La Scouine – Gabriel Marcoux-Chabot

Ok, je vais commencer – comme d’habitude – par raconter ma vie.  J’ai dû lire « La Scouine » de Albert Laberge à l’école.  C’est l’un de nos classiques québécois, et on nous l’avait présenté comme le Zola québécois.  Résultat : ça m’a pris 25 ans à me décider à lire Zola.   Oh boy que j’avais détesté ce roman.  Je me souvenais d’un truc avec des personnages bêtes et méchants qui puaient le pipi.  Juste le mot « scouine » me levait le coeur.  Ça donne une idée.

 

Là, je vous entends penser.  Mais pourquoi tu as lu cette réécriture, alors?  Tu aimes la souffrance?  Ben non en fait.  Je me suis souvenue de d’autres lectures qui m’avaient ennuyée à l’adolescence et que j’ai adorés par la suite.  Une réécriture, c’était l’occasion de faire la paix, non?

 

Oui et non, en fait.  Bon, parce que je suis moi, j’ai aussi relu l’original.  Et bon, oui, il y a un côté naturaliste, avec les descriptions sombres et souvent glauques des milieux campagnards de la fin du 19e siècle, mais au Qébec.   Mais on est loin, loin, loin des études de caractère de Zola.  Mettons qu’entre Albert et Émile, il y a un monde côté psychologie des personnages.  Dans l’original, nous avos droit à des scènes de vie de la famille Deschamps sur quelques décennies, avec en vedette Paulima, la Souine, bébé laid qui est devenu une femme laide et méchante.  C’est plutôt décousu, certaines anecdotes racontées sont un peu en dehors de la trame principale et je comprends tout à fait pourquoi je n’avais pas aimé à l’époque.  Je suis encore mitigée… et, sérieux… c’est pas Zola. Zola, je l’aime.

 

Parlons maintenant de la réécriture.  J’avoue l’avoir préférée à l’original car plus resserré et l’auteur a ajouté un peu de profondeur aux personnages (qui auraient pu en prendre bien davantage, j’avoue) mais il y a quand même plusieurs passages qui sont tels quels par rapport au roman original.  Gabriel Marcoux-Chabot s’est permis de s’immicer dans les blancs, notamment au sujet du comportement de la Scouine et de son frère Charlot.   Même si la Scouine est toujours aussi méchante, hypocrite et prête à tout (quoique beaucoup moins mangeuse de ballustres), elle a un côté assoiffé d’amoir que je n’ai pas ressenti dans le roman original.  Attention, elle n’est pas mieux hein… à la fin de chaque chapitre, ou presque, je refermais le livre en disant (à haute voix) : c… de salo…  Sans joke.  Un mot que je n’utilise jamais.  Mais elle le méritait.  Genre, vraiment.

 

C’est un roman hyper court mais je pense que cette fois-ci je vais mieux m’en souvenir, vu que les personnages sont devenus plus tangibles.  Un peu.   Bref, même si ce n’est pas un coup de coeur, c’est quand même un coup de poing… et je suis quand même contente de l’avoir redécouvert.

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