Juil 23 2018

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Je voudrais qu’on m’efface – Anaïs Barbeau-Lavalette

De l’auteur, je vous ai déjà vanté à plusieurs occasions Le femme qui fuit, que j’avais adoré. J’ai mis du temps à lire ce roman, qui a été écrit avant Le femme qui fuit, mais si je n’ai pas eu le même coup de coeur, j’ai été très secouée par ce court récit mettant en scène des enfants du quartier Hochelaga à Montréal.  Ils sont au primaire, ils sont cabossés, ils ont des parents qui veulent plus qu’ils ne peuvent et qui se font secouer par la vie et le quotidien.  Il y a Mélissa, seule avec ses deux frères alors que sa mère fait le troittoir et n’a pas le droit de l’approcher. Kévin, avec ses diagnostics et son père lutteur, son superhéros. Roxane, l’ortho dont la mère ne fait que boire, celle qui est bizarre et qui se parle toute seule.

 

Quand il est question d’enfants, difficile de rester insensible. Chacun d’entre eux m’a touchée à sa manière et leurs quotidiens durs mais sans tomber dans le pathos. C’est un roman très court (voire même un peu trop court), où nous passons d’une scène à l’autre, d’un enfant à l’autre alors qu’ils se croisent sans vraiment se côtoyer. Chacun est pris dans son quotidien alors que tout s’écroule autour d’eux. Ce n’est pas une lecture agréable, mais ça dérange. Ça dérange parce que ça sent le vrai. Difficile de ne pas réagir à l’impuissance des gens, même les mieux intentionnés, et aux réactions des jeunes face aux tentatives d’aide. Bref, un roman qui nous serre le coeur.

 

Malgré toute la violence, toute la noirceur, les enfants et leur tendance à l’espoir sauvent le roman du déluge de larmes. Plusieurs beaux moments, porteurs de lumière, donnent envie d’y croire et de tendre la main à ces jeunes. À lire!

Juil 20 2018

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Summer – Monica Sabolo

Maman lisait ce roman et elle voulait en parler.  Du coup, je l’ai lu à sa suite et je dois avouer que si la plume m’a beaucoup plu, je reste dubitative par rapport au fin mot de l’histoire.    J’aurais eu envie de dire « tout ça pour ça ». Et tout ça COMME ÇA.  J’ai été limite insultée par toutes ces incohérences…  Pourtant, c’était bien parti, avec un tel thème et une telle ambiance…

 

Benjamin a été profondément marqué par l’un des étés de son adolescence, celui où sa soeur Summer, 19 ans a disparu.  Évanouie dans la nature.    Summer, c’était la fille parfaite.  Blonde, resplendissante, populaire.  Et un jour, alors qu’ils s’amusent près du lac, elle ne revient pas.   Il semble avoir oublié ce qui s’est passé à cette époque mais un jour, une odeur de peinture fait monter en lui une angoisse terrible… et il va encore tenter de comprendre.

 

Les deux premiers tiers du roman traînent un peu.  La plume est très belle, souvent poétique.  C’est beau, certes, mais j’ai un peu overdosé des métaphores aquatiques.    Je me suis demandé pendant une bonne partie du roman où ça s’en allait, tout ça.  L’apathie de Benjamin, les réactions de la famille rendent difficile l’attachement aux personnages et j’ai eu du mal à me passionner pour ce qui était arrivé.

 

À la fin, tout s’accélère et j’ai retrouvé l’intérêt.  Les dernières pages se sont tournées toutes seules et là, soudain, j’ai saisi à quel point ce qu’on nous proposait était difficile à avaler.  Comment, de nos jours, tout cela est-il possible?  Parce que oui, si la disparition arrive dans les années 1990 (du moins je pense), le reste se passe jusque dans les années 2010 je pense.   Les réactions de certains sont terriblement frustrantes, j’aurais voulu en savoir plus, mais l’auteure réussit à nous faire passer derrière l’image de ces petites familles parfaites.  Mais on ne va pas assez loin dans tout ça.  Par contre, le portrait de cet adolescent « interrompu » alors qu’il s’éveillait aux jeunes filles, à la sensualité et au monde des grands est bien tracé, on voit très bien comment cette disparition a influencé sa vie et à posteriori, on comprend mieux l’intention de l’auteur.  Un tel déni est quand même intéressant à lire… c’est tout le reste qui m’a dérangée.

