The Broken Earth Trilogy (La terre fracturée) – N.K. Jemisin

Le comment du pourquoi

J’entends parler de cette série depuis sa sortie. Genre depuis 5 ans. Et imaginez-vous qu’ils l’avaient en audio à la bibliothèque. Je me suis donc enfilé les trois tomes à la suite. En lisant la version anglaise en même temps. Bref, faut pas chercher à ma comprendre. Non mais QU’EST-CE QUE J’ATTENDAIS?!?!

De quoi ça parle

Dans ce monde, la terre tremble en permanence et les cataclysme se succèdent. En saison, c’est la loi de la survie. Et la cinquième saison est là. Dans le premier tome, nous suivrons trois personnages féminins. Essun, mère de deux enfants, vit incognito avec son mari et ses deux enfants dans une petite ville. Danaya est indésirable pour ses parents et on l’a donnée à Schaffa, un gardien, pour l’amener au Fulcrum, école pour ceux qui sont « comme ça ». Syénite, elle, est une orogène impériale et a comme mission d’utiliser ses pouvoirs pour aider les Fixes dans leur quotidien et gérer les secousses de leur monde instable. Leur point commun? Leur orogénie. Elles sont donc « moins », doivent être contrôlées ou cachées. Sauf que voilà, nous sommes en saison. Et en saison, seuls ceux qui le peuvent survivent.

Mon avis

Non mais cette trilogie est GÉNIALE. Rien de moins. Je vous donne ici le point de départ de l’histoire pour ne pas trop en révéler (et bon, je suis tellement en retard dans mes billets que je ne vais pas en faire trois), mais c’est d’une richesse incroyable, autant au point de vue des personnages que de l’univers. Nous sommes ici dans un univers millénaire, qui a une histoire riche qui nous est révélée petit à petit. Des saisons, des catastrophes, des civilisations passées et disparues… c’est dans cet univers qu’évoluent nos personnages principaux. Nous allons découvrir tout ça petit à petit et comprendre les liens complexes entre les personnages et les croyances qui ont évolué dans le temps. Vous savez à quel point j’aime les expositions par bribes, par alternance de textes et d’informations distillées. Et c’est fascinant.

Nous avons donc une narration très particulière, qui peut peut-être déranger au départ. Une partie au « vous », une autre au « je », des bribes de textes fondateurs. Moi j’ai tout de suite adoré, mais ce sont aussi mes goûts personnels. Les pages se tournent toutes seules, on veut connaître la suite et tous les fils, qui vont bien entendu se rejoindre, sont aussi intéressants les uns que les autres. Malgré la froideur apparente des personnages, je me suis attachée à eux et j’ai pu les comprendre au fil des tomes. Même si les relations ne sont pas typiques. Surtout PARCE QUE les relations ne ont pas typiques. Et que c’est ok.

Il y a une vraie réflexion sous-jacente sur les injustices, avec une perspective qui nous permet de sortir de nos cadres de référence habituels. Ici, les orogènes font peur à la population générale en raison de leurs pouvoirs, mais d’un autre côté, ils ont besoin d’eux. Du coup, ils sont considérés comme moindre, ils sont gérés et contrôlés, punis s’ils ne sont pas conformes aux attentes, et éduqués tous ensemble, dans le fameux Fulcrum, qui fait vraiment peur. Tout y passe, de la manipulation des anciens documents aux campagnes de désinformation et de peur. Et ce qui est intéressant, c’est que chacun a sa façon de voir les choses, chacun a plus ou moins peur, mais tout est à déconstruire et à rebâtir.

Bref, ça m’a passionnée. Le Père Terre et sa conscience différente, les interactions entre le passé et le présent, le regard écologique ainsi que toutes les relations, qu’elles soient amicales ou amoureuses. Les référents sont différents et c’est juste « comme ça ». Ici, on ne s’étale pas sur les différences et les préférences sexuelles on de genre. C’est ça et c’est tout.

Les tomes 2 et trois sont davantage dans l’action, nous suivons aussi un « nouveau » personnage, ce qui mène à une réflexion hyper intéressante sur la parentalité, mais c’est très différent de ce qui nous est proposé habituellement étant donné le contexte. Bref, grandiose.

