Nov 15 2018

Les histoires de Shushanna Bikini London – Lucile de Pesloüan

Je me suis longtemps demandé où allait intervenir Shushanna Bikini London dans l’histoire. Voyez-vous, c’est que je croyais que c’était un personnage de l’histoire jusqu’à ce que j’apprenne que c’était le pseudonyme sous lequel s’était fait connaître l’auteure quand elle avait publié ces histoires sous forme de zine.  Cet ouvrage comprend donc dix histoires écrites, avec, en parallèle, des photos et des citations intercalées. Comme les images font écho aux textes, elles ajoutent une dimension un peu mystérieuse, qui ouvre l’esprit sur autre chose.

 

J’ai pour ma part vraiment apprécié cette lecture, qui me tentait depuis un bon moment. C’est toujours difficile de parler de nouvelles, d’histoires car il nous en reste surtout une ambiance, avec quelques fulgurances. Ici, l’auteure nous ouvre des parenthèses, des petites bulles qui éclatent avant qu’on ait le temps de tout savoir, ou qui ne nous livrent que quelques courts moments d’aventures que l’on sait plus grandes. C’est risqué mais avec moi, ça a fonctionné. J’ai aimé ces regards fragmentés, très pudiques, qui nous obligent à imaginer ce qu’il y a dans les interstices.

 

Ça parle de deuil, de filiation mais aussi d’obsessions, avec une touche de féminisme (on parle quand même de Lucile de Pesloüan ici) et beaucoup de sensibilité. Bref, un format original et vraiment, je pense que j’aiime de plus en plus les nouvelles!

Nov 13 2018

Ma Martinique

Mes amis Facebook le savent, j’ai passé une semaine et demie en Martinique avec Mylène la semaine dernière.   Je ne connaissais pas du tout la destination, j’avais zéro attente, et j’ai passé de très belles vacances sous les tropiques, en chantant tout un tas de chansons tout aussi quétaines les unes que les autres.  On était basées à Ste-Luce et  presque toute l’île est accessible dans la journée. C’était beaucoup de chaleur, beaucoup d’humidités, plein de palmiers, de fleurs, de fruits (les bananes… les bananes), de la baignade, des vagues, des randos… et du rhum!

 

J’ai écrit mon journal de voyage… mais je n’ai pas décidé si mes anecdotes étaient suffisamment intéressantes pour les publier ici… en attendant, un petit aperçu (avec mes photos instagram) de la Martinique, vue par moi!

 

La Martinique en randonnées…

  • Le tour de la presqu’ïle de la Caravelle – une randonnée assez facile de 8 km (une bonne montée, mais au début), avec des panoramas incroyables et variés (côte, mangrove, sous-bois) et une vue magnifique.  Le parcours long dure presque 4h… alors prévoir de l’eau!
  • Le Morne Larcher – Une vue magnifique sur le rocher du Diamant… mais il faut la mériter!  Début dans les herbes et ensuite, montée sur des gros rochers.  La descente est… acrobatique!  Deux chemins pour le faire, l’un avec 400m de dénivellé et l’autre avec 200m… en en faisant une partie en voiture!
  • Le tour de la pointe du Vauclin – Une boucle assez facile de 4 km dans les herbes hautes, sur les rochers, la mangrove et qui traverse un village de pêcheurs.   Super beau… mais très boueux quand il a plu pendant la nuit.  Mes chaussures s’en souviendront!
  • Le canal de Beauregard – Mon Wow du voyage question panoramas.  2 km sur un ancien muret construit pas des esclaves pour amener l’eau aux champs en contrebas.  Un peu vertigineux par endroits.  Nous n’avons pas tout fait en raison d’éboulements mais ça a été toute une expérience pour moi.  On peut le prendre en haut  (parking de la maison rousse) ou en bas (Le Carbet) mais je crois qu’en partant du haut, on peut en faire plus longtemps!
  • L’ilet Chevalier – On s’y fait reconduire en bateau, il y a une toute petite plage de sable blanc et un sentier dans les herbes hautes et les cactus qui fait le tour de l’îlet.  Facile, court, agréable, mais pas non plus wow quand on a vu les paysages des autres randos.  Chouette pour voir le côté océan versus le côté Baie!
  • Le Morne Champagne – Petite randonnée de la petite anse d’Arlet à la grande anse d’Arlet.  Ca monte assez rapidement, c’est court mais c’est beaucoup plus carossable comme randonnée que celle du Morne Larcher.
  • Savane des pétrifications – Un paysage désertique et lunaire… après une traversée de gué un peu hasardeuse pour nous.  C’est un ancien marais asséché, assez particulier pour l’endroit.

