Fév 23 2018

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The Essex Serpent – Sarah Perry

J’ai choisi ce roman sans même savoir de quoi ça parlait parce que la couverture est magnifique.  Oui, je sais, il m’en faut peu.  Mais sérieux, elle est su-bli-me, cette couverture.   The Essex Serpent est un roman historique qui nous emmène dans l’Angleterre victorienne.  Nous y rencontrons Cora Seaborne, récemment veuve.  Son défunt mari était maltraitant et après son décès, elle commence à se passionner pour la science et surtout pour les fossiles.   En effet, à l’époque, la science commence à confronter la religion et Darwin passionne les foules mais les classes sociales sont à la base de la société.  Une fois libérée de son époux, elle décide de partir pour l’Essex avec sa dame de compagnie socialiste, car elle a entendu parler de marécages où on aurait trouvé des fossiles.   La voilà donc qui débarque avec son fils, laissant derrière elle ses habits (et ses manières) de bourgeoise parisienne.  Cora est intelligente, rentre dedans, un peu égoïste, et se délecte du fait de ne plus être obligée « d’être une femme ».  Ça parle.   Elle s’habille n’importe comment et parle d’égal à égale avec les hommes.  Son arrivée dans le petit village de l’Essex va étonner, mais elle va surtout faire la rencontre de William, le recteur du village, ainsi que de son épouse Stella.

 

Ne vous attendez pas à de la guimauve.  Il y a des questionnements, de l’amitié, des relations qui se lient et qui remettent le quotidien en question mais c’est surtout une rencontre spirituelle.  Ils ont des croyances diamétralement opposées, confrontent science et croyance, dans un contexte particulier, celui de la « réapparition » du Serpent de l’Essex, un serpent ailé qui a terrorisé le village quelque 200 ans auparavant. Ou 300.  Je ne sais plus trop.

 

J’ai dévoré ce roman.  J’ai adoré la galerie de personnages , autant le chirurgien qui bouleverse les pratiques, la dame de compagnie qui se souvient d’où elle vient, le pêcheur sans le sou que le vieil homme qui habite the World’s End.    La montée de la peur, de la superstition est fascinante et on se croirait dans cette campagne anglaise.  On est plongé dans l’époque, avec ses caractéristiques et ses drames.  Aucun personnage n’est ,parfait, chacun a ses failles, Cora la première.  Elle a du mal à créer un lien avec son fils, un enfant « particulier » (on dirait probablement qu’il présente un trouble du spectre de l’autisme de nos jours), ne pense souvent qu’à elle et ne réalise pas les conséquences de ses actes.

 

C’est un roman foisonnant, passionnant et qui se lit tout seul.  Je l’ai lu en deux soirées (de travail…  c’est tout dire) et j’ai plongé avec délices dans ce mélange de féminisme, de sciences, de religion, de renaissance, de liberté, d’amitié et de mythe.  Le regard de Cora sur la nature et sur l’étrange est magique et l’histoire est portée par une écriture très belle, qui donne au roman une atmosphère mystérieuse, gothique.  Et j’ai adoré les multiples changements de perspective!

 

À découvrir!

 

Electra a aussi beaucoup aimé.

 

 

Fév 21 2018

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Ces jours qui disparaissent – Timothé le Boucher

Ce sont les billets enthousiastes de Mo et de Faelys qui m’ont convaincue d’emprunter cette BD.  Je ne crois pas que le graphisme de la couverture m’aurait attirée sinon.  Et je dois même avouer que même en refermant la dernière page, je ne suis toujours pas convaincue par le trait, trop lisse, trop sage pour moi.  Puis, je me suis surprise à y repenser.  Voire même à en rêver.  C’est qu’il y a toute une histoire derrière ce dessin plutôt conventionnel.

 

Lubin a une vingtaine d’année.  Il est bordélique au possible, remet tout au lendemain, a une copine qu’il adore et est acrobate avec ses meilleurs amis.  Un jour, il tombe et se cogne la tête… et ne se réveille que 2 jours plus tard.   Il croit que c’est une conséquence du coup à la tête mais ça se reproduit.  Encore et encore.   Il découvre donc que pendant ses absence, un autre lui prend sa place.  Un Lubin beaucoup plus sérieux, ordonné, beaucoup plus « adulte ».   Ils communiquent par film interposé et tentent de faire leur possible pour cohabiter dans le même corps.  Sauf que l’Autre sera de plus en plus présent et que ses journées à lui se font de plus en plus rares.

