Sep 24 2018

Même pas mort – Rois du monde #1 – Jean-Philippe Jaworski

Je ne lis pas souvent de fantasy. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs, on dirait que ça me fait un peu peur. Et c’est pas parce que j’en ai pas lu!  Plusieurs de mes livres préférés SONT de la fantasy… bref, faut pas chercher à me comprendre! Donc, j’ai pris ce roman et câline que c’est bon! C’est tout à fait le genre de fantasy que j’aime, avec des mondes complexes qui se révèlent petit à petit, une construction ca-po-tée et des personnages de légende, très imparfaits et qui prennent plein de mauvaises décisions. J’adore.

 

Le roman s’ouvre sur Bellovèse, fils de Sacrovèse, déjà mort mais bien vivant. Il sent que sa vie s’achève et commence à se raconter, par le début. Et quel début. Lors de la guerre des Sangliers, son oncle, Ambigat le Haut-Roi, a tué son père et exilé sa famille au bout du monde. Puis, il s’est souvenu d’eux et les a envoyés à la guerre. Et Bellovèse est mort. Et revenu.  Il va donc nous raconter son enfance et son aventure à l’île des Vieilles… et ça m’a passionnée.

 

Pour aimer, il faut apprécier la découverte graduelle d’un monde et la lenteur dans l’exposition. Il faut accepter de ne pas tout savoir tout de suite, de ne pas tout comprendre et de voir les événements et le passé se révéler tranquillement. Il faut aussi aimer les bonds dans le temps, les constructions alambiquées, les mélanges pas toujours clairs entre rêves et réalité. Ça adonne bien, c’est totalement mon truc. To-ta-le-ment.

 

On a donc droit à un univers antique, où la magie et les créatures fantastiques font partie du quotidien.  Ici, c’est un univers celtique que je connais somme toute assez peu et qui m’a donné envie de tout lire à ce sujet, pour faire changement. J’ai adoré la façon qu’a eue l’auteur de jouer avec les noms d’endroits car les personnages sont inspirés par des faits historiques (ou pas) s’étant déroulés au 4e siècle avant JC.  Réalité ou  mythe fondateur, on s’en fiche un peu. J’ai décidé de croire que c’est vrai, voilà!  Le récit se déroule dans plusieurs moments simultanément et j’ai adoré découvrir la jeunesse de Bellovèse et Ségovèse, son petit frère, en même temps que leur départ pour la guerre. Tous les personnages m’ont fascinée, que ce soit la mère des héros, leur oncle Ambigat, la figure magnifiée du père ainsi que les héros et bardes que nous croiserons.  J’aime, j’aime, j’aime.

 

Et je commence tout de suite le tome 2!

Sep 23 2018

Petit Singe, détective privé – Brian Selznick / David Serlin

Voici un roman graphique de 192 pages pour les premières lectures.  Là, je vous entends penser… c’est pas un peu long?  Nope, pas du tout!   C’est écrit hyper gros, juste quelques mots par page, et la structure du texte est très répétitive. En effet, notre bébé-détective a une routine bien établie (et beaucoup de mal avec son pantalon), qui revient à chaque petite enquête, avec les mêmes phrases.  Du coup, les cocos sont capables de lire… et ils sont ravis de lire un « livre de singe géant » (cit ma nièce), comme les grands.

 

Si vous ne connaissez pas les illustrations de Brian Selznick, sérieux, vous manquez quelque chose. Chaque fois, ça a parfaitement fonctionné avec moi.  C’est choupinou, détaillé, et ses visages ont un côté hyper expressif qui me plaît énormément.  Dans ce cas précis, il y a un petit plus, c’est à dire la déco du bureau de Petit Singe qui change selon l’enquête et qui regorge de références culturelles différentes, ce qui fait bien plaisir à l’adulte qui lit avec l’enfant. Je n’avais pas touuuut reconnu mais on nous explique bien et ça peut donner envie de fouiner avec les cocos pour en savoir davantage sur les thèmes des enquêtes, qui se résolvent ma foi presque par magie!

 

Si vous avez des lecteurs très débutants qui veulent lire des gros livres, c’est pour vous.

