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Le Mammouth – Pierre Samson

Le comment du pourquoi

Le Mammouth était sur la liste de nombreux prix littéraires il y a quelques mois. Du coup, avant la Covid, je l’ai emprunté à la bibliothèque. Résultat? Début septembre, il est toujours chez moi et je l’ai FINALEMENT lu! Maman avait aimé en plus et j’aime bien confronter mes avis à ma mère vu que nous sommes rarement d’accord.

De quoi ça parle

Le roman part d’un fait divers de 1933. Nikita Zynchuck est un immigrant chômeur certes, miséreux certes, mais sans histoire. Un jour, lorsque ses anciens logeurs seront mis à la porte en raison de loyers en retard, il va tenter de récupérer une malle pleine de guenille et sera tué d’une balle dans le dos. Tirée par un policier, la balle.

Oui, je sais. Plus ça change, plus c’est pareil, n’est-ce pas?

Mon avis

Pour une fois, m’man et moi sommes du même avis : on a aimé toutes les deux. Let’s drink to that!

Ce roman, c’est une véritable plongée dans le Montréal cosmopolite du début des années 30. Le Montréal des petits, des désoeuvrés, des nouveaux arrivés, de ceux qui vivent à 8 chambreurs dans un appartement délabré. Le Montréal qui sent la crasse et la pauvreté. Le Montréal qui se relève tant bien que mal de la crise, qui a peur de étrangers, des Juifs et des communistes. On suit les personnages à travers la ville à l’époque et l’auteur réussit à la faire se déployer devant nous, avec les personnages qui s’animent et les façades oubliées qui reprennent vie, le temps de quelques pages. Certains ont trouvé le procédé assez redondant mais pour ma part, j’ai adoré la balade. Il faut dire que je connais bien Montréal (certains connaissent mon habitude de « marcher » les villes) et juste entendre à nouveau les vieux noms de rue, ça m’a fait sourire.

Le Mammouth, celui qui se fait lâchement tirer dans le dos par Gianni Sutto (et sa moustache), n’est pas vraiment le personnage principal. Sa mort met les choses en branle, la presque révolte ouvrière des immigrants et de plusieurs canadiens-français gagne-petit, le tout orchestré par des jeunes communistes (ayant déjà existé) avides d’égalité et de justice pour tous. La scène fatale sera vue par les yeux de plusieurs personnes : voisins, policiers et Simone Bélanger, jeune couturière qui, soudainement, réalise de quoi est faite la société et décide de ne pas rester spectatrice.

Un roman qui parle de brutalité et de corruption policière, de racisme et de justice à plusieurs vitesses. À travers le destin tragiques de ces gens très imparfaits, pleins de failles, l’auteur nous dresse un portrait coup de poing de la ville de l’époque. Pas hyper glorieux, le portrait. Autant les anglophones que les francophones en prennent plein la gueule et j’ai aimé qu’on évite le manichéisme à cet effet. Et la fin. J’ai aimé la fin.

Un roman qui fait rager mais bon, comment dire… mettons que lire le roman, encore aujourd’hui… ça peut faire réfléchir. Et que dans l’état actuel des choses, ça ne peut pas faire de tort.

Et comme c’est engagé, je décide que ça compte aussi pour le Pumpkin Autumn Challenge, ainsi que pour Québec en novembre!

6 Commentaires

6 pings

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  1. Le thème est intéressant et traverse malheureusement les époques … A retenir.

    1. Tout à fait. On dirait que ce sera toujours d’actualité.

    • Anne sur 13/11/2020 à 18:10

    Je note aussi !

    1. 🙂

  2. si vous êtes d’accord toutes les deux, ça se note en effet!

  3. Un portrait de Montréal, tu parles à mon coeur 🙂

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