La végétarienne – Han Kang

J’ai découvert Han Kang avec Impossibles Adieux, que j’avais beaucoup aimé. Je pense d’ailleurs que j’avais oublié de vous en parler ici. Je me suis retrouvée un jour sans livre à Paris, alors que j’avais une bonne heure et demie à attendre ma copine Angéla Morelli qui tenait à se torturer au Pilates. Il y avait une librairie et j’avais besoin d’un livre court. J’ai donc choisi celui-ci.

De quoi ça parle

Une nuit, Yeong-hye a fait un cauchemar. Un rêve brutal et sanglant. Au matin, elle devient végétarienne (végétalienne plutôt). Et son entourage ne va pas l’accepter.

Mon avis

Vous savez quoi? Je pense que je n’ai pas tout compris. J’ai refermé ce roman en me disant que je n’étais pas certaine de comprendre le message, en me sentant un peu c*nne et en étant très incertaine de mon ressenti. Toutefois, plusieurs semaines plus tard, je m’en souviens très bien. Et je me rappelle aussi le malaise intense ressenti pendant une grande partie de ma lecture.

Le roman est divisé en trois parties. Trois narrateurs, dont aucun n’est Yeong-hye qui restera fuyante et évanescente tout au long de l’histoire. Nous la découvrirons par le biais de son mari (détestable), de son beau-frère (tout aussi détestable) et de sa soeur, qui ne comprennent pas ce qui se passe et qui tentent, chacun à leur façon, de reprendre le contrôle. Le mari l’avait choisi parce qu’elle était « ordinaire ». Pas compliquée. Ce choix le dérange. Et il donne lieu à des scènes de famille tellement violentes… Quant au beau-frère artiste, il est fasciné par une tache sur la peau de cette femme… et il va décider de l’utiliser dans son art. Sa soeur, quant à elle, la voit se transformer et ne comprend rien, voyant sa soeur à la fois comme victime et comme manipulatrice.

Ce texte est dérangeant. Si les images sanglantes impliquant des animaux m’a gardée à l’extérieur du récit au départ, ces scènes ne se poursuivent pas jusqu’à la fin, heureusement. Mais tout est dérangeant dans cette histoire. Le regard des autres, le besoin de contrôle de l’entourage… cette femme qui décide pour elle-même pour une fois va se heurter à un mur.

Après tout ça, j’ai encore du mal à dire quel est le réel thème de ce roman. Désir d’émanticipation? Rébellion face aux diktats imposés aux femmes? Discussion sur la santé mentale et sur l’ambiguité de celle-ci? Sur l’autodétermination? L’autodestruction? Si vous avez lu et que vous avez compris, dites-moi! En raison de ses textes dérangeants, je vais clairement continuer à lire l’autrice mais je dois avouer avoir préféré Impossibles adieux à la lecture, même s’il m’a moins marquée à long terme.

4 Commentaires

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  1. Il a récemment rejoint ma pile, et ce titre m’intrigue beaucoup, il semble très étrange… je ne devrais pas tarder à le lire.

    1. Il est vraiment particulier. J’ai vu beaucoup de coups de coeurs, mais aussi d’autres un peu perdus!

  2. Impossibles adieux était pas mal. Ce titre-ci a l’air plus fort.

    1. J’ai pour ma part préféré impossibles adieux en terme de plaisir de lecture. Mais celui-ci est plus marquant, je pense.

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