Et bon, c’est Brian Selznick. Que demander de plus!

Sep 21 2018

Vernon Subutex – 2 – Virginie Despentes

Je continue donc ma lecture de Vernon Subutex avec ce tome 2, que j’ai tout autant apprécié que le tome 1, même si j’avoue avoir de la difficulté à comprendre la fascination qui me pousse vers ces personnages tous plus détestables, trash et décomplexés les uns que les autres.  Quelque chose dans la construction?  Une maîtrise dans l’art de préserver le suspense? Un côté christique dans le personnage de Vernon?  Je ne sais trop. Ceci dit, je me suis laissée happer par cette multitude de personages qui semblent agir sans trop réfléchir (ou réfléchir trop), en quête d’absolu sans le savoir. Ils font un peu pitié, certains l’ont carrément cherché, d’autres agissent à l’opposé ce qui les caractérisaient au départ… bref, c’est un mélange étonnant et détonnant. Mais sans que l’on comprenne pourquoi, un groupe de gens qui n’ont rien en commun se forme et sont bien ensemble.

 

Je rappelle donc que nous avons rencontré de NOMBREUX personnages dans le tome 1. Autour de Vernon, ancien disquaire maintenant sans-abri et traînant aux Buttes Chaumont, tourne une panoplie de gens qui cherchent à le récupérer et à mettre la main sur des cassettes qu’Alex Bleach, vedette suicidée et ami du dit Vernon, lui aurait laissées. Alex avait tout pour réussir, du charisme au talent… et pourtant…  Trente ans plus tard, les enfants du rock et du punk des années 80, ils la vivent comment, leur marginalité?  Leur en reste-t-il?

 

Ce deuxième tome comporte une action un peu plus dirigée et convergente que le premier. On commence à voir où lon s’en va (j’ai mon idée sur la fin… we’ll see), les personnages se croisent davantage et j’ai toujours été fan de ces romans où les personnages s’agitent pour se retrouver d’une manière ou d’une autre, quand le monde devient palpable et qu’on s’y croirait. Ici, nous sommes à Paris mais un Paris où les gens vont sortir de leurs cases, étrangement.

 

Bref, ça me plaît toujours autant.

Et je SAIS ce qu’il y a sur les cassettes!

Sep 19 2018

Le Québec au Festival América!

En 2016, j’ai participé avec plaisir au Festival América. Et j’ai adoré. Rien de moins. Cette année, je suis chez moi (avec de la visite en plus) mais je suis quand même allée fouiner dans la liste… et j’ai plein de recommandations à vous faire.  Oui, ceux qui me suivent sur FB ont déjà vu ma sélection de « ceux que je connais » mais ici, vous avez les liens vers mes billets en plus.  Au cas où je vous tenterais!

Anaïs Barbeau-Lavalette : j’ai adoré La femme qui fuit (histoire touchante et qui nous plonge dans un moment de l’histoire québécoise) et Je voudrais qu’on m’efface (ces enfants… je les garde en mémoire). Je conseille vivement

Christophe Bernard : La bête creuse est un truc assez incroyable, avec une langue, mais une langue… et il est drôle en plus! Il faut juste accepter de se laisser emporter dans ces histoires gaspésiennes!

Naomi Fontaine : Je n’ai pas lu son dernier mais quel coup de coeur pour Kuessipan!

Nicolas Dickner : J‘ai beaucoup aimé 6 degrés de liberté (très barré) et Nikolski! Sans oublier sa correspondance avec Dominique Fortier, Révolutions


David Goudreault : La série La bête à sa mère est drôle et percutante à la fois. Elle fait réagir. Et si vous avez l’occasion de voir une conférence… courez! Il est drôle et intéressant. Pour ma part, j’aime aussi sa poésie, mais comme je ne sais pas parler de poésie, je n’en ai pas parlé ici! 


Stéphane Larue: Le plongeur, c’est quelque chose. Je suis dispo pour traduction français-québécois si vous décidez de le lire!


Andrée A. Michaud : Elle m’a charmée avec Bondrée… à tenter si vous aimez les polars lents et pleins d’atmosphère. 


