Oh boy… Quelle claque que ce roman. Mais quelle claque. J’ai dû le mettre directement dans les mains de Yueyin pour qu’elle le lise illico, ne serait-ce que pour en parler avec quelqu’un. J’avais été tout aussi ébranlée par Et au pire on se mariera il y a quelques années. Il faut dire que l’auteure a le don pour se mettre dans la peau des mal-aimés, des exclus, de ceux qui ont rarement l’occasion de prendre la parole. Ici encore, elle nous fait entendre la voix de l’un de ces personnages, Mathieu, un SDF Montréalais, avec une maîtrise de l’oralité québécoise qui étonne pour quelqu’un qui n’est pas né ici.
Mathieu vit dans la rue. Pour expier. Pour essayer de survivre en dedans. Je ne dirai pas ce qui l’a mené dans la rue, vu que nous le découvrons petit à petit dans ce court roman, alors que Mathieu se lance à la recherche de Sam, son pitbull et compagne (parce que c’est une fille) de tous les jours. Alors qu’il croyait qu’il n’avait plus rien à perdre, il perd son chien… et se retrouve face à lui-même.
C’est un roman coup de poing, dur et beau à la fois. Les personnages sont me sont tout de suite apparus comme présents, humains, vivants. Il faut, bien entendu, choisir son moment car s’il y a de l’espoir qui se pointe parfois le bout du nez, il faut quand même le chercher, le projeter. On souffre avec Mathieu et la découverte de son drame personnel nous glace le sang. Tant de douleur semble difficile à imaginer.
Le roman d’un écorché de la vie, qui s’est battu jusqu’à ne plus y croire, jusqu’à ne plus croire qu’il le méritait. Définitivement, je lirai tout ce qu’écrit Sophie Bienvenu.












