Avr 13 2017

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Où est ma maman? – Julia Donaldson/Alex Scheffler

Le Gruffalo, c’est un classique.  Du coup, quand on m’a proposé de lire celui-là et que j’ai vu le thème et les illustrations, je n’ai pas hésité.  Comment résister à cette jungle luxuriante!

 

C’est donc l’histoire d’un petit singe qui a perdu sa maman.  Il se croit perdu quand un papillon va décider de l’aider à la retrouver.  Il va donc la décrire, et le faire assez bien d’ailleurs.  Mais pourquoi le petit papillon est-il toujours aussi mélangé?!?!

 

En tant qu’orthophoniste, j’adore décrire les ressemblances et les différences.  Travailler les réseaux sémantiques, quoi.   Du coup, cet album est parfait pour ça.  On explore quelques animaux de la jungle, en les décrivant et en faisant des liens entre eux.    On explore rapidement les différences entre eux ainsi que les ressemblances.  Mais si ça ne suffit pas de dire que maman singe a une queue qui peut s’enrouler (et que papillon mélange avec un serpent) et qu’elle aime bondir (quoi?  une grenouille?), que va devoir dire le singe?

 

Les cocos ont beaucoup ri des erreurs du petit papillon et au moins deux ont eu des yeux émerveillés quand ils ont compris POURQUOI le papillon était aussi loin du compte!  Ceux qui sont habitués aux devinettes m’ont bien mentionné que « le papillon, il ne s’occupe pas de TOUS les indices »!  Un m’a proposé de jouer avec lui pour bien lui apprendre (ce qui nous a fait mourir de rire, sa maman et moi).   Bref, il y a tout plein de choses à exploiter, ça fait rire les enfants et ça permet d’ouvrir sur plusieurs autres activités du même genre.

 

Ajoutons à ce contenu un texte rempli de rimes, une initiation aux dialogues et des images colorées, attrayantes et remplies de détails.   On est transporté dans la jungle, les couleurs sont vibrantes et les personnages très mignons.  Bref, ça me plaît et ça plaît aux cocos.

 

Que demander de mieux?

Merci Gallimard Jeunesse!

 

 

Avr 12 2017

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Ce qu’il faut de terre à l’homme – Martin Veyron (d’après Tolstoï)

Quand Aline, de la Boîte de Diffusion, m’a proposé cet album, j’ai tout de suite accepté en réalisant que c’était adapté d’une nouvelle de Tolstoï que je ne connaissais pas.  Lui-même s’est inspiré d’un conte Bashkir.  Et pour être allée lire la nouvelle ensuite, je pense que la BD apporte au récit quelque chose en plus.  Tolstoï, j’adore.  Je connais aussi sa philosophie, surtout à la fin de sa vie.   Et cette nouvelle s’inscrit tout à fait dans cette ligne de pensée : la simplicité de la vie, les dangers de la tentation et de l’avidité.

 

Le récit s’ouvre donc dans un petit village russe.  Un couple reçoit la soeur de la femme et son mari.  Les premiers sont des paysans, des moujiks.  Ils sont heureux de leur situation, la femme surtout.  Elle ne demande rien de plus.   Il faut dire que la Barinya du coin, une petite propriétaire, les laisse se servir un peu sur ses terres, ce qui permet aux paysans de survivre.   Mais un jour, un intendant sera engagé, les amendes vont arriver… et les paysans vont rager.

 

Il y a beaucoup de second degré dans l’album.  Des tentatives de mises en commun, le côté « tout pour ma gueule » de l’homme qui empêche que ça fonctionne, puis la tentation, le capitalisme.  L’appât du gain.  La prétendue nécessité d’en avoir plus, toujours plus.  Toujours plus de terres, dans ce cas précis.  Influencés un peu par son beau-frère l’homme est prêt à tout alors que sa femme le regarde changer, impuissante.    Et les voisins vont réagir, of course.   C’est ironique, on regarde les choses aller sans rien pouvoir faire, en se doutant fort de comment ça va finir.

