Nov 26 2018

160, rue Saint-Viateur Ouest – Magali Sauves

C’est ma twinette Yueyin qui m’a offert ce roman lors du 12 août cette année. Elle l’avait lu, aimé, ça se passe à Montréal et c’est un policier.  L’auteure est née de mère juive mais c’est à travers son expérience d’enseignante qu’elle a connu davantage la communauté Hassidim du Mile End. Un peu comme Myriam Beaudoin (qui pour sa part n’est pas juive) dans Hadassa, roman que j’avais adoré. Après avoir fouiné un peu, j’ai réalisé que Magali Sauves avait aussi publié un autre roman dans le monde des Hassidim, Yiosh! chez Hamac. Inutile de préciser que maintenant, je veux le lire. Mais je reviens à 160, Saint-Viateur Ouest.

 

Le personnage principal est Mathis Blaustein. Né dans une famille juive ultra-orthodoxe, il n’a presque plus de contacts en raison de son homosexualité, pour laquelle il n’y a absolument pas de place, et de son métier; il est enquêteur pour la SQ. Il est très discret sur son lieu de travail et vit difficilement le fait d’être coupé de ses racines.  Alors qu’il est dans une enquête sur la mort d’un chimiste génial chez Green Stuff, sa mère, Yocheved, reçoit la visite d’une vieille dame visiblement désorientée qui cherche Hannah et qui soutient qu’elle est ici chez elle, au 160, Saint-Viateur Ouest. Sauf que la famille a toujours habité au 158bis. Bref, l’enquête en cours va s’entremêler avec son histoire familiale.  Le genre de truc que j’aime beaucoup beaucoup.

 

Si l’enquête policière est intéressante, elle n’a pas été pour moi l’élément le plus intéressant de l’histoire et elle nous apparaît plutôt en arrière plan. La quête historique, la réflexion sur la mémoire et la percée dans cette communauté si peu connue ont été pour moi les éléments marquants de ma lecture.  Le regard m’apparaît réaliste mais bienveillant (ok, réaliste, mon opinion ne vaut strictement rien… je ne connais pas du tout cette culture à part ce que j’ai lu dans des romans… mais ça SONNE vrai) malgré l’impossibilité pour le personnage principal d’y trouver sa place.  Il ne rejette pas tout d’emblée et ses questionnements, son évolution, m’ont beaucoup interpellée. Quel personnage intéressant et ambigü… j’espère vraiment le retrouver dans d’autres romans.

 

Les fils sont tous bien noués, même si j’en aurais pris un peu plus pour que certaines affirmations apparaissent plus naturelles car je dois avouer que j’ai trouvé que certains raisonnements auraient mérité plus d’explications.  Et bon, l’orthophoniste que je suis a quand même noté que le défaut de langage de l’un des personnages ne « fittait pas »… personne d’autre ne va s’en rendre compte par contre… je suis une terreur pour ça!  L’écriture est simple mais nous entraîne en plein coeur de Montréal au début des années 2010. Entre holocauste, relations policiers-victimes, difficultés culturelles et avec une touche de commission Charbonneau, il y a certes beaucoup de choses dans ce roman dont la lecture m’a beaucoup plu!

À lire!

Nov 25 2018

Malou – Geneviève Godbout

En ce dimanche, je vous présente un très bel album signé Geneviève Godbout qui traite, avec très peu de paroles, de la dépression chez l’enfant.   Nous rencontrons donc Malou, un petit kangourou enjoué, qui adore sauter haut, très haut.  Toutefois, un jour, un petit nuage gris apparaît  autour de lui et il n’a plus du tout envie de sauter. Va-t-il réussir à le faire disparaître?

 

Geneviève Godbout nous offre encore une fois de superbes illustrations, toutes douces mais très parlantes. Le petit kangourou est mignon comme tout et a l’énergie incroyable des enfants. Nous ne comprendrons jamais pourquoi le nuage est apparu parce que parfois, c’est comme ça. Les amis ne comprennent pas toujours, tout ne fonctionne pas tout de suite, mais il y a un message d’espoir et de solidarité qui fait du bien.

 

Bien entendu, c’est un album qui demande de l’accompagnement de l’adulte. Le propos derrière n’est pas si clair que ça pour les petits. Mais l’album permet de susciter la discussion et de parler de ces fameux petits nuages noirs qui, des fois, passent seuls et qui, d’autres fois, restent.  Très beau, comme souvent chez la Pastèque. À feuilleter!

