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Les souliers de Mandela – Eza Paventi

Souliers-de-Mandela.jpgJ’ai eu un réel coup de coeur pour ce roman.  Du coup, je vais avoir du mal à en parler.  Of course.  Sinon, ce ne serait pas drôle, n’est-ce pas.   Oui, bien sûr, on pourrait dire que c’est une autre de ces histoires de découvertes de soi à travers la découverte de l’Afrique, de l’autre.  Mais j’ai réellement été touchée par la quête de Fleur Fontaine qui arrive en Afrique le coeur en miettes, qui voudrait être loin de tout ce qu’elle a connu, surtout d’elle-même. 

 

Tout dans ce roman m’a rejointe.  Que ce soit le voyage en Afrique, la découverte que même si l’Apartheid n’est plus, même si Mandela,  les inégalités sociales ne sont pas pour autant chose du passé ou encore la description des sentiments de Fleur, qui tente d’oublier Gregory, celui qu’elle croyait être son grand Amour, son Lui.  J’ai trouvé le tout extrêmement juste.  La découverte de l’Afrique, biaisée par le regard occidental et les idées préconçues, l’évolution de cette vision, l’Afrique de l’intérieur qui nous est donnée à découvrir.  On s’y croirait.  La force de certaines images est incroyable.  Avec son écriture parfois cinématographique, on entrevoit des plans parfois courts  mais frappants de la vie quotidienne, de parfaits exemples de résilience et d’adaptation à une situation à laquelle il est impossible de s’adapter.  Certains personages nous vont droit au coeur.    Cette Afrique, je l’ai vue à travers les yeux de Fleur, qui sont presque disponible tant elle n’est pas là, tant elle est à son propre drame, à cette volonté d’oubli, ce déni de vouloir réellement composer avec la personne qu’elle a été et la relation qu’elle a vécue.  En effet, il est difficile de la discerner, cette jeune fille (pas toujours adorable, avouons-le), qu’on sent au départ spectatrice.  On ne la voit qu’à travers sa peine, il est difficile de la connaître vraiment.  Mais dans certains passages, j’ai réellement ressenti sa joie, son exaltation, ses moments de vérité.  

 

J’ai noté des foules de passages et, fait incroyable, ça m’a donné le goût de visiter l’Afrique, mais pas en touriste.  Bon, j’ai beaucoup trop peur des bibittes mais quand même.  J’ai eu le goût de vivre aussi cette confrontation entre deux mondes.   Et dans ce roman, la mise côte à côte de la situation de Fleur, qui voit la fin de son monde à elle et de celles des femmes qu’elle rencontre est terriblement frappante.  

 

Une écriture qui m’a happée, un format à la limite du carnet de voyage, avec des retours dans le passé à la troisième personne.  Pour nous permettre de comprendre et de porter un réel regard sur la situation.  En même temps que Fleur. 

 

Une auteure que je me ferai un plaisir de relire!

32 Commentaires

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  1. Wahou tu en parles très bien! Même si j’ai peur des bêtes moi aussi ce voyage au moins littéraire me tente beaucoup! Bonne journée!

    1. Sophie Hérisson: Je conseille vivement, en fait.  C’est une bien étrange balade, très réussie, je trouve. 

  2. Avec un tel billet, on ne peut qu’avoir envie de le lire !

    1. Sophie:  J’espère que tu trouveras et que ça te plaira!

    • Anne sur 10/01/2014 à 03:04

    Voilà un billet bien attirant et un livre à guetter !

    1. Anne: Je croise les doigts pour que ça se trouve et que ça te plaise!

  3. Ton billet élogieux me donne envie de découvrir ce roman et cette Afrique.

    1. Alex: Ose, ose!  J’ai vraiment aimé!

  4. À l’Afrique du Sud, pays que j’ai bien connu pendant l’apartheid mais que j’aurai pu choisir au lieu du Québec, tellement c’est beau…et puis j’aurai un peu moins froid.

