Mar 06 2017

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A thousand boy kisses – Tilly Cole

Pourtant, cette couverture aurait dû  me faire peur.   Genre que j’aurais dû me sauver à toute allure.  Mais j’étais en plein Read A Thon, j’avais envie d’un truc léger, j’avais ça sous la main et j’en avais entendu le plus grand bien sur Youtube.   Erreur.  Grave erreur.

Je ne suis pas du tout la clientèle cible pour ce roman.  Je déteste les trucs « écrits pour faire pleurer » et je tombe très facilement en overdose de guimauve.  Dans ce cas précis, j’avais un peu mal au coeur après 30 pages.   Il y en a presque 300.  Imaginez la suite.

C’est donc l’histoire de deux jeunes, Poppy et Rune, qui ont grandi ensemble, étant voisins.  Leurs fenêtres se faisaient face, ils se parlaient tout le temps, de vraies âmes soeurs.  Poppy est un peu excentrique, très positive, tandis que Rune ne s’éclaire que près d’elle.   Quand la grand-mère adorée de Poppy meurt, alors qu’elle a 8 ans, elle lui remet un bocal avec tout plein de coeurs dedans.  Elle devra y inscrire 1000 baisers qui comptent vraiment pour elle.

Puis, bien sûr, ils tombent amoureux.  Or, voilà, un jour, à quelques heures d’avis (oui, je sais, je sais.  Over crédible), la famille de Rune repart en Norvège d’où ils viennent.  Ils sont dévastés mais promettent de s’écrire.   Mais un jour, Poppy cesse de répondre…

Comment dire, comment dire.

Je n’ai pas adhéré.  J’ai levé les yeux au ciel un nombre incalulable de fois.  Si j’ai trouvé le truc du bocal mignon comme tout, avec les répétitions, ça devient lassant et c’est un peu… niais, je trouve, tout cet amour.  Ok, ce n’est pas le bon mot.   Aimer de manière si absolue, à cet âge, ces personnages qui m’ont semblé caricaturaux et qui sont définis surtout par leur amour, ça ne me rejoint pas.   Toute la seconde partie m’a rappelé un film que je ne peux nommer pour ne rien spoiler…  mais c’était déjà vu pour moi.

Et cette fin, cette fin!  Non mais sans l’épilogue, ça aurait été moins pire.  Mais ça m’a tuée.  Sans mauvais jeu de mot.

Déception donc.   Mais bon, il est super bien noté sur Goodreads… ne vous fiez pas que sur moi.  Mais un peu quand même!

Mar 05 2017

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Moi, Albert, détestateur de livres – Ingrid Chabbert/Guridi

Vous savez que je ne résiste pas aux albums pour enfants qui parlent de livres.  Pas étonnant que j’ai été attirée par celui-ci, qui nous parle d’un petit garçon qui découvre la lecture et l’imaginaire.  Certes, on en a vu souvent, mais j’ai beaucoup aimé la simplicité de celui-ci, ce qui le rend très accessible aux petits.

 

Albert déteste les livres.  Mais là, vraiment.  Son père en lit 23 par mois… SANS IMAGES!  Sa mère lit partout partout et sa soeur parle tellement de livres que ça l’endort… même dans ses petits pois.  (Tiens… cette dernière image parlerait à mon frère le plus vieux… ça lui rappellerait des souvenirs!).  Peut-être même qu’ils aiment les livres… plus que lui!  Sacrilège!

 

Je ne vous raconterai pas tout.  Je ne vous dirai pas pourquoi le petit garçon a un jour décidé d’ouvrir un livre, mais je préciserai qu’il y a un lapin.  C’est un bon argument, non?

 

Les illustrations sont simplissimes, très accessibles et combinent plusieurs techniques.   J’adore le décalage entre le thème et les images.  Bref, je suis charmée.

