Ce roman, je l’attendais. Mais alors là, vraiment. Au point de limite harceler l’auteur avec mes « quaaaand est-ce que ce sera publié au Québec? » Mais genre… souvent. En plus, de l’autre côté, il y avait Yueyin qui me disait que c’était troooop bien. Moi, depuis L’ancre des rêves, j’étais déjà fan. Ah oui, en passant, il FAUT lire l’Ancre des rêves! Mais bon, je m’égare.
Alors disons-le d’emblée, c’est vraiment dans tout autre genre que son premier roman. Un autre genre, mais tout aussi bien. Ça a le côté haletant d’un roman feuilleton du 19e siècle, c’est fort bien écrit (le contraire aurait été étonnant) et nous sommes très rapidement happés dans cette histoire, qui nous entraînera dans le Paris de 1897, plus précisément en mai, lors de l’incendie (réel) du Bazar de la Charité. La preuve qu’on ne peut plus le lâcher? J’ai lu ces presque 500 pages en une journée, sur la route, dans une position ma foi peu confortable… et que la route entre Montréal et Saguenay a été trop courte. Et c’est peu dire, sachant que c’est plus de 5h.
De qui est-ce l’histoire… De Violaine de Raezal, jeune veuve ayant du mal à se faire une place dans cette « bonne société » qui tente de survivre et sont fiers de sa particule alors que la modernité les presse de plus en plus? De Lazlo de Nerac, l’amoureux éconduit de Constance, une jeune fille qui a du mal à se couler dans le moule? Qui n’y arrive pas du tout, en fait. De la duchesse Sophie d’Alençon, soeur cadette de Sissi, femme dévouée aux oeuvres de charité, au risque de sa vie? Ou de Mary, de Joseph, ou de Mme du Rancy? C’est toute une galerie de personnages qui s’agite devant nous, suite à l’incendie qui a coûté la vie à plus de 120 femmes, lors du Bazar de la Charité, THE place to be pour se faire voir par ces dames de la bonne société. Les personnages sont vivants, réels, toujours teintés de gris. Même ceux que l’on aime détester, on les plaint parfois, pris comme ils le sont dans les carcans de l’époque.
Bref, j’ai plongé dans cet univers. Tête première. Derrière cette histoire qui nous colle à notre livre, il y a aussi cette vision de cette période, où tout est policé, où les apparences sont reines et où le sort des femmes demeure somme toute peu enviable. Entre les maris qui les possèdent carrément, les parents qui tentent de les caser et les psychiatres qui nous font grincer des dents tellement ils sont condescendants et enlisés dans leurs certitudes, si la dame n’est pas « comme il faut », gare à elle!
Un très joli mélange entre la fiction et les personnages réels (pour avoir fait un gros trip Sissi ado, je connaissais un peu la vie de Sophie-Charlotte, je connaissais) et une fascinante exploitation de cet événement historique horrible en soi.
Un excellent roman. Allez hop, lisez-le!
Et j’ai déjà hâte de lire autre chose de l’auteur. Vraiment. Gaëlle, je vais recommencer à te harceler!









