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Hamnet – Maggie O’Farrell

Le comment du pourquoi

Maggie O’Farrell + Shakespeare.

Ai-je vraiment besoin d’en dire plus?

De quoi ça parle

Straford-upon-Avon, fin du 16e siècle. Un jeune professeur de latin croise Agnes, la fille aînée de la famille, connue pour son extravagance, ses dons et sa connaissance des herbes. Ils tombent amoureux, se marient, et eurent trois enfants : Susanna, Judith et Hamnet.

Au début du roman, Hamnet est un jeune garçon solide, espiègle et en bonne santé. Une semaine plus tard, il serait mort.

Mon avis

Je n’avais lu que des avis hyper enthousiastes sur ce roman. En plus, il est dans la shortlist pour le Women’s Prize for fiction. Du coup, j’avais des attentes au top. Imaginez, une autrice qu’on adore, qui essaie de raconter la vie de la femme de Shakespeare, vie d’ailleurs très peu documentée et imaginer ce qu’elle a pu être… ça avait tout pour me plaire. Et j’avoue que, dans ce cas-là, c’est un cas de « c’est pas lui, c’est moi »… et que je n’ai pas détesté… mais je m’explique.

Le roman est divisé en deux parties. Avant la mort du fils de Shakespeare, et après. La première partie raconte la rencontre et l’installation du couple, en flashbacks, alors que Judith, la fille de Shakespeare, est malade et au lit, avec une grosse fièvre et des bubons. Et pour moi, la terrible hypocondriaque, ça a été un peu le problème. Une épidémie de peste, en pleine épidémie de Covid. C’était pas une bonne idée. J’ai passé 2 jours à checker pour les puces et à me gratter partout. Je n’avais donc pas nécessairement hyyyyper hâte de me mettre à ma lecture, pendant la dite première partie. J’ai aussi eu l’impression que tout était survolé, mais peut-être est-ce parce que MOI je survolais! Tsé, question de ne pas me faire peur à moi-même!

Par contre, la seconde partie, centrée sur le deuil d’Agnes et de la famille, est magnifique. La souffrance est palpable, et on croit sentir le poids de la culpabilité et de la peine sur les épaules de cette femme forte, un peu crainte, hors-norme, qui voit l’avenir dans la main et qui « sait » beaucoup de choses. L’évolution de la femme, du couple, de l’entourage à travers cette épreuve est criante de vérité. Et cette partie m’a passionnée. De plus la plume de Maggie O’Farrell est toujours aussi belle, fluide et imagée et ce tout au long du roman. Je suis fan depuis le début de sa façon de décrire la nature ou les sentiments. Elle a vraiment un don pour nous faire faire un voyage dans le temps et faire vivre les époques.

Shakespeare est là, mais on voit davantage l’homme que la légende. L’homme faillible, souvent à contretemps avec son entourage et peu reconnu par ses proches. L’homme vu par son épouse qui l’adore mais qui le voit tel qu’il est, sans son halo de gloire. C’est un roman sur la femme, sur sa femme, restée dans l’ombre alors qu’il rayonnait sur les scènes londonniennes et qu’il osait écrire une pièce appelée « Hamlet ».

Est-ce la vérité? On s’en fiche un peu, en fait. L’autrice a brodé, inventé, a créé un personnage de femme qui n’a pas existé comme telle, mais qui était probablement tout autre. L’histoire en dit peu… et on voudrait bien y croire, à cette version. C’est juste dommage pour moi que je sois restée si extérieure à la première partie…

13e avenue – #1 – Vigneault / Pettersen

Le comment du pourquoi

Parce que tout le petit groupe qui participe au défi estival le lisaient… je ne pouvais pas être en reste, comme vous pouvez vous imaginer.

De quoi ça parle

Un jour, au retour de l’école, Alexis, 12 ans, trouve sa mère en larmes. Son père a trouvé la mort dans un accident de travail. Elle décide donc de quitter Chicoutimi pour aller habiter à Rosemont, en plein Montréal, cette ville qui lui fait peur. Il va rapidement rencontrer Alice, la plus belle fille qu’il n’ait jamais vue mais aussi Ernest, le mystérieux voisin d’en haut.

