La fabrique des salauds – Chris Kraus

Le comment du pourquoi

Je pense que j’en avais entendu parler. Je ne sais plus par qui, mais j’avais dû en entendre parler. J’arrivais de Pologne et d’Auschwitch et sans doute que ça m’a incitée à choisir ce roman.

De quoi ça parle

L’histoire commence à Riga mais va nous balader partout en Europe, dans un 20e siècle à feu et à sang. Nous suivons l’histore de Koja, Hubert et Ev Solm, une fratrie explosive et très particulière, embrigadés dans l’idéologie nazie, mais qui mettront ce qu’ils appellent l’amour au-dessus de toute autre valeur. Nous passerons donc de la Lettonie aux camps en passant par Israël et Paris, le tout vu par les yeux de Koja, prêt à tout pour ceux qu’il aime.

Mon avis

Ça a l’air beau et tendre, dit comme ça, n’est-ce pas? Prêt à tout pour ceux qu’il aime? Détrompez-vous. J’ai rarement eu autant de mal à lire un roman, du moins, certains passages. Ces personnages sont criants de vérité car tellement contradictoires, tellement prêts à bafouer honneur, vérité et valeurs pour ce qu’ils croient être faire « la bonne chose ». À lire leurs aventures, on se dit qu’ils ont dû exister, ces gens qui retournaient leur veste, qui faisaient des horreurs pour tenter de protéger leurs proches, tout en brisant je ne sais combien d’autres familles au passage… bref, un roman qui m’a virée de bord. On est loin, loin, loin du feel good ici… difficile d’avoir foi en l’homme suite à cette lecture. Et pourtant, on se surprend, parfois, à compatir. Bref, un roman qui fait réellement réfléchir.

Nous avons affaire ici à une grosse brique de plus de 800 pages. C’est qu’il y en a des ramifications à cette histoire. C’est tentaculaire, original, on nous balade à travers les décennies, les pays et les complots divers et variés. À partir d’un moment, les bons et les méchants se confondent et tous sont plus retors les uns que les autres. Le ton est provocateur, l’horreur côtoie les bons sentiments et comme lecteur, on se sent complètement dépassés par ces salauds, qui ont vécu au mauvais endroit au mauvais moment et qui n’étaient pas des héros, malgré tout.

Une fresque impressionnante, des personnages crédibles, une histoire terrible, des amours malsaines, de la passion, des valeurs et une morale bafouées à tous les instants… une lecture qui aura marqué mon année 2019!

(18 commentaires)

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  1. Une grosse brique que j’ai réservée à la bibli, donc peut être lecture 2020.

    1. Je serais hyper curieuse de voir ce que tu vas en penser.

  2. A voir pour l’été alors 🙂

    1. Oui, très très bonne idée!

  3. Déjà noté, j’ai l’impression qu’il fait l’unanimité pour l’instant. Je n’avais en revanche pas réalisé qu’il faisait toutes ces pages. A mettre de côté pour le pavé de l’été, dans ce cas..

    1. Je ne savais pas non plus quand je l’ai pris! Mais j’avais lu des avis assez constrastés, du coup, je partais avec une idée de « on verra »! Finalement, j’ai vraiment aimé. et été hyper secouée.

  4. Un titre aguicheur, mais tu as l’air convaincue.

    1. Yep, franchement convaincue! je conseille !

  5. Je ne connais pas du tout ce livre.
    Pour moi, en principe, la Pologne et Auschwitz, ce sera pour cette année.
    Meilleurs voeux pour 2020.

    1. Meilleurs voeux également! Et j’espère que tu aimeras la Pologne autant que moi.

  6. J’avais lu « I love Dick », mais il ne m’en reste rien!
    Plus de 800 pages? Je ne m’en doutais pas du tout! Méchant pavé.
    Marqué ton année… Dans le bon sens?

    1. Oui oui… deans le bon sens. J’ai été complètement tourneboulée et j’en garde un souvenir très fort. Et je n’avais même pas réalisé que c’Était le même auteur que I love Dick. Qui est dans ma pile. Sinon c’est pas drôle.

  7. Je n’avais pas remarqué non plus que c’était une sacrée brique !
    Tant pis, les avis sont tellement élogieux que ça vaut certainement bien de s’y cramponner un long moment.

    1. Yep, il est long. Mais c’est super bien passé. Dérangeant… mais j’étais scotchée.

  8. Ah je ne connaissais pas du tout! Ça a l’air passionnant, mais j’ai l’impression qu’il faut bien choisir son moment pour lire ce genre de roman, non?

    1. Oui, il faut bien choisir, avoir du temps et envie d’être secoué dans ce qu’on pense. Des fois, les personnes ont limite des « bonnes intentions » pour commettre des horreurs… du coup, ça fait peur et ça fait réfléchir.

  9. Bonjour Karine, un roman que j’espère lire bientôt. Je n’ai lu que du bien à son sujet mais c’est un « pavé » alors qu’en ce moment, j’ai du mal à arriver au bout de 300 pages. Mais ça va revenir. Très bonne journée.

    1. Ah oui, il y a pas mal plus de 300 pages! tu es mieux d’attendre le bon moment!

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