Jour 63 – Villes troglodytiques et églises rupestres

Oh que le réveil a été difficile ce matin!  D’abord, la chambre était super mignonne MAIS sans une goutte de vent, c’était une fournaise. J’étais flambant nue, étalée sur mon lit, à espérer un peu d’air… sans succès! Mais bon, c’est la vie, ce n’est pas la première fois depuis que je suis arrivée en Europe, mettons.  Sauf qu’en plus, il y avait une odeur.  Je suis zéro sensible aux odeurs mais là, l’odeur d’égoût… j’ai fini par devoir sortir de la chambre à 5h du matin pour avoir un peu moins mal au cœur.  Et c’est pas comme si on avait dormi hein… entre le coq qui s’y met (et qui n’a visiblement pas de piton « pause », les chiens qui jappent, la bataille de chats et l’appel à la prière en stéréo (ça, on le savait… mais j’ai quand même volé hors de mon lit à 4h30 du matin!), j’ai dû dormir en tout et pour tout 3h. Et je suis généreuse.  Du coup, j’avais un peu les deux yeux dans le même trou à mon arrivée au déjeuner. Ça fait partie du voyage, comme on dit… et on se crée des souvenirs. J’avoue avoir eu un méga fou rire toute seule dans mon lit quand les animaux se donnaient la réplique!

C’était donc la journée « animaux ». Après la nuit agrémentée des bruits de la faune locale, on a vu arriver un des membres du groupe blanc comme un drap pour cause de scorpion.  La veille, on avait jasé de nos hypocondries respectives et ce matin, imaginez-vous qu’il se fait piquer par un scorpion! Rien de moins.  Il a été à l’hôpital à la vitesse de l’éclair et pendant ce temps-là, on a checké ben comme il faut nos valises et notre stock et que no way que je me promène nu pieds à partir de maintenant!

La première balade du jour (par 38 degrés) était dans une jolie vallée dans le « pays des beaux chevaux » qu’est la Cappadoce. Le paysage est extraordinaire, complètement sorti d’un conte de fées.  Entre les couches de rochers aux coloris variés se dressent les fameuses « cheminées des fées » et nombre d’habitations troglodydiques. Comme la pierre résulte de plusieurs éruptions volcaniques, elle est parfois constituée de cendre  concentrée, ce qui la rend facile à creuser pour faire des habitations ou des pigeonniers. Une légende turque raconte qu’en Cappadoce vivait une population terrorisée par des géants et des animaux cracheurs de feu.  Les fées sont donc venues pour les aider et cohabiter avec eux, en apportant la glace et la neige. Les fées ont donc vécu dans les fameuses cheminées alors que la population était autour. Finalement, elles se seraient transformées en pigeons.  En fait, la présence d’une pierre solide au-dessus de la cheminée a permis de protéger de l’érosion et du vent la terre qui était dessous.  De là les formations en question.

Dans la vallée Uchisar il y a des pigeonniers, la vue est spectaculaire.  Peu importe où on regarde, c’est beau et on ne sait plus où donner des yeux.  Le sentier est un peu abrupt occasionnellement, ce qui nous fait faire quelques acrobaties et donne lieu à des conversations un peu hallucinantes!

Voyageur 1 : On est tout écartés, on a l’air d’un groupe de pingouins!

Voyageuse 2 : Un groupe de pingouins?  Où? Où?

Rappelons que nous sommes en Turquie. Et que la dite voyageuse – que je ne nommerai pas – a quelques post-doctorats à son actif!

Partout, on y voit la croix de Malte, symbole qui était associé aux premiers chrétiens. Le guide nous a expliqué quelque chose en rapport avec ce symbole et le mot poisson en grec (ictos), la superposition des caractères et le trèfle à quatre feuilles mais je devais être trop déshydratée pour m’en souvenir parce que c’est ma foi très flou dans ma tête!

Après avoir mangé un excellent repas dans un restaurant troglodytique, nous avons fait une petite balade dans la vieille ville de « chawuchin », maintenant désertée et occupée en partie par des boutiques.  Un peu partout nous voyons ces anciennes villes dans les rochers, avec la ville nouvelle juste en bas.  C’est magnifique, comme si le passé nous regardait.

En après-midi, nous avons visité le musée en plein air, où se trouve la citadelle du milieu ainsi que plus de 400 églises chrétiennes. Les chrétiens sont arrivés en Cappadoce vers le premier siècle après JC car il semblerait que le passage de St-Paul a été efficace question conversion. Toutefois, ils devaient se cacher et leur religion fut illégale jusqu’à l’installation de Constantin à Istambul, où leur religion fut permise.  De grands centres furent alors créés en Cappadoce, à Éphèse et à Istambul pour évangéliser les peuples. En Cappadoce, trois grands centres.  Celui que nous visitons, Ilhara et Gulsh.  Des monastères ont été creusés dans des rochers et nous pouvons d’ailleurs voir des réfectoires avec des tables creusées dans la pierre, la cuisine, avec le four au milieu, et les réserves. Ici sont passés St-Basile, St-Grégoire de Nicée et St-Grégoire de « nation ».  L’église a choisi l’orthodoxie au 10e siècle. Auparavant, il y a eu une période iconoclaste et toutes les représentations humaines ont été enlevées pour être remplacées par des symboles.  Ils furent refaits par la suite, soit en peintures murales, soit en fresques. Les chrétiens se sont ensuite dirigés vers les grandes villes jusqu’en 1923 où ils sont, pour la plupart, partis en Grèce en abandonnant leur ville.

