
C’est une copine qui m’a convaincue de lire ce roman. Il l’avait énormément touchée et elle disait avoir compris beaucoup de choses à sa lecture. Du coup, je l’ai lu. Je ne suis pas difficile à convaincre hein!
De quoi ça parle
2003. La mère de l’autrice a reçu une carte postale étrange et anonyme. D’un côté, une vieille photo de l’opéra Garnier et de l’autre, quatre noms : Ephraïm, Emma, Noémie et Jacques. Ce sont les arrières grands-parents, le grand-oncle et la grand-tante de l’autrice.
Ce n’est que 20 ans plus tard qu’Anne Berest décide de mener l’enquête et de découvrir qui a pu envoyer cette carte et surtout, pourquoi. Elle va donc découvrir l’histoire familiale, celle de la famille Rabinovitch partie de Russie et dispersée par la suite d’Israël à la France, en passant par la Lettonie.
Mon avis
Je comprends parfaitement les avis dithyrambiques au sujet de ce roman. Comment ne pas être touché par l’histoire d’une famille juive à travers le 20e siècle, tout en sachant que plusieurs personnes sont décédées à Auschwitz. C’est prenant, poignant et il est impossible de ne pas être encore une fois complètement dépassé par ce qui s’est passé, à quel point l’impensable était devenu la norme. Les dénonciations, les meurtres pour remplir des cotas et tout ça pour une raison complètement arbitraire.
Toutefois, ce n’est pas ce qui m’a le plus interpelée dans cette histoire, aussi terrible que le passé soit. Là où ce roman s’est démarqué pour moi, c’est dans la partie « présent ». L’autrice y explore son héritage et elle réalise petit à petit à quel point tous ces événements ont un impact encore aujourd’hui sur elle, sa mère et leurs relations. Elle n’est pas pratiquante. Que que signifie pour elle le fait d’être juive, aujourd’hui? Cette quête des origines va-t-elle influencer sa perception d’elle-même? Cet aspect m’a réellement plu.
Toutefois, le roman a un côté un peu didactique qui m’a agacée par moments. J’ai parfois eu l’impression d’avoir un cours sur l’histoire des juifs et ayant beaucoup lu sur le sujet, je ne peux pas dire, comme mon amie, avoir appris beaucoup. Ceci dit, il ne faut pas oublier, surtout maintenant. Et comme j’ai grandi dans une bulle, j’avoue n’avoir jamais entendu d’insulte antisémite « en vrai » de toute mon enfance/adolescence. Du coup, piqûre de rappel : ça existe toujours.
Est-ce que je recommanderais ce roman? Clairement, même si je n’ai pas été aussi enthousiaste que la plupart. C’est une histoire qui marque les esprits, les personnages sont tous attachants et chacun nous brise le coeur à un certain moment. C’est bien écrit, ça le lit tout seul on veut connaître la finalité… une bonne lecture!













