Jeanne et Jean – Grégoire Solotareff

Jeanne et JeanJeanne et Jean sont frères et soeurs… et lapins de leur état.   Leur passe-temps préféré?  Se raconter des histoires qui font peur.   Les chiens, les loups, le sorcier de la lune…  Bien entendu, quand la routine change, les peurs prennent le dessus!

 

D’emblée, je suis fan de ces petits lapins et de l’atmosphère remplie d’ombres qui se détachent des nuits et des couchers de soleil.   J’adore ces couleurs vives en arrière plan.

 

C’est donc une histoire qui parle de l’enfance et de ses peurs du noir et de l’inconnu, peurs nourries avec plaisir par les enfants eux-mêmes.   J’ai souvenir de ces soirées folles où nous nous faisions des peurs au coin du feu en camping, peurs tout droit sorties de l’imaginaire des petits.  Grandes paniques sur le coup.. mais quels bons souvenirs, avec le recul.  Et, en plus de dédramatiser et les situations, l’album leur offre une explication logique, moins… fantaisiste!  De plus, il y a en plein le type d’action qui plait aux touts petits.

 

Bref, un très bel album, avec des lapinous, en plus.  Mars-avril… c’est le temps des lapinous!

La fortune des Rougon – Émile Zola

La fortune des RougonVoilà, j’ai découvert Zola.

 

Vous savez, ce Zola qui me faisait peur.  Je pense que c’était la cause du « z »… les « z », ça fait peur.  Non?  Peut-être?  Bref, j’avais peur que ce soit complètement passé date.   L’est-ce?  Je ne sais pas si « passé date » est le mot, mais ce roman décrit parfaitement, avec beaucoup de véracité, la vie dans le petite village de Plessans, dans le midi de la France.   Nous sommes à l’aube du Second Empire et dans le petit village, ça spécule grave.  C’est à travers cette histoire que nous sont exposées les racines de la famille Rougon-Maquart.

 

Après avoir commencé le roman, je me suis informée (ben oui, ça m’arrive… et on n’étudie pas Zola, ici) et j’ai lu qu’à travers cette fresque, Zola voulait décrire « l’histoire naturelle et sociale d’une famille à travers le second empire », la famille représentant l’Empire.   On m’avait dit  que de n’était pas nécessaire de commencer au début, que chaque roman se lit séparément, mais je suis psycho-rigide et j’avoue que je suis bien contente d’avoir commencé par le début.  C’est ma foi fort intéressant de voir d’où part cette famille, quels gènes étaient là au départ et comment ont évolué ces gens que nous allons suivre sur plusieurs volumes.

 

L’aïeule de base, c’est Adélaïde Fouque.  D’abord mariée à un jardiner nommé Rougon dont elle aura un fils, Pierre, elle a une longue liaison avec un dénommé Maquart, braconnier de son état, sans pour autant être mariée.  De là sont nés Antoine et Ursule.   Ce premier tome va donc nous les faire rencontrer dans leur 19e siècle, et l’histoire va culminer avec le coup d’État du 2 décembre, où Louis-Napoléon Bonaparte prit le pouvoir.   Tous ces hommes (ou presque), veulent s’élever et sortir de leur milieu.  Et, je dois l’avouer, ils sont tous aussi désagréables et sournois les uns que les autres.  Mais qu’est-ce qu’il est agréable de les regarder s’agiter et magouiller!

 

Soit, l’intrigue se déroule sur quelques jours ou presque, soit, l’intrigue secondaire entre Sylvère et Miette n’est pas vraiment essentielle au récit, mais sans cette dernière, je pense que sans elle, je n’aurais pas tenu au milieu de tous ces personnages antipathiques et détestables.   Un peu d’idéalisme dans ce monde de brutes et de profiteurs, que souvent j’ai eu le goût de secouer.   Mais malgré tout j’ai adoré la structure, les retours en arrière, la façon qu’a Zola de se balader dans le temps… et je suis assez curieuse de cette famille pour avoir le goût de lire la suite.

 

Ce que j’ai d’ailleurs commencé à faire!

 

 

Où vis-je? Où vais-je?

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Certains me l’ont fait remarquer, je suis présente en pointillés ici et sur vos blogs.   En fait, je ne lis pas beaucoup.  J’écoute des classiques dans la voiture (j’en suis au tome 3 des Rougon-Maquart) et j’avance leeeeeentement dans  « Les dames de lac » de Marion Zimmer Bradley.

 

Bref, je fais tout sauf lire.