Nov 24 2018

Journal de bord en Martinique – 1 – plongeon et bananes

Me voici donc en Martinique!  Voyage coup de tête vu que je n’avais jamais même pensé à y aller avant que Mylène ne me propose ce voyage. Après une valise préparée la veille au soir (et le matin même, sinon c’est pas drôle… et non, je n’ai pas juste une paire de shorts et des gougounes… contrairement à certains quand ils font des bagages de dernière minute), j’embarque donc dans l’avion avec, as usual, mon éternelle « peur d’avoir peur en avion alors que je dors tout le long »… pour me réveiller à l’atterrissage. Finalement, c’était pas si pire!

 

Je vous passe la première journée, où ça s’est limité à « apéro et installation à l’hôtel avant de nous effondrer chacune dans notre lit »… et on commence avec le vendredi. Départ tout en douceur.

 

Avec Mylène, la journée commence tôt.  C’est que décalage horaire ou pas, à 5h30 (oui oui, du matin), elle a les yeux grands ouverts.  Nous étions donc là, toutes les deux réveillées à attendre 7h pour pouvoir partir pour explorer les environs. Première étape : le Morne Gommier.  Seul problème, les routes pour y arriver sont ma foi… amusantes.  Si on aime les montagnes russes.  Ah non, en fait, on a un autre problème… à 7h15, ya absolument rien d’ouvert!  Juste nous qui crapahutons sur les routes.

 

Mais il en faut plus pour nous arrêter et nous redescendons vers Le Marin où il y a un truc ouvert : le marché.  J’aime les marchés.  Voire même que j’adore les marchés.  Nous nous arrêtons donc, guillerettes et là, que nous offre-t-on?  À 7h37 le matin?  De goûter des rhums arrangés.  Et nous, pour ne pas déplaire (on est comme ça), nous nous sommes exécutées. Bref, 4 gobelets de dégustation plus tard, nous repartons avec une bouteille de rhum abricot.  Et ça n’a rien à voir avec les abricots québécois.  Je ne vous parle même pas des bananes que nous avons mangées pour le petit déjeuner.  Limite un orgasme bananier!

 

Direction Ste-Anne pour une balade sur la plage.  Bon, je vais vous révéler mon enfer personnel : avoir du sable dans mes chaussures. Défenses sensorielles au cube.  Je veux mou-rir!  Bon, pas assez pour ne pas aller sur la plage, mais SANS chaussures.  Vous imaginez même pas le bordel ensuite pour les remettre.  J’ai 88 techniques, toutes plus bâtardes les unes que les autres… et d’une efficacité douteuse!  Toujours est-il qu’on a pu voir la mer au grand des caraïbes au grand soleil, avec juste un beau petit vent et un tout petit 31 degrés.  Ça va encore, selon les martiniquais!

Au village, on a fait les boutiques, comme toute touriste qui se respecte. Puis encore un marché où j’ai pu constater que chez eux, le Pète-Zizi ou le Remonte-Machin est clairement affiché!  J’ai envoyé des photos à la moitié de ma liste de contact de sexe masculin, au cas où… mais bon, personne ne m’en a demandé de bouteille de toute urgence.  Tant mieux pour eux.  Un dernier arrêt à l’église (il semblerait que les Martiniquais soient très religieux, car elle était pleine), juste pendant la messe.  Ils disent les mêmes prières que nous… mais plus lentement.  Il y avait des gens et des chaises jusque dehors.  Nous, on a plutôt décidé d’aller voir la vue au Calvaire, qui surplombe la baie.  Et c’était jooooli!

C’est ensuite l’heure du Ti-punch, et je me suis fait le plaisir de me la jouer locale en buvant rhum agricole, sucre et citron comme une vraie martiniquaise (bon, probablement comme une vrai touriste martiniquaise mais laissez-moi mes illusions). C’est que c’est bon, ce truc! Après avoir mangé à la Cour Coco (tout est au coco ici… et même moi je suis rendue que j’aime le coco), où j’ai goûté au poulet Colombo (ça goûte la bouffe indienne… que My disait ne pas aimer!) et le boudin créole (allez savoir pourquoi, je voulais absolument manger la peau…), on se dirige vers la Savane des pétrifications, une rando qui nous mène sur les hauteurs, en vue de l’Anse Trabaud (du moins, me semble).  C’est un ancien marais asséché, il y a des roches de toutes les couleurs, il y fait très chaud… et on se croirait sur la lune.  Ou sur une Mars pâle. Mais pour y accéder, il faut vouloir!