 

Si ce n’est pas un coup de coeur comme pour les autres lectrices que je cite, j’ai beaucoup aimé le traitement du sujet et le fait que le tout reste assez ouvert aux interprétations.  Psychose?  Surnaturel?  Symbolique du passage à l’âge adulte?  Tout reste possible et sincèrement, ce n’est pas l’important dans cette BD.   La dualité de l’âme a toujours été un thème très intrigant et très utilisé dans l’art et on le retrouve ici, avec tous les questionnements que ça implique.  Qui est vraiment Lubin?  L’un des deux?  Une combinaison des deux?  Et les autres?  Comment vont-ils dealer?

 

La distribution des cases, qui varie avec l’évolution du récit, rend l’ensemble très prenant, très angoissant.  Nous ressentons profondément le manque de temps et la perte graduelle de contrôle du héros, qui ne sait plus qui il est et qui est petit à petit dépossédé de sa vie.   On voit aussi le temps passer, les technologies évoluer, les gens changer… et le lecteur réalise à quel point les choses changent au cours d’une vie.    J’ai trouvé la finale un peu abrupte mais c’est beau et triste à la fois.  Bref, à tenter, même pour ceux qui, comme moi, n’adhèrent pas parfaitement au dessin.

 

C’était ma BD de la semaine, et c’est Stephie qui nous accueille.

Fév 19 2018

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Le roman de Bergen – 1950 – Le zénith – Partie 1

Non mais c’est tellement compliqué d’essayer d’expliquer quelle partie du roman j’ai lu!   En norvégien, ce sont trois tomes.  Mais en français, ils ont été divisés en deux.  Donc, ici, j’ai lu la première partie du tome 2.  Celle qui est identifée tome 3 chez points. La partie de 1932 à 1944.  Je suis d’une clarté effarante!

 

Nous retournons donc à Bergen, tout de suite après les événements qui ont marqué la fin du tome précédent. La première génération est en arrière plan et nous assistons à l’apogée de la seconde.  Le fils de l’inspecteur Moland est à son tour dans la police et les enfants des riches marchands et investisseurs du second tome sont des adultes ayant eux-mêmes des enfants.  Les tensions politiques qui ont marqué la fin du tome 2 sont de plus en plus présentes étant donné la montée du nazisme en Allemagne et les opinions sont de plus en plus tranchées.  Les amis d’autrefois sont souvent dans des camps opposés.  Puis, la seconde guerre mondiale éclate… et nous pourrons découvrir ce qui est arrivé à la Norvège à cette époque.

 

Je le dis et je le répète, les histoires personnelles sont certes intéressantes et importantes, mais le personnage principal du roman, c’est Bergen, cette ville, son histoire, vue à travers les yeux de riches et de pauvres ayant des vécus et des croyances différentes.   L’écriture est vive et on est transporté en Norvège le temps de quelques pages.   J’ai eu un peu de mal à me remettre dedans pendant la première partie.  Il y a beaucoup de gens à suivre, les noms ne sont pas familiers à la plupart des occidentaux et j’aurais VRAIMENT aimé des arbres généalogiques.  Comme j’ai emprunté les romans à la biblio, je ne peux pas m’y référer.

 

Par contre, quand la guerre est déclarée et que la Norvège y est impliquée, c’est hyper intéressant.  J’avoue, je ne savais pas du tout ce qui était arrivé à ce pays.  Pour une raison étrange, je m’imaginais qu’il était resté hors de ça.  J’ai donc adoré voir cet événement d’un autre angle.  Et dans ce cas précis, le fait d’avoir toute une galerie de personnages très variés, donc on connaît les histoires, ça permet de donner différents points de vue.  Nous voyons donc les réactions de personnages très engagés et celles de ceux qui sont restés passifs, de ceux qui ont trahi et de ceux qui ont résisté.  Dans cette partie, les pages se sont tournées toutes seules.

 

Et avec cette fin… vous pouvez vous imaginer que j’ai réservé la suite à la bibliothèque!

Fév 18 2018

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Hôtel Plaza – Pierrette Dubé / Philippe Béha

Les albums de la collection Motif(s) ne m’ont jamais déçue.  Et, encore une fois, j’ai beaucoup aimé cette histoire… et j’y ai vu plein de choses à exploiter avec les jeunes.  Cette fois-ci, c’est l’histoire d’Oslo le Manchot (même si les manchots habitent très loin d’Oslo), portier dans un grand hôtel. Même s’il n’a pas de bras. Ce qui n’est pas pratique pour un portier.   Un jour, douze rat (des RATS… ces vilaines choses dont il a beaucoup entendu parler en mal) entrent dans l’hôtel.  Oh malheur.

