L’évasion d’Arthur ou la Commune d’Hochelaga

Le comment du pourquoi

J’avais vu ce roman dans une liste de prix littéraire. Me semble que c’était le prix des collégiens au Québec. Et bon, en bonne nonotte qui ne lit pas les 4e de couvertures, je pensais qu’il y avait un certain rapport avec le roi Arthur… Que nenni! On est ma foi moins de Kaamelott, même s’il y a un côté parodique dans cet ouvrage.

De quoi ça parle

Imaginez un mois de mars qui dépasse les 50 jours. Imaginez un petit garçon de 10 ans qui s’appelle Arthur, et qui vit en garde partagée entre une mère ex-TS qui n’en peut plus et un père patenteux, adepte de l’antipsychiatrie (en fait, il est anti-tout), et à la définition de la responsabilité parentale… fluctuante. Un jour, Arthur va se faire péter la gueule par trois petits bums de l’école primaire fort mal engueulés et va se retrouver on ne sait trop comment à vendre des pilules et à jouer au golf sur le St-Laurent gelé, le tout au milieu d’une révolte populaire anarchiste. Je sais, ça fait beaucoup!

Mon avis

Comme je suis vieille (et un peu vieux jeu), mon côté anarchiste s’est un peu éteint avec le temps. C’est une belle idéologie, sauf que j’ai du mal à croire que ce soit possible, étant donné l’humainerie des humains. Par contre, si on sent que l’auteur est clairement du côté des révoltés et des communards, il ne les manque pas non plus! Du coup, ça passe, même si j’ai parfois eu envie de baffer le père d’Arthur et ses grandes idées.

J’ai beaucoup aimé la structure du roman, les images qui marquent, , les différents points de vue et la façon de dire, d’expliquer. On dresse ici un portrait hommage doux-amer du quartier Hochelaga, avec tous ses habitants divers et variés. Il y a une vraie critique sociale, et une critique un peu anarchiste aussi, en tirant un peu de tous les bords : policiers, école, réseaux sociaux, opinion publique, médias et même sur les anarchistes. C’est parfois un peu glauque, mais aussi assez joussif par moments tellement il y a de folie douce. Et de folie moins douce.

Le petit Arthur veut fuir les petits bums, et va atterrir dans une école désaffectée… mais maintenant occupée par des anti-société qui tentent de créer leur propre société meilleure, en marge de tout le monde, à coup de réunions, de votes et de grandes idées. Et parfois, c’est assez drôle. Disons que pour penser hors du cadre, ils l’ont! Il va devenir ami avec Barbe Bleue, un schizophrène et, sans trop comprendre dans quoi il s’embarque, va dealer des pilules!

Si j’ai aimé la critique sous-jacente et qu’à plusieurs moments, je me suis dit : le pire, c’est que ça se passerait probablement exactement comme ça, j’avoue que j’ai eu un peu de mal avec le comique de répétition (le Biveux… j’ai trouvé ça drôle la première fois) et avec le langage ordurier des petits bums, qui sont drôles au début, mais desquels je me suis rapidement lassée.

Un roman très particulier, une voix à suivre, mais si j’ai bien aimé, certains aspects m’ont fait tiquer. Et bon… pauvre Arthur, pogné avec ce duo de parents!

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