C’est qu’imaginez-vous qu’il y a un pont à traverser.  Mais que pour une raison ma foi assez obscure, le pont est construit…. au milieu de l’eau!  Il y a un gué à traverser, sur des pierres glissantes pour se RENDRE au pont . Et pour retrouver la terre ferme ensuite.  Je n’écoute que mon courage et m’y précipite… pour figer à la troisième roche.  Rien à faire, transfert de poids impossible à faire.  Je suis là, avec mon téléphone dans les mains (pour les photos), mes souliers dans l’autre, mon sac plein de cossins-qui-aiment-pas-l’eau, en équilibre sur une roche, aussi pétrifiée que la savane.

C’est en se fichant un peu de ma gueule que Mylène s’élance fièrement.  Un rocher, c’est bon. Deux rochers, ça va encore, mais ça branle un peu… Trois rochers et PLOUF!  Mylène à l’eau. En robe. Sans maillot en dessous.  Parce que j’ai oublié de vous mentionner que j’avais une robe de designer (québécois, of course) sur le dos, dans toute cette aventure (ce chez Kollontaï, pour ceux que ces détails triviaux intéressent).  On est glamour ou on l’est pas.

 

Mylène a donc – toujours gracieusement – nagé en petit chien jusqu’au pont et constaté que pour sauver le livre qui était dans son sac (priorités, les gens… priorités), elle s’était solidement amoché les deux genoux.  Détaillounet!

 

Ceci dit, je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais je suis toujours pognée sur ma roche, moi.  Au MILIEU du lac. Mais j’ai eu la chance de ma vie quand une super sauveuse est venue à ma rescousse (ok, j’avoue.. une gamine de 10 ans) et a en premier, traversé mon sac pour revenir me chercher et me faire traverser en me tenant la main.  DÉFENSE DE VOUS MOQUER! Ok, oui, vous avez le droit parce que je me suis bien foutue de la gueule de Mylène. L’avantage, c’est que ça sèche vite!

Me croyez-vous qu’au retour on a traversé ailleurs, en plein DANS le lac au lieu de se taper des roches glissantes?  Ok, les robes étaient mouillées jusqu’à la taille, on a définitivement flashé nos petites culottes en chemin… mais au moins, on a gardé notre dignité!  On a même fini par donner des conseils aux gens pour traverser.  On ne se refait pas!

L’arrêt suivant fut la plage des Salines, une magnifique plage de sable blanc où il y avait relativement peu de monde et où on a fait trempette pendant une petite heure et demie.  Avec une magnifique vue, en plus.  Comme nous étions trempées (je vous rappelle qu’on a  traversé un lac à pieds) et qu’on avait pas de change, nous avons vaillamment décidé de finir la journée commando, sans soutif parce que bon, c’est pas confo, les sous-vêtements mouillés.  Et que de toute façon, on s’en retournait à l’hôtel, non?

 

Ah non… en fait, non.  Pourquoi pas regarder le coucher de soleil du haut du Morne Gommier (vous vous rappelez, celui qui était fermé ce matin). Et on a bien fait car la vue était ma-jes-tu-euse.  Avec le rocher du Diamant et le Morne Larcher en arrière plan, c’était de toutes les couleurs.

Nous étions fort jolies, le nez au vent, les yeux remplis de beauté et nos jupettes qui voletaient avec la brise… autant en haut qu’en montant.  J’imagine que plusieurs en ont eu plein les mirettes dans tous les sens du terme!  Ils auraient pu voir non seulement un coucher de soleil, mais un duo de lunes!

Retour à l’appart (douuuuuuche) et souper à Ste-Luce, tout près.  Je découvre ce qu’est le Lambis et je constate aussi que préparé à la façon « blanquette de veau mais pas de veau », c’est juste délicieux.   On goûte à la Lorraine, la bière locale, on se fait bouffer par les moustiques malgré la TONNE d’anti-moustiques, et on retourne se coucher. J’ai lu 4 pages en tout.  Et je suis généreuse!

 

Première journée réussie!

Nov 22 2018

Manikanetish – Naomi Fontaine

J’avais découvert Naomi Fontaine avec Kuessipan, que j’avais beaucoup aimé. J’ai donc replongé avec plaisir dans son univers avec Manikanetish, qui se déroule à Uashat, réserve située près de Sept-Iles, et qui raconte l’histoire de Yammie, jeune femme Innue qui revient dans son village natal pour enseigner au secondaire.