Mar 03 2017

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La faute de l’abbé Mouret – Émile Zola

On m’avait dit que ce Zola n’était pas l’un des meilleurs et que j’allais m’ennuyer solide.  Mais bon, peut-être est-ce parce que j’ai un esprit de contradiction fort fort développé, mais j’ai adoré ce truc.  Genre, vraiment.  Même si, je dois l’avouer, l’histoire pourrait se résumer en peu de mots.  Nous suivons l’abbé Serge Mouret, le fils de François et Marthe Mouret, les héros de La conquête de Plassans.   Il a demandé à travailler dans une toute petite paroisse, les Artaud, tout près de Plassans.  La commune est décrite comme étant profondément libertine, les membres de la communauté se mariant toujours entre eux.   Lui souhaite se dévouer à Dieu et surtout à la Vierge, à qui il dédie sa vie.   Il est solitaire, humain, tourné vers le ciel sans pour autant être intolérant comme le frère Archangias, dont la mysoginie fait frémir.

 

Un jour, une visite avec son oncle, le Docteur Pascal, l’amènera voir le Philosophe, un athée notoire habitant avec sa nièce Albine dans un grand jardin laissé à l’abandon appelé le Paradou.    On devine assez rapidement quelle « faute » va survenir… mais ces mots, ces mots!

 

Suite à la maladie de l’abbé, on nous emmène dans ce Paradou (Paradou, Paradis… on fait le lien assez vite) où il est soigné par la jeune Albine, dans rempli de plantes magnifiques qu’on voit se mouvoir sous nos yeux.  Un vrai petit bijou de sensualité… je n’aurais jamais cru devenir toute chose en lisant des pages, des pages et des pages de descriptions de plantes, de fleurs et de fruits!  C’est rempli de références au paradis terrestre et à Adam et Ève, mais vraiment tout plein.  Albine représente la pureté, la blancheur, mais ce sera quand même à cause d’elle que l’abbé va fauter.

 

Comme dans les autres romans de Zola, l’univers et la famille s’agrandit et les personnages ont le don pour nous faire rager.  Il y a certains personnage qui nous mettent dans un état pas possible (et oui, je parle du fameux frère, mais aussi de l’abbé lui-même… des fois.. grrr.) souvent parce que je suis absolument incapable de comprendre ce genre de passion.  Mais vraiment.

 

Plus ça va, plus j’aime Zola, je pense!

Fév 28 2017

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Le plongeur – Stéphane Larue

Le responsable du Quartanier avait réussi à me convaincre de la nécessité totale et absolue de lire ce roman mais j’ai attendu de revenir chez moi  pour aller chez Marie-Laura, ma librairie préférée, et me le procurer.  L’un des seuls romans papier que j’ai pris en 2016.  Rien de moins.  Et bon, la couverture était super belle et l’objet livre me plaisait « au boutte ».  C’est une bonne excuse, non?

 

Quel roman particulier.  On m’a demandé souvent à quel autre livre je pourrais le comparer.  Et sérieux… je ne sais pas du tout.   Ça ne ressemble à rien.   On se laisse aspirer avec le narrateur dans une spirale dont on ne voit pas le bout, le tout sur fond de cave de resto chic et branché.

 

On rencontre donc Stéphane.  Il est étudiant en graphisme au cégep du Vieux-Montréal, et il est dans la m…  En fait, il est complètement cassé.  Il s’est sauvé de chez lui parce qu’il devait des mois de loyer à son ex-coloc, il a des dettes partout et invente sa vie à qui veut bien l’entendre.  Son cousin Malik vient à son aide, lui trouve une job de plongeur à la Trattoria… et lui fait confiance pour s’en sortir.  Sauf qu’il ne sait pas tout, disons.

 

Pourquoi l’argent lui file-t-il entre les mains?  Le jeu.  Notre jeune homme est accro aux machines à sous.  Il a des théories pour savoir ce qui va « payer » ou pas.  Over efficaces, comme vous pouvez vous l’imaginer.   C’est donc à sa glissade plus ou moins contrôlée que nous assistons, impuissants.  On le voit faire mauvais choix par-dessus mauvais choix, on le voit mentir à tout le monde, comme une seconde nature et on le voit tenter de s’en sortir en travaillant dans ce resto, où il va rencontrer toute une galerie de personnages hauts en couleurs et pleins de failles.  Mais on s’attache à eux tout de même, surtout à Bébert, figure de mentor un peu éclopé qui va guider notre narrateur à survivre dans le monde de la restauration.

