Créatures du hasard – Lula Carballo

Le pourquoi du comment

Ce roman, c’est ma mère qui me l’a mis entre les mains. Elle en avait entendu parler à la télé, l’avait lu, et aimé. Du coup, elle voulait mon avis. Et vous savez quoi? D’habitude, on n’est jamais d’accord, elle et moi mais pour ce livre ça a fonctionné. Pour les deux. Et ça mérite d’être souligné.

De quoi ça parle

Ce récit nous emmène en Urugay, dans les années 80, dans une rue populaire. Dans cette rue habitent des femmes, souvent seules ou accompagnées d’hommes transparents ou accessoires. La narratrice est une fillette espiègle, qui a grandi avec sa mère, sa grand-mère, son arrière grand-mère et sa grand-tante complètement folle. Elle défie les règles, joue dans les ordures et n’a aucun problème avec les aventures et la crasse. Ce texte a été, selon ce que dit l’auteure, écrit pour rendre hommage à sa grand-mère, Régina, feu follet parti trop jeune et ça fonctionne ma foi fort bien.

Mon avis

J’ai déjà vendu le punch au début du texte : j’ai beaucoup aimé. Je suis au départ très friande de ces récits morcelés, de ces fragments d’enfance qui nous sont présentés, chacun recelant une sensation, un goût, une odeur. Vous savez, ces mini-madeleines de Proust, ces images fugitives qui révèlent finalement beaucoup plus qu’il ne paraît au premier regard? Pour moi, ça a été ça. Le texte a réussi à rendre très vivantes cette galerie de femmes moins que parfaites, ce milieu à des lustres que ce que je connais.

Le récit est porté par la langue québécoise, assez distanciée, qui se fait témoin des faits et qui m’a permis à moi, lectrice, de ressentir. Je retiendrai des images fortes, des femmes laissées à elles-mêmes, qui font ce qu’elles peuvent et qui, parfois, manquent sérieusement leur coup.

Plusieurs petits riens qui font un tout, un récit sombre et lumineux à la fois agrémenté d’images qui rendent le tout encore plus tangible. J’ai aimé.

Mon Paris – Jour 7 – Tchekhov et glamour

Depuis que je suis à Paris, je semble avoir changé mon horaire de vie. Moi qui suis si matinale d’habitude, je suis très difficile à bouger sans impératif (oups, attendez, on me dit que je serais fatiguée… première nouvelle). Nous sommes donc finalement sorties vers midi, après une séance intense de placotage, pour aller manger avec Isil et Julien, à la Piscine, pour faire changement. C’est que c’est bon, et on peut jaser aussi longtemps qu’on veut. Comme il faisait 33 degrés, j’y suis allée pour la salade. Et l’eau. Je n’aurai jamais bu autant d’eau. Les copines n’en reviennent comme pas!

Après une balade dans le 18e où on a tenté de me corrompre et de me faire acheter des théières (ouf, la boutique était fermée) et où on a couru l’ombre, je me suis finalement décidée à aller voir Notre-Dame, de loin. Ceux qui me suivent savent que c’est toujours la première et la dernière chose que je fais, à Paris, aller dire bonjour à Notre-Dame… et là, bon… C’est d’une tristesse.

En après-midi, c’était théâtre, sous la recommandation de Théatrelle, ancienne blogueuse livres qui a depuis plusieurs années un blog théâtre, nous sommes allées voir deux courtes pièces de Tchékhov au Poche Montparnasse. Oui, par 33 degrés, c’était chaud (dans tous les sens du terme), mais comme j’aime beaucoup les théâtres dans les petites salles, c’était un inconvénient mineur. Étonnamment, c’était drôle. Oui, malgré un fond de tristesse, Tchékhov peut être drôle, souvent sarcastique et capable de se moquer de certaines réalités. J’ai beaucoup aimé le jeu des acteurs (juste un peu fort pour un si petit théâtre) et j’ai aimé découvrir un autre côté de cet auteur.

Bon, je vais peut-être éviter de dire que j’avais mal lu l’heure sur le billet et qu’on est arrivées avec un temps fou d’avance… et je rappelle qu’il faisait 33 degrés. Delphine ne me remercie pas!

Comme on était dans le coin, j’ai fait faire la touriste à Delphine et on est allées prendre un verre en haut de la tour Montparnasse, avec une vue magnifique… et la clim! On a d’ailleurs décidé d’y revenir pour manger et admirer le coucher de soleil. Un jour!