Mon avis

Qu’est-ce qu’il est bien cet album! J’aime toujours ces albums du déraciment et dans le cas du petit Alexis, il est total. Il est en deuil de son père, ses routines familiales sont changées, nouveau quartier, nouvelle ville, nouveaux amis et entrée au secondaire. Il a perdu tous ses repères et se retrouve face à lui-même, à explorer son nouveau quartier alors que sa mère, mauvaise chauffeuse émérite et en ayant rien que juste pour elle, conduit l’autobus 67.

La fin de l’enfance et la découverte d’une nouvelle vie sont super bien exploitées dans cette bande dessinée. On se souvient avec un sourire de nos propres balades dans nos quartiers, des popsicles (au bananes, dans mon cas) et des premières games de cachette BBQ. Cette atmosphère si particulière, qui ne dure rarement plus d’un été, est réellement bien représentée et c’est un plaisir de s’y retrouver. Certes, Alexis est déboussolé. En plus du deuil de son père, il vit ses premiers émois, voit sa mère pleurer et ne sait trop comment réagir. Ajoutons à ça une petite dose de fantastique… et on passe vraiment un bon moment.

Le dessin, toujours en noir et blanc mais grisé pendant les souvenirs, est très attrayant, avec ses traits simples et ses décors très détaillés. Que ce soit l’Étape ou le quartier Rosemont, on y trouve plein de clin d’oeils et d’éléments du décor réel. C’est aussi une ode à l’enfance en ville, qui peut être aussi très chouette, entre ruelles, cours et escaliers extérieurs. On y sent un réel amour pour ce quartier de Montréal.

Il semblerait qu’il y aura plus d’un tome (j’espère, étant donné la fin, qui soulève plein de questions)… et je lira la suite avec grand plaisir!

C’était ma BD de la semaine!

Tous les billets chez Noukette

Holy Sister (Soeur Sainte) – Book of the Ancestor #3 – Mark Lawrence

Le comment du pourquoi

Parce qu’il FALLAIT que je finisse la série. Genre, maintenant. Ça parait que cette série m’a fait vibrer?

De quoi ça parle

Je vous ai parlé du tome 1 et du tome 2 pendant ce mois de la fantasy. Et comme j’ai très peu de billets d’avance, je viens juste de vous en parler. Donc, j’ai encore besoin d’expliquer? Nous sommes donc ici dans le 3e et dernier tome d’une série fantasy impliquant un couvent où on recueille des jeunes filles pour en faire des bonnes soeurs, certes… mais des bonnes soeurs élevées pour tuer et se battre. Ce troisième tome est la conclusion du récit, et c’est la guerre, la vraie. Les novices sont dans la dernière classe, et leurs destins vont se déployer devant elles plus tôt que prévu.

Mon avis

Avouez que vous n’y croyez pas! J’ai commencé et fini une série dans ce mois de la fantasy. Et quelle série! Bon, ok, j’aurais pris un tome de plus, juste pour passer davantage de temps avec les personnages et pour avoir l’impression de les connaître plus, mais j’ai beaucoup aimé la construction de ce dernier tome, malgré les ellipses (il y a presque deux ans entre la fin du tome 2 et du tome 3). Les allers-retours passé-présent, j’adore. Et découvrir par nous-mêmes ce qui est arrivé pendant ces deux ans est assez génial. Même si j’en aurais voulu un peu plus, les voir évoluer plus graduellement!

Cette série m’a fait passer par toute la gamme des émotions. J’ai dû pleurer pendant les 100 dernières pages et la fin, la fin… pour une fois qu’on ne finit pas une guerre par un party. Il y a un côté doux amer (très amer), certaines scènes sont poignantes et certaines fins spectaculaires. La guerre est horrible et épique, les novices et les soeurs doivent faire des choses terribles, tout en tentant de préserver leur humanité et ce qui fait d’elles des personnes entières dans leur imperfection. Ça parle d’amour, d’amitié, de construction de soi, de choix aussi, le tout avec un parfum de fin du monde. Bon, maintenant, je vais chanter la chanson toute la soirée.

Des personnages complexes et attachants et un univers dont je vais avoir du mal à me sortir, je le sens! Excellent!

Et en bonus…

J’ai lu la courte nouvelle qui se déroule entre le tome 2 et le tome 3, qui raconte comment s’est forgé le lien (threadbound) entre Ara et Nona, le tout sur fond d’enquête dans le beau monde de la société des Sis.