Nous ne pouvons pas photographier les églises, et comme je suis arrivée trop tard pour passer à la boutique, j’ai pris des photos du livre qu’a acheté une autre dame du voyage.  Ouais, je suis glamour de même.  Mais certaines représentations de St-George et St-Théodore sont magnfiques (et très fréquentes car ils auraient été très présents en Cappacoce) et les peintures sont hyper émouvantes. Certaines images sont majestueuses.  Les églises sont de plusieurs styles, allant de la nef simple et du plafond plat des 6-7e siècle jusqu’aux colonnes et aux voûtes, en passant par les églises à trois nefs avec des dômes. C’est beau sans bon sens.  On se dépêche de jogger dans le site pour pouvoir tout voir et entrer dans tous les trous possibles (tssssss… ne pas mal penser… jamais je n’oserais, MOI!). Nous trouvons donc une église dédiée à St-Basile, une autre à Ste- Barbe (la fameuse sainte au châtiment barbare) et finalement, une à St-Onuphirus, ce saint souvent représenté avec une barbe, des seins de femme et un cache-sexe. En fait, c’est un homme, mais en voulant représenter la musculature de sa poitrine… ça a donné un drôle de résultat, mettons!

Fialement, juste avant de repartir, nous nous arrêtons dans une dernière église, avec des peintures et des fresques de deux époques différentes. Des pastels, plus anciennes et des bleues indigo, plus récentes et très bien conservées.  Il y a une belle nativité, une adoration des mages la pêche miraculeuse… c’est très impressionnant et très… bleu! C’est la seule fois que nous avons vu ce bleu dans ces églises.

Un petit arrêt dans la vallée des moines (vallée de St-Siméon, vallée des Schtroumpfs pour certains, vallée des phallus pour d’autres… on ne dira pas qui a dit quoi) pour visiter cet endroit venu d’ailleurs où des moines habitaient il y a plusieurs centaines d’années.  On a pu y voir plusieurs mariées et fiancées suantes qui prenaient leurs photos de mariage et nous nous sommes glissés tant bien que mal à l’intérieur des maisons creusées dans la pierre. C’était génial.

Dernier stop, l’atelier de poterie de Selim où nous avons eu droit à une démonstration… et où j’ai fait des dépenses.  C’était écrit dans le ciel, hein! Mais elle était TROP belle, l’assiette! Et c’est tout artisanal. Du coup, j’ai un peu craqué. Ceci dit, la personne du groupe qui a fait la démonstration nous a fait rire, c’était incroyable.  Elle a d’abord fait un gros phallus sans trop savoir comment elle en était arrivée là et tentait tant bien que mal de suivre les indications de l’artisan : fait un petit trou avec ton doigt… ok, deux doigts.. quatre!  Mets y le poing!  On en pleurait, c’était pas mêlant.  Pour faire l’anse du panier (parce qu’en fait, le pénis était un panier), elle semblait soit traire une vache, soit faire totalement autre chose… et on a eu vraiment mal quand elle a enlevé sans hésiter le bout du truc. Circoncision subito-presto!  Bref, on a vraiment, vraiment ri.

En arrivant, j’ai changé de chambre (elle ne sent rien) et j’ai fait ma tournée habituelle « punaises de lit », avant d’ajouter le plug in « recherche de potentiels scorpions » à ma petite routine.  Super souper, avec de délicieux baklavas…  et dodo!  On va espérer que les chiens aient pris leur pilule pour dormir ce soir!

Et nous baptisons la journée : Le jour du scorpion!

Jour 62 – Lac Salé et cheminées de fées

Journée de route aujourd’hui, alors que nous quittons Ankara pour la Cappadoce, région située au sud-est de notre point de départ. Nous avons plusieurs heures de route à faire et le guide en profite pour continuer l’histoire de la Turquie et pour répondre à nos questions.  Je vous avertis d’avance, tous les noms sont approximatifs parce que ce soir, le réseau est assez… aléatoire, disons. Je ne peux pas aller vérifier!

La Turquie, ce n’est pas un pays simple à appréhender.  IL y a eu tellement de populations différentes sur tellement longtemps qu’il est difficile de parler d’un « type » turc.  L’actuelle Turquie est surtout constituée de l’Anatolie, endroit où nous sommes.  Suite à toutes l’occupation du territoire à la préhistoire (voir le billet d’hier, je ne vais pas me répéter), la première population dont le nom est connu sont les Hatti, où chaque ville était souveraine et avait son roi.  De nouveaux peuples sont arrivés et au lieu de tout détruire, ils ont fait alliance avec les Hatti pour devenir les Hittites, empire qui a duré 600-700 ans. Bon, le guide a nommé leur capitale… et je ne devais pas avoir bien compris parce que dans mes notes, j’ai écrit « Hatti-machin ».  Je suis parfois d’une précision mirobolante!

L’empire s’est étendu pour se rapprocher des égyptiens, avec qui ils ont fait la guerre qui s’est terminée avec le premier traité écrit de l’histoire.  Bon, le problème, c’est que le gagnant varie selon le pays qui raconte l’histoire, mais c’est un détail, hein!

Par la suite, les Phrygiens ont chassé les Hittites vers le sud et ont étendu leur empire.  Suite à celui-ci est survenue la période noire de la Turquie. En fait, personne ne sait trop ce qui s’est passé pendant cette période de 150 à 200 ans, même si on s’imagine bien qu’il a dû se passer quelque chose.  Les Persans sont ensuite arrivés sur le territoire et ont tout détruit parce que bon… pourquoi pas, n’est-ce pas. Une première victoire contre les perses (en 350 avant JC) a été commémorée par la fonte de toutes les armes pour en faire un vase orné de trois serpents (et non pas un trône, comme dans d’autres contrées bien connues des geeks et geekettes) dont les vestiges sont aujourd’hui au  musée à Istambul.

