Les Poules des Prairies partent en tournée – Dawn Dumont

J’aime beaucoup ce que fait Dawn Dumont. Son humour, sa façon de parler des siens, de sa communauté (Okanese de Saskatchewan) me plait énormément et je vous ai parlé de « On pleure pas au bingo » et de « La course de Rose » il y a quelque mois/années. Bref, un autre roman, j’étais all in!

De quoi ça parle

Nous sommes en 1972, Nadine et ses glorieuses Poules des Prairies ont prévu une tournée de pow wow de danse traditionnelle en Europe, rien de moins. Sauf que, pour une petite histoire de bouffe avariée de rien du tout, toutes les Poules sont clouées à leur bol de toilettes et John Greyeyes, cowboy solitaire, va se retrouver responsable d’une troupe de 4 danseurs tout sauf expérimentés et pas nécessairement coopératifs. Une tournée qui ne va clairement pas se dérouler comme prévu.

Mon avis

J’ai retrouvé ici l’humour que j’aime dans les écrits de Dawn Dumont. On va même un peu plus loin car on est presque dans du vaudeville par moments! Imaginez la situation : quatre autochtones des prairies (ils se nomment eux-même des Indiens mais je ne suis pas hyper à l’aise de le faire donc on va rester avec autochtones) qui partent à la dernière minute, sans entraînement, faire une tournée en Europe. On a John, cowboy solitaire qui préfère les animaux aux humains (du moins le pense-t-il). On a Desiree, jeunette de 19 ans beaucoup plus intéressée au flirt qu’aux danses traditionnelles, accompagnée de sa tante Edna, dévote près de la quarantaine rongée par l’arthrite. Genre, des fois ses genoux plient quand elle essaie de danser. Finalement, un danseur venant des États, arrogant comme tout et qu’ils n’ont jamais vu de leur vie. Ça ne peut pas bien aller.

Nous avons donc tout ce beau monde qui partent et Nadine, la directrice qui a mis tous les efforts est sans connaissance : ils vont faire SA tournée sans elle. Pas question! Ça va être un beau clash et c’est par moments hilarant, par moments touchant. Les mécanismes de défense de chacun deviennent de plus en plus évidents à mesure qu’on tourne les pages et l’autrice en profite pour glisser des thèmes comme la colonisation, le racisme, le sexisme, la politique… et plusieurs, plusieurs autres. Rappelez-vous que nous sommes dans les années 70 et les réactions de nos personnages en comparant ce qu’ils vivent au Canada et la façon dont ils sont perçus en Europe sont criantes de vérité… et comiques à la fois. Je les imagine tellement regarder ce qui se passe d’un regard incrédule! Non mais ils sont fous ces Blancs!

Bref, il arrive BEAUCOUP de choses dans le roman. Ils font une erreur après l’autre, se mettent dans le pétrin de façon impressionnante, le tout avec stoïcité d’apparence. J’ai beaucoup aimé les parcours de John, à qui ce voyage ouvrira les yeux ainsi que celui d’Edna, qui énerve avec son aveuglement mais dont les réactions nous surprennent souvent. J’ai beaucoup aimé la fin qui nous donne une autre façon de voir les choses.

Toutefois, je trouve qu’il y a trop de sujets sociaux abordés, parfois uniquement survolés. Le roman aurait pu gagner en intensité si certains d’entre eux avaient été approfondis un peu plus. Par exemple, l’histoire de l’avion apportait pour moi peu au récit à part insérer une cause supplémentaire. J’aurais aimé aussi mieux comprendre Lucas et ressentir davantage de sympathie pour Nadine.

Ceci dit, Dawn Dumont est une autrice que je vais continuer à suivre. Auto-buy for me!

1 Commentaire

  1. Sans doute plus adapté aux habitants du Canada qui connaissent bien toutes les difficultés des autochtones.

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