C’est dur, notre vie, n’est-ce pas!

Mon Paris – jour 6 – Comédie Française et resto indien

Je sens que le billet du jour ne sera pas long. Je vous avais parlé de fatigue accumulée hein? Stress et tout? Ben voilà. Ce matin, j’ai dormi jusqu’à 10h. Du coup, l’idée de même penser quoi à faire un truc avant de sortir pour le théâtre a été éliminée. Bref, on a traînassé en piapiatant (comme dirait Delphine). Ya pire pour un samedi matin, je sais!

En pm, c’était donc Comédie Française. Je n’y étais jamais allée et je ne savais même pas quelle pièce j’allais voir avant d’arriver au théâtre. Imagine! Finalement, c’était l’hôtel du libre échange, de Feydeau, que je ne connaissais pas du tout et qui m’a fait beaucoup rire, avec ses quiproquos et ses jeux de scène complètement loufoques. Du vrai comique de situation qui marche, avec des acteurs qui en font des tonnes… mais qui nous font tout passer. Les moyens sont impressionnants, la salle aussi… bref, ça m’a vraiment plu et les presque 2h40 ont passé toutes seules.

Comme je voulais me balader (il faisait beau. Quand il fait beau, il FAUT que je sois dehors… effet secondaire d’habiter au Saguenay), on s’est rendues à Hôtel de ville, par un trottoir bondé (oui, je sais ,j’étais avertie… mais j’ai la tête dure). Delphine a un peu bougonné (mais pas trop) et on a filé hors du périphérique (ouuuuhhhh je vois la peur dans certains de vos yeux) pour voir sa soeur et ses nièces, dont elle me parle tellement que j’ai l’impression de les connaître.

Les chouquinettes sont super choupinettes justement. Elles ont des réflexions sorties de nulle part (j’adore) et sont drôlatiques! Ces fillettes étaient limite des légendes alors c’était bien de les rencontrer! En plus, elles ont adoré mes boucles d’oreilles en forme de canards. Elles n’onet que des qualités!

Et ça, c’est pour compenser la quantité de photos phalliques sur ce blog depuis quelques jours!

Petit stop au resto indien (Delphine était jalouse) où on a mangé le 1/4 de nos assiettes… et retour avec balade dans le quartier. Delphine propose d’aller nager demain. Même si j,ai bien le goût de voir « la piscine d’Amélie », je songe fortement à être très, très fatiguée!

My Sister, the Serial Killer – Oyinkan Braithwaite

Le pourquoi du comment

Parce qu’il est dans la Longlist du Women’s Prize for fiction. Et que le titre m’a intriguée.

C’est quoi, cette histoire

Korede est infirmière dans un hôpital. C’est une bonne employée, elle est compétente, et amoureuse de Tade, le médecin avec qui elle travaille. Quand elle reçoit un appel de sa petite soeur, Ayoola, qui fascine tout le monde, elle se doute que c’est un bien mauvais présage… et qu’elle risque à finir la soirée à effacer les traces d’un meurtre.

Mon avis

J’avais envie d’un roman différent. J’avais entendu dire que celui-ci était un petit bijou d’humour noir et qu’en plus, on nous transportant dans le Lagos actuel. Et c’est en effet un court roman très particulier, à la fois frustrant et drôle, qui nous parle d’une famille ma foi fort dysfonctionnelle, aux membres tous assez cinglés à leur façon. On n’est pas dans le registre hilarant, loin de là. C’est plutôt grinçant, toujours à la limite de la morale (ok, ça la dépasse. Souvent).

La narratrice est donc Korede, l’aînée des deux soeurs. Elle est celle qui protège, celle qui est raisonnable. Et celle qui aide sa petite soeur à s’en sortir avec ses meurtres. Ayoola fascine tout le monde et enroule toute l’humanité autour de son petit doigt (qu’elle a joli d’ailleurs). Quand cette dernière séduit Tade, le collègue dont est elle secrètement amoureuse, elle se demande alors ce qu’elle va bien pouvoir faire pour lui éviter de finir sous le couteau de sa charmante petite soeur.

