Sep 07 2018

The Seven Husbands of Evelyn Hugo – Taylor Jenkins Reid

Je pensais m’embarquer dans un roman très mystérieux, très atmosphérique, en lisant ce livre. Mais en fait, pas du tout. Et ce n’est pas nécessairement négatif parce que j’ai passé un bon moment de lecture dans un tout autre genre. J’avais été tentée par plusieurs avis dithyranbiques et j’aurais peut-être été dans le même état si je ne l’avais pas pris tout de suite après « Dites au loups que je suis chez moi » (je sais, mon ordre de publication, c’est n’importe quoi).  Ceci dit, l’histoire est prenante et se lit toute seule, même quand on a juste une moitié de cerveau comme c’est le cas présentement pour moi.

 

Monique est une jeune journaliste qui a un boulot qui ne lui permet pas beaucoup de liberté. Son (ex) conjoint vient de partir à l’autre bout du pays et elle ne se réalise qu’à moitié en écrivant alors qu’elle a choisi ce métier car il la faisait vibrer. En effet, une discussion avec son père (décédé) qui lui disait de suivre ses passions, l’a profondément marquée.  Un jour, une demande arrive au magazine pour lequel elle travaille. Evelyne Hugo, grande star des belles années d’Hollywood connue pour ses 7 mariages, est prête à parler à une journaliste, si celle-ci est Monique. Autrement, elle ne dira rien. Monique n’a bien entendu aucune idée du comment du pourquoi… et elle va rencontrer cette femme, qui lui propose de lui raconter sa vie. La vraie version, sans masque.

 

Le lecteur va donc suivre son récit, depuis son enfance dans un quartier pauvre de New York, auprès d’un père maltraitant jusqu’à l’âge mur, en passant par chacun de ses sept mariages, qui ne furent pas nécessairement ce qu’ils semblaient être. Evelyn va nous parler de son grand amour et de son évolution. Elle est prête à tout pour réussir, quitte à mentir et à tromper et pourtant, je m’y suis attachée. Le personnage est intéressant, complexe et j’ai beaucoup aimé la reconstitution du milieu du cinéma de l’époque. On est transporté dans une autre époque, très glamour, où les moeurs étaient fort différentes, ce qui a amené tous les gens à prendre des décisions difficiles à comprendre aujourd’hui.

 

J’ai eu du mal à lâcher le roman. J’ai adoré la structure, même si le personnage de Monique m’a moins fascinée. Par contre, la relation entre elle et Evelyn et sa croissance pendant cet intermède sont intéressantes. Ça m’a rappelé par certains aspects « Le treizième conte« , lu il y a une dizaine d’années et ça se lit tout seul. J’ai lu à plusieurs occasions que ça manquait de profondeur mais pour ma part, ce roman m’a donné ce que j’en attendais… un bon moment de lecture!

Sep 05 2018

Ceux qui me restent – Marie / Bonneau

Florent a rencontré l’amour et a traversé la Manche pour le retrouver.  Puis l’amour a disparu.  Puis, il y a eu Lilie.  Et un jour, sur un bateau, Lilie disparaît, elle aussi. Et longtemps, longtemps, il va la chercher.

 

Si vous voulez vous lancer dans cette BD en n’en sachant que ça, vous pouvez y aller.  Vous allez rencontrer Florent, puis sa fille.  Vous lirez une histoire touchante sur le temps qui passe, sur ce qu’on perd et ce qui reste. Vous auriez droit à des épisodes un peu décousus d’un passé révolu.  À beaucoup de détresse aussi.

 

C’est un très bel album, très touchant, qui dit  beaucoup en peu de mots et avec des images fortes sevies par une très belle colorisation.  C’est à la fois beau et plein de ressentiments, flou et intense.

 

Vous pourriez aussi l’ouvrir en sachant de quoi il est question.  Vous sauriez ainsi que Florent n’a plus 39 ans, mais près de 70.  Vous sauriez aussi que Lilie est revenue mais qu’il ne le sait pas parce que dans son esprit, tout s’embrouille et s’entremêle.  Il vit dans un passé  qui lui fait peur, qui lui fait mal et celui-ci nous est révélé par bribes, selon les caprices de sa mémoire défaillante.

 

C’est très bien fait, triste mais sans pathos.  Ça nous fait réfléchir sur ces remords, ces choses qu’on aurait pu pardoner et qui nous éloigne.  Que reste-t-il quand tout s’efface?

 

Très très beau!