 

La Martinique en plantations, habitations et musées

  • Habitation Clément – Rhumerie encore en activité mais ayant conservé la maison coloniale en l’état ainsi que plusieurs des anciennes machines à vapeur. Les jardins sont magnifiques et une expo d’art contemporain est présente à l’intérieur et à l’extérieur. Visite intéressante, dans une atmosphère un peu steampunk, avec dégustation à volonté pour la clore!
  • Habitation Céron – Ancienne distillerie en ruines… mais très très beau jardin tout autour, rempli de matoutous, ces mygales poilues (trop choupi selon moi).  Le paysage est à la fois sauvage et domestiqué… c’est magnifique.
  • Rhumerie Trois-Rivières – Moins de bâtiments visitables hors-visite guidée que les autres endroits visités… mais beaucoup de boutiques d’artisans, de bonnes glaces et une dégustation qui en vaut le coup.  Ben quoi… j’aime le rhum.
  • Rhumerie St-James – Une autre rhumerie ancienne avec historique, anciennes machines… et dégustations.  Il faut bien comparer!  Il y a aussi un petit train dans les plantations.
  • Musée de la Banane – Tout près de Sainte-Marie, le musée de la banane qui parle… de bananes.  On peut goûter en plus.  Une première section intérieure qui parle de l’histoire de la culture et une partie extérieure avec 60 espèces de bananiers différentes.  C’est jooooli!
  • Écomusée de la Martinique – Musée archéologique et historique, qui retrade l’histoire de l’île des permiers amérindiens Arawak (ne me chicanez pas sur le terme, c’est celui qu’ils utilisent) jusqu’aux années 50, en passant par l’époque des Caraïbes et des habitations.  On y retrouve  beaucoup d’informations et de maquettes sur les modes de vie, ainsi que des objets datant du début de notre ère.   Ah oui, des infos sur les productions de café, cacao, canne à sucre, banane et tout et tout…
  • Château Dubuc – Court parcours sur les hauteurs avec une vue magnifique, parmi les ruines d’une ancienne sucrerie.  Audioguide avec des explications courtes mais intéressantes sur la vie de l’époque. C’est à la fin du sentier de la pointe de la Caravelle… il y a de super bonnes glaces à l’arrivée quand on a tout réussi!

 

La Martinique en plages… (que je mélange toutes…)

  • Anse Couleuvre – Plage de sable noir, avec des grosses, grosses, grosses vagues.  J’ai dû apprendre à les affronter à mes dépens!
  • Anse des Salines – longue, longue, longue plage de sable blanc… sans sargasses!
  • Petite Anse d’Arlet – Jolie plage avec un long quai et une vue sur l’église.
  • Anse Figuier – Tout près de l’écomusée, avec un grand parking.  Très animé.
  • Ilet Chevelier – En sable blanc et de l’eau turquoise.  Dommage qu’il y ait un peu d’algues.
  • Ilets du François  et baignoire de Joséphine – Les fameux sables blancs!  Super beau dans les parties blanches… mais si c’est foncé, c’est qu’il y a de la flore!