L’écriture n’est certes pas ce qui m’a plu dans ce roman. C’est un peu simple, ça fait souvent brouillon, et il m’a manqué de « fond » pour pleinement adhérer au style. J’ai bien aimé les dialogues qui dépaysent, mais j’aurais préféré un peu plus de profondeur dans l’arrière-plan. J’aime bien quand c’est suggéré, quand on en dit pas trop, mais il y a beaucoup de thèmes exploités dans ce roman, qui auraient mérité d’être davantage fouillés et exploités.

Toutefois, c’est tout sauf politically correct et ça change. L’auteure fait confiance au lecteur pour se faire son idée et si le personnage de Korede fait souvent rager avec son inertie, c’est tellement exagéré que ça en devient un peu jubilatoire. Le fond est assez horrible mais c’est présenté sur un ton décalé, avec beaucoup d’humour. De plus, les problématiques présentes en filigrane et la relation entre les soeurs sont ma foi très bien traitées.

Une auteure à suivre, en tout cas!

Jour 5 – Mon Paris – Buttes et champagne

Aujourd’hui, c’est une journée parfaite pour se balader dans Paris. Un beau soleil par moments, un peu de vent, bref, on ne crève pas de chaud et on peut paaaarfaitement marcher 20 km. Il fallait en profiter, non?

J’hésitais entre 20000 trucs à faire et finalement, j’ai opté pour une balade parisienne avec Marie-Josée et Anne-Sophie qui passaient leur dernier jour à Paris. On s’est retrouvées au Buttes Chaumont (que, bizarrement, je n’avais jamais visitées). Trois changements (et deux demi-tours) plus tard (parce qu’on oublie d’arrêter de lire à son arrêt), on fait la balade, qui se révèle fort agréable. Bon, ok, la chute est un souvenir du passé et on aurait bien voulu jouer les escaladeuses et visiter les grottes… mais c’était vraiment cool comme endroit. Il y a une super jolie vue sur le Sacré-Coeur et on a fini par réussir à prendre le pont en photo avec preeesque personne dessus. J’ai bien cherché Vernon Subutex… sans succès par contre!

Comme c’était la dernière journée des filles, on avait une jolie checklist des boutiques à faire. Comme nous sommes toutes bonnes marcheuses, on a pas mal trottiné et j’en ai profité pour passer par certains jolis monuments. D’abord, un café-brocante (que nous n’avons jamais trouvé) dans le 5e arrondissement, mais nous en avons profité pour descendre jusqu’au Pathéon (oui, on a chanté la place des grands hommes pendant une bonne demi-heure. Parce que Patrick, quand même) et visiter l’église St-Étienne-du-Mont. L’intérieur est très particulier, avec ses vitraux colorés et son jubé sculpté de façon très détaillée. Je n’ai pas trouvé la tombe de Racine, par contre!

On a fini par prendre une mini-pause en allant visiter la bibliothèque Ste-Geneviève, avec sa magnifique salle de lecture. Bâtie en 1854, l’architecture intérieure avec ses colonnes en fonte était alors très novatrice. Et sérieux, vous ne trouvez pas que la réserve ressemble à la section interdite de Poudlard?

Comme le Luxembourg était juste à côté, nous y avons fait une saucette (et là, changement de chanson… merci Joe Dassin) avant de continuer la balade dans St-Germain des Prés pour finir à St-Michel… chez Gibert. Oui, je sais. Mais la blogueuse est faible devant Gibert. J’ai pris plein d’idées de lectures, mais je n’ai RIEN acheté. Non, mais y croyez-vous? Serais-je devenue sage? Le choix est toujours aussi dé-bi-le… même si la section québécoise fait un peu pitié!

Autre magasin à cocher, la Grande épicerie de Paris, où je n’étais jamais allée. C’est hors de prix (surtout le miel… 16 euros pour un mini pot de miel de Paris… et 80 pour un petit pot de miel de la Nouvelle Zélande… ouf) mais tout est impressionnant. Même le rayon « eau ». Malheureusement, ça manque de carambars!!

Retour Rive droite, à pattes, en passant par le Louvres pour aller dans une boutique de laine repérée par Marie-Josée… qui était finalement assez décevante, selon elle. Bon, moi, je n’en sais rien hein… la laine et moi… Ceci dit, nous avons par la suite débarqué chez Frog and Underground, où on a trouvé les toilettes les plus propres de Paris, de la bière de micro et de la salsa maison sur les nachos. On recommande. En plus, le serveur était hyper sympathique et nous avons bien ri!

