Top Ten Tuesday – 26 – Les auteurs que j’inviterais bien à manger chez moi pour Thanksgiving

Top Ten Tuesday 2

 

Le thème français, chez Iani, cette semaine, ce sont les manies livresques.  J’ai déjà fait ce top en janvier dernier (oui, je suis une vieille top-tenneuse) donc je prends le thème anglais de The broke and the bookish.

 

Pour mes manies bizarres de lectrice, c’est ici!

 

Donc, mes invités pour le souper de Thanksgiving.  Il faut savoir qu’ici, l’action de grâces, c’est passé depuis un mois et demi.  À croire qu’il fait froid un peu plus tôt et que si on remerciait la nature maintenant, faudrait la remercier pour les légumes congelés au lieu des frais.   Autre chose qu’il est parfois bon de savoir: je cuisine comme un pied.  Vraiment. Ceux qui ont déjà lu mes aventures « cuisinesques » (je n’ose même pas utiliser le mot culinaires… souvent, ça dérape avant même qu’il soit question d’ingrédients) dans les chroniques d’une LCA en ont une petite idée.  

 

Donc, l’idée même d’un souper de Thanksgiving est tellement hallucinante – surtout si elle implique que JE cuisine – que je suis un peu embêtée.

 

Voici donc quant même les auteurs que j’inviterais.  Et à qui je dirais d’apporter, si possible, leur propre bouffe s’ils tiennent à rester en santé.  Et, of course, le Docteur est allé en chercher quelques uns en Tardis.  Quoi d’autre, hein!  (Et d’avance, je le dis, je ne raconte que des bêtises dans ce post.  Il ne faut rien prendre au sérieux!)

 

1) Joss Whedon

Parce que Joss Whedon is a god, rien de moins.  J’en entends qui protestent.  Non mais c’est un auteur de scénarios.  Ça compte, na!  Et en plus, il est crédité comme auteur de la saison 8 de Buffy.  Donc, voilà, ça fonctionne. Whedon, donc.  Il a fait Buffy, il a fait Firefly (que je viens d’ailleurs de me retaper au complet).  C’est un génie.  Et bon, s’il a créé le personnage de Spike, avec ses répliques hilarantes (promis, le premier top où j’ai déjà fait le top français et où le thème anglais ne me tente moins que pas, vous aurez droit aux Spike-top-ten), il doit être assez comique.  Et je n’ose même pas imaginer les conversations débiles que nous pourrions avoir au sujet du petit détail genre comme « dans l’épisode 8 de la saison 6, à 6 minutes 32 après la dernière pause ».   (Sérieux, je n’ai aucune idée de ce qui se passe à ce moment-là… c’est un exemple comme ça)

 

2) Russel T. Davies et Steven Moffat

Parce que je veux des interlocuteurs pour discuter de la signification intense et profonde de chaque mimique, chaque mot, chaque épisode du Docteur.  Non, je ne me lasse pas de parler du Docteur, je sais.  Je rêve de discuter continuité, de critiquer les paradoxes temporels et d’exposer mes théories bidon.   Et bon, je peux discuter de Casanova (et de David en séducteur) aussi avec Davies hein.  Je ne suis pas difficile.  Et même que je pourrais inviter Fashion à se joindre à nous.  Je verrais parfaitement la suite de nos over sérieuses conversations nocturnes et avinées autour de cette table, tiens…

 

3) Charles Dickens

Bon, je pense qu’il était un peu coincé hein.  Mais tout de même, peut-être qu’il accepterait de nous faire une représentation.  Paraît-il qu’il était un lecteur extraordinaire, ça ferait le show de fin de soirée.  Et bon, peut-être qu’il finirait par nous dire qui a tué Edwin Drood…

 

4) Jasper Fforde

Parce que sérieusement, je ne sais pas trop à quoi fonctionne son cerveau mais je n’ose même pas m’imaginer comment ce type peut penser.  Je l’imagine très bien parler aux gens par note de bas de page ou soudain décider que notre souper est menacé par un genre de jelly bean rose.  Bref, ça serait d’une absurdité sans nom et, of course, jubilatoire.

 

5) Christopher Moore

Parce que je ne sais pas ce qu’il fume… mais que j’imagine qu’il en apporterait! (Quoi, j’ai dit ça moi?  Sérieux?  Noooon, ne me croyez pas, je suis la pureté incarnée depuis que je suis vieille et sage)

 

6) Agatha Christie

Parce que soudain, il arriverait une abeille géante et là, le Docteur devrait venir nous sauver et là… bon, je m’égare, je sais.  Mais n’empêche que j’aimerais bien lui piquer une jasette. 

 

7) Karen Marie Moning

Parce qu’après ce que Christopher lui donnerait, elle s’oublierait certainement et nous donnerait plein de cues pour le spin off et la future suite de Fever?  Et sait-on jamais, peut-être nous donnera-t-elle l’adresse exacte de Barrons pour un éventuel et futur périple Dublinois où partirais à sa recherche?  Ou bon, elle peut amener Barrons tout court hein… ma porte est grande ouverte (et oui, je me retiens de faire une blague de très mauvais goût, ici)

 

8) Jane Austen

Parce que c’est la seule que je pourrais nourrir.  Des sandwiches au concombre et du thé, ça, je sais faire!  Et que bon, je me demande bien quel genre de roman elle pourrait écrire après avoir vu les bizarreries qui risqueraient de se dire autour de cette table!

 

9) Shakespeare

Après lui avoir fait prendre un bain, of course.  Parce que j’adorerais qu’on me parle comme il parle dans ses pièces… et que bon, franchement, il y a quand même quelques questions mystérieusement mystérieuses auxquelles j’aimerais bien qu’il réponde…

 

10) Terry Pratchett 

Je n’ai pas tout lu de lui mais je sens qu’il pourrait y avoir des conversations ma foi surréalistes avec Fforde.  Tiens, je peux même lui amener une pile de Bagages s’il veut faire la conversation.  Peut-être leur fera-t-il pousser des pattes.   J’ai aussi pensé à Douglas Adams, mais je pense que j’aurais du mal à ne poser que des questions dont la réponse est 42. 


