Oh, my dear! – T. J. Middleton

Oh-my-dear-.jpgQuel livre particulier.  Comme je ne lis jamais les 4e de couvertures, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre alors imaginez ma surprise quand dès le début du roman, on rencontre Al.  Al est cinquantenaire qui aime sa voiture et ses carpes (oui, vous avez bien lu.  Des poissons, glissants, avec des yeux globuleux, là), qui décide que sa femme l’emmerde.  Donc, il va la tuer.  En plus, il y a une jolie falaise de disponible.  Pourquoi se casser la tête, n’est-ce pas!  Et Banzaï, on est libre. 

 

Oui… mais non. 

 

Parce qu’après avoir commis son crime, il tombe nez à nez… avec sa femme, Audrey, qui n’était pas où elle devait être.  Comment on dit… oups?  Voilà notre homme un peu mal pris.  Et une jeune femme a justement disparu, ce même jour.  Of course, la police s’en mêle. 

 

C’est donc un condensé d’humour anglais et d’humour noir ma foi assez réjouissant qui nous est offert dans ce roman atypique.   Al est dans un pétrin considérable et tente par tous les moyens (généralement par les moyens les moins brillants et les plus méchants) de s’en sortir, en se fichant éperdument d’arroser tout le monde au passage.  En fait, non.  En tentant idéalement d’arroser tout le monde au passage.  Ça lui plaît.  Homme éminemment sympathique, comme vous pouvez le remarquer!

 

L’intrigue tient du vaudeville, avec les personnages loufoques qui entrent et qui sortent d’un côté et de l’autre souvent sans se voir et les tonnes de quiproquos qui s’en suivent forcément.  Entre la voisine au grand nez senteux qui fait des ballades dans les arbres et qui a une anciene vie over glamour, l’autre voisin et sa femme agoraphobe ou presque, le policier qui se soucie plus de ses 30 carpes (oui, un autre) que de son enquête, on a le choix.  Une panoplie de gens dans un petit village où tout le monde se connaît (limite que la couleur de leurs bobettes fait partie de la culture populaire) et où personne ne se mêle de ses affaires, où tout le monde tente de tromper tout le monde.  Pas idéal pour un meurtre, en fait.  Pas idéal du tout. 

 

J’aurais aimé apprécier certains des personnages (Alice, la voisine fumeuse de pot est encore ma préférée… quoi que la femme d’Al n’est pas mal dans son genre en plus) mais ils sont tellement, pour la plupart, soit méchants soit stupides que ce n’est pas facile du tout.  Et autre chose qui m’est très personnel, vu mon origine québécoise: l’argot anglais traduit en argot français, je mets toujours presque 100 pages à m’habituer.  Surtout quand c’est dans le corps du texte et pas seulement dans les dialogues.  Bizarrement, quand le roman est français ça ajoute à l’authenticité mais quand ça vient de l’anglais, j’ai du mal.  Et je dois souvent déduire ce que l’expression veut dire.  Ou chercher.  Si vous lisez du québécois bien argotique… vous me comprendrez!

 

Une histoire qui nous emmène dans tous les sens (si Audrey est en vie… QUI a fait un vol plané en bas de la falaise), vu que chacun raconte absolument n’importe quoi et qui m’a arraché quelques éclats de rire.  Certains réels, certains un peu jaunes.  Un roman où la morale est très accessoire et dont l’a finale m’a beaucoup plu!

Défi à Sherlock Holmes – Béatrice Nicodème

defi-a-sherlock.jpgPrécisons-le tout de suite, je ne suis pas une Holmésienne.  C’est à dire que j’ai lu le Canon, mais il y a longtemps, tout d’un bout.  Longtemps, ça veut dire que j’avais 14-15 ans.   Du coup, pour moi, un bon pastiche, ça peut le faire.  Limite qu’on peut m’en passer pas mal, en fait. 

 

Pourtant, avec ce livre jeunesse, ça avait plutôt bien commencé.  Je me disais que c’était adapté pour les jeunes, que les références aux aventures du grand détective étaient explicites et situeraient cette histoire précise dans le canon.  