 

Le trait me plait beaucoup, les images sont douces mais très immersives.  Je me revoyais en Russie, avec ses églises orthodoxes et ses mini-villages.   Les personnages sont très expressifs, leurs statuts sociaux sont clairs juste à voir leurs vêtements, leurs attitudes. Certaines planches sont magnifiques, surtout les voyages à travers le pays ainsi que les vues du village.   Et bon, le samovar… le samovar!

 

Et bon, cette fin…  elle fait toujours son effet…

… et on réalise qu’en 130 ans… on se pose toujours les mêmes questions!

 

C’était ma BD de la semaine, et c’est chez Noukette cette semaine!

Avr 11 2017

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L’autisme expliqué aux non-autistes – Brigitte Harrisson/Lise St-Charles

Ok.  Disclaimer.

Oui, je suis orthophoniste.  Non, je ne travaille pas en autisme.  Donc, je suis LOIN d’être une spécialiste dans le domaine.  LOIN. En fait, les cocos autistes, je les ai avant qu’ils soient diagnostiqués.  Avant qu’ils soient pris en charge par l’équipe du CRDI.   Il y a plusieurs lignes de pensée en autisme.  Plusieurs conceptions.  Et je vais le préciser d’emblée, celle qui est présentée ici est celle à laquelle j’adhère le plus.  C’est celle qui nous parle de neurotypie et qui ne considère pas l’autisme comme une maladie.  Celle qui fait la différence entre les symptômes et la problématique du cerveau autistique.  Celle qui est soutenue par Temple Grandin et, d’une certaine façon, par le Dr. Mottron, que j’ai côtoyé en stage il y a… quelques années, disons.   Je suis donc biaisée.  Positivement.  Mais je suis fort consciente que ce livre va secouer et remettre en question plusieurs pratiques.  Il va peut-être mettre en colère aussi.  Mais bon.  Avoir l’esprit ouvert, surtout quand il y a des données scientifiques derrière, c’est nécessaire, non?

 

Un livre sur l’autisme, par un autiste.   Une voix qui parle pour eux.  Car ils ne peuvent pas tous expliquer.

 

J’avais donc bien envie de lire cet ouvrage de vulgarisation, mais encore plus après avoir pu discuter près d’une demi-heure avec les auteurs au salon du livre.   Nous avons pu avoir une conversation intéressante et j’avoue que j’espère les rencontrer à nouveaux car suite à ma lecture, j’ai encore PLUS de questions!   Sur les bases théoriques.  Sur la diversité des expériences autistes utilisées pour la théorie… bref, j’ai plein d’interrogations.  Cet ouvrage a surtout ouvert mon appétit de connaissances car bon, j’ai toujours senti qu’il me manquait une pièce importante pour travailler avec les autistes.  Avec ces cocos, nos trucs habituels ne fonctionnent pas, ce qui est très logique, vu que dans ma tête, l’organisation cérébrale (ou les connexions, comme le nomment les auteurs) des autistes sont  différentes des non-autistes.   Pas neurotypiques donc.  Et actuellement, ce sont eux qui doivent s’adapter à nous.

 

Mais bon, revenons au livre.  Comme je l’ai dit, il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation.  En tant qu’orthophoniste qui a déjà assisté à divers colloques sur les troubles neurodéveloppementaux, je n’ai pas « appris » au plan théorique.  Ça m’a donné envie de retourner fouiller dans mes notes (oui, j’ai des loisirs étranges, hors-travail, parfois… revoir mes notes de formation) pour refaire mes liens et avoir davantage de matière pour réfléchir à l’intervention.   Ah mais je m’égare encore.  Je sens qu’il n’y en aura pas de facile!

 

Donc, première partie : explication des concepts, de l’avancée de la recherche, de leurs bases théoriques.   Les deux parents à qui j’ai fait lire cette partie l’ont trouvée un peu ardue, mais tout de même accessible, avec un minimum de support.   Je n’ai aucunement l’intention de vous expliquer ça ici… va falloir le lire!