    Mais l’aparheid..allo quoi ! Alors, le Québec et Karine…pas mal quand même.

    le Papou

    1. Le Papou: Yep, disons qu’il y a un héritage pas facile là-bas.  Il paraît que c’est magnifique. 

    • Lucie sur 10/01/2014 à 06:14

    Contente de savoir que ce premier roman d’Eza Paventi ait su te toucher de cette façon. Il reste un excellent souvenir de lecture 2013 pour moi! 

    1. Lucie: Il m’a vraiment rejointe.  Je la relirai avec plaisir quand elle sortira autre chose!

    • Lili sur 11/01/2014 à 02:27

    J’avoue que l’Afrique et ce qui s’y rapporte n’est pas une thématique vers laquelle je vais d’ordinaire spontanément. Mais avec un enthousiasme pareil, c’est noté comme il se doit !

    1. Lili: Moi non plus, ce n’est pas mon thème favori mais là, j’ai été totalement rejointe. Et enthousiate. 

    • Manu sur 12/01/2014 à 02:51

    Eh bien, tu donnes envie !

    1. Manu: J’ai vraiment aimé!  J’espère bien donner envie!

  5. T’es méchante, tu fais augmenter ma WISH!

    1. Isallysun:  J’aime être vilaine de cette manière!

  6. Très beau billet mais mais mais…. J’en renviens justement d’Afrique du Sud après y avoir passé plusieurs mois il y a 10 ans. Du coup, j’ai mes propres images, mes propres impressions très fortes de ce pays et j’ai peur que ça « clashe » avec le ressenti de Fleur. A voir… 

    1. Zarline: Ah oui, je pense que ça peut en effet, clasher… peut-être vaut-il mieux attendre!  Tu as fait des billets sur ton voyage?

  7. Non, je n’ai pas fait de billet sur mon voyage, juste deux photos de grandes bestiolles 😉 Mais si tu veux un jour quelques idées pour un voyage en Afrique du sud, n’hésite pas à m’écrire un mail… Et pour le livre, je crois effectivement que je vais attendre un peu.

    1. Zarline: J’ai beaucoup trop peur des bestioles pour aller en Afrique, je pense… un jour, je passerai par dessus.  Peut-être!

  8. Ah tiens, le titre ne m’avait pas frappé mais ton bilelt me donne envie 🙂

    1. Yue: Je pense que ça peut te plaire, en fait!

  9. Je le note aussi!

    1. Edelwe: Lui, il m’a vraiment profondément marquée.  Et tu sais quoi, il va sortir en France!

    • Syl. sur 15/04/2014 à 03:12

    Je le note plus pour ton engouement que pour l’histoire.

    1. Syl: Super!  J’aime être vilaine comme ça!

  10. Merci pour ce billet. Je vais me mettre à la recherche de ce roman paru chez nous maintenant.

    1. J’espère juste que ça va te plaire!

    • choup sur 12/07/2015 à 05:11

    Je suis en plein dedans.je t’avoue avoir eu du mal à rentrer dedans, surtout quand je lis que la capitale de l’AfSud est Jo’burg, ça ça me fait grincer des dents. Et puis finalement, il y a eu des descriptions, des phrases comme des éclairs, qui touchent juste. Du coup, ça me plait plus. Mais je ne suis pas fan par contre de certaines notes de son journal. Mais bon, je reviendrai quand je l’aurais fini!! 🙂

    1. Hmmm… oui, étrangement, ça ne m’avait pas marquée sur le couop, mais là, quand tu l’écris, je fais des grands yeux! C’est pas Pretoria?? (Bon, me semble qu’il y en a 3… mais je ne sais pas les autres). Certaines phrases m’ont beaucoup touchée aussi. Mais sincèrement, j’ai juste adoré. Et dès le début. Du coup, je ne suis aps certaine que tu vas tripper.

  1. […] leurs (presque) nouvelles couvertures.   Récemment, on a qu’à penser à « Les souliers de Mandela » ou « Le Museum« .  Et avec cette novella de Luc Mercure, ça a […]

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