
Nous sommes en France, en 1917. Les esprits sont échauffés et quand un homme frappe chez Isaure, elle le renvoie immédiatement. Il était peintre mais maintenant, il n’est plus qu’un déserteur, qu’elle devrait dénoncer. Rosalie, sa fille, a pitié de cet homme et décide de le cacher, à ses propres risques.
Mon avis
J’écris ce roman quelques semaines après ma lecture (c’est la faute au Jaspon) et j’avoue avoir de la difficulté à me souvenir des détails de l’intrigue. Pourtant, j’ai passé un très bon moment de lecture, certaines images sont claires, et j’aime toujours autant la plume de Gaëlle Nohant.
C’est une histoire très romanesque, qui nous fait voir la guerre par le regard des femmes laissées derrière. Elles doivent faire tourner l’économie, soigner les soldats et s’occuper des domaines pendant que les hommes sont au front et qu’elles ont peur pour eux.
Ce que j’aime dans les romans de l’autrice, c’est qu’elle n’impose aucune vision. Elle expose les situations, ses personnages sont parfois sombres, toujours plein de zones de gris. Ici, elle requestionne la guerre et ses horreurs, le patriotisme et la délation ainsi que la pression sociale que ça implique. Ce ne sont pas toutes les opinions qui peuvent être dites à haute voix… et il y a des conséquences. En fait, on peut observer les conséquences de plusieurs attitudes et prises de position.
Nous avons également le passage à l’âge adulte de la jeune Rosalie, notamment au contact de Théo, le déserteur qu’elle décide de cacher. Elle va aussi découvrir les gueules cassées et voir la mort de près en tant que bénévole à la Croix Rouge. Il a connu Isaure, la mère de Rosalie, est artiste et a quitté son régiment. Certains sentiments vont s’éveiller et elle va également se mettre dans une étrange position.
Plusieurs points de vue nous sont offerts, notamment celui de Martha, une jeune femme de chambre, en plus des personnages principaux. J’ai aimé l’évolution de chacun d’entre eux et aucun de leurs points de vue n’est tourné en ridicule, ce qui me plait particulièrement. L’autrice fait confiance au lecteur pour se faire sa propre idée. Vous ne serez pas surpris de savoir que j’ai particulièrement aimé la réflexion sur l’art et sur son côté salvateur. Quel plaisir de voir surgir Berthe Weill au détour de ces pages!
Une expérience agréable, qui n’est malheureusement pas restée aussi nette dans ma tête que je l’aurais voulu. Il m’en reste des fulgurances. Mais j’ai aimé!

2 Commentaires
Tu écris ce « roman » ? 😉 Et le voyage au Jaspon ?
Je pense que tu as écrit trop vite ! 😂
Blague à part, j’ai beaucoup aimé ce roman aussi.
L’évolution des personnages tout particulièrement
Je crois que je connais le même problème avec cette autrice, je l’apprécie à la lecture mais je l’oublie très vite aussi !