Moka nous accueille cette semaine pour la BD de la semaine, qui reprend officiellement!

Sep 03 2018

Miss Sarajevo – Ingrid Thobois

Ceux qui me suivent sur Instagram savent que j’ai eu un coup de coeur (et un coup au coeur) pour la ville de Sarajevo et la Bosnie quand je l’ai visitée (un peu par hasard) lors de mon road trip en Europe centrale en septembre dernier.  Du coup, quand j’ai vu ce titre, je n’ai pas résisté un instant (je l’ai même commandé outremer parce que je ne pouvais pas attendre), je l’ai dévoré, et j’ai eu un coup de coeur!

 

C’est donc l’histoire de Joaquim, 44 ans. Il est grand reporter et photographe de guerre, il a fait son premier terrain à Sarajevo, pendant la guerre, lors de la fameuse élection de Miss Sarajevo.  Il y était allé presque sur un coup de tête, parce que Ludmilla, son amante, venant de là, cherchant peut-être la mort, ou l’oubli de l’événement qui a bouleversé la famille. En effet, sa soeur Viviane s’est défenestrée alors qu’elle allait avoir 16 ans. L’esprit de sa mère n’a pas survécu. Et lui…  lui, il tente de survivre, avec ses angoisses et ses névroses.

 

C’est à la mort de son père, qu’il n’a pas vu depuis 22 ans, qu’il prend le train pour Rouen où il a grandi, étouffé dans une maison bourgeoise, maison où il avait juré de ne jamais remettre les pieds. Or voilà, il doit le faire. Et pendant ce voyage, il revisite Sarajevo, où il sera recueilli par une famille alors que la ville est assiégée, que les snipers sont partout. Il repense aussi à sa vie d’enfant et de jeune adulte, à sa soeur Viviane dont il n’a jamais fait le deuil.

 

Ça aurait pu être une soupe de pathos mais non, loin de là. Chaque mot a sa place et l’auteure sait nous toucher autant par le passage à Sarajevo, la jeunesse que par le présent de Joaquim, qui est en errance et qui va apprendre que la vie et l’espoir peuvent renaître partout, de toutes les cendres.  Ça parle de guerre, certes, mais aussi de deuil, de famille et de mémoire. L’image de la photographie utilisée est parfaite porte à réfléchir tout au long des pages qui se sont lues toutes seules.

 

J’ai eu le frisson pendant toute la fin du roman.  Une plume touchante, un récit émouvant.  Je ne sais pas si vous avez déjà vu le reportage sur l’élection de Miss Sarajevo, acte de résistance fort symbolique, mais je vous le conseille, juste pour ouvrir les yeux sur l’aspect humain des guerres et des violences.

 

Et je vous conseille aussi ce roman, bien entendu!

Sep 02 2018

Le secret du rocher noir – Joe Todd-Stanton

Quel bel album que voici!

Dès que j’ai vu la couverture, j’ai su que c’était pour moi. J’adore le dessin, les variations de textures sur la couverture sont super jolies et la façon dont l’auteur amène le thème m’a particulièrement plu.

 

C’est donc l’histoire d’Erine, qui habite un petit village de pêcheurs. Elle rêve d’accompagner sa mère (juste ça, c’est cool… c’est sa mère qui pêche) en mer… sauf que c’est trop dangereux, en raison du Rocher Noir.  Mais la fillette est rusée et va découvrir un grand secret.

 

En plus des superbes illustrations, l’album a un contenu qui me plaît. Ça parle de peur de l’inconnu mais surtout d’environnement et de l’importance de la nature pour les animaux… et pour nous. L’auteur réussit à lancer des messages forts sans pour autant adopter un ton preachy et moralisateur, laissant les enfants tirer leurs propres conclusions.  Et les albums qui parlent à l’intelligence des cocos, ça me plaît toujours!

 

À lire sans modération!

Sep 01 2018

Phobos – 4 – Victor Dixen

Voilà.   J’ai fini cette saga.  Bon, vous, vous avez lu les billets sur plusieurs mois mais pour ma part, j’ai enchaîné ça en 4 jours.  Je n’allais quand même pas vous mettre 4 billets de suite sur la même série! Bref, parlons un peu de ce 4e tome.  Sans rien dire, ça promet d’être difficile.  Je dirai juste que même si ce tome est celui que j’ai le moins aimé (en raison, principalement, du lieu où se passe l’histoire), j’ai bien aimé la façon de boucler le tout et j’ai aimé les retournements un peu « Hollywoodiens ».  Ok, il y a des facilités.  Ok, il y a des incohérences.  Ok, il y a des longueurs. Ok, les personnages sont assez unidimentionnels, malgré leurs passés.  Mais c’est un bon divertissement, les pages se tournent toutes seules et c’est terriblement addictif.  Une série  jeunesse qui n’est certes pas parfaite, mais c’est l’une des rares qui m’a accrochée ces dernières années.  Assez pour que je la « bingeread ».  Je ne trouve pas de mot français qui ait exactement la même connotation.