Une dernière petite pause champagne pour que je puisse voir les magnifiques livres anciens de Marie-Josée (ma-gni-fi-ques c’est pas peu dire) et direction Théâtre Tristan-Bernard pour aller voir Voyage au bout de la nuit, adapté de Céline. On avait peur du plombant, avec le côté monologue et tout, mais sérieusement, c’était hyper réussi. L’acteur avait une super présence, la mise en scène était minimaliste et si tout n’était pas présent dans l’adaptation, l’esprit du roman et son pessimisme était fort bien rendu. Delphine et moi avons été agréablement surprise.

Vous pouvez vous imaginer qu’après ça, on est rentrées direct… et que je me suis ef-fon-drée! Dur la vie de vacancière!

Jour 4 – Déménagement et théâtre amateur

Quand on est à Paris pour longtemps et qu’on a plein de copines, des fois, ça veut dire qu’on reçoit un appel à l’aide… pour monter un meuble. Oui, vie de glamour, n’est-ce pas! Ceci dit, comme je suis très fatiguée, l’idée de ne pas être bardée d’activités et de prendre ça plutôt relax me plait bien. On dirait que la fatigue me tombe un peu dessus, bizarrement.

C’était donc une journée super glamour. Surtout que quand je suis arrivée au nouvel appart de M’dame Morelli, on a réalisé que peut-être qu’on attendait le livreur d’Ikea en vain. Parce qu’imaginez-vous que le meuble, en fait… ils ne savaient pas où il était. Entendre le gars du service à la clientèle dire « ben en fait, avant de vous le livrer, il va falloir le localiser… »… Tout. Va. Bien. Bref, il y a un lit ikéa perdu dans la nature. Si vous le voyez se balader sur ses petites pattes (pas montées), prière de le signaler dans les commentaires!

On a donc décidé d’aller manger indien. Yep. Il fallait surmonter la déception de ne pas avoir eu le plaisir de se battre avec des clés allen Ikéa. Et pour joindre l’utile à l’agréable, on a marché jusqu’au centre de Paris pour aller – attention, excès de glamouritude à venir – chez Leroy Merlin!

J’aurais dû mettre ma main à côté… parce que dedans, ça ne rentre pas.

Ce magasin est épouvantable. C’est un labyrinthe, en fait. Mais j’ai quand même pu découvrir qu’ils faisaient des lavabos pour maison de poupées (ou appartements parisiens… ce sont les mêmes. Rentables) et qu’on a beau être écrivain, notre vocabulaire est parfois original…

A.M : Avez-vous du grillage à chat?
Vendeuse: Pardon?
A.M : Du grillage à chat.
Vendeuse: des cages à chats?
A.M : Non, vous savez, du grillage, transparent, pour ne pas que les chats se sauvent.
Vendeuse: (air ahuri)
A.M : Pour les fenêtres…
Vendeuse: Aaaaaaaaah… de la moustiquaire!

Chacun ses référents, comme on dit!

Après s’être effondrées un peu dans son (futur-ex) salon, c’était direction théâtre où je devais rejoindre Delphine. Et c’est en trottinant (un jour, je saurai bien calculer mon temps. Genre ajouter 30% de temps de brettages pour photos ou copines rencontrées sur le chemin) que je suis arrivées au théâtre St-Georges où on allait voir Les Faux British, qui m’a beaucoup fait rire. Non mais… c’était tellement n’importe quoi que c’était hilarant. La mise en scène? Une troupe de théâtre – très – amateur montent une pièce de – peut-être – Arthur Conan Doyle. Les gens pleuraient de rire dans la salle. Les gens dans notre loge, moins.. voyez-vous, ils allaient se plaindre, eux, on n’allait pas leur faire ça, on allait les entendre. Non mais pas de place pour les jambes… et OÙ allaient-ils pouvoir mettre leur sac? Une honte, je vous dis!

Des fois, c’est deux shows pour le prix d’un!

À demain!

Khalil – Yasmina Khadra

Le pourquoi du comment

Une copine m’a prêté ce livre audio en me disant que ça risquait de me plaire. Je n’avais pas lu Khadra depuis longtemps, j’avais été plus ou moins convaincue par Les hirondelles de Kaboul, mais j’avais bien le goût de réessayer. Depuis, mon intérêt pour les problématiques qu’il soulève s’est affirmé… et je me dis que ça pourrait être une bonne idée de tenter à nouveau le coup. Et j’ai bien fait.