 

La Martinique en visites et activités…

  • Les jardins de Balata – Jardins magnifiques et apaisants, où on peut voir de magnifiques roses de porcelaines, des oiseaux de paradis et plusieurs plantes tropicales.  Il y a même un petit chemin dans les arbres!
  • Saint-Pierre en Petit Train – Visite passionnante avec un guide fanatique de l’histoire de sa ville.  Une partie en train, une partie à pieds, on visite les ruines du St-Pierre d’avant 1902 et on fait le plein d’histoires et de légendes.
  • Le mémorial de l’Anse Cafard – Un petit arrêt sur la route pour penser à ces hommes et femmes qui ont payé cher afin que les habitations puissent fonctionner…
  • La maison du bagnard – superbe vue… et curiosité locale!
  • Kayak dans la mangrove – Avec Kayak Nature Évasion, on a eu droit à une super balade dans la mangrove, avec un guide qui connaît super bien l’environnement, la faune et la flore.  De plus, il n’a pas son pareil pour apercevoir crabes, poissons et autres bestioles.  Un peu sportif par moment, quand on traverse la baie et qu’on fait le tour de l’îlet.  Une excursion que je conseille.
  • Plongée au rocher du Diamant – Un baptême de plongée idéal, dans un lieu enchanteur, avec Antilles SDR.  De l’eau claire, du corail, des poissons, une tortue, des couleurs… et un guide par personne qui plonge pour la première fois.  Très rassurant et bien encadré. 
  • La Savane des Esclaves – Lieu fondé à la mémoire des esclaves qui ont fait la prospérité des riches colons.  Visite guidée super intéressante à travers les différentes habitations recrées.  Cases, villages d’anciens exclaves et village Caraïbe.  Mieux sous le soleil que sous a pluie toutefois!

 

La Martinique dans les villes…

  • Ste-Luce – Tout plein de restos… et une atmosphère de village de pêcheurs!
  • Le Diamant – Joli village, avec une rue commerciale et un accès à la plage. et une jolie église.  J’ai beaucoup aimé.
  • Le Marin – Très jolie église et cimetière impressionnant. 
  • Ste-Anne – Très joli village, avec une église… et un chemin de croix où il y a une magnifique vue.
  • Ste-Marie – Village moins riche, moins bien entretenu, mais avec un beau front de mer, un marché chouette et le fameux tombolo sur le front de mer.
  • St-Pierre – Autrefois la capitale de la Martinique, le village a été rayé de la surface en 1902 suite à une éruption de la montagne Pelée. Reconstruit sur les ruines bien entretenues, un endroit historique incontournable selon moi. 
  • Trois Ilets – Particulier de par sa couleur, très joli village, lieu de naissance de Joséphine.  Tout près de la fameuse pointe du bout et son fameux village créole, mais aussi du village de la poterie, où on trouve artisanat de toute sorte.  Tois lieux très différents.
  • Tartane – Un super joli front de mer et une jolie plage… on est passés vite.

 

Alors, vous voulez le récit de mes aventures – et d’autres photos –  ou ça vous suffit?

Nov 13 2018

La Scouine – Gabriel Marcoux-Chabot

Ok, je vais commencer – comme d’habitude – par raconter ma vie.  J’ai dû lire « La Scouine » de Albert Laberge à l’école.  C’est l’un de nos classiques québécois, et on nous l’avait présenté comme le Zola québécois.  Résultat : ça m’a pris 25 ans à me décider à lire Zola.   Oh boy que j’avais détesté ce roman.  Je me souvenais d’un truc avec des personnages bêtes et méchants qui puaient le pipi.  Juste le mot « scouine » me levait le coeur.  Ça donne une idée.

 

Là, je vous entends penser.  Mais pourquoi tu as lu cette réécriture, alors?  Tu aimes la souffrance?  Ben non en fait.  Je me suis souvenue de d’autres lectures qui m’avaient ennuyée à l’adolescence et que j’ai adorés par la suite.  Une réécriture, c’était l’occasion de faire la paix, non?