 

Pas que je n’ai pas envie… c’est juste que je suis un peu – beaucoup – occupée ailleurs.   Le ski, la patrouille (again and again) le boulot, les copains.   Et je vous ai dit, hein, que je suis en pleine phase « je me prépare à partir en voyage ».  Mais genre EN PLEIN DEDANS.  Ceux qui me suivent sur FB et qui sont quotidiennement sollicités pour me donner des idées de villages cute, de lieux inusités, de vieilles pierres oubliées en savent quelque chose!

 

Du coup… je suis déjà à moitié partie.  J’ai même abandonné Candy Crush depuis 3 mois… ça veut tout dire, je pense.

 

La question qui se pose… qu’adviendra-t-il de ce blog?!?!

 

En fait, je n’en ai aucune espèce d’idée!  Je risque de continuer à parler des livres que je lis… mais- impression étrange – j’ai l’impression qu’entre les balades (on s’est mises au défi, Angie Morelli et moi, de marcher 1-2 heures tous les jours), les week ends ailleurs improvisés et les coupettes de champagne, je ne vais pas battre mon record de lecture, n’est-ce pas!

 

Je compte par contre en faire un journal-de-voyage-à-temps-partiel.   Du coup, mes copains vont pouvoir me suivre un peu.  Et comme j’ai l’impression qu’Angie et moi, on va passer beaucoup de temps dans les cafés avec nos ordis, il va me falloir de quoi à faire.  Et NON je n’écrirai rien d’autre que ce blog.  On ne me convaincra pas ! (Don’t even think about it!)

 

Donc, ne m’abandonnez paaaaas!  Mais il faut s’attendre à des petits changements!

Vous ne m’en voulez pas, non?

La double disparition (Enola Holmes #1) – Serena Black

Enola holmes 1Cette BD, je l’ai lue bien installée dans un Chapters, en attendant qu’un copain finisse de bouquiner.  J’avais bien envie de découvrir cet univers et j’ai trouvé ça mignon comme tout, et très bien adapté au public-cible.

 

C’est donc l’histoire d’Enola, la jeune soeur de Sherlock et Mycroft, qui est élevée par sa mère.  Ses deux grands frères voudraient bien en faire une parfaite petite Lady mais la demoiselle a bien autre chose en tête.  En effet, sa mère a disparu en lui laissant un cahier rempli d’indices.  Il n’en fait pas plus à Enola pour se lancer à sa recherche, et plonger au passage dans une histoire d’enlèvement d’héritier, en décodant les indices qui lui sont laissés.

 

Faisons un aveu, je n’ai pas lu les romans de Nancy Springer.  Je ne peux donc pas comparer.  Mais l’univers créé m’a beaucoup plu, les dessins sont tout à fait mon genre, dans les tons pastels (ça ressemble un peu à de l’aquarelle, en fait… mais je ne sais pas si c’en est réellement!), avec de jolis détails et de beaux points de vue.  L’histoire est pleine de rebondissement, d’aventures et, surtout, on y laisse entrevoir la condition de la femme à l’époque, engoncées dans des corsets et des moeurs rigides et qui ne pardonnent pas.

 

Hâte de lire la suite!

Albertine disparue – À la recherche du temps perdu – 6 – Marcel Proust

Albertine disparueProust et moi, on devient graduellement de plus en plus potes.  J’ai donc lu avec plaisir Albertine disparue, le sixième tome de cette fresque.  Il me semble que plus ça va, moins j’en ai à dire dans mes billets, mais plus cette histoire me hante et plus j’y pense sans cesse.  C’est qu’à force d’en entendre parler, on croirait qu’ils ont existé, ces personnages.  Albertine et Gilberte, Oriane et le baron de Charlus… tous sont appelés à s’entrecroiser encore et encore, à travers les hauts et les bas de leurs vies mondaines.

 

Dans ce sixième tome, on aborde le processus du deuil et de l’oubli de l’amour.  En effet, il fait suite à la fin du tome 5 (et attention, gros spoil… ouuuuh… personne ne s’en serait douté avec le titre) où Françoise annonce « Mlle Albertine est partie ».   En effet, après l’avoir pratiquement séquestrée chez lui de peur qu’elle se laisse séduire par des femmes, elle est partie.  Disparue.  Et le narrateur doit vivre avec sa souffrance, son désir de la voir revenir, tout en tentant, par tous les moyens possibles et impossibles, de la ramener à lui.   Cette description, ce désespoir, cette fébrilité sont rendues avec brio (et détails) comme souvent chez Proust.   Comme souvent, il a des idées fixes, analyse tout de tous les points de vue possible, le sien à l’époque et celui de l’écrivain d’aujourd’hui.   Il se complaît presque dans cette souffrance, et a de la peine de savoir qu’un jour il oubliera, comme il a oublié Gilberte et sa grand-mère… bref, je me suis retrouvée à 18 ans, lors de ma première vraie peine d’amour, alors que je disais « je ne veuuuuux pas qu’il devienne un parmi tant d’autres!!! »    Bref, une partie où on souffre avec le narrateur, où on voudrait le secouer un peu, alors qu’en même temps, on a presque de la peine de voir qu’il oublie, tranquillement.