Si vous aimez la SF et la fantasy, surtout adulte, allez-y sans crainte!

Chroniques de jeunesse – Guy Delisle

Le comment du pourquoi

Parce que c’est Guy Delisle, voyons. J’aime beaucoup son regard sur l’ailleurs, toujours perçant mais aussi plein d’humour. Du coup, l’idée de le voir nous parler de sa jeunesse me plait terriblement. Et bon, je suis pas mal certaine que personne n’est surpris de voir cet album ici.

De quoi ça parle

Adolescent, Guy Delisle a travaillé dans une papetière. Un moulin. Une shop. C’est cette incursion dans la vie des ouvriers des année 80 que nous allons découvrir à travers cet album.

Mon avis

Comme vous pouvez vous imaginer, le voyage dans le temps que nous propose Guy Delisle nous change de Pyongyang ou de Jérusalem. Si je dois avouer avoir une préférence pour les pays lointains, la balade dans les années 80 fut également bien agréable. Et bon, ça me parle parce que comme le père de Guy, mon père était aussi dans sa jeunesse ingénieur au Moulin, aux origines tout aussi anglaises, la Consolidated Bathurst. Ceci dit, même si j’ai (et ai toujours eu) une bonne relation avec mon père, il ne m’a jamais réellement parlé de la réalité des gars d’la shop. Découvrir ce petit monde, si loin de moi, était donc fort intéressant. Delisle avec un petit accent de Rabagliati, mais avec un peu plus de distance.

Distance ne rime pourtant pas avec insensibilité. Sous couvert d’humour ou à travers quelques détails, on comprend la charge émotionnelle de certains faits ou événements. Ce sont des regards, des silences, un rythme, et on comprend qu’il se passe quelque chose, à cet instant précis. Notre jeune homme reste externe, il sait que son emploi à l’usine n’est que temporaire, et il en est bien content d’ailleurs. Il ne se voit pas faire ce travail répétitif toute sa vie et apprivoise petit à petit les gens qui, eux, ont fait ce choix… où se sont simplement laissés porter jusque là.

J’ai bien aimé comprendre un peu mieux le fonctionnement des « machines », ensemble fort flou dont papa parlait souvent quand j’étais petite. Mais ce qui m’a plu, c’est surtout l’atmosphère, l’amitié entre ces hommes (car c’était dans cette usine tous des hommes), très représentative d’une époque. Il y a aussi la perception de l’art , l’insécurité face à l’avenir et les relations ado-parents pas toujours faciles.

Bref, à découvrir!

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Méconnaissable – Valérie Jessica Laporte

Le comment du pourquoi

Dans le cadre de mon travail, je côtoie et j’ai côtoyé plusieurs personnes qui ne sont pas neurotypiques. En plus, comme j’ai quelques – ok… beaucoup de – particularités sensorielles, une presque prosopagnosie, des représentations mentales weirds et une mémoire que je qualifie affectueusement de « stupide » (genre, je me rappelle des millions de chiffres et de conversations qui servent à rien), on me dit souvent « t’es pas autiste, toi? » Pour ceux qui se posent encore la question, la réponse est « ben non »! J’suis juste bizarre. Et j’aime être bizarre. Lucky me. Du coup, un roman écrit par une personne qui n’est pas neurotypique (et qui est autiste) et qui peut mettre des mots sur son quotidien, il fallait que je le lise.

De quoi ça parle

Elle a toujours été différente. Difficile. Les bruits lui font mal, les autres sont un mystère et même si elle tente de suivre les règles, on ne lui a jamais précisé qu’être aimé des autres en était une. Et elle ne sait pas comment faire. Un jour, elle part. Se rase la tête, s’habille avec les affaires de Petit-frère-sent-bon et s’en va. Pour être ailleurs. Méconnaissable. Et c’est le temps d’un été que nous allons suivre cette jeune fille en quête d’elle-même, dans un monde qu’elle a du mal à intégrer.