Vint ensuite Alexandre le Grand, le lion de Macédoine, qui a repoussé les persans en Iran.  La légende raconte qu’il a tenté de contourner le problème du nœud gordien (le fameux nœud fait par les phrygiens à Gordia, leur capitale) en coupant la corde sans la dénouer. Une solution simple et rapide… pour une vite courte. Le territoire est ensuite passé aux mains de ses commandants qui n’ont pas fait long feu… et le territoire est passé aux mains es romans jusqu’au 11e siècle. Au 4e siècle après JC, Constantin, qui vivait à Istambul (Constantinople), a choisi de déménager la capitale de Rome à cet endroit, ce qui a amené la division et le début de la chute de l’empire roman, selon certains historiens, qui appellent cette partie de l’empire « Byzance ».

Au 11e siècle, les turcs arrivent de l’est de la Turquie et les arabes tentent des percées assez violentes pour faire avancer l’Islam. Puis, au 12e survient l’empire CELTUKIDE qui sera aussi chassé par les Mongols, qui ne laissent que ruine et désolation sur leur passage.  Vers 1300, le chef Ossman a rattaché à Bursa d’autres familles pour former l’empire Ottoman, qui durera jusqu’en 1923. L’empire s’est étendu jusqu’à Vienne, qu’ils n’ont jamais réussi à conquérir.  Pour se moquer de l’ennemi, ils mettaient les têtes des turcs et jouaiet avec… De là l’expression « tête de turc ».  On a aussi créé le croissant car le symbole était relié à l’Islam.  Eux, l’Islam ils le bouffaient.  Rien de moins.

Actuellement, Erdogan est à la tête du pays mais dans les villes, d’autres partis commencent à être élus. Les droits de l’homme sont à travailler car la Turquie est le pays européen où il y a le plus de journalistes emprisonnés… bien entendu, personne n’est emprisonné pour avoir critiqué le système… on a trouvé une autre raison. Le sénat a moins de poids et le président prend beaucoup de décisions seul.  C’est un homme avec énormément de charisme, qui parle le langage du peuple et sait citer le Coran.  Toutefois, il a privatisé beaucoup de choses avec garanties (hôpitaux, ponts) et l’agriculture et les usines se portent fort mal.  L’école est gratuite mais il existe un système privé très performant qui peut recruter d’excellents profs et offrir des bourses aux meilleurs élèves.  Il y a aussi beaucoup d’universités étrangères. Bref, il y a du travail à faire.  La population turque est aussi très divisée par rapport au sujet des réfugiés syriens… c’est tout un poème, comme dans plusieurs pays…

Après quelques heures de route, nous nous arrêtons au grand lac salé, qui est presque à sec à ce temps-ci de l’année. C’est hyper impressionnant, cette immense étendue blanche! Il produit une grande partie du sel de la Turquie encore aujourd’hui. Il a été formé il y a 50 millions d’années lorsque la chaîne de montagne au sud du pays est apparue, emprisonnant de l’eau salée dans les terres.  On se balade, on se fait un petit peeling des pieds sur le sel et des séances de pose. Au retour, petite séance lokums (que je n’arrive toujours pas à apprécier à leur juste valeur) et on se dirige vers le restaurant, dans la vallée … dont je ne me rappelle plus le nom. J’ai écrit I-machin… ça ne doit pas être ça hein! (après recherches… Ihlara!)

Le resto est vraiment beau, sur le bord de l’eau, avec des petits compartiments et des petits ponts pour traverser l’eau.  La pause est bienvenue et le cadre, le cadre.  Des fois, on a du mal à croire qu’on est vraiment dans un tel endroit.  En plus, le groupe est vraiment agréable et la chimie s’installe tranquillement. 

La suite de la journée est consacrée à une randonnée dans la vallée de l’Ilhara pour observer les cheminées des fées, formées par l’érosion. C’est spectaculaire.  Il y a des habitations troglodytiques partout, partout où l’on regarde.   Chaque village a sa « vieille ville » troglodytique, c’est fascinant.  La vallée est fascinante.  Nous pouvons voir les caves naturelles où sont conservées les aliments à température constante. Nous nous arrêtons dans une église du 9e siècle.  Il s’agit d’une église chrétienne, datant d’avant le schisme ayant divisé les chrétiens.  Elle date de la fin de la période iconoclaste (il fallait prier Dieu et personne d’autre). Pourtant pour les populations ne sachant pas lire, les images étaient une bonne façon de raconter l’histoire sainte.  Vers 830, on a pu à nouveau peindre des personnages, mais sans les yeux (ou le visage, selon les coutumes) pour ne pas emprisonner d’âme dans les images).  Les peintures sont faites au pastel et sont originales.  Elles sont très bien conservées et c’est à la foi émouvant et magnifique.  Je sens que je sur-utilise ces mots hein… vous n’avez pas fini!

Ensuite, direction l’hôtel, très typique, dans la ville de Mustafapasa, autrefois grecque mais laissée au départ de ceux-ci en 1923. Chaque chambre est différente, certaines sont voûtées, c’est hyper joli.  Nos chambres, les « single » sont un peu moins « typiques » mais grandes.  Je sens qu’il va faire chaud.  Dans la cour intérieure, c’est génial.  On peut y socialiser le soir et il y a aussi un petit pavillon avec un poêle pour discuter.  ON se sent vraiment ailleurs!  Demain, direction découverte de la Cappadoce!