 

La suite de l’album va nous montrer une course assez rocambolesque dans l’hôtel (ma nièce était carrément hilare et courait partout pour mimer les rats… et moi, je devais être le manchot.  Of course.  Sinon ce n’est pas drôle) et, comme toujours, nous proposer des images qui portent à interprétation ou qui ont des doubles sens.  Ici, on a eu vraiment du fun à trouver et inventer des expressions avec les animaux.  Ça ouvre la porte à travailler les expressions idiomatiques et à discuter des apparences et des préjugés.

 

Sur quoi les base-t-on?  Les apparences?  Les ouï dire?

Bref, on discute avec les enfants, on fait appel à leur intelligence et ça, j’adore.  En plus, j’adore les illustrations de Philippe Béha.  C’est coloré, joyeux, mignon… et très « Béha »!  Je conseille!

Et en lisant le billet de Jules… je réalise qu’on en dit exactement la même chose!

Fév 17 2018

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Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue

Cet automne a été fou.  Du coup, j’ai peu suivi les blogs et j’avais relativement peu entendu parler de ce roman à sa sortie.  C’est le billet de Jules qui m’a donné envie, et pour une fois, on s’entend très bien et on a aimé toutes les deux!  Je dirais même que j’ai beaucoup beaucoup aimé.

 

Imbolo Mbue est née au Cameroun au début des années 80 et habite à New York depuis 1998.  Quand elle nous raconte l’histoire de Jende Jonga, de son épouse Neni et de leur fils Liomi, on y croit.  Elle réussit à rendre ces personnages réels, vivants et on s’y attache terriblement malgré leurs défauts et le clash des cultures qu’on vit parfois en lisant le roman.  J’ai dévoré ce roman, j’étais limite cheerleader pour certains personnages (j’adore Neni… quelle femme), j’ai eu de la peine pour eux… bref, j’ai vraiment été impliquée dans cette lecture.

 

Jende Jonga est arrivé en Amérique il y a plusieurs années pour avoir une vie meilleure.  À Limbé, il restait le fils de Pa Jonga, sans argent, sans les connexions nécessaires pour s’élever tandis qu’en Amérique… tout est possible!  Le rêve américain.  Là, il peut permettre à son épouse de faire des études de pharmacienne, son rêve.  Elle est venue le rejoindre avec un visa d’étudiante et mord dans la vie New Yorkaise à pleine dents.  Au début du roman, Jende décroche un très bon travail, celui de chauffeur pour Clark Edwards, banquier chez Lehmann brothers.  Entre eux va se tisser un lien et le destin des deux familles va s’entrecroiser au fil de temps.

 

Leurs deux univers sont terriblement différents.  D’un côté, il y a le riche banquier et son épouse qui sont aux prises avec leurs propres problèmes et de l’autre, la famille Jonga, qui sont pleins d’espoir et qui ne comprennent absolument pas comment on peut ne pas être heureux quand on possède tout ça.   Bon, là, vous vous dites que c’est un truc hyper manichéens avec les gentis camerounais et les méchants blancs… mais c’est beaucoup plus que ça.  Il y a certes le racisme systémique en fond d’écran (métaphore ordinateuresque pourrie, je sais… mais je trouve pas mon mon et je fais ma paresseuse) mais ça parle de relations humaines, d’immigration (légale ou non), de choc des cultures, de désillusions et d’évolution des rêves.   La bataille de la famille Jonga, leur désir de Green card pour offir une vie meilleure à leurs enfants, leur optimisme, leur façon de voir le monde et de considérer les choses, tout ça m’a énormément touchée, surtout quand l’avenir s’assombrit.   Certains événements m’ont brisé le coeur.

 

Clark Edwards, le banquier, n’est pas la méchanceté incarnée.  Il avait des rêves, des convictions, est tout sauf parfait… mais bref.  Impossible de ne pas avoir d’empathie pour son fils Mighty, pris dans ce tourbillon de problèmes familiaux sur fond de récession de 2008 et de scandales.

