Les mardis de Béatrice – Francine Tougas

mardis de BéatriceLes gens du Québec, connaissez-vous la série télé « Au secours de Béatrice »?  Perso, je ne regarde pas la télé mais quand je suis chez mes parents, je me débrouille toujours pour le ou les derniers épisodes.   Dans la série, Béatrice est médecin urgentologue et il y a un parfait mélange de psychothérapie et de scènes de vie.  Parce que oui, il est question de psychothérapie.  C’est ça qu’elle fait, Béatrice, les mardis.  Elle va voir son psy.   Sans trop  y croire d’ailleurs.

 

Le roman, publié tout d’abord il y a plusieurs années (je ne sais plus quand exactement), a inspiré la série.  Toutefois, le roman n’est PAS la série.  Et au départ, ça peut surprendre.  D’abord, ici, il n’est question que des séances de thérapie.  On passe d’un mardi à l’autre, mais à travers les discussions, la colère de Béatrice, ses non-dits et ses demi-explications, on comprend quand même assez bien ce qui se passe dans sa vie, même si elle reste assez brumeuse.  Béatrice travaille dans la pub, elle est intelligente, batailleuse et mord plus souvent qu’à son tour.   Disons qu ‘au départ, on plaint un peu le psy!

 

Si j’ai parfois trouvé la structure un peu répétitive, surtout au début (bon, le fait que je l’aie oublié partout et que j’ai eu une lecture super morcelée pendant les premiers chapitres n’a certainement pas aidé) mais j’ai par la suite rapidement plongé dans cette histoire, celle d’une femme qui malgré tout le succès, toutes les réussites, se sent quantité négligeable et ne sait pas qui elle est.  Son père est décédé depuis longtemps, sa mère est Alzheimer mais malgré tout, son enfance et son histoire familiale la suit partout et l’empêche de dormir.  Au sens propre.

 

C’est ma foi fort bien mené, même si certains pourront dire « c’est encoooore la faute des parents ».  Malgré le travail difficile de Béatrice, il y a des touches d’humour qui pointent le bout de leur nez et on sent la profonde douleur de la femme derrière toute l’auto-dérision limite méchante qu’elle a envers elle-même.  J’ai reconnu des parts de moi en Béatrice (et ce même si je n’ai eu aucune histoire de cette ampleur), des façons de penser, de minimiser les choses.  J’ai aussi réentendu presque mot pour mot des discussions avec des copines (bon, le psy est beaucoup plus wise que moi hein!).

 

Du coup, ça sonne vrai.  Même si l’histoire n’a rien d’original, son traitement l’est.  Et elle est assez universelle, du moins pour une catégorie de personnes.  À tenter.  Mais la Béatrice du roman n’est pas celle de la série.  Pas vraiment!

 

Jules a aimé et Venise a fait une entrevue avec l’auteur.

4 Commentaires

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  1. Je ne regarde pas la télé non plus (trop de livres bien meilleurs), mais le sujet m’intéresse. Le côté près de l’humain, du vécu semble pas mal du tout. Tu me pardonnes le hors-sujet : ce pourrait être chouette de se faire une lecture commune autour de la Chine, un de ces quatre 😉

    1. Ouiiiii me veux bien une LC Chine! J’ai besoin de motivation pour m’y mettre. Tu me dis si tu as des idées. Et pour ce roman, il est bien fait, je trouve. On a l’impression d’être en thérapie.

  2. J’ai pleuré à chaudes larmes à la dernière émission. Mais vraiment, c’en était gênant de moi à moi ! C’est dire combien la série est bien faite malgré le décor planté en d’autres lieux que dans le roman. D’ailleurs, tu me rafraichis la mémoire car je me souvenais de l’essentiel du roman, c’est à dire le feeling de suivre une thérapie en même temps. Et surtout, la différence entre le paraitre et le être, ce qui ressort nettement. On a tous de ces moments où, dans la vie, notre être n’est pas en concordance avec notre paraitre.

    Je l’ai lu voici environ 7 ans, et comme tu le sais, je l’avais tant aimé, que j’avais fait un club de lecture avec des amiEs pour qu’on puisse échanger et l’auteure en avait été touchée et avait répondu aux questions de mon entrevue.

    1. Je n’ai pas vu la fin, vu que je n’ai pas la télé, j’en ai full manqué. J’ai aimé la série et le livre. Et oui, c’est tout à fait ça. Le feeling de faire aussi la thérapie. Ca fait réfléchir, et ça remet quelques idées en place.

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