 

Ensuite, c’est la FAQ.  Et la réponse des auteures à ces questions fréquentes et ces mythes, selon ces bases théoriques.  Les réponses sont claires.  Tranchées.  C’est ce qui va probablement déranger, voire même culpabiliser certaines personnes.  Genre… ce que vous faites, ça ne marche pas.  Pourtant, ce n’est pas du tout le but.  Les auteures ont beaucoup de respect pour les intervenants, qu’ils décrivent comme compétents et bienveillants.   Mais elles ont beaucoup d’inquiétudes pour les personnes autistes dont, le mentionnent-elles, on ne respecte pas toujours la structure de pensée autistique.

 

Très intéressant, donc.  Et ça se lit tout seul, comme un roman.  Les exemples sont concrets, sentent le vécu.  Les souvenirs de Brigitte Harrisson, elle-même autiste, illustrent bien le propos et les témoignages de Kim Thuy sont touchants.  Les conseils qui s’adressent aux familles sont pertinents, même si pas toujours faciles à intégrer.  Ça signifie qu’on doit être assez loin dans le processus d’acceptation.

 

Mon bémol?  Juste une petite sensation de « trop peu », fort probablement dû au public cible de l’ouvrage.   Vous savez, les cours à l’université où on travaille sur les concepts, la symptomatologie… mais qu’il nous manque toujours la partie sur le traitement?  Mes collègues orthophonistes comprendront!  Du coup, on a l’impression, parfois, que tout est à jeter, sauf SACCADES, et le LSC, le système de communication élaboré par les auteures.  On nous parle d’étapes de développement, de guider les personnes dans ces étapes, mais la pièce qu’il me manque, le « comment », n’y est pas et j’en aurais voulu plus.  Bien entendu, comme la langue des signes ou le braille, ça ne s’apprend pas dans un livre, j’en suis consciente.  Par contre, du coup, les gens qui n’ont pas accès à ce système dans leur coin peuvent se sentir complètement démunis suite à la lecture (du moins, les deux mamans en question) et ont eu l’impression qu’on essayait de leur « vendre » SACCADES, dont elles ont du mal à comprendre l’essence.

 

J’avoue que cette réaction m’a surprise… je n’aurais pas pensé que ça pourrait susciter cela.

 

Bref, il va falloir fouiner!  Ou me payer une formation, en mode curieuse, vu que je ne travaille pas avec la clientèle à proprement parler.   Juste le fait qu’on parle de communication et pas juste de parole…  j’adore!

À lire…

Ajout… Je place ici l’entrevue des auteures et de Kim Thuy à TLMEP ce dimanche… ça donne une bonne idée des conceptions théoriques à la base de ce livre.
 

Avr 10 2017

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The Dream Thieves – The Raven Cycle #2 – Maggie Stiefvater

C’est assez rare que je lise plusieurs tomes d’une même série de suite.  Toutefois, comme j’ai commencé quelque chose comme 3 séries ados depuis janvier, je me suis dit que ça pouvait être une pas pire idée de ne pas les laisser traîner 3 ans… et de les finir pour une fois.  Je me connais, si j’arrête, je perds l’intérêt.  Donc, le tome 2!

 

Je vous renvoie à mon billet sur le tome 1 pour l’histoire.  Mais petit rappel rapide: Une jeune fille, une famille de voyantes, une prophétie,  quatre garçons en quête d’un mystérieux roi du pays de Galles, une forêt magique, des arbres qui parlent latin.  Avouez que c’est tentant!

 

Je dois avouer avoir tout de même préféré le tome 1 et avoir trouvé quelques longueurs à celui-ci, surtout pendant la première partie du roman.  Nous reprenons l’histoire un peu après les événements du premier tome, mais ce volume est davantage centré sur Ronan, jeune homme brisé par la mort de son père, que nous apprenons graduellemen à découvrir.  J’aime beaucoup ce personnage, j’étais donc ravie de le voir davantage mais j’aimais beaucoup le côté flottant, mystérieux, avec plusieurs sous-intrigues du premier tome.  Du coup cette histoire, plus classique, est un peu en-dessous dans mon coeur.

 

J’aime toujours beaucoup la plume de Maggie Stiefvater, enivrante, avec de très belles métaphores, des clins d’oeil au futur et au passé.  Je ne dirais pas que ce tome est plus réaliste, mais malgré les rêves, la sensation d’onirisme est moins présente que dans le tome 1.  Ouais, je sais, c’est un peu ridicule comme affirmation.  Mais j’avoue que les premières visites à Cabeswater avaient un côté tellement magique que c’est difficile à égaler par la suite.