De quoi ça parle

Nous sommes le 13 novembre 2015. Khalil, jeune belge d’origine marocaine, est à Paris avec son meilleur ami Driss (orthographe approximative… je le rappelle, j,ai écouté le livre). Son but, se faire exploser au Stade de France pour la gloire d’Allah. Bien entendu, ça ne va pas se passer comme prévu et tout au long du roman, nous entrerons dans la tête de ce jeune homme…et ça secoue.

Mon avis

D’emblée, j’ai toujours pensé que le Kh en arabe ressemblait à la jota espagnole. Du coup, j’ai été très perturbée d’entendre prononcer Khalil avec un /k/ pendant tout le livre audio. Je sais, je chipote parce que j’ai beaucoup aimé ce lecteur de façon générale. De même que j’ai aimé ce roman.

Pourtant, il s’est dit beaucoup de choses sur les attentats du 13 novembre. Je n’avais jamais osé lire quoi que ce soit à ce sujet, car ces attentats m’ont confrontée à moi-même… et je n’ai pas toujours apprécié ce que j’ai trouvé ce faisant. C’est un peu ce que j’expliquais dans mon billet sur Le lambeau. Ici, c’est une une tout autre vision qui nous est proposée: celle du terroriste. Khalil a une famille, une soeur jumelle, des amis, mais il ne sait pas où il va, ni pourquoi il existe. Puis, un jour,il va trouer sa voie par le biais de Lyes, un ancien copain qui occupe un poste élevé dans la confrérie. Il va refuser de vivre une vie sans but : il va mourir pour Allah.

Ce roman dérange. Impossible de le lire sans être horrifié. Comment comprendre l’incompréhensible? Comment envisager l’inenvisageable? Qui pourrait décider, de son plein gré, pour être pardonné de tout et avoir droit au statut de martyre, de tuer des innocents? Pourquoi? Et comment en arrive-t-on là?

C’est ce que ce roman explore, sans excuser ni trop juger. On découvre petit à petit qui est Khalil l’homme derrière le terroriste, on vit avec lui ses angoisses, ses frustrations face au racisme quotidien, ses croyances qu’il croit plus fortes que tout. Et c’est confrontant. Les réactions autour de lui sont variées, peu importe la confession des interlocuteurs, et la colère de Khalil, la puissance des ses convictions qui sont pour nous impossible même à envisager fait peur et remue le lecteur. Ses doutes et sa paranoïa aussi.

Ne serait-ce que pour ça, c’est un roman qui mérite d’être lu. La plume est simple et facilement abordable, en plus. Parfait pour tenter le coup. Même si c’est loin d’être rassurant.

Jour 3 – Paris et moi – Montmartre et Amélie

Oui j’ai l’air d’avoir 70 ans… mais je suis fa-ti-guée, bon!

Ce matin, j’avais prévu de me lever tôt pour aller à Orsay. J’étais full dedans en me couchant, je me suis levée pas tard… et finalement, je suis sortie de l’appart à midi. En fait, j’ai réalisé que j’étais en vacances et que je n’étais pas obligée de faire un truc tout le temps, à toutes les minutes. Ouais, ça m’a pris 43 ans à réaliser ça. Call me slow learner.

Bref, à part écrire des billets et placoter sur Whats app (avec des copines qui sont maintenant juste à côté), je n’ai rien foutu. Limite que j’en suis fière. M’accorder le droit de ne rien faire (sans me sentir coupable), ce n’est pas tous les jours! Bon, tout ça c’est chouette comme leçon de vie, mais c’est plutôt plate à mort question blog… on va donc passer aux choses sérieuses…et intéressantes!

J’avais donc rendez-vous en début d’après-midi avec Marie-Josée pour une balade dans Montmartre. Je suis devenue une pas pire guide touristique de Paris, depuis le temps! Je vais vous épargner la visite en détails, vu que je vous l’ai déjà faite à quelques reprises sur le blog (je suis et resterai une éternelle radoteuse), mais quand même, il y a eu des highlights!

D’abord, Montmartre, c’est beau. Et ce n’était pas bondé non plus. Du coup, encore plus chouette! J’avais profité du beau temps pour attraper un sandwich juste au coin et aller lire un peu dans la parc près du mur des Je t’aime. Ya pire comme passe-temps. Un jour, je vais finir mon livre. Un jour!

