The ocean at the end of the lane – Neil Gaiman

ocean-at-the-end-of-the-lane.jpgJ’ai attendu un bon moment avant d’écrire ce billet parce que je ne savais pas par quel bout le prendre.  Le billet.  Pas le roman.  Ça, ça a été.  Je l’ai pris avec l’écriture de gauche à droite et ça a super bien été. 

 

Ok, je sais, je divague.  Mais je vous ai avertis que je ne savais pas trop par où commencer!

 

Je vais commencer par vous le dire d’emblée, un Gaiman nouveau, c’est toujours pour moi un événement.  J’adore sa plume, j’adore sa façon de rendre horrifiantes les choses qui devraient être rassurantes, j’adore la manière qu’il a de mélanger la réalité ou les souvenirs avec un univers fantastique intrigant.  Et ça, je l’ai retrouvé dans ce roman.  J’ai retrouvé l’atmosphère qui se transforme petit à petit suite à un événement perturbant, la pesanteur qui s’abat sur le narrateur enfant, la perte des repères et des certitudes.   Mais voilà, le roman ne fait que 175 pages alors que j’aurais aimé un nouveau « American Gods », bien touffu et bien tarabiscoté…

 

Mais je vous raconte un peu.   À l’occasion de funérailles, le narrateur maintenant adulte retourne sur les lieux de son enfance.  Il se souvient d’un épisode précis, suivant le moment où un homme s’est suicidé dans la voiture familiale.  À partir de là, des événements étranges commencent à se produire et notre jeune garçon entre dans l’univers de Lettie Hemstock, une fillette habitant au bout de la route, et qui prétend avoir un océan derrière chez elle. 

 

J’ai réellement aimé le roman, après ma petite déception initiale lorsque j’ai vu son épaisseur.  On a ici affaire à un roman qui raconte l’histoire d’un enfant, avec une voix d’enfant, mais à travers les souvenirs d’un adulte, ce qui est un peu particulier.  C’est la fin de l’enfance, du magique, du merveilleux.   De ces regards qui voient tout, de cette façon émerveillée d’appréhender le monde. 

 

Et c’est terrifiant. 

 

Les souvenirs du narrateur reviennent peu à peu.  Cet épisode tragique qu’il avait oublié nous sera raconté.  Les lignes entre réalité et flou du souvenir sont volontairement et habilement brouillées et pendant cette parenthèse, on est résolument ailleurs. 

 

J’ai hésité tout au long de ma lecture à savoir si c’était un roman jeunesse ou adulte.  Je crois que ça peut aller aux deux mais qu’ils y verront des choses différentes.  J’ai pour ma part adoré la finale, très bien trouvée, qui rend encore plus fine la toile entre rêve et réalité. 

 

Bref, c’est un Gaiman. Un Gaiman auquel j’ai pensé longuement après l’avoir refermé.  Je me suis remémoré en souriant des épisodes de ma propre enfance, quand tout était magique et j’ai fini par me dire que finalement, rester un grand bébé, ce n’était pas si mal!


Simple, mais prenant. 

(28 commentaires)

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  1. Est-ce que c’est drôle? Parce que moi ce que j’aime avant tout de Gaiman c’est son humour…

    1. Grominou: Drôle, un peu mais pas tant que ça.  Pas vraiment, même.  C’est une atmosphère, un conte d’horreur.  Loin d’American Gods ou de Neverwhere.

  2. Bonjour,

    Ton article est très intéressant. Tu donnes envie de lire ce roman. La lecture me tente beaucoup. J’ai déjà une P.A.L importante, je pense l’alimenter encore. Merci pour le partage de ta lecture.

    1. MademoizelA: Mais ça me fait plaisir!  J’adore faire augmenter les piles à lire!

  3. Depuis que je sais qu’il a sorti un nouveau roman, je veux le lire !!! Je me tâte à le lire directement en anglais sans attendre la traduction…

    1. Lili: En plus, il se lit super bien en VO.  Allez, craque!

  4. Neil Gaiman est un vrai génie !! Après « Coraline » et « Nobody Owens » lus il y a quelques mois, je vais bientôt plonger dans « Neverwhere »… 🙂

    1. FondantOChocolat: Mes préférés sont Neverwhere et American Gods.  Et oui, c’est un génie!

  5. Bon ba, devant un tel enthousiasme (et parce que cette couverture est magnifique) (et parce que je n’ai jamais lu de roman de cet auteur !) je pense donc que je vais rapidement passer commande !