 

SPOILERS SUR LES PREMIERS TOMES À PARTIR D’ICI

Ok, spoilons gaiement les premiers tomes.  Une bonne partie du roman se passe sur terre.  Et moi, ce que j’aimais, c’est ce qui se passait sur Mars.  L’espèce d’utopie qui dérapaiit, la manipulation de Serena, l’atmosphère particulière.   Du coup, si on enlève ça, ça a enlevé pour moi une grande partie du charme et j’avoue avoir trouvé des longueurs.  Ce roman montre aussi le meilleur et le pire du net, avec ces gens qui ne savent rien et qui insultent sous couvert de l’anonymat.  Cette partie est malheureusement fort crédible.  Mais c’est tellement frustrant à lire!  Ceci dit, je suis la fille qui ne lit JAMAIS les commentaires sous les actualités parce ça lui tape trop sur les nerfs tant de bêtise.

 

La quête de Leonor pour connaître son passé est intéressante, on comprend mieux la raison d’être de la Salamandre mais j’ai trouvé la méchanceté de certaines personnes tellement exagérée, tellement too much.  C’est le tome qui a le plus de grosses ficelles, je crois.  Les personnages secondaires auraient aussi pu être mieux développés, moins plats… parce que je dois avouer que je ne me suis que très peu attachée à eux.   Mais quand même…

 

… j’ai dit que c’était hyper cinématographique et hyper addictif hein?

Oui, je sais… mais bon, voilà!

Août 31 2018

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeault

J’arrive largement après tout le monde pour lire ce roman. Bizarrement, j’avais réussi à traîner assez loin des blogs pour n’avoir aucune idée de quoi ça parlait. Ouais, je sais, je suis terriblement en retard dans mes visites bloguesques (et on ne parle même pas des commentaires…  fouettez-moi!). De plus, comme je suis souvent déçue par les romanx-buzz, je ne m’attendais à rien du tout. Et finalement, j’ai passé un très bon moment avec ce roman, que j’ai lu d’une traite, plongée dans cet univers fantasque, pétillant et un peu magique.

 

C’est l’histoire d’un amour fou. Au sens propre comme au figuré. Sous le regard émerveillé de leur fils, qui les voit idéaux et magnifiques, les parents s’aiment et vivent dans une perpétuelle folie douce. Pour eux, la vérité est toute relative, l’imagination et les désirs du moment sont rois, les règles sont pour les autres. Celle qui mène le bal, c’est la mère, celle qui change de nom chaque jour, celle qui refuse toute convention  et qui choisit de croire en la magie. Tous les soirs, on danse sur la musique de Nina Simone (j’adore cette chanson… depuis toujours), c’est la fête perpétuelle et l’alcool coule à flots. L’école pour le petit? Un détail. La vie, c’est le moment présent et les châteaux en Espagne.

 

Puis, la réalité va les rattraper.

 

Un roman à la fois simple et complexe dans ses thématiques. On parle ici des limites de la santé mentale, de vie inventée et de a fascination qu’exercent certains êtres. La plume est elle aussi fantasque, remplie de rimes, ce qui donne un air de conte à ce récit. La volonté du père de protéger la mère du réel est une magnifique preuve d’amour. Ceci dit, certains passages sont très émouvants, très tristes aussi. Impossible de ne pas s’inquiéter pour ce petit garçon, pour son avenir malgré tout l’amour qu’il y a autour de lui.

 

Et bon, il y a Mademoiselle Superfétatoire!  À lire ne serait-ce que pour ça.

Un bon moment pour moi, Pas une profondeur extraordinaire mais un regard différent sur la maladie mentale.

Août 30 2018

Narcisse et Goldmund – Herman Hesse

Narcisse et Goldmund est un roman que j’aurais dû lire adolescente.  Ne vous méprenez pas, j’ai adoré en le lisant adulte. Mais il me semble que si je l’avais lu ado, quand j’étais davantage en train de trouver ma voie (bon, j’avoue, ce n’est pas fini mais mettons qu’il y a des périodes plus intenses que d’autres), j’aurais eu des Révélations.  Avec un R majuscule.  Et cette plume, cette plume.