Mon avis

Ce roman, il faut le lire. Il est pour tout le monde, même ceux qui n’ont vu l’autisme qu’à la télé. Entrer dans la tête d’une personne qui voit le monde différemment, comprendre ses réactions, son vécu et surtout, pouvoir y mettre des mots, beaucoup de mots, c’est inestimable. Cette plume remplie d’images simples mais complexes à la fois vaut la peinte d’être découverte. Ça frappe. De plein fouet, en plein coeur.

Notre jeune héroïne restera sans nom. Elle ne sait pas qui elle est et ce qu’elle ressent comme des besoins, ce qui lui fait mal, est perçu comme des caprices ou du niaisage. Entre sa mère-aride, son père-parfois et son petit-frère-sent-bon, elle cherche le mode d’emploi sans jamais le trouver. Donc elle part. Et cesse de parler. Peut-être que ce sera plus facile, sans les mots. C’est au cours de cet été qu’elle va réaliser que, peut-être, tout le monde n’est pas hostile et que créer des liens en restant soi-même est possible. Et ça fait du bien à lire.

Si le personnage du père est touchant dans ses failles, la mère… arghhh…. Contre-transfert de la mort qui tue. En 23 ans de travail avec des parents, je n’ai JAMAIS vu ça. Ou bien je n’ai pas voulu le voir. Aride est bien le mot. Son refus des mots, son refus de comprendre, c’est hyper anxiogène pour le lecteur. Et l’enseignante dépeinte… OMG… je peux pas croire. J’ai eu du mal à percevoir la souffrance derrière ce comportement. Ici, on fait ressortir l’importance de nommer les choses pour comprendre, pour prendre le bon chemin au départ. Et la recherche de soi du personnage principal est extrêmement particulière car elle n’a pas de repères, pas de balises, ses stratégies sont souvent inefficaces et le monde autour d’elle a le don de taper là où ça fait mal. Bref, une incursion nécessaire dans la différence.

Un roman qui appelle à mettre de côté notre propre jugement et à tenter de tendre la main, pour traverser le pont plus facilement.

Le fils du roi – Stanislas Moussé

Le comment du pourquoi

C’est le graphisme qui m’a attirée tout d’abord. Ensuite, j’ai vu que c’était une BD sans texte. Inutile de préciser que j’ai encore davantage voulu découvrir le projet derrière cette histoire.

De quoi ça parle

Imaginez un mix entre de l’héroic fantasy et Où est Charlie, version sanglante. Un petit héros cyclope libère dans une quête héroïque un énorme monstre glouton qui dévore tout et tout le monde, non sans s’être approprié la couronne et… ben vous verrez! Ceci dit, je réalise après fouinage que j’aurais dû lire « Longue vie » avant, qui se déroule dans le même univers. On en apprend tous les jours.

Mon avis

Même si je n’ai pas lu le premier tome dans l’univers, ça ne m’a en rien empêchée d’apprécier la plonger dans ce monde médiéval où un gros méchant sème la terreur. Le récit est linéaire, on met un moment à bien comprendre les tenants et aboutissants, mais je suis hyper fan de l’imagerie, des expressions des visages et des milliers de détails sur chaque page. végétaux, animaux et personnages se côtoient pour former un tout cohérent et assez fou. Ça demande de l’attention mais ça fait plaisir de s’immerger dans un tel graphisme.

L’histoire en soi est assez banale: c’est le format qui rend l’objet livre particulier et jouissif, dans mon cas. Un chevalier qui crée un terrible malheur, une quête impossible, des aventures et des rencontres (une rencontre surtout)… typique du genre de l’heroic fantasy, non? Ben, oui et non, en fait. Notre héros se fait sérieusement ramasser, les victoires gagnées sont limite le fruit du hasard et la scène finale complètement rocambolesque m’a rappelé un certain film que je ne nommerai pas, pour vous laisser apprécier.

Un univers très personnel, qui ne plaira peut-être pas à tous mais que j’ai savouré. Je veux lire « Longue vie » maintenant!

