
Le comment du pourquoi
La faute à Séverine de Ilestbiencelivre. Elle a mentionné être sortie de roman complètement à côté d’elle-même. Et il y avait l’Argentine. Du coup, hop, dans ma liseuse!
De quoi ça parle
Un homme et son fils roulent vers le nord de l’Argentine. Ils s’enfuient. Vers quoi? Pourquoi? L’homme est malade, son fils a peur et ne sait pas où il s’en va. La mère est disparue dans d’étranges circonstances et le fils a un le même don que son père : il a le potentiel pour être un médium et une société mystique qui vénère une certaine Obscurité a besoin d’eux.
Un périple de plusieurs années à travers l’Argentine de la fin du 20e siècle, entre dictature et les années sida.
Mon avis
Vous savez à quel point j’aime les romans denses, pesants, avec une atmosphère gothique et une action qui se traîne un peu. On peut dire que j’ai été servie avec ce livre. C’est une grosse brique de plus de 600 pages sur deux décennies, sur fond de révolution, avec des personnages très ambigus, voire même avec d’immenses parts d’ombre et de noirceur. Nous nous baladons d’époque en époque, avec différents points de vue, on semble parfois s’éloigner du sujet principal mais ce culte n’est jamais bien loin. On nage en plein mystère mais aussi dans une époque bouleversée et bouleversante. Les opposants au régime sont pourchassés, et il est impossible de ne pas faire un lien avec le fameux culte de l’Obscurité dont il est question.
Entendons-nous, c’est parfois glauque. Très, très glauque. Et ça nous tombe dessus comme ça, alors qu’on ne s’y attendait pas. Certaines personnes sont le Mal incarné. Carrément. Il y a une part de fantastique, nous sommes dans un culte, et on a besoin d’un petit moment pour bien comprendre dans quoi on a mis les pieds. En plus, c’est hyper bien écrit. Bien traduit. En fait, bien écrit aussi parce que j’ai lu 200 pages en espagnol avant de recommencer en français. Mettons que je voulais être certaine de tout comprendre!
Sérieux, j’ai mis 3 jours à m’en remettre. Trois jours pour sortir de cette atmosphère complètement envoûtante, pour m’éloigner de cette Obscurité. J’ai relu sur l’histoire de l’Argentine, sur cette époque et c’est seulement en réalisant que je n’étais pas capable de lire autre chose que j’ai compris à quel point j’avais été marquée. Tout du long, tous les personnages ont les pieds sur les squelettes des morts de la dictature et, mine de rien, ces morts sont toujours en arrière-plan. Rien n’aurait été possible pour ces riches familles sinon…
Bref, un roman marquant, qui fera certainement partie de ceux qui m’auront le plus marquée en 2021, malgré un petit bémol sur la fin, qui m’a laissée un peu au milieu d’un souffle. L’avez-vous lu? Qu’en avez-vous pensé?