C’est agréable à lire parce que, comme je le disais, je voulais passer en savoir plus sur les événements du quotidien qui lient les personnages entre eux. Toutefois, c’est tout autre chose que le reste de la série, plus simple à la fois en terme d’intrigue que d’écriture. Pour la première fois, j’avais l’impression d’avoir affaire à des ados… ce qu’elles sont! Il manque le côté épique, mais on passe un bon moment.

Ceci dit… il y a quand même des trucs là-dedans que je voulais voir! Donc même si le ton est différent, c’est bon à prendre!

Comme une chaleur de feu de camp – Amélie Panneton

Le comment du pourquoi

C’est ma lecture « jeunesse » ou « young adult » du défi livresque estival sur Booktube Québec. Et que, définitivement, un feu de camp, ça fait « été ». J’en avais pas mal entendu parler il y a un moment et il m’avait été conseillé par une amie quand j’avais demandé des suggestions de tops-livres-à-lire. Du coup, j’ai profité du défi pour le sortir… et j’ai drôlement bien fait.

De quoi ça parle

Emmanuelle est en secondaire 3 et elle se trouve transparente. Elle a des copains, certes, mais pas de « meilleure amie » et, surtout, elle est convaincue que personne ne peut être intéressé par elle. Elle aime nager sans être « la meilleure », a un complexe à cause de ses « grosses épaules » et Thomas Pelletier (avec ses taches de rousseur et ses poignets parfaits) vient de déménager juste à côté de chez elle.

Un jour, Emmanuelle est témoin du drame de quelqu’un d’autre et ça va la bouleverser. Surtout que le vilain de l’histoire est le frère de Thomas, avec qui elle commence tout juste à parler.

Mon avis

Oh que c’était chouette ce roman! Je m’attendais à une petite amourette sur fond de camping et de feux de camps mais pas du tout, en fait. Loin de là. On nous raconte un printemps et un été dans la vie d’Emmanuelle, pendant lesquels elle va vivre son premier amour certes, mais où elle va aussi découvrir ce qu’est l’amitié et apprendre à se tenir debout.

Rapidement dans le roman, Emmanuelle est témoin d’une agression. Pas la sienne, mais elle est témoin et aide l’autre nageuse à se sauver. Du coup, elle est en colère, vraiment, et le traitement de la dite agression, par une personne externe, est selon moi hyper bien traité. Il permet de le faire avec de la distance, sans jugement, sans culpabilité non plus, vu que ce n’est pas à elle que c’est arrivé et qu’elle est juste outrée. Dans un livre jeunesse, j’ai trouvé cette façon de faire hyper bien vue. Ici, même si personne n’est parfait, l’agresseur est clairement identifié, jamais la jeune fille n’est mise en accusaion et les adultes sont solidaires.

Mais ce roman, ce n’est pas que ça. C’est une super belle réflexion sur l’amitié, sur ce que c’est… et sur ce que n’est pas non plus. Le traitement du premier amour, avec les petits riens qui donnent des papillons dans l’estomac. Je me suis vraiment reconnue dans le personnage d’Emmanuelle. Quand elle mentionnait qu’être en grand groupe (hors-les-amis-famille… un jour j’expliquerai), c’était une « performance » constante, quand elle se croyait transparente, et qu’elle était prête à accepter plein de « petits riens » pas hyper gentils… ça me ressemblait terriblement et ce même si j’avais plusieurs copains et tout. Du coup, ce roman m’a fait sourire et m’a ramenée quoi… 30 ans en arrière.

La relation avec Thomas est mignonne comme tout, j’ai beaucoup aimé l’évolution d’Emmanuelle à travers celle-ci, et sa capacité à apprendre de ses erreurs. Bref, un roman sweet mais réalise, avec un sujet important en toile de fond. Bref, j’adore. Et je conseille à tout le monde!

Perfect World – #1-10 – Rie Aruga

Le comment du pourquoi

Parce que j’ai ENFIN trouvé le tome 2 d’occasion. Depuis le temps!