 

Oui et non, en fait.  Bon, parce que je suis moi, j’ai aussi relu l’original.  Et bon, oui, il y a un côté naturaliste, avec les descriptions sombres et souvent glauques des milieux campagnards de la fin du 19e siècle, mais au Qébec.   Mais on est loin, loin, loin des études de caractère de Zola.  Mettons qu’entre Albert et Émile, il y a un monde côté psychologie des personnages.  Dans l’original, nous avos droit à des scènes de vie de la famille Deschamps sur quelques décennies, avec en vedette Paulima, la Souine, bébé laid qui est devenu une femme laide et méchante.  C’est plutôt décousu, certaines anecdotes racontées sont un peu en dehors de la trame principale et je comprends tout à fait pourquoi je n’avais pas aimé à l’époque.  Je suis encore mitigée… et, sérieux… c’est pas Zola. Zola, je l’aime.

 

Parlons maintenant de la réécriture.  J’avoue l’avoir préférée à l’original car plus resserré et l’auteur a ajouté un peu de profondeur aux personnages (qui auraient pu en prendre bien davantage, j’avoue) mais il y a quand même plusieurs passages qui sont tels quels par rapport au roman original.  Gabriel Marcoux-Chabot s’est permis de s’immicer dans les blancs, notamment au sujet du comportement de la Scouine et de son frère Charlot.   Même si la Scouine est toujours aussi méchante, hypocrite et prête à tout (quoique beaucoup moins mangeuse de ballustres), elle a un côté assoiffé d’amoir que je n’ai pas ressenti dans le roman original.  Attention, elle n’est pas mieux hein… à la fin de chaque chapitre, ou presque, je refermais le livre en disant (à haute voix) : c… de salo…  Sans joke.  Un mot que je n’utilise jamais.  Mais elle le méritait.  Genre, vraiment.

 

C’est un roman hyper court mais je pense que cette fois-ci je vais mieux m’en souvenir, vu que les personnages sont devenus plus tangibles.  Un peu.   Bref, même si ce n’est pas un coup de coeur, c’est quand même un coup de poing… et je suis quand même contente de l’avoir redécouvert.

Nov 12 2018

Quatre Mélanie et demie – Justin Laramée

On me l’avait vendu comme un hybride entre roman, théâtre et poésie en prose. Vous pouvez imaginer que je n’ai pas hésité. Et vous savez quoi?  Je pense que c’est un texte que j’aurais préféré voir sur scène, même si j’ai passé un agréable moment de lecture, qui m’a fait sourire (un peu jaune… ça se dit, sourire jaune?) et grincer des dents.

 

Le texte prend la forme de quatre monologues, quatre Mélanie qui nous offrent un regard cru et souvent désabusé sur leur vie.  Ce sont des épisodes, parfois marquants, parfois cocasses, qui nous font entrer dans leur quotidien ou dans leurs passés respectifs.  On nous offre ici une langue profondément ancrée dans l’oralité, dans le parlé québécois et ses références.  Il y a certes un fil rouge… dont vous saisirez toute l’ampleur à la fin des récits.

 

Si les histoires sont fort différentes (on nous balade d’une cabane de chasse à l’heure JMP, en passant par une date digne d’une sitcom), j’ai eu un peu de mal à distinguer trois des quatre voix.  C’est pour ça que je disais que j’aurais aimé voir le texte joué au théâtre, pour mieux distinguer les fameuses Mélanie. Quoiqu’il y a peut-être une raison pour ça… mais bon! De plus, la façon de traiter la sexualité féminine et le désir féminin, pour plusieurs des personnages en plus, m’est également apparue particulière et ne m’a pas parlé.

 

C’est toutefois un texte qui mérite d’être découvert, qui fait réfléchir sur un certain sujet que je ne révélerai pas ici, et dont la langue vaut le détour. Entre comédie et tragédie… pourquoi pas! Et s’il passe au théâtre près de chez moi, j’irai certainement!

Nov 09 2018

Quelques lieux de Constance – Catherine Lavarenne

Ce court roman, je l’ai lu deux fois. Une première il y a quelques jours et une seconde tout à l’heure quand j’ai eu envie de le chroniquer. En fait, cette Constance évanescente, j’avais envie de la rencontrer à nouveau et peut-être mieux la comprendre. Et il faut avouer, j’avais beaucoup aimé.  C’est tout à fait le genre de court roman qui me plait souvent beaucoup.