 

Mais bon, à la lecture, n’empêche que c’est parfois un poilounet long et que la résolution… mais grrrrr, je ne peux rien dire pour pas spoiler.

Ce roman a reçu des commentaires hyper positifs dans les médias.  Sur les blogs, vous pouvez voir l’avis de Lily, Liliba, Stephie, Eimelle, Lael (pour qui ça a été un coup de coeur), Eva (qui a beaucoup aimé) et Marie.

 

Juil 18 2018

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Salud! – Nadar / Thirault

Je suis tombée par hasard sur cette BD à la bibliothèque.  J’ai feuilleté et j’ai été attirée par le dessin en à peu près quatre tons et qui fait très années 70.   Et à la lecture, cette impression d’être transportée dans ces années-là a fonctionné et je dois avouer que je suis très fan du graphisme, même si c’est un peu loin de mon style habituel d’illustrations préférées.

 

Par contre, pour l’histoire, je suis beaucoup plus mitigée et j’avoue être restée totalement extérieure aux aventures de ce personnage complètement antipathique.  C’est donc l’histoire d’un salaud ordinaire, Olivier.  Il est français et s’est marié à une femme espagnole dans le but de faire fortune.  Nous allons donc voir la montée de ce « roi d’Espagne »… et sa chute.  J’ai lu quelque part que l’auteur avait rencontré un jour un homme qui lui avait raconté son histoire… cette histoire.

 

Si j’ai su apprécier l’atmosphère pesante de la fin des années Franco, il m’a tellement énervée, il est tellement… arghhhhh que j’étais limite contente quand il lui arrivait des merdes.   Par contre, le portrait de ce pays en apparence parfaitement ordonné et sécuritaire mais pourri par la peur de l’intérieur est fort réussi.  Par petite touches, on comprend à quel point le climat de peur et de délation influence la vie quotidienne et comment les inégalités et les « deals » sont omniprésents.

 

Il y a du bon… mais pas assez pour que j’apprécie vraiment le récit.  La fin m’a semblé beaucoup trop rapide, précipitée et a fini de me décevoir.  Dommage, ça avait du potentiel.

 

Mylène a bien mieux aimé que moi et PlanèteBd également!

Juil 16 2018

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Cinéma Royal – Patrice Lessard

J’avais lu d’excellents commentaires sur ce roman. On m’avait parlé de cinéme d’HItchcock, de personnages hors-normes, de faux semblants et de jeux de miroirs. Comment on résiste à ça? Du coup, je l’ai attrapé sans crainte à la bibliothèque. Sauf que je suis clairement passée à côté et que je crois que je n’ai vraiment pas tout compris. Du coup, j’ai passé toute ma lecture à me demander où l’auteur s’en allait sans trop comprendre… et par conséquent, à m’ennuyer un peu. Ouais, je sais, cet avis est tout sauf celui d’une chroniqueuse littéraire « légitime ». Mais qui a dit que j’étais légitime hein?

Certainement pas moi!

 

Le personnage principal s’appelle Jean-François et habite à Louiseville, sur le bord de la 40. Il est dans la quarantaine, a commencé des études de lettres, les a abandonnées, puis a fini par devenir serveur au Windsor, un bar au passé glorieux mais dont le présent l’est beaucoup moins. De même, il habite au-dessus de l’ancien cinéma royal, qui n’a plus de royal que le nom.  Il vivote, passant d’un chiffre à l’autre où il vend de la bière aux joueurs compulsifs et aux soulons du coin. Bref, une vie étriquée dans un village qui semble être également. Avouons que les habitants en prennent plein la gueule.