 

À travers quelques scènes choisies, Naomi Fontaine nous fait vivre cette année scolaire qui changera tout pour Yammie, qui en sortira grandie malgré tout. Elle a tout laissé derrière. Son amoureux, sa vie hors de la réserve. Elle revient inquiète et passionnée, devant des jeunes qui ne sont pas capable de laisser leurs passés hors de la classe. Entre les deuils, les enfants à élever alors qu’on est encore presque un enfant soi-même, la violence et les lourdeurs du quotidien, ses élèves partent souvent avec deux prises. Mais elle va s’attacher à eux (et nous aussi) et tout tenter pour les aider à sa manière. Et ils vont le lui rendre. À leur manière aussi.

 

J’aime énormément l’écriture de Naomi Fontaine, concise, directe, mais porteuse de lumière et d’espoir. J’aime la vision bienveillante qu’elle pose sur ses personnages. On sent qu’elle croit en eux et que son espoir est réel. Bien entendu, rien n’est gagné, pour aucun d’entre eux.  Mais on a envie d’y croire.

 

J’avoue que j’aurais aimé explorer davantage le personnage de Yammie. Si j’ai apprécié la réflexion du départ sur la solitude parmi la foule, la sensation de se sentir étranger, j’aurais apprécié pousser un peu plus loin sur le thème des racines, du retour.  Ceci dit, c’est un roman que j’ai réellement beaucoup aimé… et je guetterai les prochaines parutions de l’auteure!

Nov 21 2018

Les nombrils – tome 8 – Delaf et Dubuc

Si je vous dis « capsules de beauté Youtube » animées par Jenny et Vicky, avec Karine derrière la caméra, j’imagine que tous les fans vont sauter de joie hein?  Et que tous ceux qui n’ont pas lu la série ne comprendront pas l’enthousiasme de ce futur projet – ni de quoi je parle d’ailleurs (parce que non, ce n’est pas un fantasme, ça va arriver un jour). Il va donc falloir remédier à ça et vous y mettre parce que ça promet une folle rigolade… et des conseils complètement déjantés!

 

Je vous ai parlé il y a quelques mois des premiers tomes des Nombrils, cette série très second (voire même troisième) degré, qui raconte l’histoire des deux « plus belles filles de l’école » et de leur faire valoir Karine, avec qui elle se permettent tout.  Mais VRAIMENT tout.  Ce sont des chipies en puissance, qui poussent l’insulte et la méchanceté à l’extrême… ce qui est ma foi assez hilarant.  Le tout est porté pas un dessin dynamique et expressif… auquel il faut porter attention pour bien en discerner tous les petits détails!

 

Mais ce n’est pas que ça. Plus les tomes avancent, plus les personnages évoluent et plus on découvre leurs passés, leurs tracas personnels.  Les auteurs ont réussi à leur donner des « circonstances atténuantes » sans pour autant rendre leurs comportements acceptables.  Toute cette intimidation, toute cette méchanceté, ça permet au lecteur de réfléchir, parfois de se reconnaître… et d’apprendre, à travers l’humour, à penser par lui-même.

 

Ce 8e tome aborde le thème de la célébrité, de la jalousie et les intrigues amorcées dans les tomes précédents se poursuivent, notamment pour Karine et son groupe, ainsi que pour Jenny et Vicky, maintenant meilleures ennemies.  Ces deux dernières ont aussi bien du mal à gérer leurs amours.   Cet album, c’est l’album des choix, des décisions.  Seront-elles bonnes?  Et même si elles sont bonnes, même si elles font tout bien, est-ce que ça va bien aller eux?  Parce que ne nous leurrons pas, des fois, même quand on fait exactement ce qu’il faut, la vie ne vire pas nécessairement comme on le voudrait.

 

Ça a été un plaisir de pouvoir rencontrer les auteurs au salon du livre à Montréal.  Nous avons eu droit à une discussion ouverte et animée au sujet des personnages, de leur évolution, de leur processus créatif et des tours et détours que peut peut emprunter une série en évolution.  Les auteurs sont passionnés, passionnants et on sent qu’ils ont vraiment leurs personnages à coeur.  Ça a été un plaisir d’apprendre ce qui a « failli » arriver!

 

Des auteurs qui font confiance à leurs lecteurs et à leur intelligence, ça fait toujours plaisir… et une série que je recommande chaudement!

C’était ma BD de la semaine, et c’est Stephie qui nous accueille cette semaine!

 

 

 

Nov 20 2018

Laure Clouet – Adrienne Choquette

Quand on va faire une promenade des écrivains avec Marie-Eve Sevigny, on ressort toujours avec une liste des oeuvres obligatoires. Et cette année, je n’ai fait qu’une promenade alors j’ai le temps d’être bonne élève.  J’ai donc lu, à sa suggestion, Laure Clouet, oeuvre québécoise datant de 1961. Et comme elle est bonne prof, elle a su bien choisir, et me donner les clés nécessaires pour l’apprécier davantage.  Ne vous méprenez pas, c’est très très accessible sauf qu’une fois replacé dans l’époque, le propos est encore plus révélateur.

