Manuel de la vie sauvage – Jean-Philippe Baril-Guérard

Le comment du pourquoi

J’avoue que sans le prix de libraires du Québec, je n’aurais jamais lu ce roman. Et j’aurais manqué quelque chose! Parce que j’ai adoré ce roman très peu politically correct au ton décalé.

De quoi ça parle

Kevin est un jeune entrepreneur et ce roman, c’est sa success story à la québécoise. Il va nous raconter comment ses échecs initiaux l’ont formé et lui ont permis de comprendre le monde des affaires et devenir millionnaire. Vite. Et jeune. C’est qu’il veut nous donner sa recette, voyez-vous, pour que vous puissiez devenir comme lui.

Mon avis

Ce roman, c’est jubilatoire. On ne parle pas ici d’un style hors du commun ou d’une prose extraordinaire, mais il y a quelque chose dans le ton, dans la narration, qui accroche le lecteur. Serait-ce parce que le narrateur s’adresse directement à nous ou parce que sa façon de présenter les choses en justifiant ses actes selon une morale lui est bien particulière? En tout cas, il a réussi à m’intéresser à un thème qui ne me tente normalement moins que pas, l’argent et la réussite, et ça, ce n’est pas rien.

Kévin Bédard hait son prénom. Issu d’une famille de nouveaux riches de banlieue, un Kévin, selon lui, ça tranche avec les autres prénoms de Bréboeuf. Il hait ce que représente son père mais il veut devenir riche. Par lui-même. Mais pas riche un peu, là. Il ne lui reste qu’à trouver l’idée. Et c’est à partir des chatbots, ceux qui répondent au service à la clientèle, qu’il va trouver un moyen… de communiquer avec les morts. Rien de moins. Ça promet hein!

Kévin de nous cache rien. Ses erreurs, les fois où il s’est fait avoir comme un bleu, les gens qui l’ont trahi, les fois où il a raté son coup et les fois où ça été un succès encore plus incroyable que ce à quoi il avait pu rêver. Il nous raconte aussi, avec un ton détaché, ses propres trahisons et ceux qu’il a laissés derrière lui. On rit (mais jaune… jaune foncé), on est étonné, révolté et touché par cette satire sociale qui nous parle du monde des start-ups, qui est tout univers à lui tout seul.

Le personnage principal ne fait pas dans la langue de bois et met ainsi en lumière des faits qu’on préférerait ne pas voir. C’est cruel, amoral (mais légal, comme le dirait Kévin) et les dialogues sont criants de vérité. Limite que je verrais bien ce roman en pièce de théâtre. Me semble que ça passerait bien!

Une belle découverte donc. Merci le prix des libraires.

(2 commentaires)

  1. Un personnage qui a l’air passionnant. Noté.

  2. Je ne connaissais pas ce livre. Il m’apparaît très différent! Merci pour cette découverte!

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