 

On va se contenter de ces gens-là sinon je vais manquer de chaises.  Mais entendons nous, il y a énormément d’auteurs avec qui j’aimerais piquer une jasette.   Le seul problème, c’est que quand je les vois, ben je fige et que je ne dis pas un traitre mot.

 

Restons dans la fiction, donc!

 

Et une autre fois, je vous fais la liste des auteurs que j’aimerais bien inviter à un 5 à 7 (version québécoise) afin de les chicaner un peu parce-que-bon-franchement-je-ne-suis-pas-du-tout-d’accord-avec-l’une-de-leurs-décisions.  Genre que je n’ai jamais pardonné à Louisa May Alcott pour Jo et Laurie.  Yep, je vois bien ça pour un jour.  Quand j’y repenserai.

 

Vous, vous invit
eriez qui?

Dr. Jekyll and Mr. Hyde – Robert Louis Stevenson

Jekyll-et-Hyde.jpgPrésentation de l’éditeur

« Le doppelganger ou le double fantomatique, était un sujet populaire pour les écrivain da la fin du 19e siècle et l’histoire la plus connue est celle écrite par Robert Louis Stevenson. […] »

 

Commentaire

D’abord, en ouvrant mon livre, j’ai découvert qu’il s’agissait en fait d’un recueil de 6 nouvelles dont la première « Dr. Jekyll and Mr. Hyde » est la plus longue.   Ce billet parlera donc uniquement de la première nouvelle et je ferai un autre billet pour les autres plus tard.  Ben quoi, il faut bien utiliser ce joli logo! 

 

Une petite explication pour commencer.  Je connaissais parfaitement l’histoire du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde.  J’avais même entendu parler de diverses théories qui voulaient que ce soit une fable en rapport avec la religion ou la culture victorienne.  Mais la novella en tant que telle, je ne l’avais jamais lue.  Et j’ai été la plus surprise du monde lorsque j’ai ouvert le livre et que j’ai réalisé ce fait. 

 

L’histoire du Docteur Jekyll nous transporte immédiatement dans le Londres du 19e siècle, avec ses lampes au gaz et, bizarrement quand on parle de ce genre d’histoire, de retenue.  Parce que dans le roman de Stevenson, il n’y a pas de grande scène incroyable, pas de tout ce qu’on a vu au cinéma.  L’écriture est fluide, un peu désuète mais plutôt sobre et sans débordement.  Ce que j’ai trouvé quant à moi extraordinaire, c’est que l’auteur a réussi à me faire lire fébrilement ces pages et à faire monter le suspense – qui n’en était pas un – même si je savais parfaitement pourquoi le vertueux Dr. Jekyll semblait tenir à cultiver l’amitié de de Mr. Hyde, petit homme désagréable et semblant porté à des crises de violence et de méchanceté gratuite. 

 

C’est donc à travers les yeux de son avocat, Mr. Utterton que nous découvrons cette histoire.  Ami du Docteur Jekyll depuis des années, il est dépositaire de son testament, au sujet duquel in a de sérieux questionnements,  Quand l’un de ses amis lui rapporte une scène terrible, où un homme déplaisant a piétiné une enfant parce que celle-ci l’avait bousculé dans la rue, il fait aussitôt le lien avec le dit testament et décide de découvrir les liens qui lient le Dr. Jekyll, homme vertueux, droit et bon, à ce vilain personnage qu’est Mr. Hyde. 

 

C’est petit à petit qu’il découvrira la terrible vérité.  Quand on sait, c’est évident, bien entendu.  Mais j’ai trouvé ma foi l’histoire fort bien construite.  Le rythme est rapide (c’est une novella.  Pas de traîne, on avance vite dans l’histoire) et on ressent à travers les mots de Stevenson la perplexité, la crainte et la curiosité de Mr. Utterton face à cette histoire.  Impossible également de ne pas être touché par la détresse du Dr. Jekyll qui a de moins en moins le contrôle de la situation. 

 

OK, ICI, JE RÉVÈLE DES CHOSES À PROPOS DE L’HISTOIRE ET DE LA RÉSOLUTION.  JE SAVAIS, J’IMAGINE QUE PRESQUE TOUT LE MONDE SAIT, MAIS BON, JUSTE AU CAS OÙ, JE PRÉFÈRE PRÉVENIR.

 

C’est une réflexion intéressante sur la dualité de l’homme qui est ici amenée.  J’imagine que dans l’Angleterre victorienne, où l’apparence était très importante et où la vertu était prisée dans le bon monde et où il y avait un côté très « coincé » (d’après ce que j’ai lu hein… malheureusement, le Docteur ne m’y a pas encore amenée dans son Tardis… je ne désespère pas), ce devait être encore plus d’actualité.  Cette histoire fantastique c’est surtout l’histoire d’un homme qui ne savait pas composer avec les tons de gris qui faisaient partie de lui et qui a tenté de séparer les deux, avec un double qui retenait tout ce qu’il y avait de mauvais en lui, ainsi que la plupart des pulsions qu’il ne parvenait pas à assumer. 

 

Le contexte, bien entendu, est fantastique.  Une potion, une perte de contrôle et une incapacité à finalement dominer les pulsions réprimées, le tout vécu dans une solitude immense, malgré le support que tentent d’apporter les gens qui sont proches.  Et finalement, comme souvent, un regard extérieur qui ne pardonne pas. 

 

FIN DES RÉVÉLATIONS PAS-SI-CHOC-QUE-ÇA!

 

Bref, j’ai beaucoup aimé et là, j’aurais bien le goût de lire des romans dérivés (qui en connaît?) et aussi de relire des bouts de Freud.  Association d’idées impossible à ne pas faire dans mon cas!

 

Et bon, Stevenson Forever, hein!

 

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Challenge Gilmore Girls 2/3

Sans même essayer.  Je voulais lire des trucs « Halloween »!

Sherlock Holmes et le fantôme de l’opéra – Nicholas Meyer

Sherlock-Holmes-et-le-fantome-de-l-opera.jpgPrésentation de l’éditeur

« 1891, Alors que toute l’Angleterre le croit mort et enterré, Sherlock Holmes, fin mélomane, vivote à Paris en donnant des cours de musique sous un nom d’emprunt.

