Kukum – Michel Jean

Le pourquoi du comment

Parce que je lis tous les romans de Michel Jean, particulièrement quand ils traitent des premières nations.

De quoi ça parle

Michel Jean nous raconte ici l’histoire de son arrière grand-mère, Almanda Siméon, jeune blanche mariée à un Indien (comme ils les appelaient à l’époque… amis du politically correct, ne pas taper) et ayant adopté leur mode de vie nomade. À travers le récit de sa vie, la beauté et le le drame de l’existence des Innus nous seront révélés petit à petit.

Mon avis

J’ai lu beaucoup de romans et de documentaires sur la vie des gens des premières nations. Mais on dirait qu’avec celui-ci, pour la première fois, j’ai Compris. Compris avec un grand « C ». Compris avec ma tête, certes, mais aussi avec mon coeur. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est la première fois que je ressens à ce point le choc de la perte, le coup de tonnerre qu’a été la fin imposée d’un monde, d’un mode de vie, ainsi que les répercussions qui se font sentir encore aujourd’hui, des décennies plus tard.

Michel Jean se met dans la peau d’Almanda Siméon, jeune femme de 15 ans au début du roman. Elle est fonceuse, avide de liberté et amoureuse de son beau Thomas, Innu nomade des Passes-Dangeureuses. Elle va l’épouser, le suivre dans le territoire et adopter le mode de vie près de la nature de la famille, vivant de chasse et de pêche, sur le territoire l’hiver et à Mashteuiatsh l’été. Tout au long du roman, nous verrons se développer son amour pour cette façon de vivre et d’appréhender le monde et pour ma part, j’a ressenti une réelle connexion avec cette femme ô combien différente de moi, mais qui voulait vivre à sa manière et suivre ses passions. J’ai donc vécu très intensément les événements qui ont suivi, vous pouvez vous l’imaginer.

Dans plusieurs romans de l’auteur, il y a cette quête d’identité, d’appropriation encore plus grande de ses racines innues. Dans « Elle et nous« , j’avais pu avoir une petite idée de ce qui s’était passé et on sent ici que la quête de Michel Jean est plus aboutie. On y retrouve la poésie de Elle et nous, le côté attachant des personnages et de savoir qu’ils ont réellement existé les rend encore plus touchants, plus palpables. La plume a pris de la maturité et j’ai aimé cette autre perspective sur la nation Innue, celle de la femme qui l’apprend peu à peu et qui la choisit. Et, en arrière plan, ce qu sublime cet histoire, c’est l’amour, le grand amour jamais niais mais omniprésent, fort, puissant.

Bref, j’ai adoré. Et je pense que c’est mon préféré de l’auteur à date.

(2 commentaires)

  1. Je note, je note, pour une prochaine fois.

  2. Tu donnes envie !

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