De quoi ça parle

Kawana a 26 ans et elle travaille dans une entreprise de décoration d’intérieur, à Tokyo. Au cours d’une soirée professionnelle, elle revoit Ayukawa, son premier amour à qui elle n’avais jamais osé avouer ses sentiments. Sauf que depuis, Ayukawa a eu un grave accident et est paraplégique. La série aborde donc sans tabou le handicap (du moins, cet handicap-là), le deuil de la vie d’avant et les relations humaines après un tel événement.

Mon avis

Ceux qui me connaissent comprendront que je ne pouvais pas ne pas lire ce manga. C’est certes une histoire d’amour un peu cute style shojo, mais avec des personnages dans la vingtaine. Connaissant un peu le monde du manga, il doit y avoir un nom pour ça, mais j’avoue que le « un peu » est très important dans la phrase, et que je ne connais pas du tout le dit nom. Une histoire qui parle de handicap, de relations humaines, du quotidien, ça ne peut que me toucher. Je ne vais pas raconter ma vie, mais bon… certains comprendront!

Ai-je aimé? Bien sûr que j’ai aimé. J’ai lu 10 tomes dans la journée. Ça parle, non! Les dessins sont tout choupi, les personnages sont attachants malgré leurs failles, leurs gafffes, leurs préjugés. La culture japonaise par rapport au handicap est un peu différente par rapport à ce qui se passe ici mais j’ai justement beaucoup aimé voir ces différences… et les ressemblances aussi. Le deuil, l’acceptation par phases, les différentes façon de vivre avec un handicap, la colère, les gaffes qu’on fait sans le savoir, tout ça est selon moi bien traité et surtout, les personnes handicapées ont leur propre personnalité et ne se limitent pas à leur handicap, même si, malgré tout, celui-ci fait partie de la définition d’eux-mêmes de ces personnes. On aborde aussi les sujets moins glamour, les soins, les risques, les maladies (c’est même parfois un peu didactique quand on on connait bien le tout), tout n’est pas rose, mais rien n’est insurmontable.

Entendons-nous, c’est une histoire d’amour, on est vraiment dans un shojo (mais pour les plus grands), et les personnages, malgré leur âge, font encore très ados dans leur physique, leurs expressions et parfois dans leurs réactions. L’héroïne est hyper naïve, même si elle évolue bien dans la série. On a droit à des moments cute et remplis d’émotions exacerbées, à un « grand amour » et il faut avoir envie de ça. J’ai beaucoup aimé la première partie, qui se passe sur une assez longue période, et qui est remplie, justement, de ces revirements de sentiments, de la découverte des personnages. Par contre, à la fin, je trouve que ça s’accélère et que plusieurs choses sont bouclées beaucoup trop rapidement… et que le 2e arc est bien différent et très rapide. Les sujets traités sont alors plus sérieux, plus adultes, et comme je dois être une ado attardée, ces thèmes m’ont moins rejointe. Mais c’est super personnel à moi.

Bien entendu, certains aspects m’ont moins plu. Le personnage de la soignante m’est un peu sorti par les yeux (ok, beaucoup… ses réactions de panique lui ont pour moi enlevé beaucoup de crédibilité) et comme dans tous les shojos, le personnage féminin a tendance, surtout au début, à s’oublier pour le mec. Mais je me suis attachée à eux et je vais assurément continer la série quand les prochains tomes vont sortir. En espérant que je n’oublie pas.

C’était ma BD de la semaine

Tous les billets chez Moka.

Beach Read – Emily Henry

Le comment du pourquoi

Ce roman avait des avis over the top partout sur les réseaux anglophones, autant les blogs, youtube que goodreads. Après le mois de la fantasy, mon nouveau challenge pour l’été, c’est celui de la booktubeuse québécoise « encore une page », sur le thème de l’été. Du coup, ce roman fittait parfaitement dans le thème et je me disais que ça allait changer agréablement de mes dernières lectures. Pour changer, ça a changé, sauf que bon… je m’explique un peu plus tard dans le billet. Je m’énerve moi-même avec mes trois sections, en ce jour!

De quoi ça parle

January ne va pas bien. Son papa, son héros romantique, vient de mourir, et elle vient de découvrir qu’il avait une vie cachée et qu’il trompait sa mère. Sauf qu’elle est autrice de romance et que, du coup, elle ne croit plus en l’amour et ne réussit plus à écrire. Son père lui a laissé une maison sur la plage dans sa ville natale et elle va passer l’été à tenter d’écrire le roman qu’elle a promis à son agente pour septembre. Sauf que dans la maison d’à côté, il y a Gus. Gus, celui qu’elle a connu à l’université, son rival dans les classes d’écriture, celui qui la confrontait toujours et qui, lui, écrivait des romans et des essais très « sérieux ».