 

Constance, contrairement à ce que son nom peut laisser croire, est une femme en fuite. Musicienne, elle a quitté Montréal il y a 20 ans et n’y a jamais remis les pieds. Cette fois-ci, elle prévoit un aller-retour. Elle doit aller signer le papier,celui qui mettra fin à la vie de sa mère maintenue en vie artificiellement. Au départ difficile à saisir, fermée, lointaine, même pour ceux qui la connaissent bien, nous allons la découvrir par instantanés, un peu comme ces cartes postales qui illustrent la couverture.  Ce n’est qu’à partir de la seconde partie qu’elle commence, doucement, à lever le voile pour nous et c’est à partir de ce moment que j’ai finalement plongé dans l’histoire.

 

Constance est tellement insaisissable qu’elle prend graduellement, au yeux de diverses personnes, les traits de figures de leur passé, souvent fascinantes. C’est au chevet d’une vieille dame dont la mémoire s’égare, rencontrée par hasard, qu’elle va se raconter par bribes et c’est dans ce format que j’ai vraiment eu l’impression de faire sa rencontre.

 

Ça parle de liens, d’au-revoirs et d’errance. Ça parle d’attachement, de famille, celle qui nous a choisi et surtout, on referme le roman avec l’impression que l’amour des gens allège nos bagages quand on l’emporte avec nous.

 

À découvrir.

Nov 08 2018

Thelma, Louise et moi – Martine Delvaux

-Qu’est-ce que tu lis? m’a demandé Mylène quand je suis allée la chercher à l’aéroport.

-Un essai féministe à partir de la trame du film « Thelma et Louise ».

 

À voir son regard, je ne la tentais pas du tout! Et pourtant, c’était bien, voire même très bien. Surtout quand on a comme moi été marquée par Thelma et Louise (cette images de la fin… cette image) à l’adolescence, sans toutefois comprendre tous les tenants et les aboutissants. Du coup, ce regard mature, critique et manifestement féministe m’a beaucoup parlé.

 

Entendons-nous, c’est Martine Delvaux. Si les interprétations féministes vous déplaisent, passez votre chemin car c’est de ça qu’il s’agit.  Ceci dit, étant donné le film et son contenu, ce n’est pas non plus surprenant.  Ici, nous avons une réflexion sur la place des femmes dans la société, sur leurs destins, leurs choix et leurs non-choix.   Martine Delvaux a vu Thelma et Louise 50 fois et à chaque fois, à la fin, elle éclate en sanglots.  Dans son essai, elle nous emmène avec elle dans sa tête et dans le road trip de Thelma et Louise, sans oublier Callie Khoury, la scénariste et les actrices qui interprètent Thelma et Louise.  Elle revisite les mêmes scènes et on sent l’émotion, le sentiment d’impuissance face à la violence qui pointent.  Vivre « moindrement » parce que femme, ou faire le grand saut? Quel avenir est possible dans notre monde où la société est beaucoup plus souple envers les hommes qu’envers les femmes?

 

Nous sommes invités à nous balader entre les expériences de l’auteure et le film et Martine Delvaux passe la réalité dans le filtre de la violence faite aux femmes, la violence physique, certes, mais aussi psychologique et quotidienne.  Ce sexisme ordinaire. L’écriture est hyper visuelle, on a l’impression de revoir les scènes défiler, autant celles du film que celles, plus personnelles, que l’auteur décrit.

 

Un moment de réflexion pour moi… et pour répondre à la question : oui, j’ai re-regardé Thelma et Louise. Oui, j’ai eu peur qu’elles dérapent. Et oui, j’ai pleuré à la fin. Pour la fin mais aussi pour le Texas et pour ce qui ne sera jamais dit.