Jour 61 – Ankara et Ataturk

Première vraie journée turque aujourd’hui, avec le groupe.  Nous sommes 22 personnes et je pense que je suis le bébé du groupe. Les gens ont l’air très sympathiques, je pense que ça va être cool! Ça me fait toujours bizarre d’être dans un bus et de n’avoir à m’occuper de rien. C’est tellement inhabituel!

Nous commençons donc la journée par la visite du mausolée d’Ataturk, figure emblématique et père de la Turquie moderne. Né dans l’actuelle Grèce,  Mustafa Kemal n’accepte pas la séparation de l’empire Ottoman entre les différents alliés après la première guerre mondiale et fonde la première république. Cet homme est hautement considéré par les Turc car il a travaillé pour le pays et a fait en sorte pour que je la jeunesse puisse continuer après lui.  Il est mort à 57 ans d’une cirrhose du foie, le 10 novembre 1938 à 9h05.  Tous les Turcs font une minute de silence chaque année à ce moment. Avant Ataturk, les noms de famille d’existaient pas en Turquie.  C’était machin, fils de machin.  Il a donc eu le premier nom de famille, qui voulait dire « père des turcs ». En face de lui est enterré son général Inonu (avec des points sur les voyelles), qui lui a succédé à la tête du pays et qui a bataillé dans l’ouest de la Turquie.

Le mausolée est composé d’une énome place où ont lieu des rassemblements pouvant aller jusqu’à 15000 personnes. S’y déroulent aussi beaucoup de cérémonies officielles.  Autour, le musée et quatre tours, chacune avec un thème représenté par un bas relief.  Au-dessus des tours, une pointe de lance et des fresques, qui représentent le toit et l’ornement des tentes. Au centre de la place, des motifs de tapis turcs et sur les murs, des fresques représnetant la guerre de Sakarya ainsi que la grande attaque.  Dans le mausolée, des pierres provenant de toute la Turquie et sous le bloc de marbre, une autre salle où repose Attaturk, entouré de vases contenant la terre de toutes les régions de la Turquie.

Le monument est sur une colline qui était autrefois dédiée aux tombes phrygiennes. Un architecte turc a gagné le concours et la construction s’est étalée de 1944 à 1953. Avant, le corps momifié d’Attaturk était dans le musée ethnographique. Au bout d’une longue rangée de « lions souriants », on retrouve l’espace muséal, dédié à Attaturk. On y voit des portraits, des cadeaux ainsi que plusieurs de ses possessions. Il avait une présence incroyable.  On y parle surtout de la guerre ayant mené à la république. Trois batailles sont présentées.  La 1e guerre, où ils ont tenu tête à la marine ainsi que la guerre de Sakarya et la grande attaque, contre les alliés en attaques isolées mais surtout contre les grecs, qui avaient une petite partie de la Turquie, à l’ouest.

Très belle visite, qui met bien la table pour comprendre la Turquie moderne.

Nous allons ensuite manger et marcher un peu dans la vieille ville d’Ankara. On nous avait parlé de 6 km, mais pokémon go fait dire qu’on en a marché seulement 2,6.  La vieille ville est entourée de murailles qui sont présentes depuis la période hittite (1200 à 1400 ans avant JC), bien qu’elles aient été reconstruites plus d’une fois. C’est plein de petites rues!!  On mange hyper bien (et hyper beaucoup)… quand on a vu arriver le plat principal, on pensait que le repas était terminé depuis un moment! Ça n’arrêtait jamais d’arriver! Les baklavas turcs sont une tuerie! Dans le resto, il y a TELLEMENT d’époussetage à faire chaque semaine… c’est fou!! Je ne sais pas comment ils font pour garder tout ça impeccable.

L’après-midi est dédié au musée de l’Anatolie, qui a une MAGNIFIQUE collection d’objets de plusieurs époques, jusqu’au paléolithique. C’est vraiment impressionnant de voir ces artéfacts venant de villages de plus de 9000 ans (Catalhoyuk… orthographe aléatoire) et de temples de 11000 avant Jésus Christ (Gobekli tepe). La maison préhistorique, collée sur ses voisines avec une ouverture dans le toit pour entrer imitait les grottes qu’ils connaissaient et les gardait en sécurité. Ils avaient l’habitude d’enterrer les morts dans la maison (les enfants au centre, les vieux sous les bancs) après avoir laissé les vautours dévorer la chair.  Plusieurs peinntures murales ont aussi été trouvées.  Je trouve ça  hyper émouvant, ces peintures. 

Aussi, plusieurs représentations de la déesse mère, qui varient avec le temps.   À l’âge de bronze, la terre était représentée comme étant ronde, sur la tête d’un taureau. Quand le taureau bougeait la tête de mécontentement, la terre tremblait.

D’autres parties du musées rappellent l’époque où les marchands assyriens ont amené l’écriture (cunéiforme) et les tablettes sont juste super belles.  Par la suite, l’empire Hittite, de 1750 à 1200 avant JC, ont fait la guerre aux égyptiens et la paix a été confirmée par le plus grand traité écrit de l’histoire. 

Puis, les phrygiens chassent les hittites, avec le fameux roi Midas aux oreilles d’âne.  Selon la légende, Marcias (ou Pan, dépendant des versions) a trouvé une flûte et en jouait tellement bien qu’il a attiré l’attention du dieu Apollon. Celui-ci a donc lancé un défi et a érigé Midas en juge, pour savoir qui jouait le mieux.  Midas a élu Marcias et Apollon, fâché, lui a mis des oreilles d’âne, plus grandes, pour qu’il puisse mieux entendre.  De là le bonnet phrygien pour le cacher!