 

Etes-vous déjà entrés dans les cuisines d’un resto?  Moi, pas.  Par contre, j’ai l’impression que oui après avoir lu ce roman.  Je ne sais pas comment Stéphane Larue a fait son compte, mais il a réussi à rendre passionnant la (sur)vie dans une plonge, en pleine heure de rush.  Encore mieux, certains passages qui décrivent les « beautés » des déchets de cuisine sont limite poétiques.  Yep.  Il a même réussi ça.  Incroyable, non?  J’ai a-do-ré la langue.  Très québécoise, très parlée, mais magnifique à la fois.  L’écriture est très visuelle et je me suis passionnée pour chacune des brosses de la gang du resto.  Et dieu sait qu’il y en a.

 

Un roman à découvrir, super particulier et qui nous fait vraiment vivre le temps de quelques mois avec un joueur compulsif qui ne se lève que pour mieux retomber.   Certains diront que certains passages sont du pareil au même… mais c’est tellement ça…  tellement enrageant.  N’oublions pas la musique metal en toile de fond… souvenirs!

 

Bref, à lire.  Juste pour l’expérience.

Fév 27 2017

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Pygmalion – George Bernard Shaw

J’adore My Fair Lady.  Audrey Hepburn, la scène des courses, les chapeaux extraordinaires et les chansons que je connais par coeur.  Bon, j’ai toujours ressenti une frustration intence en regard de la fin mais qu’importe.   Par contre, je DÉTESTE le mythe de Pygmalion (vous savez, le sculpteur qui tombe amoureux de sa création?).   Et ma twinette Fabienne n’aime pas du tout la pièce.  Du coup, il a fallu que Perseline organise « théâtrons booktube » et propose ce roman pour que je sorte la pièce de Shaw qui a servi de base au musical.  Pièce qui dormait dans ma pile depuis quoi… 7 ans.

 

Tout le monde connait un peu l’histoire, je pense. Un jour, sous la pluie, Henry Higgins, célèbre phonéticien, entend une jeune fleuriste à l’accent cockney assez extraordinaire.  Quand elle se pointe chez lui quelques jours plus tard, il va faire le pari de la faire passer pour une duchesse dans 6 mois.   Pari extraordinaire?  Ode à lui-même et à son talent?  Et Eliza, la jeune fleuriste, dans tout ça?

 

C’est une pièce qui doit être replacée dans son contexte.  L’homme et la femme n’ont pas la place qu’ils ont aujourd’hui.  Les classes sociales sont perçues différemment aussi et elles ont une place primordiale dans le livre.  Une fois ça en tête, il m’a été possible  d’apprécier la pièce.  J’ai beaucoup aimé la fin, limite qu’elle me réconcilie un peu avec la fin du film, qui m’a toujours mise grrrrr… je coupe toujours avant, d’ailleurs!   Il m’a quand même manqué Audrey Hepburn.  Et la musique.  Et toute la partie où Eliza apprend car, avouons-le, nous voyons surtout le résultat du truc que l’apprentissage lui-même.

 

Ceci dit, lire les dialogues à haute voix avec l’accent, pour une fille qui adore la linguistique, c’est jubilatoire.   C’est aussi une réflexion sur les apparences, les relations interpersonnelles et les préjugés, le sexisme ordinaire. Pour Henry Higgins, Eliza et tellement intrinsèquement inférieure à lui-même, de par sa condition de femme et par sa naissance, qu’il ne comprend absolument pas qu’elle puisse lui être autre chose que reconnaissante.  Elle n’est que glaise entre ses mains, un simple objet.  Bon, ceci dit, il pense un peu la même chose d’un peu tout le monde.  C’est un gros bully (il fait quand même peur aux amis de sa mère)… qui ne se rend même pas compte qu’il en est un.  Le questionnement « et après? » est au centre de la pièce . Eliza est profondément changée, elle réalise ce qu’elle (et ce qu’elle n’est pas) pour Higgins, mais peut-elle encore être heureuse en vendant des fleurs au coin de la rue?  À quel milieu appartient-elle maintenant?