 

Ce court roman nous présente donc Laure Clouet, vieille fille héritière d’une riche famille de la Grande Allée. Elle a des sous, du standing mais aussi toute une réputation familiale qui tient maintenant sur ses seules épaules depuis la mort de sa mère qui maintennait la maisonnée dans une époque révolue, sans évolution possible.  Laure a bien des envie de voir le monde autrement, mais les traditions et l’éducation qu’elle a reçue ne rendent pas les choses faciles.  Elle vit donc seule, sans avoir absolument rien changé, jusqu’à ce qu’une lettre d’une jeune nièce vienne bouleverser ses certitudes.

 

On se retrouve ici à l’aube des grands changements des années 60.  L’aristocratie québécoise s’effrite et avec le changement vient le clash des générations. Imaginez, les habitants des quartiers qui se mélangent! Et une nièce qui osent demander de l’héberger, comme ça!  Ça ne se fait pas. Et avec le vieux monde qui se meurt, Laure perd peu à peu ses guides et se sent ballotée par ceux qui la poussent en avant et ceux qui la tirent en arrière. Et c’est ce portrait d’une société en bouleversement, d’une femme prise au milieu de tout ça qui nous est ici offert. Parce que malgré l’âge de la protagoniste, il s’agit ici de prendre ses premières vraies décisions d’adulte et j’ai trouvé ses déchirements passionnants.   De la demande, nous en savons somme toute peu… que va-t-il arriver? Sont-ils bienveillants? Mais qu’importe car il ne s’agit que du déclencheur vers une transformation tout autre.

 

L’écriture est fine et ciselée sans pour autant être alambiquée.  Elle dresse le portrait de Québec (et d’une partie du Québec) avec adresse et se balader dans les endroits où se déroule le roman était ma foi fort agréable.   Une belle découverte pour moi qui ai toujours eu un peu en grippe les classiques québécois!

Nov 18 2018

Mystères à l’école – Collectif dirigé par Richard Migneault

Les collectifs, ça permet à la fois de découvrir de nouvelles plumes et de retrouver nos favoris dans un autre genre. J’aime beaucoup cette série de recueils dirigée par Richard Migneaut, blogueur et auteur dans ce cas précis.  Rappelez-vous qu’ils nous avait offert des crimes à la librairie, à la bibliothèque et au musée il y a quelques années.

 

Ici, le recueil s’adresse plutôt à des jeunes de 9-11 ans et nous ramène à l’école (primaire et secondaire) où se passent de bien drôles de choses. Un mystérieux élève que personne ne voit, un ordinateur piraté, un élève qui passe la moitié de sa vie chez le directeur, des énigmes pour un passionné de Sherlock… bref, un peu de tout.  En arrière-plan, ça parle d’amour, d’intimidation et de plusieurs sujets qui touchent les jeunes.

 

On va s’entendre, je ne suis pas le public cible et j’ai vraiment dû me mettre dans la position d’un adulte qui lit pour les jeunes pour apprécier ce recueil à sa juste valeur. C’est un peu le groupe d’âge avec lequel j’ai le plus de mal à vraiment aimer ce que je lis car j’ai l’impression d’être à cheval entre la magie de l’enfance et la réelle complexité des lectures pour les plus grands. Je sens que je ne suis pas claire hein! Bref, je vois la qualité derrière (la preuve, the nine-years-old a aimé) mais je trouve ça trop simple pour vraiment adorer.

 

J’ai un gros faible pour les textes de Karine Lambert, vraiment différente, qui nous amène dans un univers SF qui m’a énormément plu (j’en aurais voulu plus), de Simon Boulerice (il y a toujours un je ne sais quoi dans ses textes), qui nous fait rencontrer un jeune qui veut être l’ami d’un nouvel élève qui le fascine et de Sonia Sarfati, qui nous offre une romance super mignonne. J’ai aussi aimé le texte de Richard Migneault (sauf le titre), un peu différent, et qui montre que parfois, les choses changent.

 

Je serais curieuse d’avoir davantage d’avis de jeunes lecteurs parce que je sens que mon avis d’adulte est biaisé et que j’ai trouvé certains propos un peu appuyés. L’avez-vous lu?

