Pathologique – Sarah McNeil

Le personnage principal sans nom que nous allons suivre est pharmacienne dans une petite ville de Gaspésie. Un jour, elle se réveille à l’hôpital. Elle a fait une tentative de suicide. Ses collègues le savent. Et elle veut encore mourir. En fait, elle ne voit pas pourquoi elle vivrait. Puis, un jour, Thomas va entrer dans la pharmacie. Il est jeune, n’a pas eu de chance et est en sevrage pour une dépendance aux opioïdes. Quelque chose va s’amorcer. Peut-être.

Mon avis

Quand on travaille en santé, ce roman selon moi est nécessaire. Le personnge principal est certes soignante, mais elle souffre, sans comprendre pourquoi. Elle voit les deux côtés de la médaille et se trouve selon les moments de l’un ou de l’autre côté du rideau qui sépare ces deux mondes. Et c’est fascinant.

La demoiselle ne va pas bien. Elle est neuroatypique et sa vision du monde rend le simple fait de vivre difficile. Ce regard est particulièrement intéressant et fait réfléchir la lectrice que je suis. Je sens que sa façon de voir les choses va me permettre de comprendre certaines personnes que je côtoie au travail. Si la première partie est plus lente et parfois répétitive, elle nous plonge dans sa psyché et le style colle au propos.

C’est un roman qui fait réfléchir sur la santé mentale et sur l’attitude de certains soignants parfois blasés et de d’autres, très engagés. Il y a des pointes d’humour cynique qui éclaire parfois la noirceur du récit et la lucidité des regards jetés sur le système de santé et les gens est surprenante. L’évolution est crédible et la peur du regard des autres, la honte qui tente de prendre toute la place sont palpables. C’est tellement important de parler de santé mentale pour déstigmatiser la santé mentale.

Bref, une lecture qui ne laisse pas indifférent et qui montre un autre visage de la dépression : celui de la dépression qui n’est pas effondrée dans le fond d’un lit mais qui apparaît fonctionnelel, bien masquée par les activités et les couches et les couches de masques et de processus adaptatifs. On soulève également la difficile réalité des gens moins privilégiés qui ne se battent pas à armes égales avec leurs troubles de santé mentale ou leurs dépendances. Bref, j’ai beaucoup aimé et je suis ravie qu’il soit nominé pour le Gala du Roman québécois cette année! Ce roman y a toute sa place.

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