Quand Marie-Josée et Anne-Sophie sont arrivées, on a cherché des boutiques cool qu’elles avaient repéré. On est entre autres entrées dans une brocante… particulière (si j’avais eu de la place, j’aurais craqué pour une théière) où se côtoyaient crânes d’oiseaux et bocaux pharmaceutiques. Puis, ce fut la dégustation dans une boutique de caramels et de nougats tenue par un couple très gentil, et leur petit bébé de 2 mois! Choupi!! On a discuté accents, expressions… on a le don pour trouver du monde à qui jaser. On a aussi pu parler avec une prof de langue russe qui parlait hyper bien le français, et qui posait de façon très instagrammable!

On a fait des églises (j’aime les églises) et j’ai beaucoup aimé le mix vieux-moderne de l’église St-Pierre de Montmartre. Les vitraux d’Ingrand dans une église commencée au 12e, c’est spécial!

Mais au départ, petite visite à St-Jean de Montmartre, cette fameuse églises de la place des Abbesses (qui me fait toujours chanter la toune de Pierre Lapointe) faite de brique et de béton armé. Bizarrement, ça me plait bien, ce petit côté Art Nouveau.

Puis hop, Sacré-Coeur, où je prends ma traditionnelle photo et où nous allons admirer les dorures (parce que oui, c’est doré. Très doré). Marie-Josée était bien déçue à l’idée de ne jamais voir l’intérieur de Notre-Dame… alors on a visité trois églises, rien de moins. Bien différente du gothique, toutefois!

Une bonne soeur, qui jase au cellulaire… dans une église! Hello, God?

Montmartre, ce sont les artistes, la bohême et l’incongru. Je ne me lasse pas de passer devant la fameuse Folie, la vigne, le Lapin Agile ou la maison rose. Bizarrement, elles ne m’ont pas crue quand j’ai raconté l’histoire de St-Denis et de sa marche en compagnie de sa tête. How bizarre!

Finalement, destination le café des deux Moulins, où on est allées faire nos fangirls d’Amélie. On a fait la totale. Des photos kitsch à la créme brûlée à 10 euros (qu’on a joliment cassée avec une PETITE cuillère). Ça vaut le coup!

Comme j’étais attendue pour l’apéro par Sandrine et Julien et Delphine, je suis arrivée… en retard. Of course! Mais j’ai marché à pieds. Il fallait faire passer la crème. Direction châtelet et les bières. On a mangé un méga burger au Trappiste. À 21h30. Je m’en ressens encore ce matin. Va falloir slaquer sur la bouffe sinon je vais revenir avec 2 sets de garde-robe! On beaucoup ri, pris beaucoup de photos (toutes ratées) où on voit parfois nos trois mentons, parfois nos amygdales et parfois juste nos seins (je vous JURE qu’on n’a pas fait exprès)… alors on vous épargne ça. Mais c’était chouette. Et voir un mec avec sa blonde en tête à tête alors que lui regardait le match sur une tablette et qu’elle jouait avec son téléphone (tout le long)… c’était.. particulier. Rions des petites choses!

Bref, c’était ma journée relaxe… et celle d’aujoud’hui, je le sens, le sera encore bien davantage! Vacances power!

Jour 2 – Paris et moi – King Tut et étrangeté

Paris et moi, c’est une grande histoire d’amour. C’est aussi un peu chez moi et du coup, je n’ai aucun scrupule à passer un avant-midi à ne rien faire en regardant les toits. De là ces billets… quant à savoir si ça va durer, we’ll see!

Bref, aujourd’hui, c’était expo. L’une des choses que nous avions prévue, avec les parents, c’était d’aller voir Toutânkhamon à La villette. Ben quoi, faut que je me prépare pour mon voyage en Égypte en octobre! Je ne connais tellement rien du pays!

Toutânkhamon, je connais un peu, quand même. Il fait partie de la culture générale, avec la découverte incroyable de son tombeau, la fameuse – et fausse – malédiction, et la mautadite chanson qui reste dans la tête! L’expo parle bien entendu du pharaon mais surtout de la découverte par Carter, au 20e. Je me suis surprise à m’imaginer dans sa peau, quand il a vu le fameux garde, ou le sarcophage… ce devait être fou! Incroyable quand même que cette découverte soit en partie due à un jeune porteur d’eau qui a trouvé une marche d’escalier! Je vous laisse un peu admirer les photos. J’en ai pris des milliers! La finesse de ces objets, c’est incroyable. 3000 ans plus tard, dans cet état!