 

Un jour arrive dans le bar Luz Santander, l’épouse d’un avocat corrompu qui semble être de mèche avec la pègre locale. Luz est évanescente, belle, classe. Bref, elle ne cadre pas du tout dans le décor. Et Jeff va être fasciné. Le reste du roman va tourner autour de cette relation, de scénarios (Body Double, Rear Windows)jde films et… de vins espagnols. En quantité. En fait, même si ce n’était pas particulièrement intéressée, ça m’a donné envie de boire du rouge.  Jeff est un peu sociopathe sur les bords, l’histoire avec Luz semble être irréelle une porte de sortie pour se sortir de ce quotidien terne, une lumière (ouh, jeu de mots poches) dans la grisaille. C’est plein de parallèles avec les films noirs et on sent que l’auteur s’est fait plaisir de ce côté.

 

Sauf que moi, je ne suis pas certaine d’avoir saisi toutes les subtilités. Et je n’ai pas su profiter du côté décalé qu’on vantait par tout. Une déception pour moi.

Juil 14 2018

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D’encre, de verre et d’acier – Gwendolyn Clare

Imaginez un monde steampunk où de mystérieux scriptologues ont le pouvoir de créer des mondes, des vrais mondes, que l’on peut visiter. C’est cet univers que Gwendolyn Clare a créé et nous rencontrons ici Elsa, née à Veldana, monde créé par Montaigne. Les êtres humains sont pour la première fois apparus dans l’un des mondes scriptés et la mère d’Elsa, Jumi, a libéré son peuple et leur a donné le libre-arbitre par rapport à leur destinée. Sauf qu’un jour, Jumi va disparaître… et Elsa va affronter le monde des humains pour la retrouver.

 

Non mais ça vend du rêve, cet univers, non?  Ça semble complexe, comme ça, mais en fait, c’est un roman jeunesse, avec une intrigue, un rythme des personnages de roman jeunesse. Quand on le lit avec ce regard, on apprécie. Je dois avouer que j’ai passé un très bon moment avec ce livre, malgré quelques facilités. On nous balade de Paris à Amsterdam pour aboutir à Pise, où Elsa va être accueillie dans un pensionnat un peu spécial, où elle va rencontrer d’autres jeunes aux pouvoirs mystérieux.  Leo construit des machines géniales, que cachent Faraz, Porzia et les autres? Et Elsa, sait-on tout à son sujet?

 

La demoiselle est du genre à foncer dans le tas. Sa mère lui a appris que les liens d’attachement sont des chaînes et sont des dangers alors elle n’a aucunement l’intention de s’embarrasser d’amitiés ou d’amours. Elle a une idée en tête : retrouver sa mère. Pendant que les autres réfléchissent, elle, elle agit. Pas toujours de façon judieuse, certes, mais elle agit. Avouons que ça ne la rend pas forcément toujours sympathique mais les personnages ne sont pas toujours ce qu’ils semblent et que j’espère en apprendre davantage sur eux plus tard dans la série. Car bon, à date, ils ne sont encore qu’ébauchés.  Les rebondissements, les pièges, les idées folles et les initiatives des personnages tiennent en haleine, il y a de bonnes idées et je pense que ça plaira beaucoup à un jeune lectorat. J’ai bien aimé comment les valeurs et les modes de vie varient selon le monde ainsi que les machines! Yep, I’m a sucker for a few metal pieces…

 

Ok, certains points sont un peu faciles et il y a des raccourcis d’écriture. Mais j’avoue que dans ce cas, je me suis contentée de passer un bon moment et d’apprécier ma lecture. J’ai aimé les idées, la maison, l’univers… et je lirai la suite avec plaisir!

 

 

Juil 13 2018

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Tell the Wolves I’m Home (Dites au loups que je suis chez moi) – Carol Rifka Brunt

Commençons clairement, j’ai adoré ce roman. J’ai pleuré ma vie. Encore une fois. Il y avait un bon moment que je n’avais pas été touchée par tant de romans différents, mais cette histoire m’a touchée droit au coeur. C’est une magnifique histoire de passage à l’âge adulte, c’est l’histoire d’un deuil plus grand que nature, un roman touchant, avec des personnages pleins de défauts et des moments dont je me souvendrai. Vous savez, le genre de roman où vous cessez de vous demander si c’est bien écrit, si ce n’est pas trop facile, trop tearjerker parce que vous êtes dans l’histoire et que vous y croyez?  Parce que vous avez oublié que c’était une histoire?

 

Ben voilà. Pour moi, ça a été ce genre de roman.

