Le Chat, le Général et la Corneille – Hiro Haratischwili

Ça ne paraît pas avec mon ordre de publication étrange, mais j’ai lu ce roman en mars, dans le cadre du mois de l’Europe de l’Est. Celui-ci était dans ma pile, je l’ai donc pris sans trop savoir de quoi il s’agissait, après une discussion fort intéressante dans le chat d’un live de Séverine.

De quoi ça parle

Le roman commence avec Nura, une fille tchétchène, alors que la guerre plane. Elle a toujours vécu dans son village mais a depuis peu rencontré une dame russe qui lui fait réaliser qu’il y a peut-être plus « out there ».

Puis, flash forward plusieurs années plus tard. Nous sommes à Berlin, avec une jeune actrice (le Chat) qui sera engagée par un mystérieux Général pour jouer le rôle d’une jeune femme morte des années plus tôt. La Corneille, un journaliste, sera quant à lui le messager… Que s’est-il réellement passé en Tchétchénie toutes ces années plus tôt?

Mon avis

Voilà un roman bien dense et bien touffu comme je les aime, avec un fond historique, des personnages tout sauf parfaits et une opportunité pour moi d’apprendre. Car avouons-le d’emblée, je connais très peu les guerres tchéchènes, leurs tenants et aboutissants et ma lecture a été un peu (ok, beaucoup) ralentie par les lectures parallèles que j’ai faites pour mieux comprendre. Certains détestent ça mais moi, j’adore. J’ai donc beaucoup aimé ce gros roman.

C’est un roman qui demande du temps. On nous présente les pièces du puzzle dans tous les sens et nous comprenons petit à petit comment les assembler. Sesili (ou le Chat), qui a fui la Georgie avec sa famille, est une jeune femme déboussolée, qui tente de trouver sa place dans un monde qu’elle ne comprend pas vraiment. Elle va se retrouver prise dans cette histoire qui la dépasse et, tout comme le lecteur, être bousculée par les demandes de l’oligarche russe Orlov, à la fois mystérieux et effrayant. Quant à la Corneille, il est rongé par la culpabilité, ayant bien connu la fille d’Orlov, mais a aussi ce réel besoin de savoir ce qui s’est passé en Tchétchénie. Ces trois personnages n’étaient certes pas faits pour se rencontrer mais le voyage va être mémorable.

Ici, par contre, nous nous sommes pas dans un concept de « found family ». C’est un roman dur, qui frappe et qui fait mal. Certaines scènes sont terriblement difficiles à lire. C’est violent, on est bousculé sans toujours tout comprendre car les révélations arrivent goutte à goutte. Chaque personnage est complexe et a ses parts d’ombre. Ils sont parfois impossibles à comprendre, même quand on essaie fort, mais ils n’en sont pas moins passionnants. La guerre, les horreurs perpétrées au nom de celles-ci sur les civils, les méthodes utilisées, ceci prend une dimension très particulière quand ces citoyens des alentours sont encore aujourd’hui soumis à des traitements très peu humains.

Un roman complexe, magnifiquement écrit (ou traduit), qui demande toute l’attention du lecteur, mais que je recommande chaudement. Et cette fin! Bref, une réussite pour moi.

4 Commentaires

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  1. Je m’étais ennuyée dans ces pages.

    1. Même si moi j’ai aimé, je conçois qu’il y a quelques longueurs…

  2. Si tu veux t’attaquer a un pave et suivre une famille georgienne dans les tourments du XXe siecle, je te conseille la huitieme vie, de la meme auteure Nino Haratischwili. Il faut aimer les histoires de famille alambiquees et le realisme magique.

    1. Ah, mais je viens justement de me le procurer! J’ai très hâte de le lire.

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