 

Au fameux « Élémentaire », j’ai froncé les sourcils.  Et puis j’ai bien dû me rendre à l’évidence, je ne reconnaissais pas vraiment mon Sherlock.   Il me manquait ce côté trop cartésien, un peu à côté des conventions sociales, ce côté étrange et surtout, les relations qu’il tissait ne m’apparaissaient pas très « Sherlockiennes ».   Entre autres, j’ai rarement vu Holmes se comporter avec les femmes comme il le fait avec l’un des personnages de ce roman.  Ou alors ma mémoire me fait défaut.  Mais je reviendrai sur ces élucubrations un peu plus loin dans le billet. 

 

Bref, j’étais perplexe.  Quand j’ai vu apparaître Dorian Gray, Oscar Wilde et Moriarty sur une même liste d’invités (mais que fait Gray dans cette liste?), j’ai froncé les sourcils.  Et quand j’ai lu la fin, je me suis exclamée (après avoir évité de justesse à mon livre un potentiel plongeon dans le bain) un très classe « What. The. Fuck ». 

 

Oui, je sais, mon vocabulaire a déjà été plus étincelant. 

 

Mais cette finale, qui rend l’histoire très difficile à intégrer dans le canon et qui modifie toute une facette de la personnalité et des motivations du détective.  Traité autrement, ça aurait pu être intéressant mais de cette manière, il est impensable de croire que ça puisse s’être passé ainsi et qu’il n’y ait aucune allusion nulle part. Et  je n’ai aucunement adhéré à la relation qu’il crée avec la jeune Française.  Je n’ai vraiment pas reconnu « mon » Sherlock, pour qui Irene Adler a toujours été « the » woman.  Et encore, pour Adler, même si j’aurais aimé croire que cet esprit cartésien ait pu se faire surprendre par  – oh, surprise – un sentiment qu’il ne comprend pas, je n’adhère moi-même que plus ou moins à cette possibilité.   Bref, sais rien spoiler, je n’ai pas apprécié cette partie de l’histoire.

 

Quant à l’enquête, ça va jusqu’à la finale, même si on voit venir.   Des meurtres mystérieux, un Cancrelat qui lance un défi à Sherlock, qui le nargue, c’est intéressant comme concept.  Quelques déguisements, quelques moments où Sherlock garde joyeusement Watson dans le doute (notons que ce dernier est assez bien croqué, je trouve), quelques déductions (je ne me lasse pas des déductions de Sherlock donc j’en aurais pris plus)… mais une légère imcompréhension à savoir pourquoi le grand détective n’a pas compris certaines choses plus tôt.    Notons quand même que j’ai aimé les deux types de raisonnements menant à la même conclusion mais passant par des voies différentes, selon la culture générale et la méthode.   Cette partie-là était intéressante. 

 

Bref, je ne suis pas convaincue.  Je n’ai rien à redire à l’écriture, c’est adapté au public que ça vise, ça coule très bien et ça passe.  Il y avait des bonnes idées, un départ intéressant mais selon moi, le problème réside dans la façon de représenter Sherlock.  C’est qu’il n’est pas facile à s’approprier, ce détective!  Quant à la finale, elle m’apparaît bien peu crédible.

 

Et vu que ça se passe à Londres… ça compte pour le mois anglais.

Et ça m’a donné envie de relire un peu de mon vrai Sherlock… un billet bientôt!

 

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Great Granny Webster (Granny Webster) – Caroline Blackwood

great-granny-webster.jpgJ’ai découvert l’existence de ce roman chez Cléanthe.  (Au fait, vous connaissez ce blog?  Il me plaît énormément!  Je vous invite à aller y faire un tour.)  Je me suis donc dit que c’était i-dé-al pour le mois anglais et j’ai drôlement bien fait car j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. 

 

On sent clairement l’influence autobiographique dans ce roman qui nous promène d’un endroit particulier à l’autre.  Une narratrice orpheline dont nous ne connaîtront pas le nom et dont le caractère est d’ailleurs assez flou nous raconte sa famille, désargentée mais profondément ancrée dans les traditions.  Le personnage de l’arrière grand-mère Webster, où la jeune fille est amenée à passer une convalescence, règne comme un oiseau de mauvais augure, assise bien droite dans son inconfortable chaise de salon.  Great Granny Webster n’est qu’apparence, correctitude, courage à toute épreuve.  Vous savez, le motto anglais, keep calm and carry on?  Ben c’est ça.  Dans son cas, on pourrait dire « keep still (on your ass) and carry on ».   Notre narratrice passe quelques mois infernaux et quitte ensuite cette maison.

