
Si je crois avoir lu quelques « Claudine », je n’avais jamais tenté Le blé en herbe. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
De quoi ça parle
Vinca et Philippe passent tous leurs étés en Bretagne, dans une grande maison louée par leurs parents qui vivent leur vie d’adulte. Ils ont grandi ensemble, sont complices et très proches. Puis, un été, l’adolescence pointe le bout de son nez, les sentiments deviennent contradictoires et sons exacerbés par l’arrivée d’une mystérieuse dame en blanc.
Mon avis
J’avais oublié à quel point Colette écrivait bien. En quelques lignes, elle réussit à recréer l’astmosphère si particulière de la Bretagne, des ces étés qui ne finissent pas, des pique-niques avec des sandwiches plein de sable et de sel sur la peau. Elle réussit aussi à peindre en sépia cette période magique qu’est l’enfance Et vous le savez, quand l’écriture me plait, avec moi, ça passe généralement.
C’est donc un roman sur la fin de l’enfance, sur l’éveil de la sexualité et sur les premiers émois amoureux et les trahisons qui vont avec. C’est également un roman qui doit être replacé dans son contexte et son époque. De nos jours, ce ne serait aucunement révolutionnaire, voire même un peu problématique, mais il y a 100 ans, c’était une tout autre histoire. Non seulement il y a de la sexualité, mais elle n’entre pas dans le moule, entre l’initiation d’un jeune garçon et l’éveil d’une jeune fille. Les sentiments sont très justes et on est en plongé dans l’ambivalence de l’adolescence. Une plume très sensible. Les non dits, les apparences à préserver, l’absence des parents… c’est tellement ça.
Ceci dit, les réflexions suscitées par les événements font réagir de nos jours et cette différence de perception m’intéresse toujours. Une femme dans la trentaine et un ado… comment dire… très peu romantique pour ma part et le côté « les garçons ont besoin de découvrir » fait sourciller. Mais les réactions des deux jeunes m’ont semblé tellement authentiques. J’aurais peut-être aimé voir davantage Vinca… mais j’ai vraiment aimé et j’ai eu un coup de coeur pour la plume.

4 Commentaires
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A découvrir pour moi aussi.
De Colette, je n’ai lu que les deux premiers tomes de « Chéri ».
Lu il y a des années, j’en garde un excellent souvenir.
Je l’ai lu très jeune et je ne suis plus si je me suis posé les questions que je me poserais aujourd’hui… (et j’avais aimé)
J’ai adoré aussi 🙂 Il y a vraiment « un truc » un peu indescriptible chez Colette ! Et ça m’a fait tomber dans des abîmes de réflexion sur les différences d’âge!