 

Un roman que j’ai adoré et que j’ai lu pour le mois Africain Américain d’Enna.  Les billets d’Enna, Cuné (moins enthousiaste), Eva,

 

 

 

 

Fév 16 2018

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De bois debout – Jean-François Caron

Ceux qui me suivent depuis plusieurs années savent que je suis généralement bon public.  Je lis toutes sortes de romans, je ne cherche pas toujours la même chose et bon, I aim to be pleased.  Idéalement sans Christian Grey dans le décor.  Pourtant, les petits coeurs, il ne sortent pas souvent sur le blog.   Deux fois en si peu de temps?  Houuuuu!!!

 

De bois debout est un magnifique roman, porté par un style qui mélange poésie et parlé du terroir québécois.  La narration est extraordinaire, enchassée de dialogues, de personnages qui semblent s’adresser directement au lecteur et de voix mystérieuses.  Lire ce roman, c’est assister à une pièce de théâtre ayant pour décor un petit village frontalier qui vivote après la fermeture de l’usine, des chemins forestiers et le bois, le bois, le bois.

 

L’histoire s’ouvre sur la mort du père.  Une balle dans la tête, tirée par un policier.  On comprend petit à petit ce qui a mené là le père et son fils, Alexandre mais ce n’est pas là ce que j’ai retenu du roman.  Pour moi, ça  a surtout été une réflexion sur la lecture, sur la vie dans les livres et en dehors, sur l’opposition souvent créée entre « le vrai monde » et ceux qui ont le nez plongé dans des romans et qui voient la vie à travers cette lunette.   Et c’est beau.  Et ça donne envie de garder tous ceux qu’on aime vivant.  Limite que ça donne envie d’écrire.  Même si on a zéro talent (genre, moi!).

 

Ce roman, je l’ai vécu.  J’ai été fascinée par ce père, arrivé de nulle part et qui tente d’iculquer à son fils que la vraie vie, c’est pas dans les livres.  Parce que les mots ne disent pas tout. Et par ce fils, aussi, qui, bien que marqué par la mort du père, ressentant au plus profond de lui-même le trou béant qu’il a laissé, a choisi sa voie.  Et par toute la galerie de personnages rencontrés.  De Tison à l’Ours, en passant par le mère ou Marie-Soleil.  J’ai aimé ces détours qui nous ramènent à nous-même  malgré les épreuves et notre façon d’y réagir.  Ça m’a même fait pardonner l’accumulation de coups durs qui pèse sur Alexandre car c’est triste sans sombrer dans le pathos.

 

Un roman que je vais à partir de maintenant conseiller à tout le monde.  Pour le fond et pour la forme.

Superbe!

 

Fév 14 2018

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Orange – Tomes 1 à 5 – Ichigo Takano

Il y a une éternité que je n’avais pas lu de mangas.  De mémoire, j’ai lu quelques tomes du maître des livres il y a quoi… 3 ans.   Mais un petit manga cute, rempli de jeunes filles aux grands yeux, je ne pourrais même pas vous dire.  Mais les couvertures de celui-ci sont tellement magnifiques que je n’ai pas pu résister.

 

Et vous allez excuser l’allure bizarre de ce billet mais je suis NULLE pour mettre des images sur Wordpres… et je voulais absolument mettre TOUTES les couvertures!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est donc l’histoire de Naho, une jeune lycéenne japonaise de 16 ans.  Elle est très timide et a toujours fait passer le bien-être des autres avant le sien.  Un jour, elle reçoit une lettre du futur.  Une lettre d’elle-même à 26 ans qui lui demande de changer certaines choses, d’agir autrement.  Entre autres, il ne faut absolument pas que Kakeru, le nouvel étudiant, rentre avec eux ce premier jour d’école.  Naho est étonnée et incrédule… et Kakeru va rentrer avec elle et ses copains et développer une belle amitié avec eux.

 

Oui, je vous entends penser.  Quelle originalité!  Je sais, je sais, c’est du déjà vu mais j’ai tout de même beaucoup aimé cette courte série de mangas qui est surtout une belle histoire d’amitié empreinte de nostalgie et de beaucoup de regrets.  À 26 ans, tous les personnages se demandent « et si… », ce qui mène à l’envoi de cette lettre dans le passé… et aux aventures qui vont arriver aux jeunes à 16 ans après tout ça.   On parle aussi de confiance en soi, d’oser et surtout, de l’importance de se parler et de profiter des gens quand ils sont là.  On parle aussi de dépression et de mal de vivre d’une façon qui m’a bien plu, sans faire porter le blâme à qui que ce soit.   Il y a certe de l’amour partout, mais c’est un bel hommage à l’amitié… et c’est ce dont je me souviendrai.