 

C’est l’histoire de June Elbus. Elle a 14 ans à la fin des années 80. Presque mon âge, quoi. Elle a déjà été proche de sa soeur Greta mais celle-ci est celle qui a tout, réussit tout… et qui a des amis beaucoup plus populaires que June, une jeune fille plutôt solitaire. La seule personne qui la comprenait, avec qui elle pouvait être vraiment elle-même, qui la voyait vraiment était son oncle Finn Weiss. Finn était peintre. Et Finn est mort. Il est mort d’une maladie étrange, dont on prononce à peine le nom. La peine de June est immense et prend toute la place. Dans la tête de June, elle était la personne la plus importate pour lui. Puis, à l’enterrement, il y a un homme qu’elle n’avait jamais vu, dont elle n’avait jamais entendu parler…

 

Suite à ma lecture de « N’essuie jamais de larmes sans gants » (magnifique, magnifique, magnifique), j’ai eu envie de revenir vers cette période. Bon, ok. Je suis moins folle qu’avant et je suis maintenant capable de lire à propos de la maladie sans complètement freaker. Ceci explique peut-être cela. On parle ici du sida, bien entendu. On y parle en filigrane du contexte de l’époque, des préjugés, des craintes et des perceptions par rapport à l’homosexualité et surtout au sida. Ce que j’ai retrouvé dans ce roman, c’est ce que j’entendais quand j’étais ado. Et avec mon regard actuel, j’en suis horrifiée. Mais c’était tout de même comme ça. Toutefois, ce n’est pas ce qui est à l’avant-plan. C’est surtout l’histoire d’une amitié improbable, des premières amours, du deuil et de la réalisation qu’on ne connaît vraiment qu’une partie de ceux qu’on aime. C’est la perte des illusions, c’est l’exploration de nos zones d’ombres, des côtés de nous-mêmes que nous ne voudrions pas voir, c’est l’histoire de relations familiales… bref, l’histoire d’une vie.

 

Qui l’a lu?  Qu’en avez-vous pensé? Je conseille vivement!

Juil 11 2018

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Je vois des antennes partout – Julie Delporte

Bon, ça va être un cas de billet « ne vous fiez pas à mon seul avis » parce que je n’ai lu que du positif sur ce roman graphique, et que moi, je suis mitigée.   Pourtant, j’ai eu un coup de coeur pour l’autre album de l’auteur « Moi aussi je voulais l’emporter ».  Mais est-ce parce que j’étais déjà familière avec le style très original, l’aspect collage, un peu brouillon (qui m’a fait tripper dans « Moi aussi »), je dois avouer que cette fois, la construction du récit m’a un peu perdue…  et que j’ai du mal à saisir toute la portée de ce qui nous est racontée.

 

L’héroïne a tout le temps mal à la tête.  Elle est stressée, dort mal.  Son médecin lui prescrit des antidépresseurs, auxquels elle ne croit pas et après une nuit sur internet, elle comprend : elle est électrosensible.  Elle décide donc de s’isoler dans un chalet au nord du Québec, loin des ondes… à Baie-St-Paul.  Heu… ok.  On n’a plus le nord qu’on avait (Baie-st-Paul est sur les bords du St-Laurent, bien au sud du Québec)… mais c’est un détail.   Mais vous me connaissez, moi pis les détails hein… on dirait qu’après, je ne fais plus confiance.

 

J’ai vu dans cet un ouvrage un album sur une jeune adulte qui se cherche, qui ne trouve pas sa place en ce monde qui ne lui convient pas.  Il y a de belles images de la nature, un réel mal-être.  Ce qui est associé à de l’électrosensibilité (je n’y connais absolument rien hein) pourrait tout aussi bien être dû à la dépression ou au stress mais là n’est pas la question.   J’y ai davantage vu une incompatibilité entre le monde moderne et cette jeune femme.

 

Les phrases sont toujours aussi belles, mine de rien, mais j’avoue avoir eu du mal avec les transitions, les ellipses, les conclusions hâtives.  Oui, je sais, ce qui me déplaît était peut-être prévu pour mieux me faire entrer dans la tête d’une personne qui ne va pas bien, peu importe la cause, mais ça m’a donné une impression de brouillon, d’inachevé.