Sauf que lui aussi a du mal à écrire et ils vont faire un pari risqué. Elle essaiera un roman plus sérieux et il mettra de l’amour dans son roman. Et pour ça, ils se donneront mutuellement de la formation les week ends.

Intéressant comme prémisse pour une romance, non?

Mon avis

Ça avait bien commencé. J’aimais bien la plume, les dialogues entre les personnages, et leurs backgrounds. De plus, l’idée d’une romance avec l’écriture en trame de fond me plaisait plus que bien. Pourtant, plus ça allait, plus j’avais hâte de voir la fin, ce qui est toujours mauvais signe. Et j’étais bien contente quand cette fin – tant attendue – est enfin arrivée. Un gros bof, alors.

Et ce qui est le plus dommage dans tout ça, c’est qu’il y a du bon dans le roman. Plein de bon. J’ai juste trouvé qu’on passait beaucoup trop de temps sur la romance. Je pense que je suis devenue presque complètement imperméable aux histoires d’amour et aux déclarations enflammées. Au mieux, ça m’ennuie. Au mieux. Peut-être qu’un jour ça va revenir. Let’s hope. Du coup, dès qu’on revenait à cet aspect du roman, je n’avais qu’une hâte : qu’on revienne aux autres thèmes.

J’aurais tellement aimé qu’on parle davantage d’écriture, de création littéraire, de confrontation entre les styles. De VRAIE confrontation et de vraie évolution des façons de penser. Davantage d’amitié féminine, parce que sérieusement, cette relation est topissime, même si les deux filles sont à distance. Le deuil du père et de la relation parfaite des parents sont par contre très bien traités car c’est un peu un passage obligé, cette réalisation que les parents sont des êtres humains, avec des failles, qui font des erreurs.

Donc, beaucoup de points positifs, mais un déroulement qui m’a semblé long et un focus qui aurait pu être ailleurs que sur la romance. J’aurais aimé que la romance soit « juste le petit plus » et pas le sujet sur lequel on passe le plus de temps. Toutefois, je crois que ce roman va toucher son public et qu’il va franchement plaire beaucoup de personnes.

Juste… pas moi!

Grey Sister (Soeur Grise) – Book of the Ancestor #2 – Mark Lawrence

Le comment du pourquoi

Parce que j’ai commencé TELLEMENT de trucs pendant ce mois de la fantasy que je me suis dit que si je découvrais un monde de plus, mon cerveau allait exploser. Du coup, j’ai choisi de finir mon mois de la fantasy… en finissant cette série. Pour une fois que j’en choisis une qui est finie!

De quoi ça parle

Je vous ai parlé il y a quelques semaines du premier tome, Red Sister, qui m’avait énormément plu. On y rencontrait Nona, qui avait alors 9 ans, et qui entrait au couvent de Sweet Mercy, parainnée par l’abesse Glass, qui l’a sauvée de la potence pour une raison que Nona ne comprenait pas du tout. Dans le premier volume, nous la suivions dans les dernières années de son enfance, alors qu’elle apprend à se battre et à se maîtriser… et nous la retrouvons dans ce tome 2 au début de l’adolescence, alors que leur monde semble vivre ses dernières années et que les forces politiques placent leur pions en arrière-plan.

Mon avis

Je pense que ce type de roman, avec des jeunes qui sont dans un pensionnat, qui grandissent ensemble et qui doivent faire face à un monde extérieur menaçant. Je vais avoir du mal à parler de ce tome sans trop en dire sur le début de l’histoire, mais ce 2e opus est tout à fait dans la lignée du premier, rempli d’action, de combats et de menaces. Les relations se développent, se transforment, on rencontre de nouveaux personnages, et ça m’a vraiment tenue en haleine. Ça se lit beaucoup plus vite que le premier tome, bizarrement, c’est un peu moins dense, mais l’histoire avance et on sent que nous dirigeons petit à petit vers le fameux prologue du premier tome…

Certes, certains schèmes m’ont un peu rappelé ceux du premier tome, mais c’est vraiment une série qui tient ses promesses et qui mérite d’être découverte. Vraiment! J’ai du mal à comprendre pourquoi elle n’a pas été plus populaire!