Eric Plamondon : Un style très particulier mais moi, je suis fan. J’ai aimé tout ce que j’ai lu de lui. Je vous propose donc Pomme S, Taqawan et Hongrie-Hollywood Express


Lise Tremblay: J’a-do-re Lise Tremblay. Elle vient de ma région et j’adhère à tout ce qu’elle écrit, avec une tendresse particulière pour La Héronnière. Mais vous avez le choix.  Il y a aussi L’habitude des bêtes, Chemin Saint-Paul, La soeur de Judith ou La pêche blanche. Go-go-go…

 

Comme ça, personne n’aura d’excuses pour ne pas participer à Québec en novembre!

Qu’est-ce qui vous tente là-dedans??

Sep 19 2018

Et 11 ans plus tard…

… le blog est toujours là!

 

C’était mon blog anniversaire avant-hier.  Et – oh surprise – je n’y pense que ce matin, en voyant ma twinette Yueyin fêter le sien.. parce que oui oui, on est twinettes pour vrai… à un an d’écart!   Bref, 11 ans plus tard, I’m still there. Le blog est toujours pareil (et je n’ai toujours aucun talent pour le photoshop, comme vous pouvez le constater dans ce suuuuuper patentage de ma bannière), je n’ai pas suivi les modes et je parle toujours de ce que je veux, avec un « je » très intense et aucune prétention.  Et c’est comme ça que j’aime ça. J’espère que ça ne vous dérange pas trop et que vous allez continuer à me suivre!

 

Bref, 11 ans.

Moins de commentaires (mais c’est ma faute, j’en laisse moins chez les autres aussi… et bon, facebook et insta étant ce qu’ils sont…) mais toujours autant de plaisir et surtout de belles expériences.  Je le dis chaque fois, mais le plus top, ce sont les gens. Ceux que je côtoie, que j’ai pu rencontrer, qui m’ont ouvert d’autres univers et permis de réaliser que je n’étais pas la seule bête étrange sur cette planète.

 

À quoi s’attendre pour les prochains mois?

Ben, des billets!  Peut-être plus de billets gaffes (vu que mon histoire de pompiers vous a bien fait réagir, surtout en mp), billets livres les lundis et vendredi, BD le mercredi et jeunesse le dimanche.  Et Québec en novembre qui revient encore et toujours et auquel, je l’espère, vous participerez encore nombreux cette année.

Peut-être quelques vidéos, si un jour mes cheveux veulent collaborer et que je ne me trouve pas trop transparente.

 

Et bon, parce que peut-être que certains m’ont lue jusqu’à la fin… concours flash d’ici vendredi soir minuit (heure du Québec), ouvert à tous.

Fouinez dans le blog… et choisissez un roman québécois que je vous ai donné envie de lire et je vous l’envoie!  En contrepartie, vous nous en parlez pour « Québec en novembre ». Blog, FB, insta, Youtube… j’aimerais juste avoir votre avis et vous faire découvrir quelque chose pour vrai, pas seulement l’ajouter dans une pile. Ça vous va?

 

À l’an prochain… si le dieu des blogs le veut!

Sep 19 2018

Shi – tomes 1-2 – Zidrou / Homs

 

Voici une BD repérée dans nos rendez-vous du mercredi.  En fait, j’avais repéré le premier tome et comme il y en avait deux à la bibliothèque… vous pouvez vous imaginez la suite.  Je les ai donc dévorées dans une soirée, avec plaisir.  Je suis généralement fan de Zidrou alors une série de 4 albums, j’étais vendue d’avance.  En plus, une histoire de vengence de femmes, une société secrète… comment résister!

 

La série commence en force.  Un procès médiatisé au sujet du président d’une manufacture de mines antipersonnel. Une explosion mystérieuse.  Puis, zoom sur l’Angleterre victorienne pendant l’exposition universelle. Jennifer est une jeune fille bien née qui refuse les carcans de son temps et qui visite le Crystal Palace avec sa famille.  Quand elle voit une jeune japonaise, elle remarque quelque chose d’étrange à propos du bébé qu’elle porte dans ses bras, Ceci va provoquer une crise avec des conséquences importantes et de cet événement va découler une grande partie de l’histoire qui nous sera racontée par la suite.

