
Voici donc l’une de mes lectures pour Lisons l’Asie. Lu en juillet, je ne sais pas quand ce billet sera publié… j’ai et j’aurai toujours de l’avance.
De quoi ça parle
Très jeune, on a marié Isra. Parce qu’en Palestine, dans sa famille, c’est comme ça pour les femmes. Elle a dû quitter tout ce qu’elle connaissait pour aller vivre avec son mari et sa famille, à Brooklyn. Son boulot? Servir sa belle-mère et surtout donner des fils à Adam, son mari.
Des années plus tard, sa fille Deya a grandi sans sa mère, avec sa grand-mère. Elle se questionne sur son futur et son identité de femme arabe aux États-Unis alors qu’on prévoit également son mariage à elle.
Mon avis
Je suis entrée dans ce roman avec beaucoup d’enthousiasme. L’autrice est américano-palestinienne et j’ai beaucoup aimé le regard posé sur cette famille, déchirée entre ses origines et son nouveau pays. Elle réussit à nous faire comprendre le besoin viscéral de rester arabe, palestinien, même aux États-Unis. Farida, la matriarche, n’est pas d’accord avec les valeurs véhiculées en Amérique et pour elle, cette culture est tout simplement mauvaise. Même si elle a souffert en tant que femme, la possibilité d’un avenir meilleur pour les futures générations de femmes est juste inenvisageable. Pour elle, ce n’est pas « meilleur », justement. C’est normal de se faire battre, normal de tout sacrifier et elle perpétue l’oppression.
En tant qu’occidentale (et féministe), ça fait réagir, forcément.
Isra est donc une jeune femme sans repères. Elle ne semble pas répondre aux attentes de la famille de son mari, ne s’épanouit pas non plus comme elle le croyait en tant que mère. Et elle ne va pas bien, ce qui n’est pas accepté par sa belle-mère ou son mari. Comment rêver, s’évader dans les romans ou les mondes imaginaires quand il n’y a que l’intérieur des murs de la maison comme avenir possible? Le tout en étant en petits soins pour belle-mère, enfants et mari.
C’est aussi à travers le regard de Deya, née aux États-Unis, que nous allons rencontrer cette famille. Deya qui souhaite autre chose et qui le dit haut et fort, un peu comme cette tante Sarah qu’on a mariée en Palestine il y a plusieurs années. Elle souhaite s’émanciper mais ne peut même pas apercevoir cette possibilité avec l’éducation qu’elle a eue, maintenue dans sa communauté d’origine. Elle va petit à petit découvrir l’histoire de sa mère. Le récit est touchant et rageant, on ressent la colère, le déracinement et l’ambivalence dans tous les récits. Le pire, c’est que l’on finit par comprendre « pourquoi » Farida se comporte ainsi, avec ce besoin d’appartenance à la culture palestinienne.
Heureusment, il y a des notes d’espoir à travers tout ça. J’ai adoré la première partie mais j’ai trouvé des redites dans la seconde partie. Disons que le message est légèrement martelé. Euphémisme ici. Et, contrairement à tous, la mention constante de la lecture a fini par m’agacer. Call me weird.
Ça sent le récit basé sur des faits vécus. Je suis consciente que ça ne représente pas toute la communauté palestinienne. Mais je recommande!