 

Ce sera par contre le point de départ pour tenter de reconstituer sa famille, son héritage.  C’est sa voix à elle, condensé d’humour noir tout en restant très factuel, prosaïque et en faisant ressortir malgré tout le comique dans la tragédie, qui fait tout le sel du roman.  Ce personnage, qui donne le ton au récit, demeure malgré tout très flou, comme si nous ne savions pas quelle part de l’héritage familial elle avait vraiment en elle.    Entre son père décédé en Birmanie dont elle tente désespérément de se souvenir, sa tante alcoolique, suicidaire et perpétuellement joyeuse et légère (en apparence, bien entendu) et la grand-mère folle et persuadée de parler aux fées, nous découvrons petit à petit cette famille, cette histoire, inspirée de celle de l’auteure, flamboyante femme issue de la petite noblesse Anglo-Irlandaise et ayant vécu une vie mouvementée. 

 

Mais par dessus tout, je me souviendrai des atmosphères.  Du manoir en ruines en Irlande du Nord, froid, humide, limite gothique, habité par un grand-père faible et ne voulant que le bonheur de sa femme qu’il a perdue depuis longtemps dans un univers féériqu à l’appartement londonien surchauffé et parfumé au lys de sa tante Lavinia (je n’ose même pas m’imaginer dans quel état je serais avec une telle odeur… ce serait l’urgence direct) en passant par la maison impeccable et sombre ou habite Great Granny Webster avec sa servante borgne et aussi âgée qu’elle, les lieux sont évocateurs et l’écriture de l’auteur nous amène directement dans ces bizarres d’endroits, habités par les personnalités fantasques (ou pas) de ceux qui les habitent.  Si nous ne voyons pas tant que ça la fameuse arrière-grand-mère, son influence est présente dans tout le roman.  Ultime survivante (ou presque) de sa lignée, elle pèse sur ses proches, quitte à les rendre un peu fous. 

 

Un portrait d’époque (celui du père de la narratrice, raconté par un ami à lui, homme déboussolé dans un monde en pleine effervescence), des personnages abîmés mais une plume vivante, caustique et ironique à souhaits, qui nous amène directement dans cet univers à la fois glauque et glamour.  Le tout en 108 pages.  Ce n’est pas peu dire.  Et quelle fin!  Et lucky you, il est traduit et dispo en poche chez Livre de Poche!

 

Un roman qui se lit rapidement, mais auquel on pense longtemps.

Stragavanza – City of Swords – 6 – Mary Hoffman

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Stravaganza, c’est l’une de mes séries jeunesse chouchou.  J’ai lu le premier tome en 2002, pas longtemps après sa sortie, et c’était le premier livre du genre que je lisais.  Maintenan, la trame semble un peu banale mais à ce moment-là, j’avais adoré le concept:  dans le Londres actuel (Islington plus particulièrement), des jeunes qui ne vont pas bien rencontrent un talisman, qui leur permet de faire des allers-retours entre leur époque et une version alternative de l’Italie du 16e, la Talia.

 

Dès que je me suis permis une commande, j’ai donc sauté sur ce sixième tome de la série, qui fait définitivement plus « jeunesse » que YA.   Oui, nos héros ont 16-17 ans, ils doivent dealer avec des problèmes de cet âge-là et le voyage en Talia est carrément un rite de passage, où ils doivent faire face à leurs démons autrement, mais ça fait aussi très récit d’aventures, très capes et épées et s’il y a de l’amour, ce n’est clairement pas le sujet principal. 

 

Dans ce tome, on rencontre Laura, profondément malheureuse et angoissée.  À tel point que pour elle, le seule moyen d’enlever de la pression est de s’automutiler.  Donc, elle ne va pas bien du tout.  Mais vraiment pas.   Laura se retrouve transportée dans la ville de Fortezza (version Hoffmanienne de la ville de Lucca, en Italie).  Le Prince Jacopo vient de mourir et il y a deux prétendants.  Un siège s’annonce…

 

Disons-le d’emblée, ce n’est pas mon tome préféré de la série (ça restera toujours le 1, je pense…).  En fait, il y a tellement d’action, tellement de personnages que j’aurais aimé avoir le temps de les suivre un peu plus, voir davantage l’action au lieu de la voir rapportée.  En fait, la Talia m’a manqué.  On passe beaucoup de temps à Londres dans celui-là.  Beaucoup de temps avec les – nombreux – Stravagante, à parler du comment du pourquoi.  Du coup, on n’a pas l’impression de vraiment découvrir Fortezza avec Laura.  On a l’impression que ça se passe trop vite, que les liens se tissent trop vite. Parce qu’entendons-nous, il est quand même question d’amour au premier regard, ici!

