien enfiler les sagas de bout en bout. Bon, je n’ai lu que le 1 pour l’instant, je vais tenter le coup avec le tome 2… et we’ll wee!

C’est quoi, cette histoire?

Néa a 15 ans. Un soir, elle s’échappe pour aller rencontrer un garçon… et se réveille dans un marais. Le problème, c’est que quand elle se réveille, 5 ans ont passé. Retourner à l’école, ce n’est étrangement pas si simple, surtout qu’en plus, elle se reconnaît difficilement. Quelque chose en elle semble avoir changé.

Mon avis

Les avis étaient tellement dithyrambiques que j’avoue que mes attentes étaient très, très élevées. Je pensais aussi que c’était un roman adulte (je ne sais pas pourquoi d’ailleurs… si quelques thèmes sont matures, le rythme, le style et la façon de mener le récit sont clairement jeunesse. Après une déception initiale en réalisant ça, j’ai finalement bien aimé cette histoire originale, sans toutefois ressentir le coup de coeur de plusieurs lecteurs.

Le scénario démarre sur des chapeaux de roues. Il y a de l’action, on se demande ce qui a bien pu arriver à Néa et son désarroi en retournant à l’école est fort crédible. Les pages se tournent toutes seules et il y a une histoire intéressante derrière tout le côté paranormal. Je ne suis toutefois pas certaine que j’aime l’endroit où ça s’en va à la fin… mettons que ce n’est pas mon thème préféré mais on me dit que la suite est mieux que le premier tome… nous verrons!

Par contre, je dois avouer que le personnage de Néa, avec son parlé imagé et sa façon de dire les choses, m’a fort peu rejointe. Elle ne m’a pas vraiment plu, je n’ai pas du tout compris sa façon d’appréhender ce qui lui arrive et j’ai eu l’impression qu’on s’est « débarrassé » de certains personnages, et malheureusement, ils sont du type que j’aime trouver dans les romans jeunesse. Par contre, le deuxième personnage principal m’a davantage touchée… mais je ne vous en dirai rien.

Un roman certes addictif, qui a généralement beaucoup plu… mais qui était peut-être moins fait pour moi!

Ailleurs…

Galléane, Mélisende,

Le roman de Bergen – Tome 3 – partie 2 – Le crépuscule – Gunnar Staalesen

Le comment du pourquoi

Parce qu’il faut bien finir la série… et que bon, je veux savoir, moi, qui a tué le consul Frimann au début du tome 1!

C’est quoi, cette histoire?

Je ne vais pas tout vous résumer ici… surtout que j’ai déjà parlé du tome 1, du tome 2, du tome 3, du tome 4… et du tome 5. Je sais, je suis répétitive! Sachez seulement qu’en 6 tomes (3 en VO norvégienne), on nous raconte un siècle d’histoire de la ville de Bergen (où j’ai maintenant une envie folle d’aller), à travers celle de plusieurs familles de plusieurs couches sociales. Et pendant la majorité de ma lecture, ça m’a passionnée. Bon, moins vers la fin, je l’avoue… mais quand même, elle est bien, cette série.

Mon avis

Soyons clairs. Les quatre premiers tomes de cette série sont géniaux. Pour les tomes 5 et 6, que j’ai lus un peu plus tard, j’ai été moins passionnée parce que souvent perdue dans les familles (ils ont des noms norvégiens… qui reviennent d’une génération à l’autre, j’ai une bonne mémoire, mais pas tant que ça) et parce que plusieurs événements sont survolés. Après 6 tomes, on croirait que ça traîne mais non, en fait. Dans ce volume 6, il se passe tout plein de choses, pour plein de gens différents, qui ne font l’objet que d’une partie de chapitre, sans que l’on y revienne nécessairement plus tard. J’en garderai le souvenir d’un dernier tome intéressant au plan historique mais très eu au plan romanesque. Heureusement, le tout a été sauvé par la fin, où nous voyons apparaître un certain Veum… Varg Veum.

Nous survolons donc ici la fin du siècle, les années 80 et 90, marqués par la tragédie de la plate-forme pétrolière Alexander Kielland, la spéculation et la modernisation. Dans la maison de retraite, une certaine Cecilie Brandt (née Frimann), a été le témoins privilégié du siècle qui nous est raconté dans la série, sans toutefois bien comprendre comment s’est déroulé l’événement qui a marqué sa vie, l’assassinat de son père quand elle avait 18 mois. Et c’est pour elle que sera finalement révélé ce qui s’est passé au début du premier tome. Il va sans dire que l’intérêt du roman ne se limite pas à ça.

Une série que je conseille donc de lire peut-être pas tout d’une traite, mais il ne faut quand même pas trop traîner… et gardez une copie de l’arbre généalogique fournie au tome 5 pas trop loin. Petit conseil d’ami! Ceci dit, le portrait de la ville, qui est le véritable personnage principal de la série, est magnifiquement tracé et chaque événement majeur ayant transformé son visage fait partie de ceux qui marquent, davantage que ce qui se passe dans les vies des personnages. À la fin, j’ai eu l’impression de l’avoir vécu, ce siècle… et je compte bien aller faire un tour en Norvège, ne serait-ce que pour voir cet endroit !

La métamorphose – Franz Kafka

Le pourquoi du comment

Je veux lire Kafka depuis Prague. Oui, la première fois, c’était en 2016. Je suis parfois longue à la détente.

C’est quoi, cette histoire?

Je pense que la prémisse de l’histoire est bien connue. Un matin, Gregor Samsa, un représentant commercial qui se réveille un matin transformé en coquerelle géante. Une grosse bibitte dégueu, quoi. Very glamour.

Et mon avis…

J’ai a-do-ré ce truc. Rien de moins. Vous savez, le genre de roman complètement jubilatoire, complètement n’importe quoi, complètement à côté de la plaque? C’est tout à fait ce genre de livre. Je ne sais trop ce que l’auteur avait en tête mais j’ai dû m’amuser à interpréter le texte de 12 manières différentes. Je suis consciente qu’il me manque sans doute des clés mais sérieusement, Kafka était à la fois génial et complètement barré.

Nous passons donc ces cent quelques pages dans la tête de Gregor, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et qui tente de s’y adapter sans trop réaliser ce que ça représente. Certes, il y a cette métamorphose-là, mais celle qui fascine, c’est celle qui s’opère chez sa famille suite à cette transformation et c’est celle que nous suivrons tout au long du roman. Le père qui se reprend en main, la soeur qui se détache petit à petit, le tout à la fois par à coups et subrepticement. Et ça, c’est passionnant.

Quant à savoir ce que l’auteur veut représenter, c’est une autre histoire. Mais les réactions à la transformation pourrait s’appliquer à n’importe quelle maladie, physique ou mentale. En fait, ça y ressemble tellement que ça fait peur et que ça rappelle fortement ce qui arrive parfois, quand le détachement se fait quand la personne est toujours là et qu’on cesse de la considérer comme une personne. Et ça, c’est terrible. Ça pourrait aussi être une métaphore de la différence en général, mais aussi du génie, le génie incompris, celui qui dérange. J’ai adhéré à 100%.

Comme quoi, les classiques, parfois, ça surprend agréablement. Même quand ça parle de blattes. Tant qu’elles restent dans les romans et pas dans ma maison!

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