    1. Sandy: Super idée!

  6. HO ba mince alors… la couverture papier est toute moche !! Trop inzuste ! ^^

    1. Sandy: C’est pas cette couverture-là?  Moi c’est un roman papier que j’ai…

  7. Le Béotien ne connait pas Gaiman, quelle tristesse !

    Le Papou

    1. Le Papou: Mais il faut lire Gaiman!  Ab-so-lu-ment.  Même les Papous qui n’aiment pas le fantastique doivent lire Gaiman. À mon humble avis!

  8. pourquoi pas? j’ai aimé Coraline mais beaucoup moins Odd et les Géants de glace…

    1. Violette: Je n’ai pas lu Odd… j’avais vu des commentaires super mitigés…

  9. Je n’ai jamais lu cet auteur; j’avais dans l’idée qu’il faisait dans la BD (ce qui ne m’aurait pas dérangé)… Je note; ça semble bien.

    1. Lewerentz: Il fait aussi dans le comic et la BD!  Et dans les épisodes de Dr. Who.  C’est qu’il est multidisciplinaire!

  10. Nail Gaiman a l’art de rendre la simplicité complètement envoutante. Beaucoup aimé aussi donc ^_^.

    1. Sophie: Je ne peux que plussoyer.  C’est cette simplicité qui fait que finalement, c’est un peu horrifiant.

  11. «Drôle, un peu mais pas tant que ça.  Pas vraiment, même.  C’est une atmosphère, un conte d’horreur.  Loin d’American Gods ou de Neverwhere. »

    En ce cas ce ne sera le prochain que je vais lire… J’ai Stardust, Neverwhere et Good Omens (écrit avec Pratchett) sur ma LAL…  As-tu lu Anansi Boys? Je l’ai encore mieux aimé qu’American  Gods!

    1. Grominou: Je n’ai pas encore lu Anansi boys… mais il me tarde!  Good omens est dans ma pile aussi.

  12. De Gaiman, je n’ai lu qu’American Gods…que j’ai détesté (don’t kill me please :P) ! Depuis, je n’étais plus trop chaude pour lire du Gaiman mais alors je ne sais pas pourquoi, depuis que j’ai entendu parler de celui-ci, il m’attire…ça doit être le titre, un océan au bout du chemin ça m’intrigue ! 

    1. Caro: Don’t worry, je ne te tuerai pas :))  Celui-ci est très différent d’American Gods.  Toujours dans la mythologie mais  beaucoup moins complexe, beaucoup plus dans le conte et l’enfance.

  13. Je comprends ta difficulté à en parler, j’ai un peu galéré aussi. C’est un texte qui nous touche, mais c’est pas toujours facile à expliquer pourquoi. Et puis moi il m’a surtout horrifié, ça fait longtemps que je l’avais pas croisé aussi horrifique le Gaiman !

    J’ai été un peu frustrée par sa taille aussi, j’aimerais bien qu’il nous ponde un truc de la densité et de la complexité d’American Gods à chaque fois mais j’imagine que ça lui laisserait pas trop le temps de vivre 😀

    1. Vert: En effet, expliquer ce qui nous touche tant, ce mystère, cette possibilité que ce soit vrai… et cette horreur partout… c’est fou quand même.  Et j’ai vraiment vraiment hâte qu’il nous sorte quelque chose de la trempe de American Gods.  Mais au temps qu’il passe sur Twitter… je ne sais pas du tout ça va être quand! (On ne se plaint pas hein… il RT et répond à tout!)

  14. Ah ben voilà je l’avais raté, honte sur moi 🙂 quelle merveille ce roman, quelle merveille ! Figure toi que je l’ai acheté à Tristan un jour comme ça (il ne l’a pas encore lu mais bon) et je lui ai emprunté pour le mois anglais… je pense comme toi que ce n’est pas que jeunesse mais pour tout le monde, je me demande si des enfants trouveraient cela aussi terrifiant que nous 🙂

    1. Je ne sais pas s’ils verraient à quel point ça fait peur… je me le demande. Mais ce roman est juste merveilleux.

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