Je voulais vivre – Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Milady est ma méchante préférée de tous les romans de la terre et l’un de mes crush littéraires. J’adore ce personnage et je m’amuse depuis longtemps à boucher les trous dans son histoire. Et imaginez-vous que Adélaïde de Clermont-Tonnerre l’a fait beaucoup mieux que moi.

De quoi ça parle

Elle s’appelle Anne et, quand elle est recueillie par le père Lamandre, elle a six ans. Elle ne révélera que son prénom. Anne va grandir, jusqu’à devenir Milady, ennemie jurée des trois mousquetaires de l’oeuvre épique de Dumas.

Mon avis

Dumas a toujours joué avec l’histoire, s’insérant dans les blancs et en réécrivant des parts entières. Ici, l’autrice fait exactement la même chose : elle remplit les vides dans l’histoire de Milady et nous offre sa version de l’histoire. Et c’est fort réussi.

Dans Les Trois Mousquetaires, Milady est vue par le regard très masculin de son époque. Parce que femme, ses actes sont souvent vilifiés et même si elle résiste, même si elle est intelligente, sa parole ne compte pas. Elle n’est pas blanche comme neige, loin de là, mais elle utilisera les moyens qui sont en son pouvoir pour tirer son épingle du jeu et jouer dans la cour des grands. Séductrice et manipulatrice? Certes. Mais ne s’est-on pas aussi joué d’elle?

Ce roman nous offre le backstory de Milady de Winter. Petite fille ayant vécu l’horreur, sa confiance sera encore et toujours trahie par les hommes. Elle n’entre pas dans les carcans de son époque. Elle ne va pas pleurer, se faire petite. Elle va se venger et tenter de prendre sa place dans ce monde qui n’est pas fait pour elle… ni pour les autres femmes d’ailleurs. Milady est forte, elle est déterminée et elle tente de survivre dans ce monde d’hommes souvent impitoyable. Jamais l’autrice ne dénature l’oeuvre de Dumas, elle s’insère dans les interstices et c’est pour moi fait brillamment.

J’ai mis un petit moment à apprécier l’alternance des points de vue (nous avons aussi celui de Dartagnan) mais au final, ce contrepoids est nécessaire et nous ancre des l’époque. Il nous permet aussi de réaliser à quel point le regard porté dans Les Trois Mousquetaires était masculin et sans concession pour ce personnage.

Une excellente lecture pour moi! Merci à Cindy Landes de m’avoir forcé à le sortir!

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