 

Nous sommes ensuite transportés à Venise, où les descriptions sont magnifiques, avec un coup de particulier pour la peinture où le narrateur revoit le manteau d’Albertine, pour revenir à Paris, où Gilberte est de retour, devenue Mlle de Forcheville.   C’est avec cette partie que l’on sent un réel adieu à l’enfance, avec une finale magnifique, qui fait se rejoindre le côté de Méséglise et celui de Guermantes, ces noms qui semblaient irréconciliables pour l »enfant que le narrateur était.

 

En bref, un opus que j’ai quand même de beaucoup préféré au tome 6.  J’ai aimé les retournements et je vois venir le tome 7, qui se déroule pendant la première guerre mondiale, avec plaisir.  Keisha me dit que c’est le meilleur.

Pat le chat – La grande fête de Pâques – Kimberly et James Dean

Pat le chat - pâquesPat le chat, c’est le grand copain des enfants.  Bizarrement, ils l’adorent et le trouvent super drôle.  J’avoue avoir eu du mal à comprendre au début, mais l’enthousiasme devient communicatif.   C’est trop mignon de les voir tripper ainsi!    Ce que j’aime, moi, c’est le fait que Pat ne montre jamais d’émotions.  Du coup, c’est à l’enfant d’inférer l’émotion d’après la situation et ça nous donne une meilleure idée de leur façon de voir les choses à eux.  Du coup, ça suscite les discussions.   Et ça, ça nous intéresse toujours en tant que « grands ».

 

Dans cette histoire, Pat le chat se lève le matin de Pâques pour trouver, au lieu des oeufs attendus, un message dans son panier.  Le lapin de Pâques à besoin d’un coup de main.  Du coup, il va mettre les oreilles de lapin… et lui donner un coup de main!

 

Non mais comment ne pas le trouver cute, Pat, organisé comme ça, hein?

 

En plus d’une belle exploitation du thème de Pâques et es oeufs colorés, il y a dans cette histoire un joli discours procédural super simple et illustré, qu’on peut ensuite facilement réexploiter avec les enfants.  Bon, ok, on n’ira peut-être pas piquer des oeufs aux poules, mais ça nous donne une belle occasion pour travailler avec les enfants à trouver des solutions alternatives.   Finalement, la morale de tout ça est cute cute, pas trop appuyée, et correspond bien à l’âge de la clientèle visée.

 

Bref, c’est tout mignon!  Et ça donne envie de décorer des cocos!

 

 

 

After You – Jojo Moyes

After youAveu: j’ai pris ce roman tout de suite après avoir terminé « Me before you ».   J’avais prévu de lire autre chose mais j’étais… perturbée par cette histoire.  Du coup, j’ai décidé de rester dans l’univers et de lire la suite.

 

OK..  À PARTIR DE CE MOMENT, IL VA Y AVOIR DES SPOILERS SUR « AVANT TOI ».   IMPOSSIBLE DE PARLER DU ROMAN SANS ÇA.  

 

En plus, ça va me permettre d’expliquer pour de vrai ce qui m’a dérangée dans le premier tome.  Alors bon, je risque de parler autant du tome 1 que tu tome 2.  Mais ce n’est pas la première fois que je me taperai un petit délire ici hein!

 

Doooonc!  Dans ce roman, nous retrouvons Lou environ un an et demi après la mort de Will.  Elle a tenté de faire ce qu’il voulait qu’elle fasse (parce qu’elle n’a aucune idée de ce qu’ELLE, elle veut faire) mais se retrouve face à un vide intersidéral, à habiter dans l’appartement acheté avec les sous de Will en bossant dans un resto d’aéroport où elle doit se déguiser en danseuse irlandaise.    La joie.

 

Soyons francs, ce roman n’a rien de l’intensité émotionnelle de « Me before you ».  Malgré tout ce que je peux reprocher à ce roman, il faut avouer que certaines scènes étaient magiques (le concert, le mariage… ).  Ce tome est plus traditionnel.  C’est un roman sur le deuil, sur la reconstruction de soi.  J’aurais peut-être aimé davantage si je ne l’avais pas comparé au premier tome.