Nov 07 2018

La femme aux cartes postales – Jean-Paul Eid / Claude Paiement

J’avais cette BD depuis une demi-éternité (bon, ok, n’exagérons rien… depuis un salon du livre ou deux) et il m’aura fallu Québec en novembre pour la sortir de la pile vu que j’avais lu pratiquement tout les reste de ma pile-de-bd québécoise. Et quelle belle surprise.  C’est tout à fait le genre de graphisme dont je suis fan. Ce fut donc un plaisir pour moi de retrouver le Montréal des année 50-60 et la campagne québécoise du début des années 2000.

 

La femme aux cartes postales, c’est Rose. Elle a un jour quitté son village au bout du monde en Gaspésie pour aller à Montréal, dans la grande ville, pour devenir chanteuse de jazz.  Avec Lefty, qui vient de son coin et Art, trompettiste prodige, ils vont vivre à plein cette époque, la fin a belles heures du jazz à Montréal et le début du Rock’n’Roll.  C’est aussi le début d’une aventure humaine, qui nous amènera bien des années plus tard, quand un professeur d’université est intercepté à Paris, en lien avec les attentats du World Trade Center.

 

C’est dans une atmosphère soooo vintage que les auteurs nous font vivre les aventures des trois personnages auxquels on s’attache malgré leurs défauts et leurs failles. Rose est partie sans laisser d’adresse, Lefty est un peu mou et Art est… Art.  L’ambiance mystérieuse de l’époque est parfaitement rendue et les illustrations en noir et blanc sont magnifiques.  Mais alors là, vraiment.  Classiques, elles collent parfaitement au récit. On a l’impression d’y être. Les cartes postales, souvenirs d’un autre temps, donnent un petit côté nostalgique au récit, qui m’a énormément plu.

 

Il y a certes quelques raccourcis dans le scénario mais la beauté du graphisme et l’atmosphère enveloppante me rendent le pardon facile.  Une réflexion sur les origines, le hasard et les secrets de famille.  Une BD que je suis ravie d’avoir chez moi pour la feuilleter à l’envi!

C’était ma BD de la semaine et c’est chez … cette semaine!

Nov 06 2018

Les villes de papier – Dominique Fortier

Il y a un je ne sais quoi dans la plume de Dominique Fortier qui fait que j’y suis particulièrement sensible. Ses livres dégagenet toujours une certainen poésie, une certaine lumière et moi, chaque fois, je suis happée.  Et imaginez, cette fois, il est question d’Emiliy Dickinson, poétesse américaine qui a accompagné mes années d’adolescence, la fameuse dame en blanc qui a choisi de vivre seule avec ses mots, loin des gens. C’était gagné d’avance. Et j’ai passé la journée suivante à relire Emily Dickinson, bien installée au coin du feu.  Ya pire comme programme.

 

Dominique Fortier nous amène à Amherst dans le Massachussets, ville où grandit et où vivra toujours Emily Dickinson.  Nous la verrons grandir, écrire, se balader dans son jardin et, graduellement, se retirer dans une pièce.  Entre essai et biographie romancée, on parle d’écriture, de création et du rapport aux autres, à la terre, à la nature. En parallèle, l’auteure passe au « je » et nous fait vivre quelques mois de sa vie, aux États-Unis, pour éclairer différemment sa vision de la vie de Dickinson, cette vie qui semble tenir dans un mouchoir de poche.

 

J’ai aimé l’écriture, ces images lancées comme des bouteilles à la mer. Et comme toujours, les livres qui parlent de livres, j’adhère. Ce roman m’a transportée dans une bulle de calme, m’a fait faire un voyage vertical, loin des faux-semblants et des apparences.  Dominique Fortier, quoi!