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Shadow of Night / The book of life – tomes 2-3 – Deborah Harkness

Le comment du pourquoi

Avouons-le, je n’aurais jamais pris ce roman (oups… ces romans) de ma pile si ce n’avait été du challenge Serpents et Échelles qui demandait de lire un roman qui a été adapté. Je n’avais rien d’autre que ça. J’ai lu le tome 1 il y a 10 ans, j’avais aimé so-so (alors que tout le monde faisait la danse de la joie) et j’avais limite abandonné l’idée de finir la série. Ok, pas juste limite. Bref, je suis partie juste à moitié convaincue.

De quoi ça parle

Je vous renvoie à mon billet sur le premier tome si vous voulez davantage d’informations… parce que je risque de spoiler. Difficile de faire autrement. Avant de parler des tomes 2-3, rappelons que nous sommes avec Diana Bishop, née d’une famille de sorcières mais qui refuse son héritage. Au début du tome 1, elle est historienne, fait des recherches sur l’imagerie de l’alchimie et à la Bodleian, elle appelle un livre magique, ce qui met en émoi la communauté des créatures de Londres et du monde. Entre en scène Matthew, vampire, protecteur, mâle alpha tourmenté… et bon, vous voyez où ça va aller. À partir de maintenant, je spoile le tome 1!

Le tome 2 nous reprend juste au moment où le tome 1 nous avait laissés, soit en 1590, dans le Londres de Marlowe, de Shakespeare et de la fameuse School of Night (ou School of Atheism) de Walter Riley et George Chapman (groupe qui a réellement existé). Matthew et Diana craignent pour leur vie suite aux événements de Sept-Tours et ils cherchent toujours à mettre la main sur le fameux Ashmole 782.

Mon avis

Si on se souvient bien, j’avais qualifié le premier tome de Twilight pour adultes. Oui, je sais. Oups, oups, oups. En fait, à partir d’un univers trippant et d’une intrigue de base passionnante (non mais c’était quoi ce fameux livre et pourquoi est-il si difficile de mettre la main dessus), on a rapidement basculé dans une romance avec une jeune femme qui a – supposément – du caractère, mais qui apprend bien gentiment à écouter Matthew, parfait étranger. Je me souviens encore des années plus tard d’une interminable scène de dégustation de vins et de répétitions à gogo. Pas étonnant, donc, que j’aie attendu si longtemps avant de lire la suite.

Dans mon avis sur ces deux tomes, vous allez retrouver une constante : j’aime beaucoup l’histoire, le mystère, les personnages secondaires, mais je ne suis pas du tout fan de la romance, qui est lourde! Je ne sais pas combien de fois on nous précise qu’ils sont tout l’un pour l’autre, que c’est l’amour, que Matthew sent le clou de girofle, que Matthew est protecteur, etc, etc, etc… En fait, si on avait tout dit une seule fois, je pense que j’aurais aimé. Mais ici, c’est plutôt 10-20 fois… et c’est le genre de chose qui me gosse à la longue. Et avouez que si « blood rage », ça passe bien quand c’est répété 500 fois… « fureur sanguinaire », c’est comme moins naturel!

Maintenant que j’ai bien bougonné (je ne peux pas m’en empêcher, sorry-not-sorry), il faut bien avouer que j’ai enchaîné les deux tomes et que j’ai fini par m’attacher à toute la petite troupe qui tourne autour des personnages principaux : Philippe, Ysabeau, Gallowglass et les sorcières de Londres. J’ai particulièrement aimé le 2e tome, dans le Londres élisabéthain, pour les personnages historiques rencontrés, la « twist » à la réalité (Christopher Marlowe en démon, quand même, c’est pas mal) et la façon dont l’histoire des créatures s’imbrique dans la grande histoire. C’est plus fort que moi, je fais une petite danse de la joie à chaque fois que je rencontre quelqu’un de connu. Comme je connais peu cette période, c’était un plaisir de lire à propos des coutumes ou des rues de Londres et de Prague. En plus, comme il y a un certain décorum, il y avait une limite aux mammours publiques. Ceci explique peut-être certaines choses!