 

Donc, une histoire pleine de rebondissement, un patron quand même un peu répétitif d’un roman à l’autre (et avouons que Laura n’a pas eu grand chose à faire hein… et que son évolution est légèrement rapide pour une fille aussi en détresse qu’elle) mais qui fonctionne.  J’aime toujours autant les passages avec Nick et Luciano, j’imagine toujours David Tennant en Rodolfo (je sais, je suis une cause désespérée) et j’aime toujours ce monde étrange, avec ses alliances, ses changements d’allégeance, ses trahisons. 

 

Il paraît que c’est bel et bien fini…

Mais bon, la finale laisse quand même une porte ouverte…

Peut-être…

 

Même si j’avoue que s’il y a davantage de personnages que ça, on va être complètement perdus… et dispersés!

Une série vraiment pas assez connue.  Mais à découvrir!

 

 

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The Grey Woman – Elizabeth Gaskell

the-grey-woman.jpgCette nouvelle (yep, après l’avoir lue, j’ai finalement décidé que c’était une nouvelle – environ 80 pages… une longue nouvelle quoi!) de Gaskell figure dans un recueil de l’auteur que j’ai commencé il  y a un bon moment mais dont je déteste TELLEMENT le format que je sépare ma lecture.  Et non, ce n’est pas l’image que vous voyez mais je refuse de faire de la pub pour ce truc!  Voilà!

 

Cette nouvelle est une histoire dans l’histoire en fait.  Elle s’ouvre sur un personnage qui s’abrite de la pluie dans un moulin en Allemagne et dont la curiosité est attirée par un portrait, celui d’une jeune fille, la grand-tante du meunier.  Et c’est l’histoire de cette jeune fille, cette femme rendue « grise » par la peur, qui nous est racontée par l’intermédiaire d’une lettre à sa fille, écrite dans un moment de douleur de bouleversement. 

 

C’est une histoire terrible, bien entendu.  Dans la lignée du conte gothique, avec des accents de Barbe-bleue (moins les têtes), on rencontre Anna, qui épouse un jeune et riche Français et qui se voit coupée de son humble famille allemande.  Très beau, presque efféminé, elle l’épouse parce que quand on est une femme, on doit un jour avoir un foyer à soi.  Et c’est un bon mariage  non?

 

Bien entendu, rien ne va se dérouler comme prévu.  Elle aboutira dans une étrange demeure aux multiples racoins qu’elle ne peut pas tous visiter puis elle découvrira le secret de son époux, qui n’est pas celui qu’elle croyait.  Mais ça, on s’en doutait.  Elle se retrouvera dans une prison, sans droit réel, à la merci de son mari et des serviteurs, même si, dans les faits, elle est maîtresse de cette maison.   

 

Une atmosphère lourd, oppressante, des vengeances impitoyables, des fuites, des moments où on passe à un cheveu de la découverte… bref, une nouvelle tout à fait dans la lignée des fables gothiques.  Ce n’est pas inoubliable, on aurait voulu moins de coïncidences limite impossibles, une héroïne un peu plus forte, avec un réel caractère… mais j’ai bien aimé retrouver la plume de Gaskell, que j’aime toujours autant comme auteure! 

 

Mois anglais

 

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Appointment with Death (Rendez-vous avec la mort) – Agatha Christie

Appointment-with-death.jpgIncroyable!  Je commence le mois anglais avec un roman anglais et en plus, je participe à la bonne date au challenge « Un mot, un titre » de Calypso!  Et je commence avec rien de moins que Dame Agatha, en  plus!  La classe!