Nov 15 2018

Les histoires de Shushanna Bikini London – Lucile de Pesloüan

Je me suis longtemps demandé où allait intervenir Shushanna Bikini London dans l’histoire. Voyez-vous, c’est que je croyais que c’était un personnage de l’histoire jusqu’à ce que j’apprenne que c’était le pseudonyme sous lequel s’était fait connaître l’auteure quand elle avait publié ces histoires sous forme de zine.  Cet ouvrage comprend donc dix histoires écrites, avec, en parallèle, des photos et des citations intercalées. Comme les images font écho aux textes, elles ajoutent une dimension un peu mystérieuse, qui ouvre l’esprit sur autre chose.

 

J’ai pour ma part vraiment apprécié cette lecture, qui me tentait depuis un bon moment. C’est toujours difficile de parler de nouvelles, d’histoires car il nous en reste surtout une ambiance, avec quelques fulgurances. Ici, l’auteure nous ouvre des parenthèses, des petites bulles qui éclatent avant qu’on ait le temps de tout savoir, ou qui ne nous livrent que quelques courts moments d’aventures que l’on sait plus grandes. C’est risqué mais avec moi, ça a fonctionné. J’ai aimé ces regards fragmentés, très pudiques, qui nous obligent à imaginer ce qu’il y a dans les interstices.

 

Ça parle de deuil, de filiation mais aussi d’obsessions, avec une touche de féminisme (on parle quand même de Lucile de Pesloüan ici) et beaucoup de sensibilité. Bref, un format original et vraiment, je pense que j’aiime de plus en plus les nouvelles!

Nov 13 2018

Ma Martinique

Mes amis Facebook le savent, j’ai passé une semaine et demie en Martinique avec Mylène la semaine dernière.   Je ne connaissais pas du tout la destination, j’avais zéro attente, et j’ai passé de très belles vacances sous les tropiques, en chantant tout un tas de chansons tout aussi quétaines les unes que les autres.  On était basées à Ste-Luce et  presque toute l’île est accessible dans la journée. C’était beaucoup de chaleur, beaucoup d’humidités, plein de palmiers, de fleurs, de fruits (les bananes… les bananes), de la baignade, des vagues, des randos… et du rhum!

 

J’ai écrit mon journal de voyage… mais je n’ai pas décidé si mes anecdotes étaient suffisamment intéressantes pour les publier ici… en attendant, un petit aperçu (avec mes photos instagram) de la Martinique, vue par moi!

 

La Martinique en randonnées…

  • Le tour de la presqu’ïle de la Caravelle – une randonnée assez facile de 8 km (une bonne montée, mais au début), avec des panoramas incroyables et variés (côte, mangrove, sous-bois) et une vue magnifique.  Le parcours long dure presque 4h… alors prévoir de l’eau!
  • Le Morne Larcher – Une vue magnifique sur le rocher du Diamant… mais il faut la mériter!  Début dans les herbes et ensuite, montée sur des gros rochers.  La descente est… acrobatique!  Deux chemins pour le faire, l’un avec 400m de dénivellé et l’autre avec 200m… en en faisant une partie en voiture!
  • Le tour de la pointe du Vauclin – Une boucle assez facile de 4 km dans les herbes hautes, sur les rochers, la mangrove et qui traverse un village de pêcheurs.   Super beau… mais très boueux quand il a plu pendant la nuit.  Mes chaussures s’en souviendront!
  • Le canal de Beauregard – Mon Wow du voyage question panoramas.  2 km sur un ancien muret construit pas des esclaves pour amener l’eau aux champs en contrebas.  Un peu vertigineux par endroits.  Nous n’avons pas tout fait en raison d’éboulements mais ça a été toute une expérience pour moi.  On peut le prendre en haut  (parking de la maison rousse) ou en bas (Le Carbet) mais je crois qu’en partant du haut, on peut en faire plus longtemps!
  • L’ilet Chevalier – On s’y fait reconduire en bateau, il y a une toute petite plage de sable blanc et un sentier dans les herbes hautes et les cactus qui fait le tour de l’îlet.  Facile, court, agréable, mais pas non plus wow quand on a vu les paysages des autres randos.  Chouette pour voir le côté océan versus le côté Baie!
  • Le Morne Champagne – Petite randonnée de la petite anse d’Arlet à la grande anse d’Arlet.  Ca monte assez rapidement, c’est court mais c’est beaucoup plus carossable comme randonnée que celle du Morne Larcher.
  • Savane des pétrifications – Un paysage désertique et lunaire… après une traversée de gué un peu hasardeuse pour nous.  C’est un ancien marais asséché, assez particulier pour l’endroit.