 

Nous avons ici affaire à un roman d’apprentissage et de découverte de soi, en pleine Allemagne du Moyen-Âge.  Pourtant, les réflexions qui sont soulevées restent malgré tout intemporelles et nous rejoignent malgré le fait que le roman ait été écrit en 1930 et se passe il y a quelques petites centaines d’années. C’est un roman qui demande notre attention car il a un côté philosophique qui nous demande d’être « toutte là », comme on dit pas chez nous. Ça nous amène à réfléchir sur l’amitié, sur l’art, le sens de la vie et la spiritualité.   Les personnages de Narcisse et Goldmund, qui se rencontrent à l’abbaye de Mariabrunn alors que l’un est un jeune enseignant génial et l’autre un étudiant.  Ils s’opposent en tous points mais apprendront à s’apprécier et s’estimer l’un et l’autre. Si l’un représente l’intériorité et la science, l’autre est davantage dans la sensualité et l’art et ils s’interinfluenceront tout au long de l’histoire, même quand ils seront séparés.

 

Si Narcisse est un personnage phare de l’histoire et si ses réflexions sont passionnnantes (à mon goût), nous suivons surtout Goldmund, si jeune, si blond, qui un jour rencontre une jeune bohémienne qui l’éveille aux sens et qui l’amène à fuir l’abbaye pour prendre la route, sans rien, afin de vivre le moment présent (et un peu baiser tout ce qui bouge… mais c’est une autre histoire).  À travers ses périgrinations, nous le verrons découvrir l’art, s’interroger sur sa signification ainsi que sur le sens de la vie en général, son côté éphémère et la façon de la rendre signifiante.  J’ai adoré suivre l’évolution du personnage, le voir revenir sur ses perceptions. Il est fort imparfait mais on s’attache à sa naïveté et sa façon de vivre au jour le jour.

 

Quant à la plume, je suis tombée amoureuse dès la première description de l’arbre qui m’a presque émue aux larmes.  C’est tout dire.

On m’a dit que c’était un roman « très problématique » (je HAIS cette expression, vous pouvez pas savoir) parce qu’il n’était pas féministe et qu’il n’y avait pas beaucoup de diversité culturelle. Certes, entendons-nous que Goldmund ne considère pas toujours hyper bien toutes ses conquêtes… mais on parle d’un roman écrit par un mec, en 1930, au sujet d’un moine et de son ancien élève au Moyen-Age. Il faut selon moi remettre le texte dans son contexte et adapter nos filtres à l’époque. Mais ça reste mon opinion.  Je suis par contre super intéressée à en discuter avec vous.

 

Lu pour le défi de Madame Lit d’août, où il fallait lire un roman allemand!

Août 29 2018

Les voyages d’Ulysse – Lepage/Follet/Michel

Il y a quelques mois, j’ai lu Les voyages d’Anna, du même auteur. J’étais restée un peu mitigée, avec l’impression d’arriver au milieu d’une histoire déjà commencée.  C’est juste après avoir fait quelques recherches que j’ai compris qu’en fait, il y avait un premier tome. Que j’ai lu. 6 mois plus tard.

 

Nous sommes toujours avec les très, très belles images d’Emmanuel Lepage. C’est encore ce que je préfère dans l’histoire, même si j’ai nettement préféré aux voyages d’Anna. Je crois que l’histoire d’Ulysse en arrière-plan m’a tenue accrochée, malgré le fait que l’histoire de Jules ne soit pas exploitée à fond et qu’il semble être davantage le récepteur de l’histoire de Salomé, capitaine de navire. Et quelles belles images de mer!  C’est juste magnifique.

 

Nous rencontrons donc Jules Toulet, un peintre de la fin du 19e siècle. Il n’est pas vraiment connu, n’a plus un sou et il est à la recherche d’Anna (oui, encore elle), sa muse, disparue un jour sans un mot. Il décide de s’embarquer sur l’Odysseus, navire piloté par Salomé, étrange femme capitaine qui semble cacher des secrets. Obsédée par un peintre célèbre spécialisé dans les images antiques, Ammôn, elle croit qu’un carnet de croquis possédé par Jules va l’aider à le trouver. Ils vont donc partir sur le navire dans une mer déchaînée, ce qui donne lieu à des planches sublimes. On sent la différence d’illustration entre les tableaux d’Ammön et le reste de l’album et les références à l’Odyssée (qui a fait partie de mon adolescence) sont bien placées et font réellement partie du récit. Mais je pense que je suis un peu vendue d’avance quand il est questions des récits épiques grecs.