Apprenant que le prestigieux orchestre de l’Opéra recrute un violoniste, il parvient à se faire engager. Mais, très vite, il découvre que le Palais Garnier est le théâtre d’événements étranges.

 

Le fantôme de l’Opéra existerait-il ? A défaut, comment expliquer les accidents qui y surviennent ? Et les voix que chacun dit entendre résonner dans le labyrinthique édifice ?

 

Chargé de protéger une jeune soprano, le célèbre détective va se lancer dans une chasse à l’homme à travers le Paris nocturne et souterrain. Une course contre la montre… et la police française. »

 

Commentaire

C’est Stéphanie qui m’a offert ce roman lors du swap Sherlock Holmes, il y a presque 2 ans maintenant. J’avais envie de relire un peu de Sherlock avant de m’y plonger, ce que j’ai fait, sans toujours en parler sur le blog, par contre.  Je suis parfois paresseuse avec mes relectures!

 

Nicholas Meyer a écrit plusieurs pastiches avec le personnage de Sherlock Holmes.  Je n’ai lu que celui-ci, (je pense qu’il en a écrit un autre où il rencontre Freud) dans lequel il utilise les « années perdues » de Sherlock pour nous raconter une histoire s’étant déroulée à Paris, lors des fameux – et fictifs – événements reliés au Fantôme de l’Opéra. 

 

Pour ceux qui ne le savent pas, je connais le roman par coeur.  Le fantôme, I mean.  Et cette légende, je l’ai tellement lu quand j’étais jeune qu’elle est presque vivante, pour moi.  Je ne pouvais donc pas passer à côté de la rencontre entre Sherlock et le fantôme, que je ne nommerai pas ici, n’est-ce pas. 

 

Mon avis?  C’est bien.  Je ne suis pas complètement en extase, j’ai apprécié le moment de divertissement, j’étais ravie de retrouver Sherlock mais bon, ce n’est quand même pas l’original.  L’auteur utilise un procédé intelligent pour expliquer la différence de style (l’histoire est raconté au « je » par Sherlock pendant une bonne partie du roman) et forcément, la vision qui nous est donnée du personnage est un peu différente, en raison du fait que le narrateur soit lui-même.  Mais j’ai aimé voir d’autres côté de mon détective préféré et j’ai aussi aimé la façon dont l’auteur fait s’entremêler les deux histoires. Le format est aussi intéressant, tentant de lui donner l’aspect d’un document historique, avec des notes et une mise en situation… bref, il y a de bonnes idées et ça entre bien dans le cadre du pastiche.

 

Mon gros « mais »?  Il y a des changements dans l’histoire du fantôme.  Je ne dirai pas lesquels, pour ne rien gâcher à la résolution de l’énigme mais bon, il y en a.   J’imagine que c’était nécessaire, la date n’est pas tout à fait la même et sans ça, j’imagine qu’il y aurait eu zéro suspense (quoique bon, il n’y en a quand même pas tant que ça, hein, quand on connaît le roman de Leroux) mais moi qui connaît tout par coeur, ça m’a quand même un peu perturbée.  En fait, j’aurais préféré une réelle réinterprétation, avec davantage de divergences, à cette version « à peu près ».  C’est voulu, je le conçois mais bon… 

 

Un agréable divertissement, une atmosphère réussie mais quand même pas transcendant pour moi.  N’empêche que je suis curieuse de voir ce que l’auteur a pu faire de Sherlock et de Freud par contre. 

Rose Aimée – 1 – La belle qui porte malheur – Béatrice Bottet

Rose-aimee-1.gifPrésentation de l’éditeur

« San Francisco, mai 1851.

Dans le saloon bruyant et enfumé bourré de chercheurs d’or, l’homme aux cheveux gris haussa la voix : – J’ai quelque chose d’important à te demander… Le jeune marin ouvrit bien grand ses oreilles. – Es-tu capable de retrouver quelque chose à Paris ? demanda Garancher, fébrile, en lui mettant une main sur le bras. Et quelqu’un ? – Ce que vous voulez, dit Martial Belleroche avec assurance. Et qui vous voulez.

– Alors je compte sur toi. Mais surtout, surtout… il faudra te méfier, fit Garancher d’une voix grave e t lugubre sans s’expliquer davantage. Il leva alors son verre et les deux hommes trinquèrent.

 

Paris, avril 1852. Fifi-Bout-d’Ficelle sourit au public et s’inclina. Tous les spectateurs sentirent leur coeur fondre. Tous sauf un. Le piano et le violon jouèrent un prélude d’une grande intensité dramatique. Fifi salua gracieusement en tenant sa robe à deux mains. Quelques applaudissements éclatèrent encore, vite rembarrés par des  » chuuut  » impatients. Et Fifi chanta la complainte de la fille qui portait malheur…

 

Commentaire

Ce fut toute une aventure que de lire ce roman!  D’abord, il faut savoir qu’il est introuvable ici.  Même mon libraire n’a pas réussi à me le commander.  Mathilde, de chez Nouvel Angle Matagot a tenté de me l’envoyer cet été mais ce n’est pas le marin qui s’est perdu dans la brume mais plutôt Rose-Aimée qui s’est perdue dans la poste.   J’ai par la suite pleuré un peu aux copines et c’est Delphine qui me l’a finalement trouvé et bien gentiment envoyé.  D’ailleurs, copine, je t’en dois une et si tu veux un Québec-livre en échange, ça va me faire plaisir!

 

Bref, revenons à Rose-Aimée.  C’est ma foi un excellent premier tome de série jeunesse que voilà.  Une belle histoire d’amour, certes, mais surtout une atmosphère réussie qui nous transporte dans le Paris de 1850, dans l’univers populaire des cabarets un peu louches.  Que ce soit les Trois Anges Blancs, le couvent hanté ou les rues de Paris, l’auteure réussit à recréer parfaitement l’ambiance et à nous faire imaginer l’endroit sans pour autant que ça nous semble artificiel.  On entend presque la musique d’accordéon en arrière-plan.   J’ai imaginé Rose-Aimée qui courait dans les rues boueuses avec sa lanterne, j’ai limite vu son aura de mystère planer autour d’elle.  J’ai vu bagarres, tripots, ruelles sombres et coups de couteau.  Et je n’ai pu lâcher mon livre, ce qui fait que le boulot n’a pas DU TOUT avancé aujourd’hui, malheureusement. 