 

Les personnages sont toujours aussi fouillés, aussi pleins de contradictions et pleins de défauts aussi.  On explore ici davantage les relations 1-1 que le groupe en tant que tel, ce qui est fort agréable.  Les choses évoluent graduellement, certaines scènes sont super sweet et super tristes aussi.   J’aime beaucoup la présence de la famille de Blue et l’introduction du personnage mystérieux qu’est le Gray Man.   Bref, même si j’ai trouvé quelques longueurs, c’est officiel que je continue la série.  Je lui sens du potentiel.  Beaucoup, beaucoup de potentiel!

Avr 09 2017

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Salon du livre de Québec… ou une séance de musculation type chest-bras!

Les salons du livres, avec mes amies Julie et Caroline, c’est un peu sacré pour nous.  Ça fait au moins 6 ans qu’à chaque salon, on se fait notre fin de semaine de fifilles et où on se balade dans les allées en jasant à tout le monde.   Notre problème cette année?  On a fait genre, un quart du salon.  Et on a pas vu le temps passer.  Le problème, c’est que depuis le temps, on commence connaître des gens… et que se taper des séances de placotage sur les livres, les auteurs, l’édition et les nouveautés, ça prend du temps.   Résultat, ya plein de kiosques qu’on a pas vus!  Et là, à 7h le matin, je me demande bien si je vais y retourner tantôt pour finir ma tournée!

 

Cette année a encore été géniale.   On était à l’hôtel Palace Royal tout près, on avait une vue de la mort qui tue sur le vieux Québec (et sur les grues, au grand plaisir de Michaël, le chum de Caro), on a fait les princesses en se commandant le service aux chambres et on a mis notre placotage à jour, ce qui est assez génial merci.   C’est qu’elles sont précieuses, ces deux rencontres par année!

Puis, au salon, on a retrouvé Julie, et c’était parti.  Bon, il y a du monde, le samedi.  Beaucoup de monde!  On a trouvé le moyen de passer toute la journée dans le même salon que Tania, Max, Cat, et Chloé sans même se croiser!  Et s’il n’y avait pas eu les textos, je n’aurais pas vu Julielitaulit non plus!  Toute la gang des « jeunes » (avec Julie, on est un peu les ancêtres des blogueuses lecture, en fait) s’était mieux organisée que nous, je pense!

Que dire, que dire!

C’est toujours un plaisir de fouiner dans les albums jeunesse.  Notre arrêt chez Scholastic a été super agréable, comme d’habitude, et j’en suis ressortie avec tout plein de jolies choses dont je vais bientôt vous parler.  Des albums sur les émotions, des BDs pour un peu plus vieux que je vais lire avant de regarder avec mes neveux-qui-ne-trippent-pas-lecture-mais-qui-adorent-les-méchants-et-superchien, des trucs pour les cocos à l’hop et des trucs pour moi, tout simplement!

Chez Gallimard, on a pu discuter avec Delphine (qui a allongé son séjour – et ses capacités cérébrales) pour nous présenter ses derniers coups de coeur en jeunesse.    Puis, un passages pour voir les gens dans le kiosque de Dimedia (où Johanne est toujours aussi accueillante et gentille) où nous avons pu entendre parler des nouveautés, de discuter bouquins et blogs en général.  Je n’ai pas résisté à Charles le dragon!  Dans le même coin, il y avait aussi Isatis, maison d’édition dont j’ai adoré Bleu et Petit monstre.  Je n’ai pas pu résister à un autre album de leur collection!

Ce fut aussi un plaisir de rencontrer Laurene, qui remplace Martine chez Interforum, et discuter de ce qu’on aime en littérature.    Victor Dixen m’a mise au défi (vous savez que je suis devin) de deviner le fin mot de Phobos, j’ai trippé sur les bottes de Nathalie Roy (et je n’oublie pas le lien pour mes boucles d’oreilles), on a jasé avec Michel Jean et son co-auteur d’Amun Louis-Karl Picard-Sioui (qui m’a gentiment offert son dernier recueil de nouvelles, publié chez Hannenorak la seule maison autochtone du Québec), discuté édition et métier de libraire avec Eric Simard chez Hamac et Aline nous a montré les nouvelles BDs à la boîte de diffusion.