 

C’est surtout l’histoire de Salomé qui nous sera racontée entre deux escales. Si le contenu m’a tout de même plu, j’avoue que je me souviendrai surtout du contenant, qui est ma-gni-fi-que. Les dessins, les pages intercalées, tout est beau. À tenter, donc! Mais attendez-vous à un récit qui aurait pu être plus creusé.

Août 27 2018

Le liseur du 6h27 – Jean-Paul Didierlaurent

Ce roman traînait dans ma pile depuis pratiquement 4 ans. Le problème, avec la pile, c’est que même si je lis des romans qui en font partie, elle ne baisse jamais.. mais c’est une autre histoire.  Bref, le fameux liseur. Il s’appelle Guylain Vignolles et la contrepèterie a carrément gâché sa vie.  Il habite seul avec son poisson rouge, 5e ud nom.  Il déteste son travail et mène une bataille quotidienne avec la fameuse machine qui rythme son quotidien.  Chaque matin, dans le train du 6h27, il lit à haute voix. Des extraits, des recettes… n’importe quoi. Et il intrigue…

 

C’est l’histoire d’un homme sans histoire, qui se ment à lui-même et qui s’est perdu dans une routine qui ne lui ressemble pas. Certains événements vont l’amener à changer… bref, le schéma classique du roman feel good.  Et est-ce que ça fonctionne?  À moitié, selon moi. Certaines parties sont géniales, surtout celles qui ne touchent pas directement Guylain, en fait. Les scènes de la maison de retraite sont trippantes (j’ai ri comme une folle… et ça sent le vécu), les alexandrins m’ont fait mourir de rire et l’arrivée de Julie donne définitivement  un second souffle à l’histoire.

 

Ça parles de livres, de rencontres et de solitudes qui se rencontrent. C’est décalé, charmant et je me suis surprise à le terminer avec le sourire aux lèvres, même si je n’étais que moyennement convaincue au départ. Vais-je en garder un fort souvenir? C’est à voir mais j’ai passé un agréable moment de lecture.

Août 24 2018

Àsta – Jon Kalman Stefansson

Étant adepte des histoires de Jon Kalman Stefansson, je suis entrée fort confiante dans cette saga familiale, et j’en suis ressortie tout aussi  ravie. J’y ai retrouvé la plume élégante et poétique de l’auteur (et son traducteur) qui réussit à chaque fois à m’emporter ailleurs, dans une Islande en pleine évolution mais qui demeure tout de même aride et rude. L’écriture est évocatrice, la psychologie est personnages est toute en demi-teintes et la construction particulière m’a particulièrement ravie.

 

Si vous me lisez depuis un bon moment, vous savez que les constructions bizarres et moi, on est super copines. J’aime qu’on m’emmêle, j’aime ne pas tout comprendre tout de suite, j’aime être baladée  dans le temps et dans l’espace. Ici, j’ai été servie mais l’auteur réussit tout de même à nous garder accroché et à nous permettre de nous attacher à cette galerie de personnages imparfaits sur deux générations, personnages que nous ne connaissons  que par bribes. Entre le narrateur qui s’adresse à nous, les lettres d’Asta, les réminiscences du père et les souvenirs vus par les yeux de divers personnages, nous sommes rapidement pris dans un enchevêtrement de fils qui ne seront réellement dénoués qu’à la fin, quand nous aurons une meilleure idée de l’identité de certains personnages.

 

Nous rencontrerons donc Asta, de sa conception jusqu’à sa vieillesse et nous la découvrirons par plusieurs regards plus ou moins bienveillants. Asta n’a pas été à la hauteur de certains de ses rêves et j’ai parfois eu du mal à la cerner mais autour d’elle gravitent toute une galerie de personnages ayant eu un impact sur la femme qu’elle est devenue. De Reyjavik à Vienne en passant par les fjords de l’ouest, j’ai beaucoup apprécié mon incursion dans cette famille et dans cette vie.

 

Une réflexion sur l’amour, sur la souffrance et sur les héritages familiaux. Tout au long de la lecture, nous nous demandons qui raconte, à qui écrit Àsta, et aussi qui est cette femme qui fuit les autres et qui se fuit elle-même. Bref, j’ai beaucoup aimé… et je continuerai à lire l’auteur!

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