
J’ai lu ce roman dans une insomnie post-jet-lag. Ce qui signifie que je l’ai lu d’une traite entre 2h et 4h du matin, tout en espérant désespérément dormir. Peut-être ce fait a-t-il influencé ma lecture et explique le fait que même si je n’ai rien à reprocher au roman, je suis restée étrangement détachée?
De quoi ça parle
Tokyo, 1938. Rei est caché dans une armoire. Son père l’y a placé quand l’armée a interrompu une répétition de leur quatuor de violon de Schubert. Il ne reverra jamais son père.
Des années plus tard, Rei tente toujours de faire la paix avec son passé et souhaite par dessus tout rendre la voix au violon de son père.
Mon avis
Ce roman a tout pour me plaire. Ça parle de mémoire, de trauma, de deuil et de musique. Je n’ai pas détesté, loin de là. Je l’ai lu d’une traite, j’ai apprécié le moment de lecture, certaines images me sont restées, mais je n’ai pas été aussi touchée que j’aurais dû l’être. Je suis restée mystérieusement extérieure et il n’y avait pas non plus de « petit plus » qui me fait vibrer dans les romans qui parlent de musique. Peut-être parce que la plume, entre la sobriété japonaise et la littérature française, ne la contenait pas, cette petit musique? Bref, j’ai bien aimé, mais sans plus, et je tente de comprendre pourquoi!
Cette période du Japon n’en est pas une que je connais. Je savais que juste avant la 2e guerre mondiale, ce n’était pas si simple, mais je n’avais pas réalisé à quel point. Rei va grandir avec le souvenir de son père, Yu, qui l’a élevé seul. Il aimait la musique et en faisant avec un groupe d’étudiants chinois. Et apprécier les Chinois, ce n’était pas bien vu, loin de là. Quand nous allons revoir Rei, il est en France et il maintenant est un vieil homme. Il a voué sa vie à restaurer le violon de son père et, par le biais d’un article de journal, il va découvrir un fil le reliant avec son passé, qu’il va dérouler.
Ça parle de deuil non résolu, de déracinement et nous allons suivre la quête du personnage principal pour faire la paix avec ce passé et tenter de comprendre ce qui a pu arriver à son père. La musique est au centre de l’histoire (j’ai fait une orgie de musique classique après cette lecture), le casse-tête qu’a été son père se construit petit à petit et la quête d’identité de Rei est au centre de l’histoire. Aucun reproche, comme je le disais. Mais ce ne sera pas inoubliable pour moi.