 

Martial est un marin intelligent et débrouillard qui a une dette de vie.  Il a promis à son sauveur de lui ramener un manucrit.  Et c’est pour cette raison qu’il se retrouve au cabaret et que son destin va croiser celui de Rose-Aimée.  Ils ne sont pas parfaits ces deux-là.  Ils s’y prennent bien mal, ils doivent composer avec leurs failles, leurs craintes, leurs passés respectifs. Mais c’est une très très belle histoire d’amour dont j’ai suivi l’évolution avec un sourire attendri.   J’ai aimé voir la confiance se bâtir, les voir prendre soin l’un de l’autre, voir la complicité s’installer tout doucement, presque à leur insu.   J’aime qu’ils aiment vraiment « quelque chose » chez l’autre et ne soient pas juste en amour avec l’amour, comme j’en ai parfois l’impression dans les romans jeunesse.  Et je les ai aimés tous les deux malgré leurs travers, leur impulsivité et leur façon parfois maladroite de tenter de se faire confiance.  

 

J’ai aussi beaucoup aimé l’écriture, la façon dont nous sommes plongé dans l’époque par les dialogues qui sont selon moi assez bien dosés, pas exagérément « pittoresques ».  Bon, là, vous direz « elle est qui, elle, pour juger de ça, elle n’a aucune idée de comment on parlait à l’époque » et vous aurez raison.  Mais si la syntaxe est populaire et le vocabulaire parfois cru et d’époque, nous n’avons pas l’impression de lire un étalage d’expressions anciennes collées l’une à l’autre.  J’ai trouvé le procédé très judicieux et ça ajoute juste ce qu’il faut à l’ambiance.  De plus, il y a un bon compromis entre le « très chaste et pas probable » et le côté « jeunesse ».  Les premiers émois, ceux qu’on ne comprend pas bien, sont bien décrits, les insécurités aussi.  Ça m’a plu. 

 

Si les gentils sont en teinte de gris, je reprocherais toutefois aux méchants d’être bien bien méchants.  Un peu « trop » dans leurs réactions, parfois.  Certaines attitudes m’ont semblé exagérées, leur méchanceté trop souvent mentionnée explicitement.  J’ai failli lancer le roman à travers la pièce à un moment.  Tant qu’à avoir de vrais vilains, je les aime bien machiavéliques, pas juste « bêtes et méchants »…  Je comprends le pourquoi mais je n’ai quand même pas été convaincue par certains d’entre eux. 

 

Finalement, même si on voit venir certaines choses gros comme une maison (c’est ma malédiction à moi), une lecture la plupart du temps bien rythmée qui m’a beaucoup plu, qui m’a tenue éveillée et rivée aux pages.   Le livre a suffisamment éveillé mon intérêt pour que je commence le tome 2 immédiatement d’ailleurs.  Difficile de faire autrement, avec cette finale, n’est-ce pas!  Une rencontre réussie pour moi qui m’a surtout donné le goût de retomber en amour pour la première fois!

Top Ten Tuesday – MES hommes de papier

Top Ten Tuesday 2

Bon, je l’ai déjà fait, ce thème.  Il y a environ un an (vous pouvez le lire ici).  Mais comme c’est le thème du jour en français chez Iani pour les Top Ten Tuesday (créés par The broke and the bookish), je veux m’assurer que TOUT LE MONDE avait encore bien en tête que ceux-là, hein, ils sont à moi.  Juste à moi.  Et que je les prête parfois pour les anniversaires et les jours fériés.  Si vous êtes gentilles!

 

Et j’ai décidé de m’auto-tester moi-même et de faire ma liste aujourd’hui, sans retourner voir ce que j’avais écrit l’an dernier.  Juste pour voir si j’ai des tendances volages… we’ll see.  Et PROMIS j’essaie de faire court.  J’essaie. Vu que je l’ai déjà fait, ça devrait être dans le domaine du possible…

 

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1.  The Doctor 

J’en vois qui protestent dans la salle.  Si, si, c’est un personnage de série mais il y a des Doctor Books.  Du coup, c’est AUSSI un personnage de roman.  Donc, ça compte.  Na!  Et bien entendu, il est à moi.  Et il m’aime d’amour, of course.  Si la version David Tennant est ma propriété exclusive, je prête pour les autres.  À l’occasion.  Because smart is sexy.  Voilà.  And the Doctor is… brilliant!  Fantastic!


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2.  Spike

J’avoue que depuis ma petite aventure j’ai-pu-parler-à-James-Marsters-et-il-m’a-fait-son-Spike-look, je suis retombée tête première dans ce méga crush qui dure depuis quelques années déjà.  J’adore ce personnage, ses remarques sarcastiques, son évolution et le fait qu’il soit parfaitement conscient de ce qui arrive, que jamais il ne se voile la face.  J’adore ses répliques sarcastiques, son regard et le fait qu’il puisse exprimer 4 émotions différentes dans la même seconde.  Et bon, il y a des BDs Spike.  Donc, ça compte.  Et même que j’imagine son petit mouvement d’épaule qui me fait craquer, là.. bon, ok, je sors.  Mais ça me rappelle que j’avais promis il y a déjà pluuusieurs moins un Top Ten de mes favorite Spike quotes.  Maybe next week?

