Oser l’Égypte… et tomber en amour!

L’Égypte, c’était un rêve de petite fille. Les pharaons, le désert… ça me faisait fantasmer depuis des années. Quand j’ai annoncé à ma mère-peureuse que j’allais enfin y mettre les pieds, elle a pris peur, a boudé (un peu), menacé de me déshériter (ok, j’exgère à peine)… et a dû se faire a l’idée que j’allais y aller quand même. Et qu’est-ce que j’ai bien fait de passer par-dessus mes craintes initiales!

Nous avons fait affaire avec une agence égyptienne, Memphis Tours, qui nous ont traitées aux petits oignons. Guides privés intéressants, ouverts, ravis de nous faire découvrir leur pays et leur histoire. Avec l’arrêt du tourisme pendant 7 ans, les Égyptiens ont vécu de durs moments et il n’y a pas à dire, ils font attention à nous.

Nous étions deux filles et nous nous sommes toujours senties en sécurité. Toujours. Il y a des contrôles, des vérifications, des mesures… tout pour que nous puissions en prendre plein les yeux. Je suis tombée amoureuse de l’endroit et des gens qui nous ont accueillis à bras ouverts. Bref, un voyage fabuleux. Rien de moins.

Visiter l’Égypte, c’est s’ouvrir à l’autre et à l’ailleurs. C’est rencontrer une civilisation millénaire, mystérieuse encore, dont on a pas tout découvert, loin de là.

C’est s’émerveiller devant les pyramides et l’habileté des constructeurs. C’est perdre le souffle devant leur grandeur et devant les contrastes entre l’antique et le moderne du Caire. C’est prendre un verre à la piscine, avec vue sur les dernières demeures de Khéops et Képhrem.

C’est fondre en larmes devant le Sphinx qui surveille l’entrée à la nécropole depuis la nuit des temps, c’est se dire qu’on a une chance folle d’être là, dans ces lieux qui ont vu tant de choses déjà.

C’est chercher les « épices du souk du Caire » mais surtout trouver des rues animées, des marchés, des vendeurs de pain dans la rue, des boutiques colorées et des gens qui se baladent avec des plateaux de thé (ou de n’importe quoi d’ailleurs) sur la tête. C’est se laisser emporter dans l’euphorie et s’émerveiller devant le talent des artisans qui se transmettent leur savoir de père en fils ou en fille.

C’est passer des heures au musée du Caire, ne plus savoir où donner des yeux, voir le trésor de Toutankhamon en vrai et réaliser à quel point on est chanceux de pouvoir voir ça. C’est rester en pâmoison devant le scribe et son fameux regard.

C’est marcher dans les rues du Caire copte ou encore le Caire islamique. C’est observer la ville d’en haut, ou de la voiture, grouillante de vie et d’animation. C’est apprendre le langage « klaxon »… et être fermement décidée à ne JAMAIS y conduire.

C’est tester les trains égyptiens et se dire que c’est toute une aventure. C’est arriver à Assouan au matin et s’émerveiller des îles et de la vie autour du Nil. C’est passer derrière le miroir pour visiter les quartiers populaires avec notre guide et réaliser à nouveau que les enfants sont les mêmes partout.

C’est arriver à Philae et commencer à comprendre à quel point cette civilisation était immense. C’est observer chaque détail de chaque sculpture, de chaque peinture. C’est vouloir y rester des heures.

Visiter l’Égypte, c’est voir Abou Simbel et ses statues colossales de Ramsès 2, fruit de sa folie des grandeurs qui l’ont fait se voir comme un dieu. C’est apprendre sur les croyances et la symbolique de l’ancienne Égypte… et réaliser qu’en fait, on ne sait rien, mais rien du tout. C’est prendre la mesure du désert, son immensité et son calme…

C’est pénétrer dans la vallée de rois et ses tombes magnifiquement décorées. C’est devenir folle amoureuse de l’art égyptien, et voir cette fascination se renforcer au cours du voyage.

C’est aussi errer dans les colonnes de Karnak, seule au monde parmi cette forêt de colonnes. C’est s’émerveiller devant tous les temples et la grandeur des réalisations des égyptiens, avec les moyens du temps. C’est apprendre, en direct que l’oncle de notre guide et son équipe ont trouvé 22 nouveaux sarcophages jamais ouverts avant et réaliser qu’en fait, il va falloir revenir dans 10 ans pour voir toutes ces nouveautés.

