Le banquet annuel de la Confréfie des fossoyeurs – Mathias Enard

Le comment du pourquoi

J’ai trouvé ce livre audio à la bibliothèque et je me suis souvenue du bon moment que j’avais passé avec « Parle-leur de batailles, de roi et d’éléphants« . Du coup, je l’ai pris, sans savoir que le truc avait plus de 600 pages. Ouais, un livre audio, ça a toujours l’air court!

De quoi ça parle

David Mazon prépare une thèse d’ethnologie. Il est Parisien (et la majuscule est importante) et débarque dans un petit village des Deux-Sèvres pour étudier ses habitants, sans oublier d’emporter sa morgue et son sentiment de supériorité.

Il s’installe dans un annexe fermier, emprunte une mobylette et commence à emmerder tout le monde pour écrire son journal de bord, entre visites et petits coups au café-Pêche. Sauf que le maire a un métier un peu spécial et qu’il sera l’hôte du banquet de la confrérie annuelle des fossoyeurs, trois jours de trève avec la Faucheuse, qui joue d’ailleurs maints tours aux vivants et aux morts.

Mon avis

Entendons-nous, lire ce résumé, ça ne nous donne qu’une idée très vague de ce dans quoi on met les pieds. Si le début peut sembler assez classique, le roman prend soudain une toute autre tournure au détour d’une phrase lancée comme si de rien n’était… et qui implique un sanglier et l’ancien prêtre du village. C’est que la Roue tourne et qu’on réalise rapidement qu’une même personne peut avoir été un cheval ou encore une punaise sur le mollet de Napoléon. Et là, on réalise qu’on est dans quelque chose d’assez extraordinaire, du moins pour moi. J’ai carrément éclaté de rire en réalisant dans quoi je venais de tomber; un roman truculent, qui part dans toutes les directions et qui nous laisse un peu sur le derrière. C’est totalement le genre de texte que j’adore, rempli de références, de jeux de mots et de grand n’importe quoi. Vous savez à quel point j’aime le grand n’importe quoi, surtout quand le dit grand n’importe quoi est bien écrit.

Est-ce que je recommanderais ce roman à tout le monde? Absolument pas. Plusieurs vont trouver les digressions ennuyantes mais moi, je me suis régalée. J’adore tout ce qui est référence, autant historique que pop-culture alors vous pouvez vous imaginer que je jubilais à chacune d’entre elles. Et il y en a. Trop, diront certains, mais avec moi, il n’y en a jamais trop. Ja. Mais. C’est truculent, les histoires s’entremêlent, se construisent les unes sur les autres, et j’ai adoré découvrir les passés des personnages et de leurs ancêtres. Certaines histoires sont tragiques, d’autres touchantes, tandis que certaines sont hilarantes. Le banquet nous laisse entre faim et mal de coeur, les histoires sont fantasques… tout ce que j’aime. Et à la fin, nous ne revoyons plus tout ce petit monde de la même façon.

Le personnage principal est arrogant et détestable… mais tellement drôle et pathétique en même temps. Il baptise son gite « La pensée sauvage » en se prenant pour Levy-Strauss, juge tout le monde et espère tracer un portrait digne du Nobel de la néo-ruralité. Il va donc se faire saoulet la gueule, mais aussi rencontrer Marthe qui va lui raconter le village, chasser avec Gary, rencontrer l’art de Max et surtout connaître Lucie, son cousin et son grand-père ainsi que leurs ancêtres. Pas de façon linéaire sinon ce serait trop simple hein!

Bref, un roman qui s’en va un peu partout mais qui se tient étrangement malgré tout. Un condensé de culture et d’humour noir (ouais.. un condensé pas si condensé que ça), assaisonné d’une pincée de fantastique… et un très bon moment de lecture.

2 Commentaires

2 pings

  1. Tu m’intrigues avec cette histoire de sanglier et de prêtre, mais 600 pages tout de même….

    1. C’est… weird! Mais j’ai adoré. Je ne suis pas certaine que tu t’éclaterais autant que moi, vu que je commence à savoir ce qui te plait.

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