Le sillon – Valérie Manteau

Le pourquoi du comment

Parce qu’il était dans la première sélection du prix des libraires du Québec. Et que j’avais prévu de peut-être aller en Turquie dans ce différé. Peut-être.

C’est quoi cette histoire

Entre le récit, roman, autofiction et témoignage, cet ouvrage nous emmène au coeur d’Istambul avec l’auteure.Ce qui commençait par le roman d’une relation qui s’étiole, celle qui la liait à un homme turc, se dirige petit à petit vers tout autre chose. Valérie Manteau esquisse avec justesse, malgré son statut d’outsider et les barrières linguistiques, le portrait d’une ville en plein bouleversement, à la frontière de l’Europe et de l’Asie, alors que le climat politique devient de plus en plus instable. En filigrane, on découvre l’histoire de Hrank Dink, journaliste d’origine arménienne assassiné par un jeune turc qui se disait « nationaliste ». S’en suit une réflexion sur la politique, la liberté d’expression, la manipulation des informations et le féminisme par le biais de la présence d’Esli Erdogan (désolée, je n’ai pas les accents sur mon clavier!)

Mon avis

J’avoue, j’ai dû lire ce livre deux fois. Je l’ai dit à plusieurs reprises, j’étais « mentalement absente » ces dernières semaines. Du coup, je lisais par périodes de 10 minutes… et je manquais sérieusement d’investissement pour pouvoir l’apprécier. Par contre, après avoir lu la dernière partie tout d’un bout, je me suis découvert un grand intérêt pour certains des personnages… et j’ai repris du début pour mieux comprendre. Et c’est à ce moment-là que j’ai vraiment apprécié.

Avouons-le d’emblée, je ne connais pas grand chose à la situation de la Turquie, si ce n’est que les dernières années ont été difficiles. J’ai donc beaucoup appris (c’est certain que les heures passées à lire sur Hrank Dink et le génocide arménien ont aussi aidé). J’ai beaucoup apprécié les balades dans Istambul et surtout le regard « d’outsider » qu’à Valérie Manteau. J’ai aimé tenter, avec elle, de pénétrer la situation et la culture sans jamais y parvenir tout à fait. J’ai découvert avec le personnage principal le génocide, la situation politique et les lois qui permettent au gouvernement de faire taire les gens (en les mettant en prison) et qui manipulent l’histoire à leur gré. J’ai aimé voir la narratrice tenter de se mobiliser et se heurter à cette jeunesse turque sacrifiée et désillusionnée. J’ai aimé voir Hrant Dink prendre petit à petit l’avant-scène et nous faire réaliser que l’intégrisme et le nationalisme est partout… et que les premiers à en souffrir sont les habitants de ces pays.

L’écriture est simple, facile d’accès pour les étrangers que nous sommes, mais on met un moment à rassembler les morceaux, à bien saisir où le texte s’en va. Puis on saisit. On comprend que ça parle de la transformation d’une ville, d’identité nationale, de racisme et du pouvoir de la parole et de l’écriture.

Bref, cette déambulation m’a beaucoup plu et j’ai maintenant une envie folle d’aller en Turquie. Surprenant, n’est-ce pas!

(2 commentaires)

  1. Istanbul (et la Turquie) méritent visite, tu sais! ^_^ Et le livre est TB

  2. C’est vrai que ce n’est pas une lecture facile mais comme toi je ne regrette pas de m’être accrochée et j’ai envie aussi d’aller en Turquie.

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