 

3.  Barrons (Série Fever – Karen Marie Moning)

Celui-là, il n’y était pas l’an dernier parce que je ne le connaissais pas. Mais ce fut THE rencontre pour cette année.  Même que j’ai bien décidé d’aller bientôt fouiller Dublin de fond en comble pour le retrouver.  Je suis certaine qu’il m’attend, bien installé dans la librairie et qu’il y a un petit coin bien confortable devant le foyer.  Je suis même prête à me munir d’un MacHalo, s’il le faut.  Bref, Barrons peut me sauver n’im-por-te quand.  Et il peut m’aider à récupérer ma conscience à SA manière quand il veut.  Même que je pourrai faire semblant que je ne reviens pas si vite que ça, si ça peut lui faire plaisir! ;))

 

4.  Mr. Darcy (Orgueil et préjugés – Jane Austen)

Incontournable, celui-là.  J’ai d’ailleurs proposé à Fashion des questions over intéressante pour son prochain devoir sur P&P.  « Pourquoi Mr. Darcy fait-il fantasmer les femmes depuis plus de 2 siècles? » ou « Décrivez votre éventuelle rencontre avec Mr. Darcy, avec détails ».  Pimpi a quant à elle proposé un sujet de dissertation « De l’intérêt des chemises mouillées en milieu humide ».   Mon motto c’est « Men in breeches are underestimated ».  Je suis certaine que j’ai déjà dû vous la sortir, celle-là!  ET bon, je ne dédaignerais pas Pemberley, non plus.  Surtout si la femme de ménage et le gars qui tond la pelouse vient avec!  Anyway, Mr Darcy, dans la bibliothèque, avec un chandelier… n’importe quand!

 

5.  Rhett Butler (Gone with the wind – Margaret Mitchell)

Quand j’ai vu le film avec Clark Gable, limite que j’ai fait un mini-fantasme sur les moustaches.  J’avais 12 ans.  Quand j’ai été plus grande, j’ai fini par me dire que ça devait chatouiller, une moustache… mais restons classy, quand même.  Toujours est-il que Rhett, moi, n’importe quand.  Il peut m’emporter dans ses bras dans un grand escalier and give me the time of my life!  C’est quand même quelque chose, cet homme.  Il a un bizarre de sens des valeurs qui me plaît.  And I love a scoundrel from time to time!

 

6.  Ranger (Série Stephanie Plum – Janet Evanovich)

Moi, à toutes les fois qu’il appelle Stephanie « Babe », je fonds.  Mais bon, of course, là, c’est moi qu’il appellerait comme ça.  Et comme je suis la reine des gaffes, je suis certaine que je pourrais le distraire autant que Stephanie hein.  Je veux bien être la case « comic relief » dans son budget si ça implique la clé de son appart et l’accès à son tiroir de so black underwear.  (Sorry, je suis fatiguée, je raconte n’importe quoi… Vous allez me prendre pour une cinglée!).  J’aime les bad boys.  

 

7.  Aragorn (Le seigneur des anneaux – Tolkien)

Pour l’armure.   Et je vais éviter de continuer sur cette voie si je veux garder une once de crédibilité.  Terrain glissant.  Ou en pente… bref, l’armure.  Avec.  Oui, je sais, aouch!

 

8.  Edmond Dantès (Le comte de Monte Cristo – Alexandre Dumas)

Quel homme, ce comte. Jeune, j’étais amoureuse.  Je le suis encore un peu. Par contre, moi, je ne me le mettrais jamais à dos hein… je serais très très très gentille.  Pas envie de tomber dans ses mauvaises grâces. Anyway, il est intelligent, savant, puissant… il est pour moi.  Donc, je l’attends et j’espère!

 

9  Athos (Les trois mousquetaires – Alexandre Dumas)

Pour l’épée, cette fois.  Non mais un homme qui sait manier l’épée, ce n’est pas à dédaigner, je trouve.  Et en plus, il a un côté mystérieux, ténébreux, même s’il reste parfois joueur… tout pour me plaire, quoi.  J’aime mes hommes un peu torturés.  Et je l’imagine avec un regard sérieux et une sexy voice.  Je sais, ce dernier commentaire est particulièrement utile pour la compréhension du personnage. 

 

10.  Le Captain Wentworth (Persuasion – Jane Austen)

Parce qu’il écrit THE lettre.  Et juste pour cette lettre, il mérite d’être dans la liste.  Voilà!

 

Vous remarquerez que j’ai un peu de mal à fantasmer VRAIMENT sur des personnages de livres jeunesse, n’est-ce pas!  Parce que bon, si la plupart du temps je les trouve sweet, cute, etc, 17 ans, j’ai déjà donné.  Et bon, je suis bizarre mais eux, je les trouve très bien avec leur petite copine de 16-17 ans, je n’ai aucune envie de les avoir pour moi.  C’est la sagesse qui s’installe.  Ou la vieillesse, choisissez!

 

MAIS… un jour, peut-être, je vous ferai mon top des amoureux, jeune ou vieux, les plus sweet ;))

Vampire Academy 1 (roman graphique) – Leigh Dragoon et Emma Vieceli

vampire-Academy-graphic.jpgPrésentation de l’éditeur

Voir la présentation du premier roman de la série.  C’est une adaptation et je me sens très paresseuse, ce soir.

 

Commentaire

J’imagine que personne ne sera terriblement surpris de voir apparaître ici cette adaptation en roman graphique de Vampire Academy, n’est-ce pas.  J’avoue que j’ai difficilement pu résister quand je l’ai aperçu sur les tablettes de Chapters.  En fait, si, j’ai résisté.  Jusqu’à ma commande suivante.  Call me Wonder Woman.

 

En gros, l’histoire ne surprendra personne, c’est la même.   En version condensée.  Du coup, ça va un peu rapidement, les scènes se bousculent un peu et il manque un peu du mystère de la version roman.  Mais toutes les scènes clés sont présentes et l’essentiel du truc est préservé.

 

Ok, je sais, ça ne dit rien, tout ça. 

 

Ma lecture a été un peu bizarre, en fait.  J’ai bougonné un peu fort au début.  Les dessins me plaisaient juste à moitié (Lissa, surtout.  Et bon, mon Dimitri est – of course – beaucoup mieux et a l’air beaucoup plus badass que celui du roman graphique) et je trouvais que vraiment, la mise en place était laborieuse.  Le monde est mis en place en quelques pages, quelques phrases claires nettes et précises.  Nécessaire pour qui n’a pas lu le roman, je sais.  Ce monde n’est pas si classique, pas si évident au départ.  Mais j’ai trouvé cette présentation limite didactique. 

 

Par contre, j’avoue que ça n’a pas duré, hein.  J’avais envie de me replonger dans l’histoire et finalement, j’ai bien aimé ma lecture, sans être transcendée.  C’est souvent le problème avec les adaptations graphiques, c’est trop rapide, on n’a pas le temps de voir évoluer les relations, de s’attacher aux détails.  Par contre,  les choix des personnes qui ont adapté le roman m’ont semblé très pertinents et il est facile de reconnaître et de distinguer les personnages (souvenir terribles et confus de certains mangas, ici…).  Quand on a lu le roman, on sait tout de suite qui est qui.   J’ai aussi beaucoup aimé le visage de Rose. 

