La route – Manu Larcenet /Cormac McCarthy

Je n’ai jamais lu « La route ». Je ne le lirai pas non plus, je pense. Tant de désespoir, on dirait que c’est trop pour moi, surtout pendant un roman complet. L’option BD était donc idéale pour découvrir l’histoire, surtout quand c’est adapté par Manu Larcenet.

De quoi ça parle

L’Homme et son fils sont sur la route. Il y a eu une apocalypse, il ne reste presque plus rien, le ciel est rempli de cendre et plus rien ne pousse. Ils vont vers le Sud. Sauf que sur la route, il y a d’autres hommes. Et ce ne sont pas souvent des « bons », comme dirait le Garçon.

Mon avis

Entendons-nous, on ne sort par indemne de cette lecture. Cette adaptation est magnifique tout en restituant l’atmosphère opressante et tout le désespoir de la situation. L’homme et le Garçon marchent sur la route, sans trop savoir ce qui se trouve au bout. Peut-être pour avoir un but, une raison de continuer malgré l’horreur ambiante. Tout est mort, les hommes sont prêts à tout pour survivre, même au pire. Ils sont tous proies et prédateurs et le duo père-fils vit dans une angoisse et une peur constantes.

On ne sait pas ce qui est arrivé. On ne sait pas qui ils étaient avant. Le père survit pour son fils, rien que pour lui. Cet amour immense lui permet de continuer d’avancer, tout en envisageant une façon de mettre une fin à ses souffrances s’il ne pouvait faire autrement. Il n’a plus beaucoup d’espoir en l’homme alors que le Garçon, plus naïf, tente encore de voir du bon. C’est touchant, même si on sent que c’est un mécanisme de défense pour tenter de survivre.

Ça fait réfléchir sur l’amour d’un parent pour son enfant, sur l’horreur des choix que le parent pourrait avoir à faire ainsi que sur l’influence de notre perception sur ce qui nous entoure. Les dessins sont sombres, l’ambiance glauque est parfaitement réussie et en très peu de mots, Larcenet nous fait ressentir toute l’angoisse qui pèse sur le quotidien de ces deux personnages. C’est sombre, rien ne nous est épargné mais rien n’est non plus gratuit.

Vraiment une excellente BD.

C’était ma BD de la semaine… et cette semaine, toutes les participations sont chez Vivrelire!

6 Commentaires

Passer au formulaire de commentaire

  1. Je pense que je ne lirais pas le roman non plus. Le désespoir qui suinte de la BD m’a suffit…

  2. Je n’ai toujours pas pris le temps de lire ni le roman ni la BD ni de visionner le film, peut-être cette année qui sait… Bon après-midi!

  3. Je n’ai jamais lu roman non plus, mais la BD serait peut-être une bonne approche!

  4. J’avais lu le roman (longtemps) avant de lire la BD et j’ai trouvé que la BD servait parfaitement le propos. Tu as raison de dire qu’on ne sort pas indemne car les dessins rendent la dureté encore plus réaliste que dans le roman. Larcenet est excellent!

  5. J’ai lu la BD il y a quelques mois mais je ne l’ai pas chroniqué. Il n’y a que Manu Larcenet pour réussir à restituer tout le glauque, tout le désespoir de ce récit en BD. Un très beau travail d’adaptation mais rude à lire en effet.

  6. Une adaptation exceptionnelle. J’ai même rouvé qu’elle allait plus loin que le roman.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.