C’est visiter les villages nubiens et leurs crocodiles domestiques, essayer la chicha (et rater son coup de façon magistrale) et se faire faire du henné. C’est se balader sur le Nil en croisière ou en felouque et se dire qu’on est là, en Égypte, que c’est vrai de vrai.

C’est partir dans le Sinaï et jouer les touristes à Sharm al Sheikh, admirer les fonds marins de la mer rouge et être ébahie devant toutes ces couleurs et cette vie sous-marine qui défile devant nous. C’est sentir le vent dans mes cheveux et le sel sur ma peau, c’est profiter du moment présent en mer.

C’est aussi grimper sur le Sinaï avec un guide bédoin, se faire photobomber par un chameau et par des chats et perdre le souffle devant l’immensité minérale devant nous. C’est lire au soleil, sans savoir où poser les yeux tellement c’est beau. C’est regarder le soleil se coucher tout en haut, redescendre à la lumière des frontales et se dire que vraiment, malgré la fatigue, c’était à faire.

C’est quitter le pays avec des étoiles plein les yeux et le coeur plein des rencontres que nous y avons faites. C’est dire au revoir, pas adieu, et avoir envie que tous nos amis puissent vivre cette expérience folle… et tomber amoureux à leur tour!

(14 commentaires)

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  1. Je suis ton voyage sans laisser spécialement de commentaire, mais là … je voudrais peut-être aller en Egypte pendant les vacances de Noël, et ton parcours m’intéresse beaucoup. J’ai noté le nom de ton agence Memphis Tours, mais peux-tu m’en dire plus sur votre trajet (arrivée et départ du Caire mais entre les deux ?) et la durée de votre séjour ? Merci

    1. Nous avons fait un circuit Égypte-Jordanie mais je ne parle que de l’Égypte ici. Nous y avons passé 10 jours. Le Caire, puis Assouan, Abu Simbel, croisière jusqu’à Louxor avec des arrêts dans divers temples. Et nous n’avons pas tout fait! C’était un tour avec guides privés et ils peuvent organiser le voyage que nous voulons, en fait. Suffit de discuter avec eux.

      1. oui, j’avais vu le tour jordanie-egypte sur leur site. Merci

        1. Nous l’avons pas mal fait modifier mais en gros ça ressemble à ça!

  2. magnifique ! et 100% le même ressenti !! Ah ben normal, j’étais avec toi !!!

    1. C’est en effet étrangement étrange!

  3. Merci de raviver quelques-uns de mes plus beaux souvenirs !
    L’un de mes plus beaux : une marche au bord du Nil, après 2 mois au Caire, avec une impression de quiétude comme si les voitures avaient soudain disparu ^
    (le langage klaxon est pourtant simple : « je veux tourner à droite ? un coup de klaxon. je veux tourner à gauche ? un coup de klaxon. je suis un peu contrarié ? un coup de klaxon. et hop. ,)) Bon retour!

    1. C’est fou hein, tous ces klaxons! Je me dis que si je sais klaxonner, je peux me débrouiller en arabe au Caire! Les chameaux sur l’autoroute, les voitures en sens inverse… c’est fou!

  4. Bon, je suis vraiment ravie que ça se soit bien passé pour vous et que toi, comme Mylène, ayant aimé ce magnifique voyage. C’est vraiment bien de découvrir ce pays en touriste 😉 Ça me donnerait presque envie d’y retourner (« presque » parce que JM y était la semaine dernière et il a dit que c’était de plus en plus invivable au quotidien). J’ai hâte de voir ton ressenti plus en détails et notamment ce fameux voyage en train qui m’a l’air d’avoir été épique ! En tout cas, les photos sont superbes, tu fais une bonne pub pour le pays !

    1. Ah oui, au quotidien, ça semble être quelque chose. La circulation, les gens partout… mais en touriste, c’est génial, rien de moins! Les billets sont écrits… reste juste à me rendre là pour la publication!