 

Je pourrais me plaindre encore sur des détails…  L’académie est moins mystérieuse que dans mon souvenir, Mason est moins clown, Christian moins rebelle (bon, il l’est quand même un peu hein)… mais c’est le format qui veut ça, j’imagine.  C’est very rapide, as I said.  Mais bon, ce sont des personnages que j’aime et j’ai tout de même passé un agréablement moment de lecture.

 

Bien entendu, comme je suis curieuse, je lirai sans doute la suite quand elle sortira en avril prochain.  Des fois, je me dis que c’est complètement inutile de combattre mon côté irrécupérable!

Beautiful Chaos (18 lunes) – Kami Garcia / Margaret Stohl

Beautiful-chaos.jpg Présentation de l’éditeur (celle de Hachette… je ne sais plus où j’ai foutu la jaquette de mon livre alors je ne peux pas tenter de traduire.  Tenter étant le mot-clé 😉 )

« Entourés de Link, l’Incube nouveau venu, et de Ridley, la Sirène déchue, Ethan et Lena vont vivre une nouvelle année de rêves et de cauchemars. Entre malédiction et trahisons, le choix de l’amour est-il encore possible ? »

 

Commentaire

Est-ce que ça vous arrive, vous, de tellement entrer dans un roman que vous perdez toute objectivité?  C’est un peu ce qui m’arrive avec cette série.  J’ai passé la commande pour ce tome 3 le jour de la sortie et je l’ai lu le jour de son arrivée, parce que j’avais une hâte folle de me replonger dans cette atmosphère mystérieuse, dans ce village du Sud des États-Unis où Casters et Mortels se côtoient, où rien n’est ce qu’il semble être et où des Tunnels mystérieux s’étendent sous la ville et la bibliothèque.  C’est fou, quand même, je suis attachée aux lieux et à l’ambiance autant qu’aux personnages. 

 

18 Lunes, donc.  Une nouvelle chanson, un nouveau message.  Encore une fois, c’est mystérieux et ça n’augure rien de bon.   La décision prise par Lena lors de ses 17 lunes semble avoir bouleversé l’ordre des choses et Mrs. Lincoln, la mère de ce cher Link, se balade partout au village avec des pancartes prédisant l’Apocalypse et la fin du monde (oups… en me relisant, je réalise que c’est un peu redondant comme phrase… mais bon, il n’a jamais été dit que je devais bien écrire hein!)  Les personnages cherchent des solutions alors que tout s’écroule autour d’eux.  Que ce soit à travers des portes ou dans les livres, personne ne semble vouloir admettre ce qui est souvent évident aux yeux du lecteur… mais je pardonne!

 

Encore une fois, j’ai senti le brouillard m’envelopper dès que j’ai ouvert ces pages.  Gatlin est moins « Gatlinesque » que dans les deux autres romans, on voit moins le quotidien de ce village un peu fou, pour la simple et bonne raison qu’il est sans dessus dessous.  Amma semble dépassée mais les Soeurs sont toujours fidèles à elles-mêmes.  Ce sont d’ailleurs elles qui réussissent à apporter un peu d’humour dans toute cette noirceur et cette brume.  Et bon, il y a aussi Link, que j’aime toujours autant.  Même Ridley a parfois réussi à me toucher. 

 

Il y a encore du « Ethan et Lena », of course, mais ça ne se limite pas à ça.  On parle de famille, de sacrifices, de ce qu’on serait prêt à faire pour eux.  On parle aussi de tons de gris, de batailles qu’on gagne ou qu’on perd.  Le tout sur fond de « The Crucible », qui se veut à la fois un élément de ce tome et un rappel des tomes précédents.  Plusieurs allusions à « Of mice and men » (que j’ai d’ailleurs le goût de relire), et juste d’y penser m’a encore fait pleurer.  Oui je suis à la fois peureuse et braillarde dans les romans!  Ok, j’avoue, je n’ai pas pleuré qu’à ce moment-là.  J’ai eu les larmes aux yeux pendant une bonne partie de la finale.  Mais c’est moi, hein. 

 

Bref, j’ai dévoré. Et beaucoup aimé. Même si les personnages sont dans la brume.  Même si certains éléments importants sont limite anticlimatiques (c’est un mot, ça??).  Même si certaines précisions sont répétitives (la réaction de Ethan quand il touche Lena, surtout).   

 

Et savez-vous quoi?  En fait, je n’ai pas envie de parler des petits trucs qui sont moins bien dans le roman.  C’est toujours en lien avec ce que j’avais parlé dans mes billets sur le tome 1 et le tome 2

 

On sent que tout n’est pas réglé et que certains personnages auront à faire face à leurs actes et décisions dans le prochain tome.  Parce que oui, il y aura un prochain tome.  D’ailleurs, ce n’est tout bonnement pas PAS HUMAIN de nous laisser avec une telle finale… non mais!  Il va me falloir attendre un an, maintenant.  Et limite que je bougonne!

 

Mais bon, il ne faudrait pas passer votre chemin hein… C’est vraiment une série jeunesse qui me plaît. 

Les enchantements d’Ambremer – Pierre Pevel

Enchantements-d-Ambremer.gifPrésentation de l’éditeur

« Paris, 1909.  La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays, et à sa capitale Ambermer.   Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens.  Chargé d’enquêter sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres.  L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers: un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, que le mage ne connaît que trop bien. »

 

Commentaire

C’est Fashion qui a mis ce roman dans mon swap Steam under the covers.  J’en avais entendu parler, en bien et en mal, et j’avais fortement envie de me faire ma propre opinion, comme toujours lorsque je lis des billets très divergents.    Et là, je me retrouve une semaine après avoir fini ma lecture (vraiment, j’ai eu du mal à trouver des minutes pour écrire mes billets ces derniers jours) et je me retrouve bien embêtée pour en parler. 