 

J’ai aussi découvert Fonfon, une maison d’édition que je ne connaissais pas et où j’ai pu choisir deux albums, dont l’un sur l’autisme, dont je vous parle bientôt.  Il y a aussi toute une collection premier lecteur qui semble chouette!

On a fini la soirée au prix de la romance Milady où Suzanne Roy a été nommée gagnante pour son livre « Un cadeau du ciel » et où, comme on avait pas eu le temps de dîner, on s’est un peu jetées dans les chips!  Ça a aussi été un plaisir de revoir Chloé Duval, qui y était nominée ainsi qu’Isabelle Varange, avec qui j’avais dîné à Paris avec Emma Foster.   C’est aussi là qu’on a fini par retrouver le reste des blogueurs booktubers québécois (j’ai OUBLIÉ des noms.. si je vous ai oubliés… mettez un comm, je vais ajouter), où j’ai pu mettre une « face » sur leur nom et échanger sur nos goûts respectifs… qui sont super variés.   Tania aime la romance, Max la fantasy et la SF, moi je suis dans les albums, BDs et littérature adulte (avec incursions) et je pense que CatCritik aime bien ces genres aussi.    Bref, c’est cool de voir les gens, de voir leur énergie!

Bref, le prochain, c’est au Saguenay mais je sens que je vais être la seule blogueuse/booktubeuse.  Plus plate.  Mais rendez-vous à Montréal en novembre.   Et je vais tenter de convaincre miss Fashion (les vieux se souviendront) de venir aussi!  Why not!

Spécale dédicace à Isil, même si ya un peu trop d’arbres devant la grue!

Psssst… on m’a dit que je devrais préciser que j’ai reçu beaucoup de ces livres en cadeau… du coup, voilà, c’est fait!  J’ai été gâtée.  Mais ça ne m’empêchera pas de donner un vrai avis, as usual.

Avr 09 2017

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À chacun son chat – Brendan Wenzel

Décidément, je tombe sur de bien beaux albums ces temps-ci!  Celui-ci  m’a beaucoup plu, même si au départ, je ne suis pas une blogueuse-à-chat!  Imaginez comment celles qui le sont vont aimer l’idée!

 

Un chat qui se promène.  Et différents yeux pour le voir.  C’est simple hein?  Mais c’est génial pour susciter la réflexion chez les petits, et à plusieurs niveaux.   En peu de mots, l’auteur réussit à démontrer la relativité des choses et des perceptions.  En effet, le chat vu par la souris et très différent du chat vu par l’enfant.  Ou l’abeille.  Ou le renard.

 

À chaque double page correspond la vision du même chat par un autre animal.  Et si c’est vraiment chouette pour travailler les « pourquoi » un peu peu moins simples avec les petits (pourquoi le chat fait-il si peur sur cette image?  Pourquoi est-il en noir et blanc?), avec les plus grands, c’est une excellente entrée en matière pour discuter des perceptions, des différentes visions d’une même personne, d’une même action, d’une même situation.  Et des différentes réactions possibles.  Quand on discute « livres » avec les grands, c’est une très bonne piqûre de rappel pour se mettre dans la peau des différents personnages et mieux comprendre leurs réactions.

 

De belles images et surtout une lecture suivie de recherches et de discussions passionnantes sur les animaux avec les cocos (la vision des chauves-souris a suscité tout un débat!).  Original, instructif… et une porte ouverte sur autre chose!

 

 

Avr 07 2017

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Nouvelles orientales – Marguerite Yourcenar

C’est la première fois que j’ouvrais un livre de Marguerite Yourcenar.  Un autre de ces auteurs qui me faisaient peur.  C’est le nom qui commence par « Y » je pense.  J’ai du mal avec les dernières lettres de l’alphabet, je pense!!