 

J’en attendais sans doute trop alors je suis déçue… mais garrochez-vous sur « Moi aussi je voulais l’emporter », aussi chez Pow pow!

 

C’Était ma BD de la semaine!

Juil 09 2018

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Le séducteur – Jan Kjaerstad

Comment parler de ce roman?  Comment expliquer des sentiments qui relèvent à la fois de la fascination et parfois de l’agacement? Si le thème semble simple (la vie d’une célébrité norvégienne), la construction du roman et les idées qui le parsèment en font une réelle curiosité littéraire.

 

D’emblée, je vous dirais que j’ai mis presque 10 jours à lire ces 608 pages. Pour moi, c’est hyper, HYPER lent.  Ça ne m’arrive pratiquement jamais.  J’ai lu Guerre et Paix plus vite. C’est que ce roman demande de l’implication et de l’attention. De plus, 600 pages écrites petit, c’est long, malgré le côté foisonnant du roman. Et vous savez le pire du pire? Il y a deux autres tomes. Et après avoir fait connaissance de ces personnages, j’ai envie de connaître le fin mot de l’histoire. Mais j’ai limite peur de les lire. Bref, je me sens terriblement cohérente ce soir.

 

Le roman s’ouvre donc sur Jonas Wergeland qui rentre chez lui et qui retrouve son épouse morte assassinée sur le plancher. Nous le voyons pendant quelque pages, puis, flashbacks sur le passé de Jonas, passé raconté par une mystérieux narrateur omniscient. Tout au long du roman, plusieurs questions.  Qu’est-ce qui relie entre eux les différents éléments de la vie d’une personne? Qu’est-ce qui fait l’essence d’une personne? Y a-t-il une seule réalité ou plusieurs, dépendant de la perspective? Plusieurs images récurrentes au cours du roman.  La fameuse tortue (vous savez, celle sur laquelle le monde était supposé reposer? quoique bon… pour le Discworld, c’est peut-être autre chose) qui représente les fausses croyances, l’orgue, avec ses miliers de tuyaux qui forment un tout, et le fameux moyeu, qui tourne mais qui peut éjecter les gens complètement ailleurs, avec juste un peu d’imagination.On va ajouter à ça des références récurrentes et une construction, une construction… complètement capotée.

 

Repect à l’auteur. J’admire cette capacité à partir d’une histoire à l’autre sans jamais perdre le fil du récit principal. Et l’auteur réussit le tout de façon magistrale. On sent que le roman est construit comme l’un des fameux reportages de Jonas Wergeland, ces Thinking big, qui ont ému et passioné la Norvège tout entière.  D’un plan à l’autre, d’un lien à l’autre, le tout tenu ensemble par ces figures et ce personnage magnétique qu’est Jonas. Le problème avec ce genre de construction, c’est que le lecteur reste parfois un peu sur le carreau. Je ne me suis pas ennuyée mais je devais un peu me botter le derrière pour y retourner, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Ah oui, j’ai oublié. Jonas a un pénis magique. Sans blague. Une bite caméléon. Le côté sexe a un certain aspect se rapprochant du réaliste magique (vous verrez pourquoi, et ce n’est pas la transformation pénissale). Ah oui. L’un des personnages féminins a une passion pour les phallus et passe sa vie à les dessiner. J’ai eu envie de dire « aucun doute, ce roman a été écrit par un homme » et ce malgré certaines conversations avec Angéla Morelli.

 

Bizarrement, je sens que je ne suis pas au top de la clarté! Mais ce roman reste pour moi un hymne à l’imagination, avec une construction virtuose. En le lisant, je me disais qu’un tome suffirait. Mais à la fin, imaginez-vous que je me surprends à espérer que la suite sortira bientôt.

 

Je ne suis pas à une contradiction près.

Jérôme n’est pas conquis, mais Lily et Martine ont aimé.

Juil 07 2018

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Les soeurs Carmines – 1 – Le complot des corbeaux – Ariel Holzl

Quel plaisir de lecture que ce court roman jeunesse.  Une lecture jubilatoire, rien de moins. Un monde fantasy génial, des personnages succulents, une histoire pleine de rebondissements… un bonheur autant pour les jeunes que pour les adultes.