 

En fait, sur le moment, j’ai trouvé ma lecture très plaisante.  J’ai aimé le côté imaginatif, j’ai aimé me retrouver dans une version de Paris presque pareille mais pas vraiment.  J’aime quand on décrit Paris, en bonne petite Québécoise, j’adore cette ville, je ne me lasse pas de lire à propos d’elle.  J’ai aimé m’imaginer ces lieux que je connais habités par des créatures fantastiques, j’ai aimé l’atmosphère.  Sauf qu’à part une image de gargouilles tueuses… j’ai limite oublié l’histoire. 

 

En feuilletant, ça va, je m’en souviens.  Mais c’est tout de même un signe que si j’ai bien aimé sur le coup, je n’ai pas été pour autant marquée par le monde et les personnages, même si j’ai beaucoup aimé Isabel et surtout Azincourt le chat magique qui absorbe le contenu des livres en se couchant dessus.  Je pense que c’est ce que j’ai préféré dans tout l’univers.  Un chat comme ça, même un peu cynique, j’en veux bien un, en fait.  Le héros, Griffont,  est bien mais je ne m’y suis attachée qu’à la toute fin du livre… bizarrement, malgré les descriptions, j’avais un peu de mal à me l’imaginer. 

 

Ambremer, capitale de l’OutreMonde, semble sortir tout droit d’un dessin animé pour enfants.  J’imagine qu’il y a quand même une dose de parodie là-dedans car entendons-nous, tout y passe!  Mais j’ai quand même trouvé que cette atmosphère « idée-exacte-que-l’on-se-fait-du-merveilleux » allait avec le reste du roman.  C’est mignon, on sent quand même un danger de la part des êtres de l’OutreMonde mais ça reste… mignon.  Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire.  Oui, ils ne sont en sécurité nulle part, oui, ces gargouilles sont effrayantes, mais quand même, à la fin, ils s’en sortent un peu par une pirouette, non? 

 

Un roman facile à lire (j’ai même pensé un moment que c’était ciblé jeunesse, mais il semblerait que non), avec lequel j’ai passé un bon moment.  Il reste quelques questions auxquelles nous n’avons pas de réponse et juste comme je m’étais attachée aux personnages… c’était terminé.  Du coup, je lirais bien la suite, pour voir où ça s’en va et parce que bon, il y a Paris un peu uchronique et merveilleux.  Le seul problème… il est épuisé.  C’est quand même trop injuste, la vie.

 

Merci Fashion!

 

Et j’apprends à l’instant qu’il est dans la liste de Lord Orkan pour le défi steampunk.  Pas un strampunk classique, certes et dans ma grande méconnaissance du style, j’avoue que je ne l’aurais pas classé dans ce courant.  Mais puisqu’il y est… why not!

 

Défi Steampunk

Les chemins de l’espace – Colin Greenland

Chemins-de-l-espace.jpgPrésentation de l’éditeur

« L’empire britannique déploie sa puissance et sa magnificence à travers l’univers.  Ses colonoies et ses ambassades sont en liaison avec le coeur de l’empire, Londres, grâce aux grandioses voiliers spatiaux qui bravent les marées de l’espace, guidés par le talent des membres de la Très Respectueuse Guilde et Très Méritoire Hiérarchie des Pilotes de l’Éther.  Sur Port de Haut, modeste embarcadère en orbite autour de la terre, Sophie Farthing mène une existence misérable en compagnie de son père, veilleur de nuit et opiomane halluciné, qui lui a un jour révélé que sa mère avait péri dans le naufrage d’un célèbre yatch stellaire. 

 

Mais un jour, Sophie croise la route de M. Cox, le redoutable délégué de la Guilde, qui semble connaître beaucoup de réponses… Alors la jeune fille se lance dans un périple sans trêve sur les traces de ses origines, de la Lune à Lundres, et de Mars, où elle connaîtra les anges sauvages et le dieu du Puits Noir, à Io. »

 

Commentaire

Quant on a fait notre swap aux accents steampunk, Fashion et moi avions toutes les deux flashé sur ce roman qui promettait d’être un space opera steampunk complètement déjanté, « à la croisée entre Dickens et Silverberg ».    Complètement déjanté, peut-être.  Mais bon, quand même, selon moi, on est bien loin de Dickens, de son talent de conteur et de son humour.  Et bon, il y a bien quelques rouages par-ci, par-là, cette reine Jessica (mentionnée une fois) semble bien vivre au 19e… mais c’est drôlement plus SF que Steampunk, quand même.  J’ai bien hâte de voir ce que Fashion va en penser, en fait…

 

Nous nous retrouvons donc dans un monde fictif, aux alentours du 19e, même si ça m’a pris un moment à le déterminer.  L’Angleterre a des colonies partout dans l’espace et on voyage à bord de magnifiques gallions interstellaires, avec voile et tout.  J’avoue que c’est l’image qui reste la plus forte dans ma tête concernant cette lecture.   Les habitants d’autres mondes, souvent considérés comme inférieurs, se baladent allègrement sur terre et dans les colonies.  Il y en a de toutes les sortes: les Ophiqs qui ont leurs émotions peintes dans le visage (mes préférés), les Anges sauvage (aux ailes dorées… et puantes), les Lézards, les Faunes (puants, aussi), et autres drôles de bestioles.  Et on embarque avec Sophie Farthing, une adolescente sale et dépenaillée (puante, aussi… je l’ai déjà dit?), qui est à la recherche de sa mère et surtout de réponses.

 

Le monde, sincèrement, est complètement fou.  C’est du grand n’importe quoi, ces bateaux, ces pilules pour respirer, ces divers mondes extraterrestres, ces voyages en bateaux à voiles de la Terre à Jupiter en quelques jours… Bref, il y a beaucoup d’inventivité là-dedans.  Sérieusement, c’est n’importe quoi… je sais, je me répète!  Et j’aime le déjanté.  Mon problème?  Ça a été trop d’un coup.  On prend pour acquis que ce monde est le nôtre et que donc, on connaît.  Les choses sont expliquées plus tard, parfois sommairement.  Normalement, j’aime.  Sauf que là, j’ai eu une sensation de « trop ».  Trop en trop peu de temps.   Du coup, j’étais un peu perdue pendant la première moitié du roman.  Perdue dans l’univers mais pas dans l’intrigue que j’ai vue venir à 100 milles à l’heure. 