Dans la dernière partie du musée, située dans un bâtiment datant du moyen âge, des bas reliefs hittites, récupérés partout en Turquie. C’est intéressant d’y voir des ressemblances avec l’art égyptien.

Et ensuite, c’est pause à l’hôtel. Comme je suis la seule à ne pas être décalée, je suis la seule be ben en nerfs… mais je suis encore trop peureuse pour aller me balader toute seule dans la ville! Je sais, pas beaucoup d’anecdotes drôles… mais je me tiens tranquille… pour le moment!

Jour 60 – Turkish Airlines et Ankara

Je. Hais. L’avion.

Et tout ce qui va avec.  Mais je suis bien arrivée à Ankara, j’ai récupéré mon groupe, envers et contre tous. Cette histoire, c’était n’importe quoi.  Il faut savoir que je rejoignais le groupe ce soir, à 19h, à l’aéroport d’Ankara. J’avais booké (à prix d’or, je l’avoue), un vol direct Paris Ankara pour être certaine de ne pas avoir de problème. Il arrivait 90 minutes avant le vol du reste du groupe… tranquille quoi.

Sauf que non, en fait.

La veille, bien à l’avance, comme il faut, je tente de m’enregistrer.  Impossible.  Aucune place disponible.  Moment de panique, comme vous pouvez vous l’imaginer.  On me dit d’un côté que le vol est surbooké et de l’autre, ils vendent encore des billets sur leur site.  Essaie d’appeler le service à la clientèle : ce numéro (surtaxé à 2,99 la minute) n’existe pas. Essaie les comptoirs, fermés, et pas de répondeur.  Essaie le courriel : trop plein, veuillez réessayer plus tard.  Bref, aucun moyen de rejoindre personne et gros stress, quand même… non mais… je finis par rejoindre l’agence à Montréal, qui va faire le lien avec le groupe.  C’est toujours ça de gagné… mais je suis un peu down, mettons.

Je me suis donc levée très tôt pour tenter de régler le tout à l’aéroport.  Je vous le dis tout de suite, ça donne rien. J’aurais été mieux d’arriver à l’heure prévue parce qu’avant, ils ne pouvaient rien me dire.  Je fais la file une fois (75 minutes), on me dit que c’est trop tôt, que je dois refaire la file à 10h30. Je retourne donc à 10h… et je me retrouve en plein milieu de la file pour Ankara (attente de 90 minutes). J’aurais sacré.  Mais en arrivant au guichet, aucun souci, j’ai une place, ils ne savent pas pourquoi je ne pouvais pas m’enregistrer avant.  Tout ça pour ça.

Ensuite, il faut encore attendre pour la douane. Ensuite pour la police et la vérification… et là, on apprend que l’avion est retardé à 14h.  Puis 14h15.  Finalement, 14h45, on n’est pas encore embarqués. Je stresse parce que je vais faire attendre le groupe et je m’imagine déjà prendre un taxi jusqu’à l’hôtel (j’ai fait les recherches en patientant)… mais ouf, ils m’attendaient.  On a attendu 45 minutes sur le tarmac aussi… et on a eu droit à « y a-t-il un médecin dans l’avion ».  Bref, 13h d’aéroport et d’avion pour un vol de 3h45.  Soupir.

Ceci dit, je suis arrivée.  Encore un peu moins fatiguée que les autres qui sont sur le décalage, mais crevée quand même.  Kadir, notre guide, travaille avec Traditours depuis des années et il nous parle un peu de la ville d’Ankara dans le bus. Ville « ancienne mais moderne » de 5 millions d’habitants, elle est très peuplée en raison de l’exode des villages vers les villes.   Ankara est la capitale depuis 1920, après la révolution et la chute de l’empire Ottoman.  Le nom de la ville a plusieurs origines possibles.  Soit Ankyre (ancre de bateau) parce qu’on en fabriquait dans le coin ou encore que selon la légende, tout près, habitait le roi Midas, qui avait découvert l’ancre du bateau de l’arche de Noé.  Une autre théorie et que ça viendrait de Angora, pour les chèvres angora. La ville aurait pris le nom de la chèvre et le chat le nom de la ville!

Bref, souper à l’hôtel… et dodo!  À demain!

Jour 59 – Rodin et panne de métro

Dernier jour avant de partir… et il fait encore 40 degrés! J’avais pensé pouvoir retrouver Stéphanie mais je ne parviens pas à la joindre et en plus, je suis un peu à l’autre bout de Paris. La matinée se passe à faire quelques courses (un paréo, un portefeuille… des cossins, quoi), sur la route avant d’aller rejoindre Delphine pour manger près de son boulot. Oui, je suis allée à pieds. Marcher, c’est mon truc!

Nous mangeons donc chinois près du bureau de ma logeuse. Yep, dans ce coin, c’est le seul moyen de manger abordable. Sa collègue a bien envie d’entendre l’accent québécois alors je me suis portée volontaire. Je partage mon accent avec plaisir, comme toujours!

Imaginez-vous que Delphine travaille tout près du musée Rodin, né au milieu du 19e siècle. Moi, je dis que c’est un signe! J’en profite donc pour aller m’y balader, vu que j’ai tout mon après-midi devant moi (ouais, elle m’abandonne traitreusement pour aller travailler).  Je n’y avais pas mis les pieds depuis au moins 10 ans et je redécouvre avec joie, sous un ciel magnifique, les œuvres du sculpteur. Je n’avais jusqu’alors jamais réalisé à quel point il reprenait ses motifs dans différentes sculptures et je n’avais pas réalisé que plusieurs de ses œuvres les plus connues figuraient aussi dans la fameuse porte de l’enfer, exposée dans le jardin, grande œuvre de la vie de Rodin.