  5. Bonjour,
    Merci pour le partage.
    Permettez quelques mots sur l’Egypte ancienne. Merci.
    En Egypte comme partout, le régime féminin a précédé le régime masculin et il a dû avoir une longue durée de prospérité et de paix, puisque, au moment où commence l’histoire, c’est-à-dire le règne de l’homme, le pays possède déjà une langue bien formée, l’écriture, et des institutions sociales qui serviront de base à l’organisation future des sociétés. Enfin une religion, un culte, une haute morale. Tout cela réalisé avant les temps historiques.
    « L’Egypte est la terre classique de la Gynécocratie », dit Bachofen, « sa civilisation repose en principe sur la préférence d’Isis à Osiris ».
    C’est par le règne des Déesses que commence l’histoire de l’Egypte.
    L’Egypte fut longtemps gouvernée par des Prêtresses que l’histoire appelle des Pharaons. Celui qu’on appelle « le premier Roi » est Mena (devenu Menés), mot qui veut dire Mère, comme Manou. On appelle les féministes Philo-Mena. On le fait suivre d’une longue série de Princes, dit-on, qu’on croyait d’abord fabuleux, mais qui ont réellement existé. Ce sont les Déesses-Mères. On cite parmi elles la Reine Nitocris à laquelle on doit de beaux travaux ; Mœris, qui semble être la Déesse He-Mœra, à qui Hérodote attribue la construction d’un lac immense créé de mains d’hommes et qui servit de réservoir aux eaux du Nil.
    Par ici, une révolte masculine et des rois conquérants, c’est-à-dire des chefs, des Ack, venant troubler le pays. On cite parmi eux Osartasês, Sebek-hotep.
    Mais cet état de choses est interrompu tout à coup par l’invasion des Hyksos, appelés rois Pasteurs, qui sont les émigrés féministes de l’Inde, qui viennent redonner à l’Egypte une nouvelle vie matriarcale et gynécocratique. Le règne de l’homme en Egypte ne s’établira que dans le millénaire qui précède le Christianisme.
    Il commencera à Psammitique (665 à 650).
    Hérodote et Diodore ont montré que chez les Égyptiens la Femme avait un rôle prépondérant, tandis que l’homme filait et se livrait aux soins du ménage.
    M. Révilloud, dans son histoire de La Femme dans l’ancienne Egypte, a affirmé le même fait.
    C’est la Femme qui faisait les lois et les interprétait ; Elle qui était Déesse et Prêtresse.
    Les Pharaons sont des magistrats sacerdotaux, toujours représentés en costumes de femmes.
    Dans le règne primitif, toutes les grandes dignités de l’Etat, les fonctions de juge, de médecin, étaient exclusivement réservées à la caste sacerdotale. Les hommes ne pouvaient pas y prétendre, ils étaient soumis au pouvoir des femmes appelées « des sages » (Soffet), qui leur faisaient faire un service régulier, un travail dont l’organisation avait été savamment établie. On les envoyait aussi en expéditions lointaines.
    Pour les récompenser, on leur donnait le droit de porter certains signes de distinction. On comprenait déjà que les honneurs accordés aux hommes n’ont de valeur que s’ils les tiennent de la Femme.
    La Femme gardait en dépôt les Livres de science et les cachait à tous les yeux avec des précautions infinies.
    La connaissance des lois de la Nature, que les Livres sacrés avaient enseignées, facilitait tous les travaux, qui ne sont en somme que les applications de ces lois à la vie, ou à l’industrie.
    Les lois de la physique (le Kosmos), de la chimie (l’art sacré des Temples), de la physiologie (imposées dans le Connais-toi du Temple de Delphes), étaient la base solide des travaux entrepris.
    On savait tout ce que la science des modernes explique si mal, on connaissait la cause réelle de tous les phénomènes, et l’on est surpris de voir avec quelle précision tout était expliqué.
    Ces connaissances qui étaient le fond de l’éducation religieuse donnée par les femmes (les Déesses qui écrivent, les Prêtresses qui enseignent) passaient dans les mœurs, dans les institutions, dans tout le milieu ambiant. Il n’y avait pas encore de place reconnue (officielle) pour l’erreur. Nous sommes, il est vrai, à l’aurore du mensonge, mais il n’a pas encore triomphé.
    Cordialement.

    1. Ah, merci pour cette information. C’est un peu différent de ce que j’ai lu ailleurs mais je suis loin d’être une spécialiste de l’Égypte, après y avoir passé 12 jours!

  6. quel magnifique voyage 🙂

    1. Vraiment! Un jour, ce sera ton tour!

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