 

Car voilà, ce que j’aimais dans Me before you, c’est Will.  C’est Louisa avec Will.  Louisa toute seule ne m’intéresse qu’à moitié.  Après deux romans complets, j’ai encore du mal à cerner la personnalité de Lou, à part le fait qu’elle aime les vêtements bizarres et qu’elle aimait Will.   Le personnage de la soeur me tape toujours autant et l’un des éléments-clé de l’histoire ne m’a pas vraiment convaincue et m’a semblé surtout placé là pour nous garder dans l’univers du premier.   En fait, je ne suis pas du tout certaine que cette suite était nécessaire, même si certains éléments sont bien trouvés et si plusieurs écueils ont été évités et que, j’avoue, ça aurait pu être 100 fois pire!  Ce roman aura au moins servi à me faire moins penser à la première histoire.  Et là, je vais parler un peu de ce qui m’a dérangée.

 

Me before you est sensé être un roman sur le respect du choix de chacun.  Je comprends tout ça.  Mais bordel, ça ne fait que 2 ans… après 2 ans, un deuil aussi grand, ce n’est pas terminé.  Et oui, ce qu’a Will est terrible.  Mais pas mortel (enfin, pas directement). C’est pas la SLA.  C’est pas un cancer en phase terminale.  Oui, peut-être que je voudrais la même chose.  Peut-être.  Mais je vois tous les jours des gens aussi pris dans leur corps qui seraient prêts à tout pour un jour de plus.  Alors j’ai du mal.  J’ai du mal à lire que la vie en tant que personne handicapée ne vaut pas la peine d’être vécue.   J’ai du mal à trouver naturel de demander une telle chose à ses proches (certains comprendront).  Et je trouve ça d’une tristesse infinie.  Vraiment.

 

Mais je sens que je suis partie ailleurs hein!  Comme souvent.  Résumons donc.   Un roman sur le deuil, pas le meilleur mais looooin d’être le pire, avec des tentatives d’humour qui n’ont pas toujours bien passé (malgré que la maman qui se découvre féministe est assez drôle) et encore une fois un fond de jugement sur certains types de vie qui me dérange un peu.   Ceci dit, certaines scènes sont encore une fois belles et touchantes.  Pas mal!

Blood bound (Le lien du sang) – Mercy Thompson – 2 – Patricia Briggs

blood boundYueyin et Angéla Morelli n’arrêtaient pas de me tanner avec cette série, alors que je n’avais lu qu’un seul tome.  Mais pour une raison étrange, on dirait que tout ce qui est bit litt et urban fantasy ne me tentait plus du tout.  Et je ne sais pas du tout pourquoi.  Bref, j’avait un peu abandonné l’idée mais miss Yueyin l’a sorti de ma pile (pour que je le lise en 2015.. une réussite, comme vous pouvez le voir) m’a forcée… et je me suis replongée dans cet univers avec plaisir!

 

Dans ce tome, nous retrouvons Mercy, notre shapeshifter préférée, où nous l’avons laissée dans le dernier tome, soit avec un  mâle dominant dans sa maison et un mâle Alpha chef de meute dans la maison voisine.  Ah oui!  Elle doit aussi une faveur à Stefan, son pote vampire amateur de Scooby Doo, ce qui n’est jamais de bon augure.   Elle va donc se ramasser, sous sa forme coyote, à être témoins d’un terrible événement, qui va mettre Stefan en danger… et pas que lui.

 

Ce que j’aime dans cette série, c’est tout d’abord notre kiss ass héroïne, qui tient à ses idées et ne se laisse pas marcher sur les pieds, sans pour autant être imperméable à tout ce qui l’entoure.  On est loin ici de la romance sirupeuse, même s’il y a tout de même des moments presque hot.  C’est plutôt de l’action, des rebondissements et le rideau se lève petit à petit sur les mondes auxquels elle a à faire face étant donné sa condition de métamorphe.  Cette fois-ci, ce sont les vampires et comme j’adore le personnage de Stefan, j’étais ravie de le voir davantage dans ce tome.

 

Un rythme soutenu, des personnages attachants, des mythes qu’il me tarde de découvrir.  Cette histoire de coyotes et de légendes amérindiennes me taraude particulièrement.  La suite je lirai.  Et pas 5 ans plus tard, j’espère!