 

Encore une fois, j’ai bien aimé.  Je pense que j’aime au départ tout ce qui est « Agatha Christie ».  Bizarrement, de mes lectures adolescentes, je me souvenais des manoirs anglais, des meurtres en vase clos mais ici, on est dans la ville morte de Petra (qui doit être magniiiifique… un jour j’irai), au coeur d’un voyage touristique.  Miss Sarah King, jeune et jolie diplômée en médecine, croise une famille bien étrange, les Boynton, qui semblent carrément écrasés par leur tyrannique belle-mère (ou  mère, selon le cas), qui règne sur ce microcosme d’une main de fer.  Avec un gant de fer aussi.  Donc, quand elle est retrouvée morte dans le décor majestueux de Petra, personne n’est réellement inconsolable…

 

Mais voilà, un certain Hercule Poirot, qui était dans le même hôtel que les Boynton, a entendu une étrange phrase… et il semblerait qu’une seringue ait été volée…

 

S’ensuivra une enquête avec interrogatoire à la Poirot (qui est un peu moins suffisant que de coutume, à ce qu’il m’a semblé) et une présentation spectaculaire, bien entendu. 

 

Le tout est bien mené, ça se tient, les personnages sont un peu caricaturaux (mais en 200 quelques pages, avec autant de monde, c’était prévisible… n’empêche que la politicienne anglaise vaut son pesant de cacahuètes!) et ont moins d’humour que d’habitude mais j’ai beaucoup aimé le portrait de la famille complètement sous la coupe de cette vieille dame un peu pathétique, finalement.  Ainsi que la résolution finale, que j’avais vue venir mais n’empêche!  Un bon petit Agatha Christie, mais qui ne possède peut-être pas le petit plus qui me ferait le relire encore et encore, même en sachant la fin. 

 

Et j’avoue avoir levé les yeux au ciel suite à lépilogue (dont la seule chose que je vous révélerai est que tout finit en citant du Will… ne manque que la petite danse dont j’ai oublié le nom, là…).  Quoique bon.  Je m’en souviendrai pour ça, je crois.  Et pour Petra.  Qui veut venir avec moi?

 

Mois anglais

 

Un-mot-des-titres

Deman, ce sera le mois anglais. Que lirez-vous? (Vidéo inside!)

logo mois anglais 2013

 

Tsssss…

Cette fois-ci, j’ai eu droit à du chantage!  Limite des menaces.  Des mails anonymes (très anonymes, of course.  Je n’ai aucuuuune idée d’où ils proviennent!  Miss Liliba a quant à elle lancé un challenge vidéos-poches.  Bref, voilà. (Oui, bref.  C’est mon mot préféré ces temps-ci.  La preuve en vidéo ci-bas.)  

 

Voici mon futur mois anglais, en vidéo.

Avec mes habituels tics de langage.

Ma non-préparation.

Les répétitions qui en résultent.  

Mes looooongues parenthèses.  

Même à l’oral! 

 

Bon mois anglais!

 

 

My house in Umbria (Ma maison en Ombrie) – William Trevor

Reading turgenevCe court roman est le deuxième qui se trouvait dans le recueil « Two Lives » de Trevor, après « Reading Turgenev », que j’ai adoré.   J’ai donc tout de suite enchaîné avec celui-ci, ayant envie de rester dans l’univers de l’auteur, teinté d’évasion, d’imagination, le tout frôlant (ou entrant carrément) dans la folie. 

 

C’est encore ces thèmes qui sont explorés ici, mais bien différemment.  Une femme au lourd passé, auteure de romances, s’est installée en Ombrie, dans une genre de « maison d’hôtes ».  Et un jour, il y a un accident.  Et les rescapés viennent pour un temps s’installer chez elle. 

 

Ce qui m’a fascinée dans ce roman, c’est l’évolution du lecteur face à la narratrice.   Au départ, on se questionne.  Une femme dans la cinquantaine, au lourd passé.  Puis on croit la découvrir un peu, cette dame qui essaie de s’échapper dans ses romans d’amour qui finissent bien.  Puis soudain, un malaise.  Trop de grappa…  Ses paroles, ses actions, sa naïveté, son insistance…  Quelle est la part de réalité dans tout ça…

 

C’est un bien curieux microcosme que ces personnages.  Un Général à la retraite.  Un allemand.  Et Aimée, une enfant.  On croirait presque qu’ils vont parvenir à un équilibre, qu’il vont recréer quelque chose.  Pas une famille mais quelque chose qui s’en rapproche un peu.  Puis arrive l’oncle de l’enfant.  Qui ressemble à Joseph Cotten…

 

La narration est très bien maîtrisée et la plume précise et incisive.  Nous avons droit à des réminescences parfois embrumées, des passage de romans d’amour, des retours à la réalité.  Tout est sous-entendu, on fait confiance au lecteur pour tirer ses propres conclusions.  Des  personnages atypiques, pas toujours sympathique mais profondément humains avec leurs faiblesses, leurs bassesses mais aussi leurs « grands » moments. 