 

Ceci dit, le personnage féminin est une vraie sainte personne, qui ne comprend rien de rien, même quand c’est gros comme le nez au milieu de la figure.  Ça devient un peu lassant  à la longue mais si je me rappelle ce que j’étais à l’adolescence… j’étais beaucoup moins selfless mais tout aussi niaiseuse.  Il fallait me faire un dessin pour que je comprenne.   De plus, les jeunes y vont un peu fort et on a parfois le goût de les secouer mais ça fait partie de ce qui se passe à cet âge, toute l’intensité et aussi tout le manque de subtilité!

 

Une jolie histoire très jolie, où je me suis attachée à tous les personnages (et – ô miracle – je les reconnaissais facilement) et une mangaka que je relirai avec plaisir!  Mais pourquoi, pourquoi ce titre? Quelqu’un a compris?

 

Petite noisette a aimé (et se pose la même question que moi) de même que FaelysGalleane en parle aussi.

C’était ma BD de la semaine!  Chez… cette semaine!

Fév 12 2018

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La cité de l’oubli – Shannon Cameron

Un roman YA que je lis en traduction.  Alors que la version originale est en anglais.  On ne voit pas ça souvent hein!  Mais j’ai reçu ce roman de la part de Scholastic et, le jour d’après, Pikiti en parlait sur sa chaîne en disant qu’elle avait aimé. Du moins, me semble bien que c’est elle.   Imaginez.  Une ville bien close, dont personne ne peut sortir.   Dans cette ville, Nadia, 18 ans.  Autour d’elle, personne n’a de souvenirs datant de plus de 12 ans parce que tous les 12 ans, c’est l’Oubli.  D’un moment à l’autre, on oublie tout.  Notre vie, notre savoir.   Les gens portent leur livre sur eux, le livre qui raconte qui ils sont, ce qu’ils ont fait et au réveil, c’est à partir de ces mots qu’ils devront créer leur nouvelle vérité.  Et malheur à celui qui l’a perdu.   Ceci est vrai pour tout le monde, sauf Nadia.  Parce que Nadia, elle, se souvient.

 

L’histoire commence alors que nous sommes à environ deux mois de l’Oubli.  Personne ne sait pourquoi ça arrive mais tout le monde le craint.  Et pour plusieurs, ça ne fait pas nécessairement ressortir le beau côté des choses.  Le monde est totalitaire, avec un Conseil que tout le monde craint pour ses fouilles aléatoires et ses punitions terribles.  Nadia, elle, s’est barricadée à l’intérieur d’elle-même.  Elle a trop souffert lors de l’Oubli alors qu’elle avait 6 ans et qu’elle a vu son père les abandonner.   Elle parle peu et pour respirer mieux, elle défie le Conseil en sautant par dessus le mur.    Jusqu’au jour où Gray, un ancien camarade d’école, la surprend.

 

Nous verrons donc ces dernières semaines, celles qui vont mener à l’Oubli.  Nadia cherche à comprendre mais je ne peux trop vous en révéler, l’intrigue se déroulant graduellement et notre jeune héroÏne est pris dans un engrenage plus grand qu’elle.  L’univers est bien trouvé, on reste en haleine car on veut savoir ce qui va arriver . C’est que ça intrigue, cet Oubli!

 

Par contre, j’ai eu une histoire en dents de scie avec le roman.  A départ pas très embarquée (et agacée par les sourires en coin du héros et la méchanceté de la soeur de l’héroïne, qui apparait comme un trope assez étrange, en fait.), je me suis laissée prendre au jeu et j’ai dévoré la deuxième moitié du livre.  Certes j’ai bougonné pour des détails (le verre « encore chaud » directement sur la peau… heu… recherches peut-être?) et j’ai trouvé la romance un peu trop présente, mais en gros, ce fut un bon moment de lecture, qui suscite plusieurs questions sur le concept de soi, l’identité et les liens qui se tissent entre les gens.

 

Pas mal… mais je ne suis pas pâmée non plus!

Fév 11 2018

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Que d’émotions chaperon! – Richard Marnier / Aude Maurel

Je me jette toujours sur tous les albums qui illustrent les émotions.  Pour mes cocos en trouble de langage, ce sont des concepts hyper difficiles à saisir vu qu’ils sont très abstraits et très personnels, en plus.  Du coup, l’idée de prendre une histoire bien connue en mettant l’accent sur les émotions du petit chaperon rouge m’a énormément plu.