 

Ok, disons-le d’emblée, j’ai préféré le premier tome au second, qui m’est apparu comme étant un peu plus brouillon, comme étant « tome de transition », alors que le premier était plein de promesses et jetait les bases d’une histoire géniale.  Les événements s’activent à la fin du second tome et OF COURSE que je lirai la suite, mais il y a quand même un changement de rythme entre les deux volumes. C’est plein d’action, plusieurs têtes tombent, ça parle de socités secrètes et de vengeance mais surtout, derrière le tout, il y a deux femmes qui ont terriblement souffert et qui décident de se libérer de ce qui les étouffe.  Il y a aussi toute une société clinquante et bien pensante qui cache et se complait dans un tout autre monde, beaucoup moins propret et glorieux.  JL’hypocrisie est hyper bien dépeinte et ‘ai beaucoup aimé l’envers du décor et j’ai bien hâte de voir comment vont se lier les deux époques.

 

N’oublions pas le dessin, très précis et magnifique, avec des décors splendides et tout plein de détails. C’est un peu old school mais j’adore.  Les atmosphères sont prenantes, précises, les femmes sont magnifiques, intrigantes, et on se croirait transporté ailleurs à chaque case.

 

Une série à suivre… en espérant retrouver le rythme et le mystère du premier tome!

Sep 17 2018

Sing, Unburied, Sing – Jesmyn Ward

Ce roman ne peut laisser indifférent. Pour ma part, je suis plongée directement dedans et j’ai passé par toute la gamme des émotions à travers ma lecture. J’ai vu que plusieurs étaient passés à côté en raison de la présence fantômatique  qui hante une grande partie du roman. C’est que dans cet univers, le surnaturel est omniprésent et les revenants prennent parfois la parole.

 

Ce roman se déroule sur quelques jours et nous raconte l’histoire d’une famille du Mississipi. de nos jours. Le Mississipi, c’est dans le Sud. Avec un grand S. Il suffit de regarder le drapeau de l’état pour comprendre que pour un homme blanc bourgeois et une femme noire pauvre, ce n’est pas gagné d’avance. Nous rencontrons donc les deux principaux narrateurs alors que nous apprenons que Michael, le père, est libéré de prison. La famille habite chez Pop et Mam, les grands-parents maternels car la famille de Michael n’a jamais digéré l’union de son fils et ne connaît pas ses petits enfants. Jojo a 13 ans, il s’est toujours occupé de sa petite soeur Kayla et ils ont une relation très proche, malgré les années de différences.  De ses parents, il a appris à se passer. Lorsque le téléphone sonne, la grand-mère se meurt du cancer mais Leonie (la mère et la deuxième narratrice) embarque ses deux enfants dans la voiture pour un road trip de quelques jours pour aller récupérer le père… et faire quelques petites affaires en passant.

 

Jesmyn Ward a un réel talent pour nous faire ressentir l’atmosphère claustrophobique de cette voiture qui empeste et où rien ne va, entre une femme qui ne se sent pas mère, des enfants qui la ne la reconnaissent pas comme telle et une fillette malade.   C’est oppressant, on a peur pour les personnages et on SAIT que ça ne peut pas bien aller.  La prison où ils se dirigent est celle où Pop a été emprisonné des années auparavant et elle a été le siège d’une histoire dont ce dernier ne peut jamais raconter la fin.

 

Jojo est un bon garçon et le protecteur de sa petite soeur. Il a grandi trop vite et brûle d’une colère sourde contre sa mère qui prend systématiquement les mauvaises décisions, qui se fait passer elle-même ainsi que Michael avant ses enfants. Qui laisse faire. Il veut être droit comme son grand-père mais nous en savons assez peu sur lui à part ça et c’est le plus grand reproche que je ferais à ce roman que j’ai par ailleurs beaucoup, beaucoup aimé. Leonie nous fait enrager mais sa souffrance nous touche également. Elle n’est pas à la hauteur, elle le sait et a abandonné. Ils se sont abandonnés. Et comme lecteur, ça fait limite mal d’être témoin de ce combat tellement perdu d’avance que la bataille ne se livrera même pas.

