Les offrandes – Louis Carmain

Le comment du pourquoi

Parce que le Prix des Libraires du Québec. Et parce que maman n’avait pas vraiment aimé… et que souvent, dans ce temps-là, j’aime ça!

De quoi ça parle

Maude Cantin Espejo est née à Baie-Comeau mais habite au Mexique depuis ses 18 ans. Elle est détective pour animaux, genre Ace Ventura et vivote dans un Mexico assez pourri. Quand Gilda, son ex-belle-mère l’invite à manger dans un resto chic, elle est certaine que c’est pour retrouver son épagneul tibétain. Mais si Ricci, la bête en question, se porte ma foi fort bien, ce n’est pas le cas de tout le monde. En effet, Cindy et Valeria, deux soeurs femmes de ménage dans l’immeuble chic de Gilda ont été retrouvées pendues au pacanier et elle voudrait que Maude fasse la lumière sur cette histoire. Elle va être confrontée à bien plus noir que ce qui apparaissait au premier abord.

Mon avis

Je ne lis jamais les 4e de couvertures. Du coup, je n’avais pas allumé qu’au coeur de ce roman, on trouverait le monde des narcotrafiquants. Je ne spoile pas en disant ça. On parle de meurtres de femmes au Mexique. Les cartels ne sont jamais bien loin. Ce qu’il faut savoir, c’est que le crime organisé ne m’intéresse que quand c’est la mafia américaine. Ouais, Hollywood a eu cet effet sur moi. Du coup, quand j’ai réalisé de quoi ça parlait, mon enthousiasme initial a un peu retombé.

C’est que c’était bien parti pendant les premières pages. J’aimais bien l’humour grinçant et les commentaires en aparté. Sauf que plus on avance dans le roman, moins c’est drôle. Il y a encore des pointes d’humour mais le contenu est tellement sombre que ça tombe à plat. C’est violent, toujours. Pas toujours sanglant mais violent. Dans les gestes, les paroles. La poussière, la vulgarité et la violence faite aux femmes est partout, chez les adultes comme chez les enfants. Pratiquement aucun personnage n’est aimable, il y a des côtés assez horribles chez chacun d’entre eux. Pas un pour rattraper l’autre. Et mon problème, c’est que sur la longueur (475 pages, tout de même), c’est lourd. Très lourd.

Si l’humour de Maude m’a fait sourire au départ, finalement, son pessimisme, sa façon de voir toujours le mauvais côté des choses et de tout dénigrer ont fini par me taper sur le système. Du mal à être empathique, surtout quand je me demandais vraiment pourquoi, mais pourquoi, elle était allée se foutre dans ces situations. Il y a de contantes et très récurrentes références culturelles, très actuelles, et beaucoup de nom de marques sont citées. Souvent. Et vous savez quand quelque chose commence à gosser? Ben ce qui est arrivé pour moi avec ces références. Je. N’en. Pouvais. Plus.

J’avoue que jusqu’à la page 400, je me demandais sérieusement pourquoi ce roman était sélectionné au prix des libraires. La fin, par contre, est vraiment bien et rachète une partie des longueurs. J’ai été agréablement surprise par la façon dont tout était bouclé et on reste un peu sans mot devant ces dernières pages. Pas que j’étais hyper étonnée… plutôt vidée.

Ceci dit, c’est un portrait sans concession d’un Mexique dominé par les cartels, où la corruption et les liens avec les narcos sont partout et où la narcoculture est limite populaire. C’est sale, glauque, la culture du viol et du harcèlement est omniprésente et après avoir refermé ce roman, on n’a aucune, mais alors aucune envie d’aller se balader dans les rues du Mexique!

Pas mon préféré, mais la fin m’a réconciliée avec le reste de l’histoire!

(4 commentaires)

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  1. Tu as tenue jusqu’au bout, bravo.

    1. Yep! Fière je suis.

  2. 400 pages pour ne se satisfaire que de la fin… Vaut-elle à ce point de tenir bon?
    (Et je suis comme toi, je ne lis -presque – plus les 4e de couv.)

    1. Il a été quand même vraiment porté aux nues, ce roman… Je pense que c’est moi qui suis un peu bougonne ces temps-ci… mais j’ai trouvé ça long.

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