 

J’ai refermé cette parenthèse (car c’en est une) avec un sourire triste.   Je relirai l’auteur, vraiment vraiment!

Liebster Award… les questions de miss Évasion et de Coccinelle

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Allez, hop! 

Deux autres séries de questions.  Commençons tout d’abord avec celles de Virginy.

 

1) Votre roman préféré?

The question impossible à répondre!  Ça commence bien hein!  Il y a tellement de « livres de ma vie » que ça va être vraiment dur de n’en nommer qu’un… mais pour ce qu’ils ont représenté, on va dire « Le maître des illusions » de Donna Tartt et « Gone with the Wind » de Margaret Mitchell… en souvenir de mes grandioses 14 ans pour ce dernier!

 

2) Si vous deviez changer quelque chose chez vous, ce serait?

Chez moi?  Ma porte d’en arrière que je n’arrive pas à fermer correctement et qui claque au vent quand il vente.  Et vu où j’habite, il vente souvent.  (Quoi, comment ça, ce n’était pas ça la question??)

 

3) Votre rêve le plus fou?

Hum…. m’ai pas répondu à ça moi, il y a quelques jours?  Je vais donc me répéter…  (pour faire changement, vous direz… je me suis auto-proclamée reine du radotage!).  L’Europe pour 6 mois en 2016!  Des mois à pouvoir voir les copines quand j’en ai envie… j’en rêve!

 

4) Aimez-vous cuisiner?

Noooooooon!

C’est clair, net, précis.  Je déteste ça.  En fait, je déteste surtout l’état de la cuisine après mon passage (qui est généralement l’équivalent d’une tornade).  Je ne déteste pas aider, quand il y a du monde, avec un drink à la main.  Mais cuisiner à moi de moi?  Le moins possible.  Vivent les plats congelés.  Et les céréales Mini-Wheats direct de la boîte. Et les gummy bears!

 

5) Le pays que vous aimeriez visiter?

Tous, tous, tous.   Là, maintenant, aujourd’hui (parce que demain, ça va changer), c’est la Jordanie pour aller voir Petra, la ville rose.  La faute à Agatha Christie!

 

6) Votre citation favorite?

« Si vous voulez être heureux, soyez-le ». 

De Léon Tolstoï.   Parce que dans 90% des cas, ben… c’est vrai que ça suffit!  Selon moi, faut savoir profiter des petites choses et se faire une belle vie. Et que ça veut dire que quand ça ne va pas, prends-toi en main, botte-toi le derrière et organise-toi pour changer!

 

7) Si vous étiez un personnage de roman?

Elizabeth Bennet.  Pour enfin savoir de quoi a l’air Mr. Darcy au lit.  (Oui, je sais.  No comment. )

Sinon, Thursday Next.  Pour pouvoir rencontrer tous mes héros de romans préférés.  Et faire ce que je voudrais avec eux… gnak gnak gnak!

 

8) Quel objet vous suit partout?

Un SLAT avec un livre dedans, même quand je vais dans un endroit où je SAIS que je ne pourrai pas lire.  C,est plus fort que moi, je me dis que je pourrais devoir dormir à l’extérieur, être prise dans un bouchon de 3 jours… bref, il me faut un livre.  Deux, la plupart du temps, au cas où je finirais le premier.   Mon cell n’est jamais bien loin non plus… Candy Crush Addiction oblige!

 

9) Avez-vous des animaux?

Non. Pas pour moi, je n’ai pas la passion ni la patience. Toute façon, si je veux continuer à respirer, ce n’est franchement pas une bonne idée.  Et je déteste me faire lécher ou grimper dessus.  Et quand un animal déchire mes collants en me montant dessus par overdose de joie, et que le propriétaire trouve ça « trop mignon », j’ai des envies de meurtres.  Du propriétaire.  Pas du chien! (Ça paraît que je parle d’expérience genre… récente?)

