The Vanishing Half (L’autre moitié de soi) – Brit Bennett

Le comment du pourquoi

J’ai vu ce roman sur la chaîne d’une booktubeuse noire américaine (je précise parce qu’elle est mieux placée que moi pour le recommander) qui faisait des recommandations. Ça m’a tout de suite interpellée car elle parlait de colorisme et de white passing, sujets que je ne connais pratiquement pas. Il ne m’en fallait pas plus pour le lire. Et… quel roman.

Mon avis… et je vous explique de quoi ça parle dedans.

L’histoire commence en Louisianne, à Mallard. Ce village a été fondé par un homme noir à peau claire, qui voulait vivre avec des gens « comme lui ». Du coup, des générations plus tard, dans les années 50, Mallard est un village « coloré », mais quand on y passe, on ne dirait pas. La clarté de la peau est valorisée et moins on a « l’air » noir, mieux c’est. Déjà là, ça fait réagir, non? En grande inculte de la question, j’ai été soufflée de voir ça. « Dark » est une insulte à Mallard.

Dans ce village grandissent deux jumelles inséparables, Desiree et Stella, très belles, très claires de peau. Un jour, elles vont disparaître. Quelques années plus tard, Desiree revient avec une fillette à la peau très sombres, presque bleutée… et Stella est devenue blanche. Quelque part, on ne sait où.

C’est un roman qui nous raconte Desiree et Stella, certes, mais aussi leurs filles, qui ont grandi dans deux univers contraires. Jude, la fille de Desiree, a eu une enfance pas facile en raison de sa couleur de peau et Kennedy n’a aucune idée de son héritage noir. Nous verrons donc ces familles sur deux générations et nous pourrons observer comment leur identité, ou le déni de leur identité a influencé leur vie. Desiree et Stella m’ont toute les deux beaucoup touchée, ayant toutes deux perdu une partie d’elles-mêmes, par choix ou non. Stella est riche et oisive, mais elle joue un rôle perpétuel, ment sans cesse et a dû tout laisser derrière elle. Desiree est à la recherche de sa soeur et prisonnière de la ville qu’elle voulait tant quitter. Quant aux jeunes filles, leur quête d’indentité et leur volonté de se trouver elles-mêmes est hyper touchant.

C’est un roman poignant, avec des personnages attachants dans leur souffrance. J’ai eu les larmes aux yeux à plusieurs occasions et la construction qui nous balade à travers trois décennies m’a énormément plu. Ça parle de famille, de secrets, mais aussi de racisme et d’opportunités à travers les années. Le fait de « devenir blanche » ne m’aurait jamais effleurée, jusqu’à ce que je comprenne ce que ça signifiait à l’époque. Les opportunités, la façon dont la société les traitait… Et juste ça, c’est terrible. Un roman qui ouvre les yeux, très bien écrit et qui démontre très bien et à répétition que, peu importe leurs choix, les personnes noires dans les années 60 n’avaient pas les mêmes chances.

Un excellent livre, et je lirai le premier roman de l’autrice, c’est certain. À lire! Il il paraît le 19 août aux éditions Autrement!

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