ATTENTION, JE VAIS PEUT-ÊTRE EN RÉVÉLER UN PEU TROP SUR LE TOME 1. JE VOUS CONSEILLE VRAIMENT D’ALLER LE LIRE PARCE QUE C’EST TOP!

Ce second tome s’ouvre sur Nona qui passe en Mystic Class, avant ses amies de la Grey Class. Elle va tout suite énerver Joeli, une jeune fille provenant de la classe noble de ce monde, pour qui Nona est une bouseuse qui ne devrait même pas être à Sweet Mercy. Et comme la miss Nona n’a pas la langue (ou les poings) dans sa poche, ça ne va pas se dérouler de la meilleure façon qui soit.

De plus, Nona vit très difficilement les événements de la fin du premier tome, elle se sent coupable, doit faire son deuil… et semble maintenant ne plus être seule dans sa tête. Il y a une réelle exploration de la culpabilité, de la douleur, de la loyauté, de la vengeance et de la trahison, les personnages sont adolescentes et comme toutes bonnes ados, elles veulent transgresser les règles et avoir quelque chose qui leur appartient. Ici, l’exploration des cavernes, pour mieux comprendre ce qui est arrivé à Hessa… et, avouons-le, pour se rebeller un peu. Elles vont par contre déclencher une terrible série d’événements.

Le seul reproche que je fais à ce tome 2, qui ne souffre aucunement d’un manque d’action, est la reprise de certains schémas du premier tome, avec l’inquisition vendue, instrumentalisée et revancharde, ainsi que la relation avec Joeli Namsis, un personnage dont nous n’avions jamais entendu parler avant et dont la famille est alliée aux Tacsis, qui ne sont jamais bien loin. J’ai du mal avec ces méchants-méchants, sans zone de gris, comme l’inquisiteur ou cette ado… mais peut-être peuvent-ils encore nous surprendre dans le tome 3! Ceci dit, pour tous les autres personnages, ce n’est pas le cas. Certains sont vraiment de bonnes personnes, mais chacun a ses zones d’ombre, et rien ne vient gratuitement. J’aime l’évolution du personnage de Zole, de Darla, d’Ara et des certaines des vraies « Soeurs » du couvent. Et ça, ça me plait!

Bref, j’ai adoré l’action, la direction que prend l’histoire, les jeux de pouvoir et je ne peux que m’inquiéter pour le destin de ce monde gelé, sauf pour un mince corridor. Bref, je vais me plonger dès maintenant dans le tome 3!

Très belle découverte que cette série.

Arale – Roulot / Rodier

Le comment du pourquoi

Il était dans ma pile… et il me reste peu de BDs dans ma pile. « Peu » pour moi, on s’entend! Peu qui ne soit pas un tome 5-6-7, genre. Lucky me, la bibliothèque sera bientôt plus accessible. Un jour.

De quoi ça parle

Nous sommes en 1934, à Novkagrad, en Arale. Le roman s’ouvre sur une tentative d’assassinat sur le Tsar Immortel. Entre en scène Kyril Noskov, héros populaire, qui va se heurter aux mages noirs, à Raspoutine, à Baba Yaga ainsi qu’à l’esprit labyrinthique du tsar.

Mon avis

La Russie, les légendes, le tsar… que fallait-il de plus pour m’attirer, direz-vous? Un côté uchronique? Yep, ya ça aussi. En fait, je résumerais mon impression ainsi : une excellente idée, des dessins qui me plaisent, mais un scénario qui s’en va un peu partout et peut-être un peu trop court pour son ambition. Du coup, je reste un peu entre deux chaises. Me semble qu’avec un tel thème, un dyptique aurait pu permettre de mieux explorer les différents fils narratifs.

Nous avons ici une nation dirigée en secret, une population manipulée, et des gens prêts à tout pour sauver leur pouvoir et leur idéal, aussi dépassé soit-il. Nous avons Raspoutine dans le rôle du grand méchant, des gens endoctrinés et une jeunesse qui court avec joie vers cette guerre glorieuse. Bien entendu, il y a de la magie et des sortilèges derrière tout ça et certains personnages vont devoir entrer dans l’esprit torturé du tsar. un univers en soi.