 

Certains passages sont hilarants (Alfred Doolitle entre autres… on ne voudrait pas l’avoir comme père mais de loin, il est super drôle dans ses réflexions) et la mère de Higgins est quand même assez géniale à sa manière.  Il faut savoir qu’ici, ce n’est pas une romance.  Il y a même un peu d’un genre de féminisme de caché derrière toute cette mysoginie.  Et quand on connaît un peu le film par coeur… on reconnaît les dialogues… et on chante, encore et encore!

 

Bien aimé… même si ça fait parfois grincer des dents!

Fév 26 2017

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Monte ta maison de poupée – Éditions Usborne

Ce livre-kit a fait partie du cadeau de Noël que j’ai offert à ma nièce de 4 ans.   Vous savez, le genre de choupinouchette qui aime « jouer à la famille »?  Et plus il y a de petites bebelles dans la maison, mieux c’est?  Ben voilà,  Meet Ann-Charlie.

 

C’est donc un ensemble pour monter une jolie maison victorienne toute mignonne, avec plusieurs pièces ainsi que des petits meubles détaillés.  C’est fait en foam (comment on dit, en français?), ça s’embrique parfaitement mais je dois avouer que ce sont les grands de 7 et 9 ans (aidés de matante, qui adore ce genre de trucs) qui ont fait le montage, miss chipie nous aidant… à sa manière!  Ce qui lui a fait demander… de la coller, la maison!  Ce qui enlève quand même pas mal de charme au truc et aux portes qui s’ouvrent!  C’est que c’est quand même un peu fragile, même terminé.

 

Le livre qui accompagne le montage nous parle de l’époque victorienne, de la façon de s’habiller et de vivre.  C’est bien adapté aux petits, simplifié, certes, et un agréable complément au montage de la maison.

 

Une très très bonne idée cadeau.  Mais peut-être pour les cocottes qui ont un peu plus de 4 ans!

The chouquinette!

 

 

 

 

Fév 24 2017

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Illuminae – Amie Kaufman / Jay Kristoff

Quel roman particulier.  C’est du YA, c’est de la SF, et croyez-moi, ça tient en haleine, tant en raison de l’histoire que de la forme.     En effet, ce roman, ce sont les Illuminae files.  Un dossier très complet recueilli par une société pour le compte d’on ne sait trop qui, et qui raconte une histoire, cette d’une planète minière illégale qui a vu une grande partie de sa population disparaître suite à une attaque d’une compagnie concurrente.  Nous avons donc une accumulations de courriels, de résumés d’entrevues, de transcriptions de caméras de surveillance.  Étrange?  Certes.  Impossible à lâcher aussi.

 

Nous sommes en 2500 quelque.  L’humanité a colonisé une grande partie de l’univers mais, encore et toujours, l’appât du gain fait rouler le monde et au bout du bout de l’univers, une petite planète, une compagnie exploite illégalement un gisement.  Toute une ville y est fondée.  Le roman s’ouvre sur une attaque, vue par les yeux de deux adolescents qui viennent de se laisser et dont l’école est attaquée par BeiTech, qui espère s’en tirer sans problème étant donné l’éloignement de la dite planète.  Après avoir été sauvés, ils sont interrogés par le gouvernement en place… et on réalise rapidement qu’ils sont sur de grand vaisseaux spatiaux qui tentent de rejoindre l’humanité.  Et c’est tout ce que je vous dirai de l’histoire!