Le tome 3 offre une fin très satisfaisante, bien qu’avec des longueurs ainsi qu’un petit fil non-résolu à propos de Diana et Philippe… (ouais, je vois tout). Les noeuds se tissent, l’histoire se tient, avec une vraie résolution et une ouverture sur le futur qui est cohérente avec ce qui s’est passé. Diana, dont le personnage s’étoffe dans ces deux tomes, découvre qui elle est et apprend à s’accepter telle qu’elle est, elle s’affirme davantage, même si elle est beauuuuucoup plus patiente que je ne le serais. Quant aux points de vue de Matthew, qui auraient pu être hyper intéressants, ils sont tellement centrés sur Diana et sur ce qu’elle représente pour lui que ça devient redondant.

Ouais, la romance et moi… I know, I know!

Ceci dit, ça se lit tout seul, l’univers est bien développé et l’auteur a évité l’écueil de « tout le monde est en couple à la fin parce qu’il n’y a aucun autre moyen d’être heureux et complet ». Je pense qu’il reste quoi… 2 personnes célibataires! C’est pas pire, non! Oui, je sais, je suis vilaine. L’histoire est addictive, mystérieuse, la magie et les sortilèges prennent de plus en plus de place et on veut vraiment comprendre ce que représente le fameux livre. Bref, un bon moment de divertissement. Si vous aimez la romance plus que moi, probablement que vous trouverez que c’est un TRÈS bon moment de divertissement!

Magus of the Library – tomes 1-2-3-4 – Mitsu Izumi

Le comment du pourquoi

Ce manga, c’est totalement la faute de Chantal de la chaîne La bibliothèque jaune. Elle nous l’a tellement vendu lors d’une discussion et dans ses tops 2020 qu’il me le FALLAIT. Et bon, de la magie, des livres, ça me parle. Obviously.

De quoi ça parle

Le jeune Shio est différent de ses copains d’école, avec ses oreilles pointues et sa peau pâle. Un jour, une rencontre avec une Kahuna, une gardienne des livres dans la mythique grande bibliothèque, va changer sa vie et il va vouloir à tour prix les rejoindre. Dans ces trois premiers tomes, nous allons le suivre son cheminement vers ce rêve.

Mon avis

Ce manga a vraiment quelque chose de particulier. Ça parle de livres, on a une histoire prenante et aussi un côté instructif à propos de l’écriture, des livres. Nous sommes dans un monde imaginaire, avec des peuples différents et des coutumes variées, et leur histoire nous est révélée petit à petit. Et j’adore. Vraiment, c’est top.

Nous somme dans une histoire de passage à l’âge adulte, une histoire où le personnage principal va devenir le héros de sa propre histoire et va prendre les moyens pour le faire. Il y a des livres, des histoires, des rêves, des découvertes et des créatures fantastiques. Si le premier tome nous raconte le coup de foudre entre Shio et les livres, le deuxième son voyage à travers l’univers, le troisième est clairement le plus passionnant et nous avons droit au fameux examen pour devenir Kahuna, métier la plupart du temps réservé aux femmes.

Le dessin est ca-po-té. Détaillé, expressif, imaginatif, le lecteur est transporté dans cet univers fictif et les décors sont vraiment fantabuleux. Imaginez-vous que je reconnais hyper facilement les personnages, ce qui arrive somme toute rarement. L’histoire est prenante pour toute personne qui aime les livres. On est en effet immergé dans cet univers, ils prennent énormément de place, pour mon plus grand plaisir. Il y a en fond un message de tolérance, d’entraide et de respect et la quête de Shio est passionnante. On le voit grandir, prendre en confiance en lui, et ça fait plaisir.

Et un petit mot sur le tome 4, dont je ne peux rien révéler… QUELLE FIN, MAIS QUELLE FIN! Mon préféré de la série!

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Le roitelet – Jean-François Beauchemin

Le comment du pourquoi

C’est totalement la faute d’un communiqué de presse, qui parlait d’une relation entre deux frères dont l’un est schizophrène. Comme j’aime les romans traitant de problématiques de santé mentale, j’ai sauté dessus. Of course.