 

10) A part la lecture, quelle(s) est (sont) votre (vos) activité(s) préférée(s)?

La danse, le ski, les voyages et le champagne.  Avec les copains, le champagne, of course.  Je n’en suis pas à boire seule!

 

11) Combien de temps passez-vous sur le net?

Trop. :)))  Les iphone, c’est le Mal!

 

 


 

Coccinnelle, maintenant!  Voyons-voir ce que la miss veut savoir!

 

Trois questions sur le blog :

 

1. Ton blog, quand et pourquoi t’es-tu lancée ?

Il y a 5 ans 8 mois, exactement.  Septembre 2007.  Je venais de rager pendant des heures à chercher mes notes de lecture et de trier mes grrrr… de post-it qui semblaient de reproduire entre eux et j’ai décidé de tout classer ça sur internet.  Plus simple.  Plus facile à retrouver.  J’avais découvert les blogs de lecture et j’ai pris une plate-forme au hasard.   Je voulais aussi avoir un moyen plus facile de jaser livres avec les copains qui sont loin.  Ils me lisent toujours… mais me mailent pour discuter.  C’est super rare qu’ils me parlent sur le blog.  Alors que j’ai fait ça pour eux, les vilains!

 

2. As-tu changé de plate-forme en cours de route ou prévois-tu de le faire et pourquoi ?

Nope.  Je suis miss Paresse et le mot procrastination a été créé pour moi.  Je suis bieeeeen trop lazy pour changer de plate-forme!  Je n’arrive même pas à garder mon idex à jour.  Tout refaire?  Jaaaamais!

 

3. Penses-tu que ton blog existera encore dans quelques années ?

Va donc savoir.  J’ai eu un gros passage à vide de lecture ces derniers mois et un gros passage à vide de blog aussi.  Du coup, tout peut arriver.

 

Trois questions sur les goûts du moment :

 

4. Ton livre préféré en ce moment ?

Mon plus récent coup de coeur??  Ca a été Clockwork Princess de Cassandra Clare.  Oui, je sais.  Ça faisait des années que je n’avais pas trippé sur un livre jeunesse.  Je ne comprends pas encore ce qui a bien pu arriver!  Mais sinon, j’ai découvert William Trevor récemment et je veux tout lire de lui!

 

5. Ton film préféré ou ta série préférée en ce moment ?

Là, maintenant, je ne suis pas très fims et séries.  En fait, je ne sais pas trop comment fonctionne ma télé et le tas de manettes.  Ceci explique peut-être cela.  Mais à vie, mes séries coups de coeur sont Doctor Who, Buffy et Six Feet Under.  :))

 

6. Ton artiste préféré ou ta chanson préférée en ce moment ?

P!nk.  C’est en boucle dans ma voiture, tout l’album est génial selon moi! 

 

Trois questions sur la vie :

 

7. Quel serait le menu du repas si tu m’invitais ?

Heu… quelque chose que ma mère aurait cuisiné, fort probablement.  Tout le monde a peur aux catastrophes pseudo-culino-naturelles quand je me mets dans une cuisine!   Tout le monde arrive donc à la rescousse avec ben ben de la bouffe!

 

8. Préfères-tu la vie rurale ou la vie citadine et pourquoi ?

J’adore vivre dans ma petite ville, avec ma vue du tonnerre et les services tout proches.  Je rêverais de pouvoir être heureuse à la campagne mais quand je vois toute cette pelouse à tondre… oh my!  Voyez-vous, je rêve de paysages bucoliques, de vin chaud au coin du feu un soir de tempête, de longues ballades en forêt avec les Bambis qui viennent me manger dans la main, de chemins à pieds en bottines boutonnées en croisant quelque calèche…et là, soudainement, je réalise que je rêve de la campagne, oui, mais de la campagne anglaise au 18e ou au 19e.  Du coup, ça ne le fait que plus ou moins.   J’aime la ville pour sa rapidité, sa culture, sa mouvance, ses théâtres et ses cafés.  Mais juste quelques mois par année!