 

Le recueil renferme une série de nouvelles qui ont pour point commun d’avoir pour origine des légendes de l’est réelles ou inventées, de la Chine à la Grèce,   On y retrouve entre autres Genghi et Kali, figures emblématiques que j’aime beaucoup.  Des personnages racontent des histoires à d’autres et nous transportent dans des univers parfois irréels, parfois légendaires.    J’ai particulièrement aimé Comment Wang Fo fut sauvé (sa peinture semble tellement belle), les hirondelles (je veux visiter cette chapelle… elle était devenue réelle!), et celle de Genghi (souuuvenirs!), entre autres.  Quelle surprise.  Et Marko aussi.   Ce sourire, ce sourire!

 

Je pense que j’ai presque tout aimé en fait.  La plume particulièrement.  J’ai écouté les nouvelles et ça a été un vrai délice.  C’est particulièrement évocateur et en quelques mots, Yourcenar réussit à nous emmener dans son monde et à créer autour de nous une ambiance très physique, sans tomber dans les descriptions pour autant.   Bref, une très très belle surprise.

Avr 03 2017

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Quand la nuit devient jour – Sophie Jomain

De Sophie Jomain, je n’avais lu que les trois premiers tomes des étoiles de Noss Head, dont j’étais sortie mitigée.  Je n’étais pas super fan du style et l’héroïne m’avait tapé sur les nerfs.  Et après avoir relu mes billets sur la série, je réalise que ces points font aussi partie des choses qui font que si j’ai mieux aimé que Noss Head, j’en ressors quand même beaucoup moins positive que les autres avis que j’ai lus sur la blogo et sur Youtube.   Donc, ne pas se fier que sur moi.

 

Pourquoi avoir lu celui-ci donc?  Parce que j’avais envie de voir ce que Sophie Jomain faisait dans un tout autre style.  Et pour être différent, le thème de celui-ci l’est.  On parle d’euthanasie active, d’une jeune femme qui combat depuis toute sa vie un état dépressif sévère et chez qui aucun traitement ne fonctionne.  Elle a choisi d’en finir en Belgique, où ce processus est légal.

 

L’aide à mourir est récemment possible au Québec.  De par mon travail, j’ai connu des gens qui ont fait ce choix.  Ça soulève de nombreuses questions, des questions sur les soins palliatifs, sur notre système de santé, entre autres.  Du coup, le sujet m’interpellait.  Entendons-nous, ici, nous ne sommes pas dans le politique, mais dans le parcours personnel de Camille, qui n’en peut plus et qui souhaite en finir.

 

Étrangement, les personnes qui m’ont le plus touchée dans ce roman sont les parents de la jeune fille, qui réagissent à leur manière fort imparfaite, certes, mais de façon très humaine.  Leur détresse fait mal à lire.  Étrangement, bien que je me sois attachée à Camille à la toute fin, je suis restée plus extérieure à son récit, surtout pendant la première partie, qui m’a semblé clinique, détachée, malgré la dureté du propos.  Ceci confirme (pour moi) mon manque de réceptivité au style de l’auteur, fait de phrases souvent courtes.  En deuxième partie de roman, bizarrement, ça passait beaucoup mieux.

 

Je passerai rapidement sur toute l’histoire avec son médecin traitant, ainsi que la fin.  C’est personnel mais c’est pour moi un sujet qui ne passe pas, surtout en ce contexte.  Si les réactions de Camille par rapport aux autres sont parfois déconcertantes, souvent très égocentriques pour passer ensuite dans la culpabilisation la plus totale, elles sont compréhensibles vu son état de détresse profonde et son désir de disparaître.  Ce roman fait réfléchir sur la conséquence du manque d’estime de soi, du manque d’amour pour soi-même, sans que l’auteur nous fasse la leçon. Parce que cette histoire, elle est extrêmement triste et on se sent d’une impuissance terrible.   Si quelqu’un de mon entourage m’annonçait ce désir… OMG.  Je préfère ne pas y penser.

 

Ce roman fait partie de la liste des coups de coeur 2016 pour de nombreux lecteurs.  Ne vous fiez donc pas à mon seul avis mitigé.

