Mon vrai nom est Elisabeth – Adèle Yon

Ce printemps (parce que je ne sais pas quand je vais publier cette chronique, mais je l’ai lu au printemps), j’étais dans une vibe « santé mentale des femmes ». Ce livre, récupéré au salon du livre de Québec, était parfait pour ça. Et c’était bien.

De quoi ça parle

Une chercheuse commence à craindre pour sa santé mentale. Ceci la pousse à faire des recherches sur son arrière-grand-mère, internée dans les années 50 et morte avant sa naissance. Celle-ci avait de drôles de bosses des deux côtés du crâne et était diagnostiquée schizophène. Dans la famille, Betsy (dont le vrai nom est Elisabeth) est non-sujet. Cet ouvrage est en partie la thèse de l’autrice, dont le sujet est la santé mentale des femmes.

Mon avis

J’ai ADORÉ cet essai. Le sujet me parle énormément et son traitement, qui alterne les entrevues, l’enquête et une partie plus factuelle sur le sujet de la santé mentale des femmes. La première partie est plus personnelle. On est avec l’autrice à un tournant de sa vie. Elle a besoin de comprendre, besoin de faire la lumière sur ce secret de famille qui devient trop pesant pour elle alors que tous les autres semblent croire qu’il est préférable d’oublier et de taire. Elle, au contraire, souhaite comprendre et se souvenir.

C’est que de cette arrière grand-mère, elle n’a qu’une vision partielle, fragmentée et contradictoire. Était-elle cette femme qui se désorganisait, cette dame rigolote qui adorait faire des splash dans la piscine tout en accusant son petit fils de l’espionner à travers les murs? Et surtout, pourquoi ?

Lire cet essai, en tant que femme, c’est acceptée d’être enragée. Parce que la santé mentale, surtout celle des femmes, avec tout le stigma qui va avec, a toujours été traitée avec assez peu d’égards. Il est bien connu que l’on parkait des femmes dans des asiles parce que trop fantasques, trop libres, ou tout simplement parce qu’elles n’entraient clairement pas dans le carcan que la société voulait leur imposer. Elles n’avaient pas le droit de craquer, pas le droit au post-partum, pas le droit d’avoir d’autres ambitions que celles de leur père ou de leur mari. Ici, le mari… je n’ai même pas de mots.

Nous avons donc un style qui va droit au but, avec tout de même une partie plus introspective. Ça traite certes de santé mentale mais aussi de traumas intergénérationnels, de génétique et du traitement/biais de la psychiatrie féminine. Cette partie de l’histoire… je me passerai de commentaires. Les petites bosses sur les côtés du crâne, ce n’était pas pour rien. Rageant je vous dis. J’ai beaucoup aimé suivre l’autrice dans ses recherches, beaucoup aimé les chiffres et les stats… Une réussite!

6 Commentaires

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  1. Celui-ci me tente beaucoup depuis sa sortie ! Et ce que tu en dis me fait penser qu’il me plairait.

    1. C’est un style assez froid au départ, mais j’ai été bouleversée par les faits.

  2. Je suis moins enthousiaste que la majorité parce que je n’ai pas trop aimé le style de narration ; à part ça, j’ai bien enragé aussi par rapport aux femmes, et vu son succès il fallait le faire. Je ne suis pas sûre que les choses aient tant changé, sous d’autres formes. L’attitude de la famille est scandaleuse dans cette histoire. J’ai trouvé la narratrice bien indulgente par moment.

  3. Je l’ai tellement vu passer et je n’avais même pas capté qu’il s’agissait d’un essai !! En tous cas, il m’est réservé à la bibli (depuis belle lurette). Hâte !!

  4. Je l’ai tellement vu passer et je n’avais même pas capté qu’il s’agissait d’un essai … En tous cas, il m’est réservé à la bibli (depuis belle lurette). Hâte !!

  5. Et j’ai au contraire détesté ce mélange des genres.

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