 

J’ai adoré la plume de l’auteur, poétique même lors des moments les plus crus (et parfois dégueulasses), profondément ancrée, comme ces gens, dans la nature et les bayous qui les entourent. C’est un roman qu’il m’a fallu reposer à quelques reprises tellement les voix qui s’élèvent derrière l’histoire sont parfois difficiles à entendre. C’est qu’en arrière-plan, il y a le racisme, le mépris, et les voix de milliers de personnes mortes injustement dans cet endroit où plane encore l’ombre de l’esclavage. C’est l’histoire de gens pauvres mais dignes, des gens qui existent pour vrai, même aujourd’hui.

 

Bref, une réussite pour moi!

Sep 14 2018

Les meilleurs amis du monde – Gilly Macmillan

Je pense que j’avais entendu parler de ce roman chez Séverine de Ilestbiencelivre. Elle avait parlé d’un roman d’atmosphère, assez lent, avec des thèmes de société. C’est donc pour ça que je l’ai choisi et ça m’a beaucoup plu. J’aime bien lire des romans à suspense comme ça, qui se dévorent (en une journée à peine pour moi) et qui réussissent à me happer.

 

L’histoire se déroule en quatre jours, à Bristol, là où habite l’auteur. C’est sans doute pour ça que l’asmosphère est bien décrite et qu’on s’y croirait. L’inspecteur Jim Clemo est de retour de congé maladie (un truc qui a mal viré dans sa précédente enquête, que je n’ai pas lue, mais que je vais lire, du coup) et se voit confier une enquête de routine. Deux adolescents semblent avoir fait le mur en pleine nuit et l’un d’entre eux est dans le coma suite à une chute dans le canal. L’autre, quant à lui, se mure dans le silence et semble en état de choc. Comment savoir ce qui s’est passé quand le témoin principal refuse de prononcer le moindre mot, qu’il y a une barrière linguistique d’un côté et des parents éprouvés et souffrants de l’autre?

 

Si le récit part de cette fameuse nuit, le roman ne se limite pas à ça. En effet, Noah, le jeune dans le coma, est blanc, issu d’une famille aisée et souffre d’un cancer depuis plusieurs années. Abdi, son meilleur ami, est fils de réfugiés somaliens qui ont vécu la guerre et les camps et vit chichement. L’auteure nous emmène donc dans le passé des deux familles et traite, à travers son enquête, de plulsieurs thèmes comme le sort des réfugiés, la douleur des parents ayant un enfant malade, l’identité, l’appartenance et l’amitié.

 

Les personnages sont bien développés, l’auteur de les épargne pas, ce qui leur donne une belle épaisseur. Ils m’ont pour ma part beaucoup touchée, même ceux qui font des erreurs. L’écriture est simple, accessible et agréable malgré quelques répétitions et sérieusement, ça se lit tout seul. Pour ma part, ça m’a fait fouiner sur l’accueil des réfugiés somaliens en Angleterre et sur la guerre civile en Somalie (même si j’avoue que je suis loin d’avoir tout compris) et même si l’intrigue est bien faite et bien tissée, on voit quand même venir. Ceci dit, ça se tient et l’intérêt ne s’émousse pas pour autant.

 

Une auteure que je relirai car j’aime beaucoup son traitement des personnages.. .et je suis bien curieuse de savoir ce qui a mis l’inspecteur Clemo en burn out!

Sep 12 2018

Coquelicots d’Irak – Findakly / Trondheim

De l’Irak, je ne sais presque rien.  En fait, pour moi, ça me rappelle la guerre du golfe en 1990 et ça m’évoque tout de suite Saddam Hussein.   Il faut savoir que j’avais 13-14 ans à l’époque et que j’avait une peur folle d’une guerre nucléaire vu que j’habitais près d’une base militaire.  Faut pas chercher à me comprendre, mais j’ai hyper mal vécu cette époque.  Bref, l’Irak, je ne connais pas pantoute.  Du coup, pour moi, cette courte BD a été hyper intéressante et elle m’a beaucoup plu.