Guide de l’incendiaire des maisons d’écrivains de Nouvelle-Angleterre – Brock Clarke

Arsonsist GuideAllez, on va mettre ça super simple… je n’ai pas aimé ce roman.   Il était dans ma pile depuis une éternité, ça a été mon livre-au-hasard (et j’adore le mix couverture et dos du livre…), mais je me demande sérieusement pourquoi j’ai pris la peine de le finir alors qu’après 50 pages, je savais déjà que j’allais m’ennuyer ferme.  Vous savez, le genre de rencontre qui ne se fait tout simplement pas?  Ben c’est ça.

 

C’est l’histoire de Sam Pulsifer (pour le nom, c’est bien trouvé, par contre… Pulsifer, Lucifer, les enfers, le feu…) qui a brûlé – accidentellement – la maison d’Emily Dickinson alors qu’il était ado.   Le problème, c’est que les gardiens étaient dedans.   Il a donc fait de la prison, en est sorti, s’est marié, a deux enfants… à qui il a tout caché.  Tout va quand même assez bien pour lui, jusqu’à ce qu’apparaisse Thomas Coleman, le fils du couple de gardiens décédé… qui va décider de lui pourrir la vie.  Avec – il faut l’avouer – un succès plus grand qu’il ne l’avais lui-même imaginé.

 

Au départ, je croyais qu’il y aurait beaucoup de littérature, de réflexions sur la littérature.  Mais ce n’est pas ça du tout, en fait.  C’est l’histoire d’un pauvre type, qui rate un peu tout.  Normalement, j’aime bien ces ratés sympathiques mais dans ce cas, je n’ai rien de rien compris au personnage qui prend TOUTES les mauvaises décisions possibles.  Mais alors, toutes!  Genre, comment se mettre dans le trouble 101.  Il a beau se décrire comme un « bumbler »…  là, il est plus passif qu’autre chose…  Anyway.

 

Alors oui, ça joue un peu sur la réalité et la fiction.  Cet homme qui vit dans une énorme fiction ne sait pas trop comment être réel, et tout…  je vois ça.  Mais je me suis ennuyée au possible, j’ai trouvé les personnages caricaturaux et détestables et le déroulement très prévisible.   Et savez-vous quoi?  Dans ma tête, c’était non seulement prévisible… mais tellement, tellement peu plausible…  Qui réagit comme ça?  Et ici, je ne parle pas que du personnage principal qui est un désastre sur deux pattes.  Bref, pas pour moi.  Absolument pas pour moi.

 

Pourtant, d’autres ont aimé.  Je vous envoie donc chez Papillon et Miss Bouquinaix.

La Prisonnière – Tome 5 – Marcel Proust

La PrisonnièreMe voici encore à vous parler d’un autre volume de Proust.    Je dois avouer que même si je suis toujours aussi prise dans la Recherche, c’est tout de même le tome qui m’a donné le plus de mal, surtout au début.    En fait, de façon générale, je n’arrive pas à « vraiment » comprendre la relation entre le narrateur et Albertine, surtout dans ce volume.   Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir des explications!   Beaucoup d’explications.   Il aime, puis il n’aime plus.  Il se languit, puis il s’ennuie.  Mais surtout, surtout, il ne semble l’aimer que quand il est jaloux et a peur de la perdre.   Et pour se calmer, il tente de l’enfermer dans sa vie à lui.  Et de l’empêcher de se livrer à des amours « coupables », selon lui.

 

Et si on sent bien qu’Albertine ne lui dit pas tout, on comprend difficilement pourquoi elle reste là, à part peut-être parce qu’elle n’a nulle part d’autre ou aller… Bref, cette relation me rend un peu agressive parfois.  Ça me semble tellement… malsain.  Bref, j’attends de voir la suite.

 

Par contre, il y a des parties qui me transportent carrément.  J’adore le côté synesthésique de l’écriture de Proust.  La description de l’écoute du septuor de Vinteuil chez les Verdurin est juste magiquement magnifique (oui, je sais.  Magiquement magnifique, ce n’est pas du Proust, hein!).  Les descriptions d’Albertine endormie sont sublimes de sensualité.   Et toute la partie de la soirée sur les Verdurin est épique.  J’avais le goût de hurler en lisant les bitcheries (encore du vocabulaire indigne de Proust) de Madame Verdurin et de son mari à l’égard de Monsieur de Charlus, pour être ensuite surprise par eux.  Les scène du monde de Proust sont toujours savoureuses, avec tout ce qu’elles impliquent de petites (et grandes) mesquineries, de trahisons, de passions et de léchage de bottes.

 

Mais de plus en plus, j’aime quand Proust parle d’art.  Musique, écriture, peinture… j’adore ces passages.  Ils sont juste superbes.

 

Je continuerai donc ma lancée… plus que deux tomes.  JAMAIS je n’aurais pensé que je lirais la recherche… étrange, non!