 

La Martinique en plantations, habitations et musées

  • Habitation Clément – Rhumerie encore en activité mais ayant conservé la maison coloniale en l’état ainsi que plusieurs des anciennes machines à vapeur. Les jardins sont magnifiques et une expo d’art contemporain est présente à l’intérieur et à l’extérieur. Visite intéressante, dans une atmosphère un peu steampunk, avec dégustation à volonté pour la clore!
  • Habitation Céron – Ancienne distillerie en ruines… mais très très beau jardin tout autour, rempli de matoutous, ces mygales poilues (trop choupi selon moi).  Le paysage est à la fois sauvage et domestiqué… c’est magnifique.
  • Rhumerie Trois-Rivières – Moins de bâtiments visitables hors-visite guidée que les autres endroits visités… mais beaucoup de boutiques d’artisans, de bonnes glaces et une dégustation qui en vaut le coup.  Ben quoi… j’aime le rhum.
  • Rhumerie St-James – Une autre rhumerie ancienne avec historique, anciennes machines… et dégustations.  Il faut bien comparer!  Il y a aussi un petit train dans les plantations.
  • Musée de la Banane – Tout près de Sainte-Marie, le musée de la banane qui parle… de bananes.  On peut goûter en plus.  Une première section intérieure qui parle de l’histoire de la culture et une partie extérieure avec 60 espèces de bananiers différentes.  C’est jooooli!
  • Écomusée de la Martinique – Musée archéologique et historique, qui retrade l’histoire de l’île des permiers amérindiens Arawak (ne me chicanez pas sur le terme, c’est celui qu’ils utilisent) jusqu’aux années 50, en passant par l’époque des Caraïbes et des habitations.  On y retrouve  beaucoup d’informations et de maquettes sur les modes de vie, ainsi que des objets datant du début de notre ère.   Ah oui, des infos sur les productions de café, cacao, canne à sucre, banane et tout et tout…
  • Château Dubuc – Court parcours sur les hauteurs avec une vue magnifique, parmi les ruines d’une ancienne sucrerie.  Audioguide avec des explications courtes mais intéressantes sur la vie de l’époque. C’est à la fin du sentier de la pointe de la Caravelle… il y a de super bonnes glaces à l’arrivée quand on a tout réussi!

 

La Martinique en plages… (que je mélange toutes…)

  • Anse Couleuvre – Plage de sable noir, avec des grosses, grosses, grosses vagues.  J’ai dû apprendre à les affronter à mes dépens!
  • Anse des Salines – longue, longue, longue plage de sable blanc… sans sargasses!
  • Petite Anse d’Arlet – Jolie plage avec un long quai et une vue sur l’église.
  • Anse Figuier – Tout près de l’écomusée, avec un grand parking.  Très animé.
  • Ilet Chevelier – En sable blanc et de l’eau turquoise.  Dommage qu’il y ait un peu d’algues.
  • Ilets du François  et baignoire de Joséphine – Les fameux sables blancs!  Super beau dans les parties blanches… mais si c’est foncé, c’est qu’il y a de la flore!

 

La Martinique en visites et activités…

  • Les jardins de Balata – Jardins magnifiques et apaisants, où on peut voir de magnifiques roses de porcelaines, des oiseaux de paradis et plusieurs plantes tropicales.  Il y a même un petit chemin dans les arbres!
  • Saint-Pierre en Petit Train – Visite passionnante avec un guide fanatique de l’histoire de sa ville.  Une partie en train, une partie à pieds, on visite les ruines du St-Pierre d’avant 1902 et on fait le plein d’histoires et de légendes.
  • Le mémorial de l’Anse Cafard – Un petit arrêt sur la route pour penser à ces hommes et femmes qui ont payé cher afin que les habitations puissent fonctionner…
  • La maison du bagnard – superbe vue… et curiosité locale!
  • Kayak dans la mangrove – Avec Kayak Nature Évasion, on a eu droit à une super balade dans la mangrove, avec un guide qui connaît super bien l’environnement, la faune et la flore.  De plus, il n’a pas son pareil pour apercevoir crabes, poissons et autres bestioles.  Un peu sportif par moment, quand on traverse la baie et qu’on fait le tour de l’îlet.  Une excursion que je conseille.
  • Plongée au rocher du Diamant – Un baptême de plongée idéal, dans un lieu enchanteur, avec Antilles SDR.  De l’eau claire, du corail, des poissons, une tortue, des couleurs… et un guide par personne qui plonge pour la première fois.  Très rassurant et bien encadré. 
  • La Savane des Esclaves – Lieu fondé à la mémoire des esclaves qui ont fait la prospérité des riches colons.  Visite guidée super intéressante à travers les différentes habitations recrées.  Cases, villages d’anciens exclaves et village Caraïbe.  Mieux sous le soleil que sous a pluie toutefois!