 

Brigitte Findakly est née à Mossoul, en Irak, en 1959 et elle y est restée jusqu’en 1973.  À travers quelques scènes de son enfance et de son adolescence, elle nous raconte l’Irak tel que vu d’abord par ses yeux d’enfant, puis d’adulte quand elle y retourne.  On a droit à des anecdotes, des atmosphères et des vignettes « coutumes » qui nous dressent un portrait de ce que ce pays a été et de ce qu’il est devenu.  C’est teinté de nostalgie, on sent le déracinement, la fragilité de la jeune fille mais on voit aussi les conditions de vie se dégrader et les esprits se radicaliser, peu importe dans quelle direction.

 

Les dessins sont mignons comme tout (les personnages me font un peu penser au petit Nicolas), les strips ont tout au plus quelques pages, on se balade entre les époques sans pour autant que ce soit confus pour le lecteurr.  Je suis hyper bon public pour ces BDs autobiographiques qui me font découvrir une autre culture ou une autre contrée et encore une fois, ça a fait mouche.  Le format « petites scénettes » donne un ton assez léger et ça m’a vraiment beuacoup plu.

 

C’était la BD de la semaine.

Sep 10 2018

Proxima du Centaure – Claire Castillon

Est-ce que ça vous est déjà arrivé qu’un « détail » fasse que vous passiez tout à fait à côté d’un roman?  C’est ce qui m’est arrivé avec celui-ci. Mais j’explique de quoi ça parle… et vous allez comprendre.

 

C’est donc l’histoire de Wilco. L’une de ses copines de classe le fascine, il l’a surnommée Apothéose et il ne pense qu’à elle. Il la regarde tellement qu’un jour, il se penche pour mieux le voir et tombe du 5e étage. C’est tout ce qui est mentionné et on nous l’avais vendu comme un roman très triste, très touchant, sur des sujets importants.  Pour ma part, j’ai bien aimé la plume, le côté poétique et la réflexion sur l’amitié et la famille. J’ai aimé qu’on traite du sujet dont il est question ici toutefois…  j’ai un bug. Un gros bug. Et à partir de maintenant, pour m’expliquer, je vais dire de quoi ça parle. Donc, attention, mini spoiler. Je dis mini parce qu’on sait quand même au début de quoi ça va parler!

 

ATTENTION – NE PAS LIRE SI VOUS NE VOULEZ PAS CONNAÎTRE LE THÈME!

 

Donc, suite à sa chute, Wilco est locked in. La moelle épinière a été sectionnée au niveau du cou et il ne peut plus bouger ses quatre membres, ni parler.  Tout ce qui bouge ce sont ses yeux. Il est donc pris dans son corps et durant tout le roman, nous nous baladons entre son imaginaire et ce qui se passe dans sa chambre d’hôpital. Le concept est hyper intéressant: en effet, pénétrer dans l’imaginaire d’une personne enfermée en elle-même et explorer les relations et les réactions de ses proches, c’est original. De plus, ses préoccupations ne sont pas nécessairement celles auxquelles on pourrait s’attendre et je n’ai pas détesté cette perspective, même si ça peut suprendre. Toutefois, j’ai un « mais » et je vous explique mon « mais ».

 

Je l’ai dit souvent, je suis orthophoniste. Et selon moi, une grande partie du roman est due au fait qu’il ne peut pas communiquer avec son entourage et qu’il est constamment incompris, ce qui entraîne une fuite encore plus importante dans sa tête et son monde. Mais pendant tous ce temps, personne n’a pensé à un code oui/non avec les yeux?  Un tableau?  Un alphabet?  Pour moi, c’est impensable. Du coup, ça m’a fortement, fortement dérangée tout au long du roman et ça m’a empêchée d’accrocher.  Je suis restée très extérieure et j’y ai beaucoup moins cru. Toutefois, à part Sophielit, je pense être la seule que ça ait agacée à ce point et qui ait trouvé que ça influençait vraiment l’histoire.

 

Bref, je suis passée à côté en raison de ce biais pro… et c’est bien dommage.

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