Les ressentis de Mylène, de Pretty Books et de Galleane

Avr 02 2017

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Bleu – Philippe Béha

Vous ne trouvez pas qu’il y a un petit quelque chose de Chagall dans cette couverture?  Ça a été ma première pensée quand je l’ai aperçue.  Je suis d’ailleurs très fan de l’univers pictural de Philippe Béha, de son côté fantasmagorique et simplissime à la fois. Ses illustrations ont toujours le petit quelque chose en plus qui me fait m’arrêter sur chaque page… et qui, à chaque fois, me fait me surprendre à rêvasser.

 

(Je sens que l’idée que je voulais véhiculer par cette dernière phrase était BEAUCOUP plus claire dans ma tête que par écrit… mais passons!)

 

Cet album a donc fait mon bonheur.  Certes, les enfants ont besoin d’être accompagnés pour vraiment l’apprécier à sa juste valeur mais on est tout de suite plongé dans tous ces bleus, avec des touches contrastées dans les tons orangés.   Les textes sont davantage des poèmes qu’un texte suivi mais ils sont à la portée des enfants, avec des tons variés.   Ils ne riment pas toujours et avec les « moyens », c’est un bon moyen d’aborder ce type de poèmes parce qu’ils sont tous très évocateurs.

 

Un album de qualité qui a bercé l’adulte que je suis!

Preuve qu’on n’a pas besoin d’être une enfant pour ça!

Mar 31 2017

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The mists of Avalon (Les dames du lac/les brumes d’Avalon) – Marion Zimmer Bradley

(Oups… un billet que j’avais oublié de publier!)

Je n’avais pas lu ces fameuses brumes.  On m’avait dit que c’était kitsch à souhaits et que c’était une réécriture des légendes arthuriennes du point de vue des femmes.  Comment résister à un roman arthurien qui s’annonce kitschissime?  On ne peut pas!  Et moi, j’ai adoré.  Oui, je sais.  Vous pouvez me juger.  Mais c’est pour moi limite un classique du genre et je suis ravie de l’avoir découvert.

 

Ah oui!  J’ai pu comparer les versions anglaises et françaises… et sérieux, ce n’est pas le même roman. Il en manque des GROS bouts.   Dans la VF, c’est vraiment une adaptation, avec un gros accent sur les histoires personnelles et les histoires « de femmes » (sans préjugé aucun de ma part hein… mais ceux qui ont lu comprendront), en laissant de côté plusieurs intrigues politiques et religieuses.  Parce que, pour moi, le gros du roman, ça a été certes ces personnages qui ont marqué mon imaginaire d’enfant, mais également d’observer la montée du christianisme en Angleterre, au détriment des anciennes religions.  Ceci dit, j’ai vu à plusieurs endroits que dans la VF, plusieurs avaient trouvé ça déjà redondant… alors que c’est très très très édulcoré.  Du coup, je ne conseille pas si c’est le cas.

 

N’empêche qu’il y a un souffle épique dans cette histoire.  Il fallait hein, vu que le dit souffle a dû me porter pendant touuuut le mois qu’a duré ma lecture!    On nous promène dans le temps, parfois avec la voix de Morgaine, la fée, omnisciente à travers les âges. qui nous raconte au départ l’histoire de sa mère, Igraine, qui l’a enfantée ainsi qu’Arthur.  Elle nous avise dès le départ que ce sera biaisé par ses propres émotions et croyances, par sa propre vision.  Puis, par la suite, on la suit, elle, ainsi que finalement, Guenièvre, qui représente la religion chrétienne, prête à tout pour être la seule.   Oui, je sais, ça rappelle des choses!

 

J’ai aimé ces personnages imparfaits, j’ai aimé voir une autre image des femmes que celle traditionnellement présentée dans les histoires de chevaliers.  En effet, normalement, elles sont là pour servir de trophée, de valeur d’échange… ou encore de démon tentateur.  Du coup, l’autre vision est agréable à lire.  Je dois avouer avoir passé autant de temps sur le net à comparer les différentes versions des légendes que de temps à lire le roman… mais ça fait partie du plaisir, n’est-ce pas!  Bien entendu, il y a des raccourcis… mais j’ai aimé me faire raconter cette histoire.  Du coup, même si je ne crois pas lire la suite de sitôt, j’en garde un bon souvenir!

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