 

À Grisailles, la vie n’est pas simple pour les soeurs Carmines. Le monde est recouvert de brume, des créatures hantent les rues, la basse-ville grouille de malfrats tandis que la haute ville est dangereuse pour tous ceux qui ne sont pas de la haute ou membres des 8 familles dirigeantes. Les soeurs sont orphelines et doivent se débrouiller pour survivre avec pas grand chose. Merry, notre héroïne, est une Monte-en-l’air. Une voleuse, en fait.  Une voleuse qui tente de faire vivre sa famille en exécutant de petits et grands larcins en passant par les toits de la ville. Sauf que les dernières semaines n’ont pas été faciles et que Merry s’est un peu plantée lors d’un cambriolage. Au lieu du butin espéré, une simple petite boîte… et bien des problèmes.

 

Et c’est juste super bien. Le monde est très intéressant, le peuple qui y vit ne recule devant rien pour arriver à ses fins, quitte à semer quelques cadavres au passage. C’est ironique, plein de doubles sens et je me suis surprise à pouffer de rire à plusieurs occasions. Ce truc est hilarant. Déjanté et hilarant.  Merry doit gérer sa soeur aînée Tristabelle qui mène tout le monde à la baguette avec son joli minois et ses caprices ainsi que la petite Dolorine, 8 ans, adorable petite poulette qui comprend souvent tout de travers mais qui ne manque pas d’initiative. J’adore Dolorine. Elle est géniale, naïve et ses échanges avec son journal et son toutou psychopathe m’ont fait mourir de rire.

 

L’intrigue est certes une intrigue jeunesse mais pour ma part, ça ne m’a pas dérangée une demi-seconde, trop prise que j’étais par le style et l’univers. L’auteur donne juste assez de détails pour que les jeunes lecteurs restent bien accrochés mais aussi créer une atmosphère qui fonctionne.  Et avec cette fin, c’est officiel que je lirai le 2e. Genre, ce soir!

 

Michèle, je pense que tu devrais le lire!

Juil 06 2018

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Phobos – 3 – Victor Dixen

Je sens que ce billet sera assez court…

En effet, je vous ai déjà parlé du tome1 (lien à insérer… un jour)… puis du tome 2…  Je me demande bien ce que je vais pouvoir rajouter ici.  Bon, en fait quand même oui, j’ai des trucs à dire.  J’ai toujours des trucs à dire!

 

Ce tome est un peu différent des deux premiers, un peu frustrant  aussi.   L’action se déplace un peu, le rythme est plus variable (ce procès…) avec une mise en place assez lente et pleine de contradiction et une deuxième partie pleine de rebondissements sociopolitiques.  Encore une fois, il est question de la télé-réalité, de la désinformation et des réseaux sociaux, avec leurs dérapes les plus folles.   Beaucoup de révélations, de cliffhangers, quelques répétitions aussi.  Si mon avis est un peu moins positif, ce n’est pas que le tome 3 soit moins addictif… seulement moins crédible.  Les ficelles m’ont semblé trop grosses (je suis devin, je l’ai déjà dit) et il y a tout de même pas mal de facilités qui sentent la recette.   La finale, entre autres, ne m’a que  moyennement convaincue… et je reste persuadée qu’il y a un truc.

 

Ceci dit, on ne s’ennuie pas une minute.  J’ai lu les 600 pages en moins de 24 heures, les pages se tournent toutes seules et on a hâte de voir comment les personnages vont s’en sortir.  Il est assez étrange que les personnages principaux deviennent de plus en plus complexes alors que plusieurs autres soient tellement, tellement manichéens.

À l’heure où j’écris ce billet, j’en suis à la moitié du tome 3… et je suis tout de même un peu nostalgique de cet univers-là, martien et rude, qui fait selon moi la force du roman.  Malgré mes bémols, ça reste selon moi un excellent divertissement, avec des schémas très « à l’américaine », mais qui fait toutefois réfléchir sur certains faits qui sont ma foi omniprésents dans notre société: l’opinion publique qui s’érige en juge, la difficulté à se révolter et à tenir bon et la volonté que nous avons souvent à « vouloir y croire ».

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