Dans les pièces, plusieurs œuvres maîtresses et beaucoup de travail préparatoire. Voir le modèle de l’Age d’airain et la statue, c’est impressionnant. Même si je ne vous dirai pas quelle est la différence principale, selon moi! J’adore voir les différentes vues des bourgeois de Calais (qui sont aussi sur le côté du Parlement à Londres… j’avais oublié) et je tombe en amour avec les petites sculptures de marbre vert de Camille Claudel, surtout Les causeuses… on a l’impression que c’est taillé dans du jade. L’âge mûr est aussi très évocateur. Certaines pièces de la maison sont meublées comme à l’époque, avec les collections de Rodin installées comme elles l’étaient, ce qui donne au tout une atmosphère très particulière. Bref, c’est chouette.

Je termine par une longue balade dans le jardin pour aller dire bonjour à Balzac et aux statues grandeur nature. C’est vraiment très beau et je réalise que la sculpture et moi, on est vraiment très copains!

Le retour se fait à pieds pendant un bout, en faisant un petit arrêt à l’église St-Germain-des-Prés, à laquelle je n’avais pas rendu visite depuis un moment. Ancienne abbaye, il y a trace d’une église à cet endroit depuis le 6e siècle et certains éléments de l’église actuelle datent du 10e. Comme il y a eu pas mal de restaurations, c’est encore une fois un mélange d’époques assez particulier. L’église est hyper grande et j’aime beaucoup le chœur, qui semble encore gothique, malgré quelques petites « améliorations » par la suite. Et maintenant, ils la repeignent… c’est hyper beau! (Et là, je viens de lire pendant 45 minutes sur l’église au lieu d’écrire le billet… et il y a tellement d’informations que j’abandonne l’idée de tout vous dire. Maman, va falloir fouiller!)

Le retour dans le 18e est totalement épouvantable par contre.  Train qui arrête pendant 20 minutes à toutes les stations… et qui nous dit, arrivés à Barbès, que finalement, le train va arrêter ici! Il y a un colis suspect quelque part. Marcher de Barbès à chez Delphine, ce n’est rien, je le fais quotidiennement. Mais marcher la même distance dans une file de personnes excédées et qui étaient coincées comme des sardines dans un métro pendant près d’une heure, c’est autre chose. Ça gueulait… et ça marchait au pas, croyez-moi!  Je n’ai jamais aussi contente d’arriver de ma sainte vie!  Ceci dit, le dîner m’attendait… j’ai vraiment une hôte hors pair!

Jours 57-58 – Farniente et Choupinou

Allez hop, on y va pour deux jour en un parce que l’un des deux, sérieusement, je n’ai rien fait. M’dame Morelli avait piscine et balade le matin et le soir, elle avait un dîner avec l’une de ses amies. Vu qu’en après-midi, elle devait bosser (et qu’il faisait chauuuuud, et que bon, malgré sa cutitude, les conversations avec Tsuki sont limitées, j’ai transféré mes pénates chez Delphine (qui n’est pas là mais qui m’a laissé sa clé) pour faire ma valise. Je dirais même « une chance qu’elle n’est pas là » parce que j’en ai vraiment foutu partout!

Le lendemain était plus excitant, par contre! J’avais rendez-vous avec Stéphanie (ancienne blogueuse de Mots en bouche) et son creton pour la journée. Comme il fait 43 degrés, on choisit un endroit climatisé: la cité des sciences du parc de La Villette. C’est cool, je n’y étais jamais allée et c’est vraiment bien fait pour les cocos. Je sens que ma Charlou-nièce aurait adoré. Valentin est un petit coco vraiment mignon, toujours de bonne humeur, qui aime tout et s’intéresse à tout. C’était vraiment cute de le voir s’amuser dans les jeux, s’émerveiller devant les graaaaandes bestioles et tenter de manger une pizza entière sans la couper (j’ai des photos… que je garde pour moi!!!). L’endroit est vraiment grand, avec une zone pleine de cabanes, une zone pour le sport et une autre pour la robotique.

J’en profite aussi pour visiter l’expo « le charme discret de l’intestin », qui m’a étrangement beaucoup plu et qui vulgarise bien la question. Bon, avouons-le, j’ai passé vite sur les maladies causées par la bouffe et les enzymes… je ne suis pas non plus complètement cinglée et je connais l’hypocondriaque en moi!

Et la drôle du jour? Le seul spectacle du planétarium qui nous convenait se nommait « pécho sous les étoiles ». Ce n’est même pas une blague. On a emmené un enfant de 3 ans à une séance appelée « pécho sous les étoiles »! J’en ris encore!

Sérieusement, c’était super de revoir Stéphanie et de discuter avec elle. J’aime quand mes amies vont bien, ça me fait toujours plaisir. Le soir, m’dame Morelli a pu se libérer un peu pour venir manger avec nous et nous avons choisi… la clim! C’était notre seul critère. Bon, le poké Bowl était délicieux mais il contenait du vinaigre de riz… je ne vous dis même pas les brûlements d’estomac après… disons qu’il a fallu faire une loooongue balade sur le bord de la Seine pour que je sois de nouveau sur pattes!

Dernier soir chez Angéla. Courte soirée parce qu’il fait méga-chaud et qu’elle n’en peut plus! Demain, je retourne chez Delphine pour récupérer ma valise… et ce sera la Turquie!