 

Kady est un peu badass, excellente hacker et grande gueule.  Ezra, quant à lui, est un sportif romantique.   La miss a de la répartie et ceci ajoute au charme du roman.  Ceci dit, les événements déboulent, ça va à toute vitesse, on n’a presque pas le temps de reprendre notre souffle et les auteurs osent, c’est le moins qu’on puisse dire.   Lire ce roman, c’est une expérience très cinématographique.  On s’y croirait.

 

Bien entendu, il y a des choses qu’on voit venir, des petites incohérences.  Étrangement, toutes les références (et il y en a) datent de plus de 500 ans (pour l’époque) et on s’étonne que la technologie, qui a permis les voyages intergalactiques, en soit encore là au point de la communication… mais bon, n’empêche que c’est un excellent divertissement… et que le tome 2 est maintenant dans ma pile!

Fév 21 2017

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Le piano oriental – Zeina Abirached

J’ai longtemps joué du piano.  Et pour avoir fait de la danse orientale pendant des années, je connais bien cette musique.  Du coup, cette idée de piano oriental m’a tout de suite plu.  Je n’ai donc pas hésité à prendre ce bel album à la bibliothèque et maintenant, une chose est certaine, je le veux chez moi.  L’objet livre est très très beau, avec un papier de qualité… et bon ,je le veux-et-c’est-tout!

 

C’est un récit qui nous balade entre les époques et les cultures.  D’un côté, dans le Beyrouth des années 50, un homme amoureux de la musique va tenter de rassembler le piano, son instrument de prédilection et la musique orientale qu’ll a dans sa tête.  Pendant plusieurs années, il va en rêver et vivre à sa façon.  Dans une autre époque, l’auteur de la BD nait au Liban, au début des années 80.   Elle grandit entre deux langues et vit, une fois adulte, entre deux pays.

 

Cette bande dessinée est très particulière, avec un côté très sonore, très musical, remplie de métaphores et de représentations imagées de certains personnages.  En quelques traits, quelques pages, on ressent profondément la personnalité des personnages et on a souvent le sourire malgré nous.  En tant qu’amoureuse des langues, impossible de ne pas adorer cette réflexion sur le bilinguisme et sur le biculturalisme, par le fait même.  Ces petites visites de l’arabe dans le français de l’auteur sont réjouissantes et j’ai adoré voir se bâtir des ponts et des liens entre l’orient et l’occident, que ce soit côté langue, côté culture ou côté musique.

 

Je suis aussi très fan des illustrations sur fond noir, avec des traits un peu psychédéliques, limite art déco.  Chaque page regorge de détails qui mettent l’accent sur les particularités de l’orient et de l’occident.  Je garde un très beau souvenir des portées musicales avec les danseurs et des passages sur le bateau, rempli de poissons volants.

 

Certes, il faut être attentif car on se balade d’un espace-temps à l’autre sans réel avertissement, mas pour ma part, c’est une totale réussite!  Je vais rechercher d’autres BDs de l’auteur.

 

Et là, je réalise que tout le monde a lu et que tout le monde en a parlé.  Et que je dis exactement la même chose que tout le monde!

 

Les avis d’Enna, La chèvre grise, Chez Mark et Marcel, Lewerentz, Joelle, Mo, Kathel

Tous les billets chez Mo cette semaine!

Fév 21 2017

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Botchan – Natsume Sôseki

Quand PatiVore a proposé de célébrer le 150e anniversaire de Natsume Sôseki, j’ai réalisé que j’avais deux romans de l’auteur dans ma pile.  Bon, ok, je pensais que l’auteur était une femme (visiblement, ce n’est pas le cas) (oui, mon inculture est quand même impressionnante des fois) mais peu importe, n’est-ce pas!

 

Nous sommes donc transportés au Japon, avec un jeune homme de Tokyo, le Botchan du titre.  Élève indifférent, il obtient un diplôme en physique parce qu’il pouvait réussir les cours, pas nécessairement par intérêt. Tout juste sorti de l’école, il obtient un poste au bout du monde et il doit laisser son petit confort ainsi que Kiyo, la domestique qui l’a toujours vénéré.  Et gâté.