 

J’ai aussi eu du mal à m’attacher à Sophie, qui s’en sort ma foi très bien malgré ses décisions plus impulsives les unes que les autres.   En fait, je m’en fichais un peu, de sa quête.  Ce qui n’était pas pour améliorer le truc.  J’ai manqué de temps pour m’attacher aux personnages, aux aliens.  J’ai manqué de temps pour apprécier la « mythologie » (je sais, ce n’est pas le bon mot) et pour pouvoir être fascinée.  J’ai trouvé qu’il y avait des parallèles intéressants à faire, notamment en ce qui concerne les relations entre les espèces, l’esclavage ou le statut d’un civilisation par rapport à une autre.  Malheureusement, tout ceci n’est que lancé mais peu exploité.  Je sais, c’est un space opera.  Mais quand même.

 

J’ai donc bien ri à certains moments mais pas autant que je ne le croyais.  Les incessants rappels de la puanteur ambiante et de la saleté m’a aussi énervée un moment donné et m’ont semblé répétitifs.  Un monde complètement fou, mais dans lequel j’ai eu du mal à embarquer faute d’explications.  Dommage car il y avait un côté complètement capoté, très imaginatif – et imagé… le bon vieux casque-bulle, par exemple –  qui aurait vraiment pu me plaire.

 

Mais bon, quand même… j’ai rêvé de bateaux volants pendant 2 nuits hein!  Mais les miens, ils n’étaient pas sales, nan! Et mes aliens étaient sexy.  Genre Doctor Sexy.  Je dis ça comme ça, au hasard…

 

Thanks Fashion!

 

Et parce que je vous aime… la superbe couverture de l’édition que j’ai envoyée à Fashion.  Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi cette image… mais ce mystère restera mystérieux, je crois. 

 

harm's way

 

Et ça compte pour ledéfi Steampunk de Lord Orkan, vu qu’en plus, il est mentionné dans le traité de Barilier 😉  Le seul problème, je pense que je n’ai pas encore bien compris comment aller placer mes liens… soupir…  blogonulle, je disais, hein!

Défi Steampunk

Les Onze – Pierre Michon

Les-onze.gifPrésentation de l’éditeur

« Les voilà, encore une fois : Billaud, Carnot, Prieur, Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère, Lindet, Saint-Just, Saint-André.

Nous connaissons tous le célèbre tableau des Onze où est représenté le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l’an II et la politique dite de Terreur.

 

Mais qui fut le commanditaire de cette oeuvre ? A quelles conditions et à quelles fins fut-elle peinte par François-Elie Corentin, le Tiepolo de la Terreur ?

 

Mêlant histoire et fiction, Michon fait apparaître, avec la puissance d’évocation qu’on lui connaît, les personnages de cette « cène révolutionnaire », selon l’expression de Michelet qui, à son tour, devient l’un des protagonistes du drame.

 

Commentaire

Vous savez, il y a certains livres qui nous remettent notre inculture en pleine face.  Celui-ci, pour moi, a fait partie de ceux-ci.  Quand on me lit pendant plus de 10 secondes, on réalise assez rapidement que je ne suis pas Française.  Ni européenne, d’ailleurs.  De la révolution française, je connais quelques bribes, quelques noms, pas toujours bien placés dans la grande fresque de l’Histoire, d’ailleurs.  Du coup, quelle n’a pas été ma surprise d’apprendre que le tableau dont on parle dans ce roman – que je m’étonnais un peu de ne pas avoir vu lors de mes visites au Louvre, d’ailleurs – était totalement fictif, de même que le peintre qui l’a supposément créé.  Disons que je me suis sentie un peu heu… nounoune, comme on dit par ici. 

 

Je sens donc que je vais avoir du mal à parler de ce roman.  Parce que si j’ai apprécié la langue et que j’ai apprécié le portrait tout en teintes de gris qui est brossé de ces personnages historiques, j’ai parfois eu du mal à distinguer réalité et fiction, ainsi qu’à apprécier les références que le roman comporte fort probablement.   J’ai aussi dû relire le premier chapitre deux fois… parce que je me croyais devenue un peu limitée cognitivement; je ne comprenais absolument pas de qui on nous parlait ni de quoi il était question.  Ça n’allait pas super bien, en fait.

 

Par contre, par la suite, j’ai adoré la façon qu’a l’auteur de décrire des scènes d’une époque, la Terreur.  Des image brèves mais vivaces, qui nous font passer d’une première partie où le peintre Corentin n’est qu’un enfant à une seconde partie où l’artiste, déjà vieux et sous les ordres de David, va peindre le plus grand tableau de tous les temps.  Ces « onze », ce sont les onze membres du Comité.  Billaud, Carnot, Prieur, Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère, Lindet, Saint-Just, Saint-André.   Ces onze hommes sont réunis dans un tableau plus classiques, peints hommes.  Et ce que j’ai trouvé extraordinaire, c’est qu’à la fin, je le voyais, ce tableau.  Je le voyais vraiment même s’il n’est que peu décrit, en fait.  Je le voyais et je voyais ces hommes qui sont pour moi des personnages, en lutte constante de pouvoir, probablement déchirés entre leurs idéaux et les impératifs de cette époque où rien n’est sûr, où tout peut changer du jour au lendemain. 

 

Et même si tout ça n’est que fiction, le tout s’entremêle habilement, de façon à ce qu’à la fin, je me suis prise à avoir du mal à distinguer ce qui était réel et ce qui était fiction, encore plus qu’au début. La fameuse nuit, elle nous semble bien réelle, quand même!

 

Le portrait d’une poignée d’hommes mais aussi un portrait fictionnel de toute une époque, une époque que je connais peu et que j’ai eu le goût de comprendre davantage.    J’en ai certainement manqué, et j’ai dû sortir de ma lecture tellement souvent pour voir ce qui était quoi (un Limousin, un plumet, un casaquin… défense de rire) et qui avait réellement existé dans tout ça que veut, veut pas, j’ai eu du mal à y entrer complètement.  Je crois réellement qu’il me manquait les bases pour réellement profiter de cette expérience de lecture.