 

La Martinique dans les villes…

  • Ste-Luce – Tout plein de restos… et une atmosphère de village de pêcheurs!
  • Le Diamant – Joli village, avec une rue commerciale et un accès à la plage. et une jolie église.  J’ai beaucoup aimé.
  • Le Marin – Très jolie église et cimetière impressionnant. 
  • Ste-Anne – Très joli village, avec une église… et un chemin de croix où il y a une magnifique vue.
  • Ste-Marie – Village moins riche, moins bien entretenu, mais avec un beau front de mer, un marché chouette et le fameux tombolo sur le front de mer.
  • St-Pierre – Autrefois la capitale de la Martinique, le village a été rayé de la surface en 1902 suite à une éruption de la montagne Pelée. Reconstruit sur les ruines bien entretenues, un endroit historique incontournable selon moi. 
  • Trois Ilets – Particulier de par sa couleur, très joli village, lieu de naissance de Joséphine.  Tout près de la fameuse pointe du bout et son fameux village créole, mais aussi du village de la poterie, où on trouve artisanat de toute sorte.  Tois lieux très différents.
  • Tartane – Un super joli front de mer et une jolie plage… on est passés vite.

 

Alors, vous voulez le récit de mes aventures – et d’autres photos –  ou ça vous suffit?

Nov 13 2018

La Scouine – Gabriel Marcoux-Chabot

Ok, je vais commencer – comme d’habitude – par raconter ma vie.  J’ai dû lire « La Scouine » de Albert Laberge à l’école.  C’est l’un de nos classiques québécois, et on nous l’avait présenté comme le Zola québécois.  Résultat : ça m’a pris 25 ans à me décider à lire Zola.   Oh boy que j’avais détesté ce roman.  Je me souvenais d’un truc avec des personnages bêtes et méchants qui puaient le pipi.  Juste le mot « scouine » me levait le coeur.  Ça donne une idée.

 

Là, je vous entends penser.  Mais pourquoi tu as lu cette réécriture, alors?  Tu aimes la souffrance?  Ben non en fait.  Je me suis souvenue de d’autres lectures qui m’avaient ennuyée à l’adolescence et que j’ai adorés par la suite.  Une réécriture, c’était l’occasion de faire la paix, non?

 

Oui et non, en fait.  Bon, parce que je suis moi, j’ai aussi relu l’original.  Et bon, oui, il y a un côté naturaliste, avec les descriptions sombres et souvent glauques des milieux campagnards de la fin du 19e siècle, mais au Qébec.   Mais on est loin, loin, loin des études de caractère de Zola.  Mettons qu’entre Albert et Émile, il y a un monde côté psychologie des personnages.  Dans l’original, nous avos droit à des scènes de vie de la famille Deschamps sur quelques décennies, avec en vedette Paulima, la Souine, bébé laid qui est devenu une femme laide et méchante.  C’est plutôt décousu, certaines anecdotes racontées sont un peu en dehors de la trame principale et je comprends tout à fait pourquoi je n’avais pas aimé à l’époque.  Je suis encore mitigée… et, sérieux… c’est pas Zola. Zola, je l’aime.

 

Parlons maintenant de la réécriture.  J’avoue l’avoir préférée à l’original car plus resserré et l’auteur a ajouté un peu de profondeur aux personnages (qui auraient pu en prendre bien davantage, j’avoue) mais il y a quand même plusieurs passages qui sont tels quels par rapport au roman original.  Gabriel Marcoux-Chabot s’est permis de s’immicer dans les blancs, notamment au sujet du comportement de la Scouine et de son frère Charlot.   Même si la Scouine est toujours aussi méchante, hypocrite et prête à tout (quoique beaucoup moins mangeuse de ballustres), elle a un côté assoiffé d’amoir que je n’ai pas ressenti dans le roman original.  Attention, elle n’est pas mieux hein… à la fin de chaque chapitre, ou presque, je refermais le livre en disant (à haute voix) : c… de salo…  Sans joke.  Un mot que je n’utilise jamais.  Mais elle le méritait.  Genre, vraiment.

 

C’est un roman hyper court mais je pense que cette fois-ci je vais mieux m’en souvenir, vu que les personnages sont devenus plus tangibles.  Un peu.   Bref, même si ce n’est pas un coup de coeur, c’est quand même un coup de poing… et je suis quand même contente de l’avoir redécouvert.

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