Jour 56 – Marais juif et visite du 14e

Savez-vous quoi, j’ai réussi à me grouiller à temps pour être à St-Paul… à 15h.  On dirait que je suis complètement décalée, c’est fou! En fait, mon but, c’est d’être en forme pour aller en Turquie.  Ça donne une idée de mon état d’activité. Venant de moi, ça fait presque peur!

Le tour guidé était donné par Des mots et des arts et portait sur le marais Juif. Elle nous a raconté l’histoire des Juifs à Paris, leurs migrations et leurs installations dans les divers quartiers.  Les lois antijuives ne datent pas d’hier et ils étaient relégués près des murs de Paris, qui était alors rue des Rosiers. De plus en plus, les petites boutiques du quartier ferment et laissent la place aux grandes marques (tout comme plusieurs bars gays dans le marais gay).  Il devient de plus en plus difficile de trouver des traces tangibles de l’histoire dans le quartier. 

Plusieurs boutiques ont été aryanisées et une partie de la population a été décimée lors de la 2de guerre mondiale. On y voit encore quelques boucheries, pâtisseries, des écoles et des centres communautaires.  Il y a également des synagogues, souvent bien cachées (ce qui est sacré, c’est la Torah, pas le lieu) ainsi que des plaques nous expliquant l’histoire.  On nous a entre autres raconté l’histoire d’une librairie juive dont les occupants ont été chassés pendant la guerre.  On a bien tenté d’aryaniser le truc, mais tous les livres étaient en yiddish… et la population absente. Du coup, tout est resté dans l’état, limite par un miracle, et la famille a pu retrouver le commerce à son retour. Maintenant, c’est une boutique Nike… mais ils ont gardé l’enseigne librairie pour le souvenir.

Suite à la visite, j’ai poursuivi dans le thème en allant au Mémorial de la Shoah, qui était juste à côté.  Je n’ai pas pris de photos à l’intérieur, mais c’est très émouvant de mettre des visages sur tous ces gens, ces vrais gens, qui ont vécu cette horreur.  On ne se limite pas à la seconde guerre mondiale, maison y explique aussi la condition des juifs au Moyen-Âge, alors qu’ils étaient interdits de résidence en France (puis appelés quand on avait besoin d,argent… puis ré-exilés) et poursuivis comme hérétiques. On y explique aussi qu’ils ne pouvaient exercer que les métiers que les chrétiens ne voulaient pas exercer : ceux qui ont rapport à l’argent et au textile.  On y parle aussi un peu des pogroms en Russie et de leur situation ailleurs, avant qu’ils n’arrivent en France.  Bref, intéressant.  Et les témoignages des survivants des camps sont terriblement émouvants.

Je n’ai pas résisté à l’appel de la glace (il faisait 38 degrés) et j’ai savouré une délicieuse glace au yuzu en me rendant chez Cécile, qui m’avait proposé de me faire visiter son quartier et son nouvel appartement.  Le coin est très commerçant, très vivant et très chouette, habité par de vrais gens.  Pas des figurants!  Les cafés sont animés, il y a plein de commerces de proximité et de super restos.  J’ai d’ailleurs pu manger de délicieuses pâtes dans un resto italien (ouais, je fais une orgie de pâtes)… Elle a d’ailleurs un appart vraiment chouette, dans une petite cour intérieure. J’aime les cours.

Nous faisons donc une balade dans le quartier et en profitons pour aller récupérer une lampe, beaucoup plus lourde que prévu. A l’aller, ça allait toujours, mais au retour… direction tram!!  Déjà que j’ai explosé ma liseuse, on va éviter de péter une lampe aussi, n’est-ce pas!  Comment rendre la chose facile : scrapper sa liseuse à 3 jours de partir en Turquie!! Nous finissons par de la bouffe italienne… et go au dodo pour moi. Mautadit que je manque d’énergie!

Jour 55 – Mozza et retrouvailles

Encore une journée que j’avais voulue fort chargée… mais qui a fini en « je glande devant mon ordi toute la journée en discutant ». Oui, je suis fort dérangeante pour Madame Morelli, qui doit n’avoir qu’une hâte : que je parte pour la Turquie pour pouvoir bosser en paix. Ceci dit, je dors tout l’avant-midi et elle a été à la piscine pendant quelques heures.  Elle a eu son petit congé-de-Karine.

J’ai donc rejoint Cécile pour l’apéro et manger près d’Odéon.  Ça faisait une éternité que nous n’avions pas placoté et j’étais ravie de la voir aussi radieuse.  On a mangé à l’Oenesteria, un resto italien où j’ai mangé les meilleures tomates de ma vie (Cécile et moi on y a repensé toute la journée du lendemain).  Sérieusement.  Et je vous parle de la mozza di buffala?  Juste DÉLICIEUSE. 

Après une petite balade dans St-Germain (direction glaces… yummy), nous avons traversé la Seine et marché jusqu’au grand palais.  On s’est fait joyeusement apostropher par un mec-qui-surveillait un genre de chantier (la barrière était ouverte et ça avait l’air d’un truc du 14 juillet pas ramassé… on a pensé qu’on pouvait éviter de se faire tuer sur les champs… et marcher à l’abri) et on a pu observer le ballet du « touriste qui veut absolument se faire prendre en photo au beau milieu de l’avenue », au risque de se faire tuer.  Leur capacité de zig zaguer entre les voitures est fascinante!

Mais ce coucher de soleil… et ce ciel! Magique!

Bref, très chouette soirée!