Nov 05 2018

Maria (Les enquêtes de Joseph Laflamme #3) – Hervé Gagnon

Cette semaine, j’ai reçu le tome 6 des enquêtes de Joseph Laflamme.  Et comme je n’avais pas lu le tome 3 (et que l’auteur venait au salon du livre du Saguenay), je me suis dit que ce serait une pas pire idée d’avancer d’un tome dans la série. J’aime bien cette série de polars historiques (je vous ai parlé de Jack et de Jeremiah) qui nous ramène dans le Montréal de la fin du 19e en compagnie du journaliste Joseph Laflamme, de sa soeur Emma, de l’inspecteur Arcand et de toute sa petite bande.  Encore une fois, l’auteur est parti de deux faits divers pour construire une histoire prenante entre passé et encore plus passé et pour balader ses personnages d’un danger à l’autre.  Et encore une fois, ça se lit tout seul.  Si on n’a pas de souci avec les charniers d’enfants.  Parce que, entendons-nous, certaines scènes sont assez terribles merci!

 

Charnier d’enfants donc. C’est ce qu’on découvre à Montréal, par pur hasard. Alors que tout le monde (y compris nous) est secoué par la macabre découverte, un mystérieux prêtre semble tenir à tout prix à ce que Joseph Laflamme se penche sur un livre sorti presque 60 ans plus tôt, The awful disclosure of Maria Monk.  Il y est question de révélations scabreuses au sujet des soeurs de l’Hôtel-Dieu de Montréal impliquant meurtres et fornication. Y aurait-il un lien entre ces événements?

 

Ce livre existe pour vrai, même si les allégations ont été démenties.  Et parce que Gagnon est historien, le contexte est fort bien exploité sans jamais que ce soit didactique.  Il y a comme toujours les Francs Maçons (et il nous a expliqué pourquoi dans la conférence, mais je ne vous le dirai pas… vous n’aviez qu’à être là), des péripéties, des dangers et la religion en prend pour son grade.  Pas de surprise extraordinaire à la fin (pour ma part, j’ai beaucoup aimé le côté anticlimatique de certaines parties de la révélation) mais un excellent moment de lecture et des faits qui s’emboîtent super bien.

 

Je jure que je n’attendrai pas 3 ans pour lire la suite!

Nov 03 2018

La dévoration des fées – Catherine Lalonde

J’ai choisi ce roman pour son titre.  Dévoration. Fées. Ça laissait présager un récit poétique, plein de flous et laissant beaucoup de place au lecteur.  Et si j’en ressors un peu sur le derrière (pour ne pas dire « sur le cul »), j’avoue que la plume m’a enchantée.

 

C’est l’histoire de la Ptite, née d’une mère morte en couche, élevée par Grand-Maman avec les autres, tous garçons. C’est un récit initiatique, l’histoire d’un héritage féminin lourd qui pèse sur la P’tite, héritage dont elle tentera de s’affranchir. Du moins, c’est mon interprétation. Il y a une vision clairement féminisme, il y a un côté conte de fées très déconstruit, mais il y a surtout une écriture, et quelle écriture.

 

C’est un roman très poétique et cette poésie en prose demande tout notre cerveau pour en apprécier les sonorités et la syntaxe. On joue avec les mots, on les modèle, on en utilise les multiples sens. Il y a des paragraphes très lyriques, d’autres très crus, le contraste est frappant et magnifique. Bref, j’ai fort envie de lire les recueils de posie de Catherine Lalonde.

 

Est-ce pour tout le monde? Clairement pas. J’avoue que la fin, même si j’en conçois la symbolique, m’a complètement perdue et, je l’admets, ne m’a pas convaincue. J’ai ouvert de grands yeux, j’ai refermé le livre, je l’ai réouvert pour vérifier que j’avais bien lu… et oui, c’était ça. Pour moi, c’était clairement too much et je me suis questionnée sur la nécessité de la chose.  Oui, je sais, je suis une petite nature.

 

Et si je suis bien d’accord pour tout féminiser, j’avoue que « la bébée », répété à plusieurs occasions dont par une personne âgée, ça a clashé dans mon cerveau pas encore assez féministe. Une fois, c’est poétique (comme quand « chevale » est utilisé) mais plusieurs… je ne sais pas.  Mon côté psycho-rigide!

 

Une plume que je retiendrai, un roman dont j’ai savouré la langue… mais un bémol sur la fin!  Et vous, vous l’avez lu?  Vous en pensez quoi?

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