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Ta mort à moi – David Goudreault

Le pourquoi du comment

Parce que c’est David Goudreault et que quand je lis David Goudreault, j’ai l’impression d’entendre la voix de David Goudreault, que j’ai déjà vu sur scène. Pour moi, ça suffit largement. Et sérieux, cette couverture!! Wow!

De quoi ça parle

Marie-Maude Pranesh-Lopez est une poétesse québécoise extrêmement populaire. Elle a écrit un unique recueil à 19 ans, qui a été porté aux nues, mais qui en a fait un personnage fort controversé. On sait dès le début que la dite Marie-Maude n’est plus et c’est sa biographie fictive que nous lirons ici, entrecoupée d’extraits du journal de la poétesse, que nous tenterons, petit à petit, de cerner. Un peu.

Mon avis

Pour moi, David Goudreault, c’est une voix et une plume. Son oeuvre, sont remplis de phrases que nous devons relire plusieurs fois parce que sous leur aspect parfois très parlé, il y a un rythme, une poésie certaine et des images qui frappent, qui marquent, et qui parlent toujours à ma sensibilité. Assez pour que je sois obligée de m’arrêter un peu pour bien les intégrer. Et derrière tout ça, j’ai vraiment l’impression d’entendre parler David Goudreault. Son timbre, son phrasé si reconnaissable… bref, ça passe toujours avec moi. J’aime découvrir avec lui des personnages écorchés vifs, profondément souffrants, qui nous heurtent et nous bousculent. Et c’est tout à fait ce qu’on nous offre ici. Marie-Maude est finalement moins sympathique que le héros de la Bête à sa mère, le ton est moins humoristique, voire même pas du tout, sauf que le personnage fascine et intrigue.

En plus de jouer avec la langue, Goudreault joue avec la structure du récit. J’ai pensé que j’avais une mauvaise version du roman au départ, avec les notes de l’auteur et les chapitres en désordre. Toutefois, le tout se tient parfaitement. Nous découvrons Marie-Maude à la fois enfant et adulte, artiste ayant grandi dans une famille dysfonctionnelle auprès d’une mère qui ne réussit pas à sortir de son deuil et d’un père ayant un perpétuel syndrome de la page blanche. Si son indifférence, ses jugements, sa perpétuelle colère nous heurtent souvent, on entrevoir petit à petit le fameux trou blanc qui se cache derrière la laideur et les épines avec lesquelles la poétesse se protège.

Un roman déroutant mais aussi jubilatoire, un portrait sans concession d’un personnage qui nous glisse entre les doigts et qui aura tout tenté en se fichant pas mal de l’opinion publique et de sa propre sécurité. De la Beauce à Montréal, en passant par l’Asie, Marie-Maude Pranesh-Lopez nous entraîne dans son parcours hors-norme, sans doute inspiré par plusieurs auteurs raboutés (clins d’oeils à Cohen ou peut-être Rimbaud… bref, j’en vois peut-être trop).

À découvrir!

14 Commentaires

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    • Anne sur 02/03/2020 à 09:15

    Je l’ai trouvé à la Librairie du Québec lors d’une escapade à Paris la semaine dernière. Je finis quand même la trilogie avant de lire celui-ci 😉

    1. Il faut que je finisse la trilogie… me reste le tome 3! Ici, on est dans d’autre chose, mais j’ai aussi beaucoup aikmé.

  1. très tentant 🙂

    1. Oui oui! Je pense que ça peut te plaire!

  2. Beau billet Karine. Je n’ai pas détesté mais j’avoue avoir eu une préférence pour la trilogie  »La bête ».

    1. Mettons qu’on est totalement dans autre chose!

  3. Ça me fait très envie.
    Mais avant il faut que je lise La bête et sa cage que j’avais stocké dans ma liseuse aussitôt refermé La bête à sa mère, que j’avais adoré.

    1. Ah oui, bonne idée! Moi faut que je lise abattre la Bête! Oups!!

  4. Un auteur dont je n’ai jamais entendu parler mais que tu me donnes très envie de découvrir !

    1. Je pense que ça pourrait te plaire, surtout sa trilogie La Bête. C’est hyper particulier et j’adore le mec, en général.

  5. Je dois absolument découvrir sa plume pour découvrir comme tu le mentionnes ses jeux de mots, son rythme, sa poésie.

    1. Oui, absolument. Le rythme a vraiment un truc. On sent le slammeur!

  6. La couverture est magnifique aussi, toute en couleur.

    1. Je la trouve aussi hyper réussie!

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