Je suis ensuite redescendue sur les grands boulevards en longeant le canal St-Martin pour aller à une visite guidée sur le thème « Paris sous l’occupation ». Si le thème était chouette et que j’ai pu apprendre certaines choses (la préparation de la dite occupation, entre autres), c’était… étrange. Un peu décousu et… étrange est le seul mot qui me vienne en tête. Toutefois, les discussions suite aux questions étaient chouettes!

En soirée, Delphine a tenté de faire le « poisson de Nathalie »… c’était bon mais… différent. On a d’ailleurs baptisé le plat « émietté de poisson à l’ail »! On attend la recette, Nath, parce que visiblement, Delphine a du mal à apprendre à cuisiner en regardant seulement! La mousse choco-tofu était par contre excellente!

Chouette soirée, beaucoup de rires et un petit Facetime vraiment nice avec mon équipe de travail! Ma gang est vraiment cool!

Partir…

Je pars certes avec une seule valise… mais une grosse valise. PLEINE!!! Comment vous faites pour ne prendre que 2 paires de chaussures, les gens!!

Vous ne le voyez pas tant que ça sur le blog, mais j’ai été assez absente ces dernières semaines. La vie nous a un peu brassés, les plans ont été modifiés et j’avoue que j’avais assez peu le coeur à écrire ou à bloguer. À lire non plus d’ailleurs. J’avais du mal à me concentrer sur d’autres « drames » que ceux de ma famille. Bon, rassurez-vous, ça va beaucoup mieux. Mon bébé-frère d’amour, qu’on a failli perdre à la mi-avril, se rétablit bien, et si la partie « road trip avec mes parents » est annulée, j’ai fini par partir quand même. Un mois plus tard que prévu, mais je suis partie. Me voilà donc en Europe, avec des plans ma foi fort vagues… mais bon espoir que ça va bien aller. Circonstances fort différentes que lors de mon premier différé, en 2016!

Après un départ un peu difficile (ok, j’avoue, j’ai braillé ma vie, je ne voulais plus partir, je me sentais mauvaise soeur, mauvaise fille et j’avais l’impression d’abandonner tout le monde), je suis arrivée à Paris, ma résidence secondaire. Étonnamment, le voyage a bien été, grâce à une jolie rencontre dans le Bagot-Montréal (coucou Mélissa) et au fait que j’ai dormi 6h sur 6 dans l’avion pour Paris. Mais bon, je suis là, bien installée chez Delphine pour une petite semaine. Et finalement, j’en suis bien contente!

Je ne vais pas bloguer tous les jours comme la dernière fois, du moins, je n’ai pas prévu ça… mais quand même, je regrette de n’avoir pas fait mes derniers voyages alors je vais laisser des traces ici… libres à vous de lire ou pas! Je sais, ça peut être redondant! Sorry!

Donc, arrivée à Paris. Bien entendu, j’avais mal lu les textos de Delphine alors je n’avais pas noté le code d’entrée. Et je n’arrivais pas à me connecter sur son réseau de dehors! Mais bon, son voisin était avisé, il a dû voir une drôle de silhouette avec un tas d’ÉNORMES valises devant la porte… et comprendre! Petite remarque à moi-même, toujours noter de quel côté sont les apparts à Paris… Ça évite de texter de devant la porte ensuite, hein, Delphine!

En arrivant, je me suis tout de suite heurtée à « je ne suis pas capable de faire couler l’eau froide » et à  » merde, je suis pas capable d’ouvrir la bouilloire » pour ensuite passer à « mais ya pas de toilettes, dans cette salle de bains! » On oublie vite!

Puis, sortie… pour récupérer du réseau. Oui, je sais, on a les priorités qu’on peut! J’ai donc pu jaser avec Madame Morelli, qui m’a accueillie entre ses plantes, son chat… et ses boites!

Angie: Si tu veux être libre du chat, le fauteuil jaune est safe. Il n’y va jamais.

Devinez où était le fameux chat 38 secondes plus tard? Devinez!

Après un très bon souper à La Piscine (resto où on va tout le temps près de chez Delphine), on a fini par discuter jusqu’à pas d’heure (oups, elle bosse demain et j’ai expo)… et je me suis effondrée!

Et je suis déjà trop longue… du coup, autre billet pour la journée d’hier!

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