 

9. Où passeras-tu tes prochaines vacances ?

Les prochaines, ce sera un peu partout à travers le Québec parce que ma twinette cosmique Yueyin débarque juillet-août et que je réserve mon temps pour me balader avec elle.   On ne sait pas ce qu’on va faire, mais je sais qu’il va y avoir des fous rires, des discussions existielles et intenses sur la signification profonde d’Harry Potter ou encore des batailles épiques sur MMF vs. Colin.   Et peut-être, si la tradition se poursuit, un arbre sur le perron!

 

Et ensuite, mon prochain voyage, c’est d’aller passer le nouvel an à Londres et voir David Tennant en Henri II.  Et certainement un peu de Paris et un peu de Toulouse ensuite!  Pour faire changement.

 

Et deux questions plus persos :

 

10. Si tu étais une couleur ?

Roooooose! J’aime le rose.  Et puis bon, la vie en rose, ça me plaît bien!  (Et là, je vais chanter la chanson de Piaf toute la journée… c’est malin!)

 

11. Si tu étais un animal ?

Non, SVP!  Je serais allergique à moi-même!  Suis allergique à tout!

 

Voilà!  Je pense que j’ai répondu à tout!

À un prochain tag!

L’éducation d’une fée – Didier Van Cauwelaert

education-d-une-fee.gifNon mais est-ce qu’un jour je vais être capable d’écrire ce nom de mémoire? (Oui, je viens de virer la maison de bord pour retrouver mon roman – qui avait mystérieusement fait une balade sous le lit – pour vérifier l’orthographe.  Quand je l’ai récupéré, je mesuis souvenue (après, of course, sinon ce ne serait pas drôle) que Google est mon ami!)   Toujours est-il qu’après avoir fait la tournée de la catégorie « premières amours » de mon Feedly (ne posez pas de questions, j’adore nommer et renommer mes catégories… ça fait partie des petits plaisirs de ma vie), j’ai vu à plusieurs endroit le dernier roman de cet auteur.  Comme j’ai décidé de ne plus rien acheter en grand format, je me suis plutôt rabattue sur ce roman-ci, qui traînait dans ma pile depuis la nuit des temps bloguesques et que m’avait chaudement recommandé Stéphanie de Mots en bouches. 

 

C’est donc une histoire qui commence par un double coup de foudre.  Celui de Nicolas qui rencontre, dans un bus d’aéroport, Ingrid et son petit garçon Raoul.  Puis un jour, parce qu’elle l’ame, Ingrid décide de partir.  De le quitter.   Et Nicolas est dévasté. Et en parallèle, on rencontre César, jeune Kurde qui aurait voulu vivre dans la France d’André Gide, et qui veut vivre son rêve de Sorbonne.

 

Histoire qui semble banale paut-être.  Mais qui a un côté doudou et réconfortant.  Nicolas, le personnage principal, est un homme enfant, créateur de jeux, qui fait vivre l’imaginaire, rend leur place aux morts et sauve des arbrisseaux.  Et il fait entrer Raoul dans cet univers, petit à petit, aux côtés d’un père mots en Bosnie mais qui ne faisait déjà plus partie du coeur d’Ingrid, la femme de sa vie.   Puis, elle veut partir.  Il est dévasté. 

 

D’un autre côté, un autre narrateur apparaît.  Une jeune caissière qui voyait dans la France LE rêve.  Au début, on se demande le comment du pourquoi puis finalement, ça s’intègre plutôt bien.  Les réflexions sont souvent très cute, j’ai beaucoup aimé l’écriture, simple mais avec quelques pépites disséminées.   C’est un livre dans la lignée de ceux qui parlent de gens qui se croisent et qui s’emmènent ailleurs.  De ces parenthèses qui changent quelque chose. 

 

J’ai beaucoup aimé le personnage principal, avec sa candeur et sa part d’enfance (l’explication sur les fées est adorable) mais c’est surtout César qui m’a touchée, avec ses rêves et ses désillusions.  Son acceptation de l’inacceptable aussi.  Le personnage d’Ingrid m’a moins touchée avec son « je pars parce que je t’aime »… bon, on voit un peu le comment du pourquoi mais quand même. 

 

Est-ce que ça restera longtemps dans ma mémoire.. je ne sais pas.  C’est trop court pour qu’on puisse vraiment s’attacher, s’identifier.  Mais quand même…  Quand ça n’ira pas, je pourrai me dire qu’en fait, je suis une fée… mais que j’ai oublié!  Et ensuite, tenter d’y croire.