Le testament français – Andreï Makine

testament françaisJe traîne ce roman dans ma pile depuis looooongtemps.  Genre, avant le blog, je pense.   Dans ma résolution « un roman de la « vraie pile » par mois, j’ai ressorti celui-ci, encore toute fraîche de mon voyage en Russie et avec l’idée de lire un roman sur la perception de la France par un Russe… mais j’y ai trouvé plus que ça.  Bien plus que ça.

 

Écrit dans une langue que j’ai trouvée magnifique et qui a su me toucher de page en page, j’y ai plutôt découvert un roman hommage à une grand-mère qui a légué tout un monde à son petit fils, une réflexion sur la culture et l’identité, ainsi qu’une vision fugitive de l’histoire de la Russie au 20e siècle.   Le testament français est l’histoire, à tendance autobiographique, de la relation entre Charlotte, une Française mariée à un Russe et habitant toujours un petit village de ce grand pays, et son petit fils, Aliocha.  Au fil du temps et au rythme de ses récits, la France du début du siècle deviendra pour lui une sorte d’Atlantide, un monde à part où il vit des moments d’émerveillement et découvre le pouvoir évocateur des mots.  Il tentera de se retrouver, lui, dans ce bi-culturalisme difficilement accepté par ses pairs et souvent par lui-même, qui se croit empreint de souvenirs de la France, lui qui n’y a jamais mis les pieds.

 

Et, en filigrane, on voit aussi le jeune grandir pour devenir un homme, un homme qui se définit par cette double identité qu’il cherche parfois à nier.  Nous rencontrons donc l’adolescent qui vit ses premiers émois, qui tente de se sentir vraiment Russe et qui finalement, quitte le pays, pour se retrouver dans cette France fantasmée, des années plus tard.   Derrière l’histoire de Charlotte, nous voyons aussi défiler la Russie, celle qui a fait tomber les tsars, qui a tué la religion et érigé des musée de l’athéisme (ou des caveaux à patates… souvenir perso) dans de magnifiques églises, qui a connu les purges de Staline et le rêve du communisme.   Avec eux, nous marchons sur les steppes, entendons le train et redécouvrons Beaudelaire.

 

Bref, un roman magnifique qui m’a parfois déroutée, qui m’a fait réfléchir et m’a donné longtemps à réfléchir sur les éléments qui font que nous sommes devenus les êtres que nous sommes.  Un auteur que je relirai.  Souvent.

 

Ailleurs… le billet du Papou, qui a aussi adoré.

(18 commentaires)

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  1. Je me demande si je ne l’ai pas quelque part dans ma pal 🙂

    1. Moi je pense que tu l’as!

  2. Je pensais l’avoir lu, mais non, finalement. Tu me le remets en mémoire.

    1. Il vaut vraiment le coup. Je conseille!

  3. Ah Andreï Makine… somptueux !

    1. Oui, magnifique et somptueux. Tu as tout à fait le mot!

  4. Pareil que Anne : Makine, quel écrivain !

    1. Un Écrivain avec un grand E!

  5. J’ai beaucoup aimé « La femme qui attendait » du même auteur. Une écriture magnifique !

    1. Je note La femme qui attendait, alors! Juste pour sa plume, je lirais à peu près n’importe quoi!

  6. Aussi dans ma PAL depuis une demi éternité, tu me donnes envie de le lire!!!

    1. Ouiiiii lis-le!!!

  7. J’ai dans ma PAL « La vie d’un homme inconnu » du même auteur. A voir et à lire car je n’ai jamais lu cet auteur mais il me tentait bien et de voir un avis positif est cnofortant.

    1. Je ne connais pas du tout celui que tu as… Hâte de voir ce que tu vas en penser. J’ai envie de poursuivre ma découverte, en tout cas!

  8. Lu et chroniqué il y a quelques années, une très belle découverte !

    1. Il a été beaucoup lu il y a quelques années. Je l’avais acheté… et je ne le lis que maintenant. Mais pourquoi j’ai tant attendu!

  9. Je ne sais pas pourquoi mais cet auteur m’a toujours fait un peu peur. Ton billet pourrait bien me faire changer d’avis.

    1. Sérieusement, c’est fluide et ça se lit tout seul. Je conseille +++!

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