Ça a l’air bien, non? Certes… mais ça va un peu trop vite. Le suspense n’a pas le temps de se construire. Du coup, je suis restée en dehors, malgré mon plaisir à retrouver Baba Yaga (que l’illustrateur a d’ailleurs dessiné pour moi à la dédicace), comme à chaque fois qu’elle est dans quelque histoire que ça va. Ceci dit, le dessin, un peu old school, me plait beaucoup, autant les parties oniriques que les parties dans le vrai monde. C’est plein de détails, imaginatif, précis et très sombre. J’ai donc bien aimé cet aspect.

J’espérais qu’il y ait une suite vu la fin, mais il semblerait que ce soit un one shot…

Je sens que je ne vais pas vous tenter, hein! Pourtant, le trait est bien, croyez-moi. J’aurais juste aimé un peu plus de chair autour de l’os.

Cétait ma BD de la semaine

Toutes les BDs chez Stephie

L’arrache-Mots – Judith Bouillac

Le comment du pourquoi

Pour la couverture. Elle est jolie, non, cette couverture? Et j’avais lu de super bons avis, qui disaient que ça rappelait la Passe-Miroir. Je l’ai donc pris sans trop savoir à quoi m’attendre.

De quoi ça parle

Iliade Livrani est une arrache-mot extrêmement talentueuse. En effet, quand elle lit, elle réussit à faire voler les mots hors des livres et à les modeler à sa sauce. La rumeur de son talent voyage jusqu’au palais royal et elle reçoit une offre très alléchante : devenir conteuse pour la reine associée à une offre de mariage, mariage à un mystérieux Lord Tarlyn de la famille royale. Curieuse, elle va choisir d’y aller, ne serait-ce que pour savoir à qui on veut la marier.

Mon avis

Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman. En fait, je l’ai lu et je ne sais pas à qui ce roman s’adresse. Les personnages sont adultes, on est dans un conte de fées revisité, mais dans une époque indéterminée. C’est rempli d’une magie d’un type « merveilleux », mais on voit aussi des intrigues de cour (avec aussi des personnages adultes), sauf que l’intrigue va à la vitesse d’un roman middle grade et que la complexité et le côté explicite des relations / événements semblent aussi dirigés vers ce groupe d’âge. Puis, juste quand je me disais que c’était définitivement jeunesse (genre, début d’adolescence), quans soudain, la fille ouvre une porte… et voit son promis… nu. Heu… ça sort d’où? Vous savez, le goût de scène où on a le goût de dire « mais, mais… POURQUOI! ». C’est une ligne et demie, là… mais bon. J’ai ouvert de grands yeux!

Bref, je savais pas avec quelle « grille de lecture » aborder ce roman et pour moi, ça a influencé ma lecture. Certes, le début a des ressemblances avec la Passe-Miroir (mariage arrangé, deux jeunes filles maladroites à lunettes, héros qu’elle trouve laid et distant), mais nous sommes loin de la complexité de l’univers de Christelle Dabos. Il y a certes de la magie, assez choupinette d’ailleurs, mais j’ai dû attendre à la toute dernière minute pour voir comment celle-ci servait l’histoire. Elle semblait « là », mais juste pour faire joli.

Nous allons donc suivre Iliade, qui a quand même un caractère bien trempé et qui, avec sa soeur qui veut devenir la première femme juriste, écrit pour un journal anti-monarchiste. Elle va arriver à la cour avec sa grand-mère cracheuse de feu, va donner vie à des histoires pour l’amusement des courtisans et courtisanes, essayer d’apprivoiser les codes et de survivre aux langues de vipères (et aux corsets) et tenter de découvrir qui est son mystérieux prétendant.

Il y a quelques intrigues de cour, assez légères et réglées très rapidement et une histoire d’amour qui se développe sans que l’on comprenne trop pourquoi, et à laquelle je n’ai pas vraiment cru. Il m’a manqué de développements, de temps pour assimiler les événements ainsi que de « backstory ». Si c’est destiné à public jeunesse, certains points auraient mérité d’être éclaircis (notamment la réaction d’Iliade quand elle rencontre son fiancé pour la première fois), et s’il y a des éléments féministes dans l’histoire (notamment avec la grande soeur de l’héroïne), j’aurais préféré qu’ils soient davantage appuyés. Pour des jeunes. 9-12 ans. En effet, c’est vraiment simple pour du YA. Et je garde de grosses réserves par rapport à la fin, juste… trop.