Jour 54 – Modèle noir et impressionnistes

J’avais un programme fou pour la journée.  Orsay, le musée Maillol, et une visite guidée du 19e. Rien de moins.  Sauf que bon, je me suis levée à 10… et je n’ai quitté l’appartement d’Angie qu’en même temps qu’elle, vers 11h45.  Inutile de préciser que je n’ai pratiquement rien fait de ce que je voulais faire!

Première étape : MANGER! Je recommence à avoir faim et comme Angéla allait manger avec ses enfants, je n’allais pas en plus salir sa cuisine!! Je décide de me la jouer totale touriste et d’aller au paradis du fruit, avec, devant moi, les tours restantes de Notre-Dame.  Elle reste hyper belle malgré tout, cette dame.  Je décide même de me payer la traite avec un cocktail de fruits. Ben quoi, je suis déshydratée, j’ai soif!

Puis, direction Orsay.  C’est le dernier jour de l’expo « Le modèle noir » et celle-là, j’ai bien envie de la voir. Savez-vous quoi?  Je ne me suis jamais autant ennuyée de ma carte blanche.  Jamais. J’ai même failli l’acheter, c’est tout dire!  Il y avait un monde, mais un monde!  Attente dehors, attente dedans… 45 minutes plus tard, je finis par entrer dans l’expo.  Heureusement que j’ai pu discuter avec un gentil couple de manitobains qui attendaient derrière moi.  Ça me fait toujours un peu plaisir quand les gens ne réalisent pas tout de suite que je ne suis pas anglophone!  Je sais, il m’en faut peu.

Dans l’expo par contre… OUF LE MONDE!!! Une chance que ça valait le coup et que c’était bien monté (j’ai beaucoup aimé l’audioguide, avec un propos engagé). On y parle non seulement de la place du modèle noir dans l’art, mais aussi de ce que ça représente par rapport à sa place dans la société et dans la perception de la personne noire.  Il est très intéressant de voir l’évolution des tableaux et des rôles qui sont donnés aux modèles noirs à travers le temps.  Certains tableaux sont hyper touchants, certains regards sont magnifiques.  De plus, on a tenté de redonner un nom et une identité à tous ces modèles.  De « Joseph », très connu et célèbre à une époque à d’autres qui ont retrouvé leur nom, c’est hyper intéressant.  On traite aussi de plusieurs personnes connues comme joséphine Baker… et j’en ai connu d’autres.  Bref, malgré le monde, ça valait le coup.

J’en ai ensuite profité pour aller voir les impressionnistes, ainsi que Van Gogh (mon amour) ainsi que pour profiter du lieu, que j’adore. Étonnamment, j’ai encore réussi à me faire pousser dehors.  Quelle surprise!

Une petite balade dans les Tuileries (j’adore l’endroit) et dans la cour du Louvre plus tard, je me redirigeais vers Hôtel de ville (la 11 est en travaux, ce qui complique grandement ma vie) pour rentrer tranquillement… et m’étaler devant la télé.  Je me trouve fatiguée, ces jours-ci…  je vais tenter de garder mon côté hypocondriaque sous contrôle!

Jour 53 – Sorcières et bureau de change

Aujourd’hui, j’ai décidé que je retentais le coup pour sortir. Limite que je me sens warrior! Je me suis donc booké une visite guidée avec Paris Zig-Zag, sur le thème des sorcières à Paris, ce qui m’oblige 1) à me lever et 2) à me bouger. C’est toujours ça de gagné.

La visite démarre dans l’île de la Cité pour se terminer un peu en haut de l’église St-Merri.  C’est un coin que je connais bien et nous passons par la tour St-Jacques, l’hôtel de ville (anciennement place de Grève), tout en passant par le croisement des rues Nicolas Flamel/Pernelle.  La visite est chouette et reste centrée sur le thème de la sorcellerie.  Très peu d’à-côtés historiques et un parcours certes assez court.  Toutefois, j’ai bien aimé.  La conférencière a beaucoup parlé de la genèse des sorcières et des symboles de la sorcellerie : comment tous les symboles païens ont été transformés et diabolisés pour faire peur et amener les gens à se tourner vers la religion. Les femmes qui savent des choses et qui connaissent les plantes?  Sorcières! Les accoucheuses? Sorcières!  Les voisines qui t’emmerdent?  Sorcières!  Surtout que bon, une fois accusées, elles avaient fort peu de chances de s’en sortir.  Bien entendu, petit aparté sur l’affaire des poisons et sur les célèbres procès, mais on a évité de tomber dans le sensationnalisme et ça, c’était pas mal.

On a terminé la visite dans une ancienne maison de Nicolas Flamel (toute en brique… aurait-il trouvé le secret?) aujourd’hui un resto, où je voulais aller manger mais aucun plat ne pouvait convenir à mon petit estomac un peu massacré.

Je me mets donc à la recherche d’un resto et là, l’ancienne Karine angoissée is back. Incapacité de choisir quoi que ce soit. Ça faisait quoi… 10 ans que ça ne m’était pas arrivé?  J’ai fini aux Halles… et au Starbucks parce que je me mourais de soif et que je RÊVAIS d’une boisson à la mangue. Yep, une vraie touriste!  J’ai aussi pu faire quelques courses pour mon voyage en Turquie et je me suis ensuite dirigée vers le bureau de change, près de la gare.  Parce qu’il me faut de l’argent turc, de l’argent américain ET de l’argent canadien. Ce fut donc toute une aventure! Mais bon. Là, tout est pas mal acheté, il va me rester à me retransférer chez Delphine pour faire tous les bagages.  Probablement jeudi ou vendredi.  Et je rentre épuisée.  Faut dire que je n’ai presque rien mangé depuis 4 jours!

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