
J’ai lu Les Misérables à l’âge vénérable de 14 ans. J’ai eu un gros gros trip « classiques » à 14 ans. J’en gardais un souvenir assez flou, pas mal mélangé avec les adaptations télé, la comédie musicale et les adaptations manga. Finalement, cette relecture fut un délice!
De quoi ça parle
Est-ce que j’ai vraiment besoin de vous raconter l’histoire? Jean Valjean, envoyé aux galères pour avoir volé un pain, va y rester pendant 19 ans. Plus tard, il va se cacher de la police, personnifiée par Javert. Et il y a Fantine, et Cosette, et Marius… Bref, cette histoire est presque du domaine public!
Mon avis
Non mais quel plaisir de lecture! Il faut savoir que oui, il y a l’histoire de Jean Valjean, Cosette et Fantine, mais il y a aussi tout autre chose dans cet énorme roman. Il y a tout d’abord une plume. Évocatrice, parfois cinématographique et parfois descriptive et informative, souvent romantique, je me suis délectée, rien de moins. Au point de lire certains passage à voix haute. Le rythme est certes lent mais pour ma part, je ne voulais plus que ça se termine.
Les Misérables est un roman social engagé. Déjà historique à l’époque il a été écrit, il est aussi très engagé. La révolution n’a pas mis fin à la pauvreté, à la misère, à la faim, à l’ignorance, ni au travail des enfants. La justice n’est toujours pas juste et l’époque se cherche toujours. Les Misérables nous fait voir ces gens qui vivent des conditions difficiles. Entre l’ancien forçat qui a une révélation, les enfants des rues, la fille-mère et l’enfant exploitée, les petits malfrats en tout genre et ceux qui n’ont plus rien à perdre, ils tentent tous de survivre à leur façon. Non mais ces Thénardier! Ce que j’ai pu les détester.
C’est aussi un portrait de l’époque, c’est à dire le début du 18e siècle. Entre les histoires d’amour souvent contrariées, les convictions royalistes ou révolutionnaires et les visions différentes d’un même événement, Hugo en profite bien entendu pour nous faire part de ses opinions et de ses façons personnelles de voir les choses. On nous balade d’un petit village à un couvent, en passant par une maison bourgeoise et une barricade (fictive) où se retrouvent jeunes révolutionnaires et désespérés. C’est souvent mélodramatique, souvent passionnant et enrageant. Bref, j’ai adoré.
Et quid des longues digressions? 200 pages sur Waterloo? Sur les égoûts de Paris? Sur les barricades parisiennes? Lors de ma première lecture, j’avoue les avoir lues vite (genre… TRÈS vite. Imaginez tout ce que vous voulez). Mais cette fois, j’ai apprécié la mise en contexte et la leçon d’histoire, surtout celle sur le langage vernaculaire et les différentes façons de parler en fonction de notre naissance et de notre éducation. Orthophoniste un jour…
Je garderai un fort souvenir de cette relecture. De Gavroche, petit farfadet des rues. De Jean Valjean, constamment déchiré entre le bien et le mal ou encore de Javert, qui se confronte à la dichotomie entre loi des hommes et loi morale. Je me souviendrai d’Éponine et Fantine, avec leurs amours déçues et du grand-père qui se laisse guider par sa fierté. Une excellente lecture.

3 Commentaires
Belle idée, de le relire.. je l’ai lu au lycée, pour en faire un résumé, ce qui m’a permis d’en garder un souvenir assez net (le résumé faisait une dizaine de pages), mais je pense que je m’y replongerai un jour. On verra si cette fois je saute le passage sur Waterloo…
J’avoue que j’ai sauté Waterloo et quelques autres passages!
Quelle belle idée ! Je l’avais relu il y a quelques années et ce fut un plaisir aussi… avais-je sauté Waterloo? Je ne sais plus ^^