 

Il arrive donc dans un pensionnat pour garçons rempli de certitudes quant au – seul – mode de vie et de pensée acceptable.  Il est aussi fort naïf et très condescendant.  Il regarde tout le monde de haut, ses collègues (auxquels il s’amuse à donner des surnoms) comme les élèves.  Il se croit un peu tout permis et se rebelle de toutes les façons possible, tout en étant tout à fait certain qu’il a tous les droits.  Vous pouvez vous imaginer que ce n’est pas un personnage fort sympathique.

 

J’ai mis un bon moment à entrer dans l’histoire et à m’attacher un peu au personnage, qu’on a souvent le goût de secouer.  Il a du  mal à juger par lui-même et ce n’est que petit à petit qu’on commence à vouloir qu’il s’en sorte.  C’est que ce petit monde clos de l’enseignement est rempli de pièges et de gens qui sont tout aussi pleins d,eux-mêmes et de certitudes.  En plus, ils sont un peu prêts à tout pour que les choses fonctionnent à leur manière.  Entre magouilles et manipulations, notre personnage principal n’aura pas vraiment le choix d’apprendre à penser par lui-même… et de grandir un peu.

 

Une satire réussie et un roman très connu au Japon depuis plusieurs années.  C’est très différent et plus terre à terre par rapport à la littérature japonaise que j’ai lue à date.  J’avoue que je suis fort curieuse de voir si ce titre est représentatif de l’oeuvre de l’auteur.

Fév 20 2017

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If I was your girl – Meredith Russo

Quand on entend parler d’un roman YA où le personnage principale est une jeune fille transgenre, on est intrigué.  Du moins moi, j’ai été intriguée de voir le traitement qui serait fait du sujet.  L’auteure est elle-même transgenre (ainsi que le mannequin sur la couverture) alors pourquoi pas.

Disons-le d’emblée, si j’ai beaucoup aimé le côté du roman qui traite de la partie « trans », et particulièrement le fait que ce ne soit pas une histoire d’horreurs en série, la mise en place de l’histoire et de la romance m’a beaucoup moins convaincue.  Mais je m’explique.

 

Amanda vient de déménager avec son père, qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années.  Depuis qu’elle a transitionné, en fait.  Elle a 17 ans et son ancienne école n’était plus vraiment « safe » pour elle… Amanda a toujours été solitaire mais là, elle va rapidement rencontrer des gens et un garçon qui ne la laisse pas indifférente.  Doit-elle garder son secret?  Le révéler?

 

Vous l’aurez deviné au résumé, l’histoire en elle-même est banale.  Une belle fille dans un nouveau milieu. Une bande de copines qui l’adoptent instantannément sans qu’on comprenne trop pourquoi au début (ils la prennent littéralement sur le bord de la route, sans raison), un garçon qui l’approche tout de suite… ça semble trop « facile » comme fils conducteurs.   C’est ce que je reproche au roman, en fait.  La mise en place qui m’a semblé artificielle.

 

Toutefois, j’ai beaucoup aimé le personnage d’Amanda, avec sa fragilité, son désir de sortir de sa coquille, de tester, d’être elle-même.  On veut que ça se passe bien pour elle car on sait qu’elle a passé des moments difficiles.  Le thème est bien abordé, sans pathos, sans sensationnalisme.  Le fait d’être trans ne « fait » pas le personnage.  Ça fait partie de son histoire, et c’est tout.   Bien entendu, on sent que l’auteur a rendu Amanda « facile » pour les lecteurs cis (dont je fais partie).  Elle a subi son opération « du bas », elle est féminine, on ne réalise pas du tout qu’elle est trans au premier abord.  Ça rend le truc plus grand public, ce qui n’est pas mal du tout pour faire parler du sujet.

 

Ceci dit, ça se lit tout seul, on veut savoir ce qui va arriver à tout ce petit monde.  À lire pour le personnage et l’histoire d’Amanda.  Pour le reste… déjà vu, un peu cliché… mais j’ai lu pire.  Bien pire!

 

 

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