Bon, je vais cesser de critiquer car il y a de bons côtés. Ça parle de littérature, du pouvoir des mots, des milliers de vies de papier qui vivent entre les pages. J’ai aussi beaucoup aimé retrouver les – nombreuses – références aux classiques français… et j’ai ressorti Beaudelaire et mes recueils de poésie.

Ceci dit, le roman a généralement des avis très positifs et je me sens vraiment vilain petit canard. Ne vous fiez donc pas uniquement sur moi, étant donné le coup de coeur qu’il a suscité chez plusieurs. Les avis plus positifs de Mylène et Karline.

Le Mont des Sorcières – Le club de l’Ours Polaire – 2 – Alex Bell

Le comment du pourquoi

Pendant ce mois de la fantasy, étrangement, je me suis TENUE à lire de la fantasy. Sauf qu’après plusieurs pavés de fantasy adulte, souvent des premiers tomes, je me suis dit qu’il fallait que je change de registre sinon j’allais finir complètement mélangée entre les univers, les magies et les personnages. Du coup, j’ai pris ce roman qui était dans ma pile depuis un petit moment… et quel bon choix.

De quoi ça parle

Je vous ai déjà parlé un peu du contexte de la série dans mon avis sur le premier tome l’an dernier. J’avais eu une excellente surprise avec le début de cette série, qui nous raconte l’histoire de Stella, une jeune fille de 12 ans qui habite avec Félix, son père adoptif et qui veut à tout prix être exploratrice. Sauf que les clubs n’acceptent pas les filles. Dans le premier tome, elle va vivre une aventure dans les glaces et dans le deuxième tome, notre jeune héroïne va devoir se rendre au Mont des Sorcières pour sauver Félix, qui y a été conduit par un horrible vautour. Avec ses inséparables amis, elle va partir à l’aventure, armée des moyens du bord et de son incomparable témérité.

Mon avis

Cette série jeunesse est top. Vraiment top. Elle contient tout ce que j’aime dans ce genre de lecture, c’est à dire celle qui s’adresse à la fin du primaire, début du secondaire. Je dirais 9-12 ans. Il y a une héroïne forte mais pleine de doutes, des amis tous très différents et souvent particuliers : Dragigus prend tout au pied de la lettre et n’aime pas être touché, Shay est chuchoteur de loups et Ethan, le magicien, est toujours de mauvaise humeur. Il y a un monde extraordinaire, plein d’imagination, qui sert vraiment l’histoire. Et finalement, il y a un message derrière, très bien amené, pas poussé dans la gorge, mais facile à saisir pour les jeunes.

Et par-dessus tout? C’est drôle! Vraiment drôle, pour les adultes comme pour les enfants. Entre les cactus sauteurs, le chameau bougon (et cracheur) et les Fées de la jungle gloutonnes, on a de quoi faire. J’ai ri toute seule sur mon balcon et j’ai dévoré ces aventures. C’est rythmé, les péripéties s’enchaînent à un rythme affolant, nos jeunes héros sont vraiment dans de beaux draps et font des rencontres… bonnes et moins bonnes. J’ai encore plus aimé que le premier tome.

Ici, en arrière-plan, on parle de nos différences, de nos craintes et de nos faiblesses, du fait de les accepter, de les admettres, et de chérir ce qui fait que chacun est unique et particulier. On discute aussi un peu de libre-arbitre, de l’importance de nos choix et de destins qui peuvent être modifiés. Et c’est chouette. Notre héroïne se questionne par rapport à ce qu’elle est et ce qu’elle croit qu’elle va devenir, elle a peur d’elle-même et j’ai beaucoup aimé comment la discussion est amenée.

Bref une série coup de coeur. J’espère que ma nièce va finir par aimer lire parce que je sens que ça pourrait lui plaire. Et mes nonos-de-neveux ne veulent pas lire de romans dont l’héroïne est une fille. Ils ne savent pas ce qu’ils manquent!!

À découvrir!