De quoi ça parle

Le narrateur a la soixantaine. Il vit à la campagne avec son épouse, son chien, son chat, il regarde pousser ses plantes et philosophe en se questionnant sur le passage du temps et le réel. Il a une belle relation avec son frère cadet, sont l’esprit se débat avec des démons. Et c’est ça.

Mon avis

Je n’ai lu que du bon dans les médias sur ce roman de Jean-François Beauchemin. J’aime sa plume, ses fulgurances, ses réflexions qui nous amènent à fermer le roman pour y repenser plus longuement. Encore une fois, j’ai apprécié cet aspect, la réflexion sur les racines, les lignes de failles et le temps. Ça parle de beauté, d’amour et d’arts, il n’y a pas d’intrigue autre que ça et malgré tout, on passe un bon moment.

Ceci dit… ça reste une lecture en demi-teinte. Ici, nous ne sommes pas dans le récit de vie. Beauchemin n’a pas de frère schizophrène mais le narrateur m’a fait penser à son propre personnage dans ses autres écrits. J’ai parfois eu l’impression que le frère sert de levier pour mettre en lumière le narrateur, ses pensées, et sa philosophie de vie. Ça faisait pas mal de « je, me, moi » et j’aurais préféré aller plus loin dans le personnage du frère, ce vieux sage aux prises avec ses démons que j’ai trouvé un peu caricatural. Ceci dit, je ne suis pas spécialiste de cette pathologie et mon avis relève de l’impression davantage que de la vraie connaissance de la schizophrénie.

Si vous aimez Jean-François Beauchemin et ses romans contemplatifs, je crois que ce titre peut vous plaire. L’écriture est belle et poétique… mais je m’attendais juste à autre chose.

Dans la tête de Sherlock Holmes – 1 – L’affaire du ticket scandaleur – Liéron / Dahan

Le comment du pourquoi

Sherlock. Non mais c’est SHERLOCK! Comment faire pour résister à Sherlock? Et cette couverture est sublime, avec le trou qui nous permet de voir l’intérieur de la tête du détective!

De quoi ça parle

Quand un collègue vient rencontrer Watson suite à une aventure étrange, Sherlock va remarquer quelques détails… et peut-être démasquer un complot de plus grande envergure.

Mon avis

Quelle pépite, cette bande dessinée! Si l’enquête est somme toute classique, nous retrouvons avec plaisir tout ce que nous aimons dans les histoires de Sherlock mais ici, nous pouvons plonger dans le cerveau du célèbre détective, qui fait lien après lien et qui ne remarque tout ce que nous, on ne voit pas. Et le tout est d’une beauté! Suffit de suivre le fil.

Chaque planche est hyper détaillée, la mise en page est originale et éclatée. C’est un véritable régal pour les yeux. Le fameux fil est illustré et on nous balade dans le cerveau hyperactif de Sherlock. Mais littéralement. Il y a plusieurs rebondissements, on se balade dans les quartiers de Londres et on visite plusieurs édifices pour découvrir une véritable machination.

Une BD haletante, qui donne envie d’aller à Londres et d’apprendre la fin de l’histoire car à la fin, il nous manque pas mal de réponses. Il ne reste qu’à attendre la fin. Que je vais lire. Parce que c’est juste magnifique!

Je conseille vivement, pour les moyens et les grands!

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Royaume de vent et de colères – Jean-Laurent del Socorro

Le pourquoi du comment

Vous savez, il y a des livres qu’on attrape comme ça, sans trop savoir pourquoi. Et qu’on lit aussi comme ça, sur un coup de tête, sans y avoir réfléchi une minute avant. C’est ce qui m’est arrivé avec ce roman. Un coup de tête. Mais quel joli coup de tête!

De quoi ça parle

Entre histoire et fantasy, ce roman nous emmène à la fin du 16e siècle, en pleine époque des guerres de religions. Nous sommes à Marseille et nos personnages se croiseront dans une auberge. Un chevalier, la chef d’une guilde d’assassins, des anciens mercenaires et des magiciens en fuite. Avec des aller-retours dans un passé plus ou moins récent, nous allons comprendre ce qui les a tous menés là, à ce moment fatidique, alors que les armées du roi sont aux portes de la ville.