 

L’histoire n’est pas dénaturéee.  C’est la bonne vieille histoire qu’on connaît et avec laquelle les enfants sont familiers.  Le visage du chaperon sur la page de droite correspond à ce qu’il ressent dans la scène en question et j’avoue qu’il en voit de toutes les couleurs.  Les enfants adorent imiter les visages pour tenter de reproduire les émotions et le gros plan aide pour ça.

 

Il faut savoir que l’histoire ne se limite pas aux émotions de base et que pour les enfants en grande difficulté, c’est compliqué.  Être inquiet, irrité, ennuyé, incrédule… disons que quand on travaille sur « content, triste, fâché » depuis 1 an (et que des fois, c’est encore difficile), c’est un peu complexe.  Certains parents ont aussi eu du mal à identifier certains des sentiments représentés, ce qui leur faisait dire que c’était un peu trop rough pour leur coco!   Par contre, avec des enfants sans difficulté de langage, c’est génial pour ouvrir la conversation.

Quelle est la différence entre agacé et fâché?

Quand es-tu inquiet?

Pourquoi penses-tu qu’elle est fière?

 

Un album qu’il faut bien cibler selon la clientèle visée, donc.   Et que je garderai pour la maison… ou pour mes grands cocos!

Fév 10 2018

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Underground Railroad – Colson Whitehead

Ouf.  Quel roman.  Je ne sais trop par où commencer et en même temps, j’ai l’impression que tout le monde en a parlé.  Du coup, je ne vois pas ce que je pourrais ajouter à ce qui a déjà été dit à son sujet.  Mais bon, vu que je l’ai lu, et que c’est mon blog… tant pis pour vous!

 

Nous sommes donc au début du 19e siècle, dans les sud des États-Unis.  En Georgie, plus précisément.  Cora est esclave sur une plantation de coton.  Pour elle, la vie est un enfer.  En effet, en plus de subir les brimades des maîtres blancs et les humiliations quotidiennes, elle est ostracisée parmi les autres esclaves, en raison d’un conflit entre sa mère et une autre esclave.  La mère de Cora est LA femme qui a réussi à s’échapper, il y a plusieurs années.   Un jour, un nouvel esclave lui fait une proposition et elle va découvrir le légendaire Underground Railroad.

 

Le chemin de fer clandestin est le chemin que prenaient les esclaves pour aller vers le nord, vers la liberté.  L’auteur l’exploite ici d’une façon assez géniale, rendant le tout mystique, mystérieux et un peu fantastique.  Et ce chemin, Cora va l’emprunter, à ses risques et périls.

 

Je ne suis pas sortie indemne de ce roman.  Le début est terrible et on réalise tout de suite qu’on va être bouleversé.   Ce qui arrive à ces gens en Afrique, qu’on kidnappe pour rien du tout, pour qu’ils deviennent la possession d’un blanc riche à l’autre bout du monde.   C’est insidieux, ordinaire, et présenté comme « normal ».  Je pense que c’est ce qui m’a le plus fait mal dans ce roman.   Ça et le parcours de Cora à travers les États-Unis, pourchassée, trahie plus souvent qu’à son tour.

 

Ce roman est fort et puissant.  On y découvre un pan de l’histoire des États-Unis et le destin de ces hommes et de ces femmes qui ont souvent grandi en tant qu’objet et qui se retrouvent soudain laissés à eux-mêmes.  Cora découvre qui elle est en même temps qu’elle découvre la liberté, sa vie ne lui ayant pas permis développer tout ce qu’elle aurait pu être et elle se découvre une femme courageuse, intelligente… et on sent que ce n’est pas terminé.

 

Certes, certains personnages secondaires auraient pu être plus développés (Caesar, je parle de toi!) mais j’ai apprécié l’évolution de Cora et surtout, ses imperfections.  Les marques de l’esclavage ne disparaissent pas subitement, rien n’est facile et le climat de l’époque est bien recréé.  Ce qui se passe dans la ferme, entre autres, m’a carrément révoltée.    Bref, même si on sait, je pense qu’on ne réalisera jamais complètemet… et qu’on faut parfois des piqûres de rappel.

 

Lu dans le cadre du challenge African American History Month chez Enna!

 

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