Mon avis

Quel plaisir de lire un tel roman, à la croisée des genres. Nous sommes dans un contexte historique hyper intéressant, pendant les guerres de religion. Nous allons croiser Henri IV de loin, nous promener entre passé et présent, à différentes époques en fonction des personnages. J’ai adoré la narration et la construction, avec un début au présent (bon, le présent est en 1596 je crois), jour fatidique, des retours en arrière, pour finalement revenir à ce fameux présent. J’ai réussi à m’attacher à tous les personnages, avec leurs failles et leurs faiblesses. Ils sonnent vrai, leurs histoires sont toutes différentes et crédibles. La fantasy est légère, on est balloté d’un endroit à l’autre et la fin est inéluctable… bref j’ai adoré.

Ici, nous avons des trahisons, des secrets, de lourds passés, des amoureux et des familles qui se sont choisies, le tout en 300 quelques pages. C’est dense, c’est original et on ne tombe pas dans la description d’actions non-stop. Ouais, j’aime ma fantasy avec un surplus d’atmosphère. Il se passe beaucoup de choses mais on est imprégné des lieux, de l’ambiance et surtout des sentiments des personnages. C’est fou comme en peu de pages on a l’impression de les connaître et je me souviendrai longtemps de Gabin, Axelle, Gabrielle, Victoire et tous les autres.

Ma lecture fantasy préférée depuis mon coup de coeur de la mort qui tue pour Gagner la guerre de Jaworski l’an dernier. Un auteur que je vais suivre… j’ai déjà un autre livre de lui dans ma liseuse!

La théorie du drap contour – Valérie Chevalier

Le comment du pourquoi

Je ne pense pas que j’aurais un jour sorti ce roman de ma pile si ce n’était du défi Serpents-Échelles littéraires de Québec Livresque. Il fallait lire un roman à couverture jaune. Donc j’ai sorti celui-là. CQFD

De quoi ça parle

Florence est fleur bleue et romantique. Elle a toujours cru que son premier amour durerait toujours. Malheureusement, dès le premier chapitre, le fameux « premier » l’a trompée et elle est de nouveau célibataire, à son grand désarroi. Elle qui aurait tant voulu faire comme ses parents. Nous serons donc témoins de sa quête du grand amour à travers ses histoires successives… et ses théories!

Mon avis

Parfois, je crois que j’ai besoin de légèreté. J’avais vu tout plein d’avis hyper positifs sur ce roman alors du coup, j’entrais dedans avec confiance, du moins, la confiance de passer un bon moment. Peut-être que j’aurais dû mieux lire la quatrième… ou m’avouer enfin que les livres centrés sur l’amour, ce n’est pas mon truc, en fait (dit celle qui a bingewatché Bridgerton en une journée, et qui avait lu toute la série avant). Bref, c’est un rendez-vous manqué, et un total cas de « c’est pas lui, c’est moi ».

Mon problème, c’est qu’à la fin de ce roman, même si le message est positif et constructif, je n’avais pas l’impression de connaître Florence, le « je » de l’histoire. Nous la voyons à travers ses différentes relations et certes, il y a une évolution, mais uniquement à cet effet. Le reste de sa vie, nous la voyons assez peu, seulement à la fin et j’ai eu l’impression qu’elle n’était définie que par son rapport à l’amour et aux hommes. Chaque relation est différente, très réaliste, mais nous passons de l’une à l’autre, comme si c’étaient les seuls événements marquants de sa vie. Et bon, j’avoue que ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus dans la vie. J’aimerais ça que qu’il en soit autrement, mais bon, la quête de l’amour est ma priorité numéro 97 dans la vie.

Ceci dit, c’est drôle, la plume est enlevée et pétillante. Ça se lit tout seul et ça fait parfois sourire, malgré les lieux communs. Si vous avez envie d’une lecture qui parle d’amour, de peines d’amour et d’amants (sérieux, ce n’est pas une éternelle célibataire. Un regard et ça y est), ça peut vous plaire et vous faire passer un bon moment. Certaines situations sentent le vécu. Dommage que ça n’ait pas fonctionné pour moi.